26. mai 2020

Nazisme VS Terrorisme

Tout le monde se rappelle cette loi contre l'apologie du terrorisme sous François Hollande ?

À votre avis qu'est-ce que je risque si je dis : « Le terrorisme est quand même bien moins dangereux que le nazisme. »

Factuellement, si on compte le nombre de morts, on peut dire que c'est « objectivement » vrai. Mais est-ce qu'on peut alors dire que je fais une apologie du terrorisme ? Car finalement, cette phrase voudrait dire que « y'a pire que le terrorisme quand même ». Et puis si on remplace « moins dangereux » par « mieux », alors là c'est prison direct. À partir de là, je suis déjà jugé sur la partie non écrite de mes propos...

Pire : remplacez le mot « nazisme » par « voiture ». C'est vrai quoi, la voiture tue presque 4 000 français tous les ans sous les yeux bienveillants du gouvernement qui en subventionne la vente. Là, on ne cherchera même pas une pointe de cynisme. En fait, la difficulté vient du fait qu'il est impossible de comparer Daech à pire que lui sans en relativiser le mal : à en dire « un peu » du bien donc, finalement. L'engrenage de l'apologie...

- Tu es plus belle qu'hier, ma chérie
- Parce qu'hier j'étais m oins belle qu'aujourd'hui ?

En France, on perd un peu de liberté d'expression chaque jour. Sous Sarkozy, il était devenu interdit de se torcher avec un drapeau français. Avec Hollande, il est ensuite devenu interdit de parler de terrorisme.

Parce que parler d'une chose en n'ayant le droit d'en dire qu'une, ce n'est pas de la liberté d'expression. Par exemple, vous avez le droit de dire que le nazisme est bien mieux que Daech. La loi est ainsi faite.

Je ne soutiens aucunement le terrorisme, depuis le temps, vous l'aurez compris. Mais je soutiens l'idée qu'il nous faut avoir le droit d'en parler librement. Je veux bien assumer les conséquences de mes propos, comme il est de mise pour tout propos injurieux par exemple.

Mais cette militante végane qui s'est farci la dépouille d'un boucher est passée devant un tribunal pénal pour décider d'une peine de prison ! Pareil pour Stéphane Poussier qui a manqué de retenue sur le seul officier de police qu'il aurait dû aimer. Ni l'un ni l'autre ne faisaient la pub de Daech. Leurs propos auraient été les mêmes si un météorite était tombé sur la tronche de ce boucher ou de ce policier, et cela aurait été d'aussi mauvais goût. Ils n'ont finalement pas été jugés pour ce qu'ils ont dit, mais pour le contexte de leurs propos.

On a fait une loi pour éviter le prosélytisme pro-terroriste, et on se retrouve avec 2 victimes qui ont simplement tenus d'horribles propos engagés (contre la mise à mort de la viande et contre un flic). Il s'agit d'atteintes à des personnes que l'on juge avec les lois du terrorisme.

Voilà où elle va la liberté d'expression en France : quand de simples propos (aussi odieux soient-ils) peuvent nous emmener en prison.

Si un malotru vous traite de terroriste ? Prenez-le comme un compliment, il prendra alors beaucoup plus cher.

----------------------------------------------------------------------------------------

Il faut bien comprendre que tous ces malheurs ont commencé le jour où la loi Gayssot a vu le jour : il était alors interdit d'avoir des propos révisionnistes. Cela semble légitime, après de telles horreurs, mais comprenez le glissement : demain il sera interdit de dire du mal de Jupiter !

17. mai 2020

COVID-19 : Bas les masques

Je relaie cette pétition qui devient aujourd'hui célèbre. Naturellement, je vous conseille de la signer. C'est pas grand chose, mais c'est ça de pris. Il ne serait pas question de rendre invisibles les problèmes des hôpitaux par quelques applaudissements le soir, et un peu de matériel, alors que RIEN n'est fait pour le personnel soignant.

Nous sommes des soignant·e·s et professionnel·le·s de la santé d’horizons divers. Bouleversé·e·s et en colère, nous décidons de nous lever et de crier haut et fort « Bas les masques ! »

Signez la pétition en ligne :
BAS LES MASQUES

16. mai 2020

Le confinement de Vincent Lindon

Il a été permis à Vincent Lindon de donner son avis sur la crise actuelle, à la demande de Médiapart. Il s'est fendu d'un texte très clair, concis, et qui enchaîne très bien les événements de ces derniers temps.

La vidéo ne dure que 20 minutes et je vous la conseille :

14. mai 2020

COVID-19 : Travaillez ou restez chez vous

Alors que je me promenais sur un campus universitaire proche de chez moi, je vois des ouvriers travailler à retirer un tag.

Nous sommes en période de confinement, un premier mai, dans une FAC, et le tag en question n'est même pas méchant pour qui que ce soit, il est juste moche.

Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il s'agisse d'une entreprise privée, missionnée par l'université pour nettoyer ces tags disgracieux. Mais est-il important de retirer ces tags en pleine période de confinement sanitaire ? Est-ce un métier prioritaire ? Est-ce que travailler un 1er mai, jour des acquis sociaux, est vraiment le bon moment pour retirer des salissures présentes depuis des mois ? Des salissures que personnes ne voit, car tout le monde est confiné, et que peu de monde ne peut se promener aussi loin ?

Je doute fort que les employés aient eu le choix de bosser. Et je serais surpris que les employeurs aient décidé de les payer triple compte tenu de l'urgence des travaux. Non, je pense que c'était simplement un jour comme un autre. Parce que maintenant, il n'est pas très difficile de piétiner le jour symbolique d'une lutte sociale. Et parce qu'en période de confinement, il suffit de donner un masque à quelqu'un pour le faire bosser.

Le 1er mai est une journée internationale. On la célèbre en Europe, aux États Unis, en Afrique, dans de nombreux pays. Il est le signe de l'acquis des journées de 8h. En France, il a ceci de particulier que c'est le seul jour qui soit férié et chômé obligatoirement (sauf pompiers et urgentistes par exemple).

Macron a signé un papier autorisant à travailler 60h par semaine et 12h par jour avec un masque. Les 8h quotidiennes, on en est loin. Alors puisque le 1er mai ne veut plus rien dire, qu'on n'a plus le droit de manifester à cause du virus, il ne reste aucune limite pour faire bosser les fainéants...

Vous ne trouvez pas que le rempart s'effrite ? Celui qui sépare les ouvriers des gueux. Mais je pense que le rempart qui protège Macron des gueux n'en a plus pour longtemps non plus.

8. mai 2020

COVID-19 : Les brigades de Jupiter

Pour le déconfinement, la propagation du virus sera jugulée par des brigades !

Ce n'est sans doute pas pour rien qu'ils ont utilisé un mot à connotation militaire : pour nous habituer. Nous sommes en guerre ! Après l'appli, les brigades. Déjà que certaines villes ont mis en place des drones, on n'est plus à ça près.

Édouard Philippe a un projet très précis de « brigades » censées enquêter autour des cas recensés, pour retrouver les cas pas encore identifiés, et ensuite obliger toutes ces personnes à rester confinées. Sachant que 90% des malades n'ont pas de symptômes, cela veut dire qu'on contraindrait des « bien-portants » et leur famille à une vie de confinement au motif que... le gouvernement a mal fait son boulot ? Qu'il ne faut pas toucher au niveau de vie de ceux qui peuvent encore travailler ?

Alors comme le gouvernement ne fait rien pour nous sauver, il nous fait croire que c'est de notre faute : en stigmatisant les malades, en nous demandant d'acheter des masques qu'il n'a pas été capable de se procurer, en installant une application de surveillance, en nous demandant de prêter allégeance à des brigades de surveillance qui auront accès à des données très personnelles, en élargissant la liste du personnel ayant accès à nos données santé. Et qui ne serviront à rien si on ouvre les écoles, ces incubateurs naturel du virus...

Je termine avec cette citation de Mélenchon, très juste selon moi.

« Ta liberté vaut-elle le risque du COVID 19 ? Les gens que je croise sont-ils d’abord des suspects ? Suis-je d’accord pour être d’abord un suspect aux yeux des autres ? Si on veut savoir qui a le COVID 19 ne va-t-on pas exiger demain de savoir aussi qui a le SIDA, la grippe, des dettes impayables, des antécédents judiciaires ? Si je refuse le tracking suis-je dangereux ou bien prudent ? Suis-je un sujet humain ou bien un objet humain ? » (source)

7. mai 2020

COVID-19 : Un antivirus sur votre téléphone

Macron a trouvé les solutions ultimes pour sauver le monde du virus : une application mobile. Le virus n'a qu'à bien se tenir ! Encore un truc qui vise les libertés publiques. C'est en tout cas le sentiment qu'elles donnent malgré les hypocrites apaisements du gouvernement.

Si cette application n'est pas encore prête, le gouvernement a bel et bien mis le pied dans la porte. Et pas qu'un peu. Il a commencé à sensibiliser les Français à l'idée qu'un logiciel pouvait nous aider, à l'idée que la survie de tous prédominait sur des querelles au sujet de la vie privée. À l'idée qu'il était normal d'avoir un téléphone mobile dans sa poche au service du gouvernement. L'appli n'est pas prête ? Pas de problème, on nous refait le coup des masques « pas indispensables, on prendra le temps d'en discuter à l'assemblée ». Il n'empêche, quand elle sera prête, l'assemblée la passera comme un seul homme, LREM contre tous les autres.

Sauf que cette appli n'a aucune chance d'éviter une pandémie. Pourquoi ?

D'une part, il aurait fallu que le gouvernement ait fait des tests pour savoir qui est malade, ce qu'il n'a toujours pas fait. D'ailleurs, on manque encore de tests, le gouvernement n'a accepté que très tardivement la main tendue de certains laboratoires.

Il faudrait aussi que ces tests aient une efficacité suffisante(1) et qu'ils indiquent si on est contagieux. Car on peut parfois être contagieux mais asymptomatique (donc pas testé), ou guéri mais encore porter le virus par exemple.

Et puis, il faudrait que tout le monde ait un smartphone. Curieusement, en France, plus on risque de mourir du coronavirus, moins on a de smartphone.

Ensuite, il faudrait que tout le monde installe cette appli : certains vont oublier, d'autres ne sauront pas le faire... Aussi, l'appli ne sera certainement disponible que sur les boutiques Google ou Apple, ajoutant ainsi une couche de défiance de certains usagers (comme moi).

Enfin, il faudrait que tout le monde pense à prendre son téléphone avec lui. Et compte tenu que cette appli est l'œil de Moscou de Macron, que les téléphones sont aujourd'hui surveillés (grâce à Hollande), on sait déjà que ce ne sera pas le cas.

En tout cas, moi, je n'installerai jamais cette saleté. Pas tant qu'on aura un gouvernement capable de rouvrir les écoles en pleine pandémie, de prioriser le travail sur la vie.

Mais l'idée que la surveillance est normale s'insinue dans les esprits, ça pourra servir plus tard. De toute façon, vous n'avez rien à vous reprocher ?

___________________________________________

(1) Les tests actuels ne sont efficaces qu'à 70% environ.
Le premier risque est de faire croire à des personnes testées « faux négatif » quelle n'ont pas besoin de prendre de précaution pour leur entourage.

6. mai 2020

COVID-19 : L'école de la peur

Peur des enfants ? Peur aussi des parents. Beaucoup semblent hésiter à remettre leurs enfants à l'école. Tout le monde a bien compris que cette mesure ne valait pas plus que toutes les autres, prises par Jupiter. Plus personne ne croit en Dieu, ni au père Noël. Non, le virus court toujours, les hôpitaux sont à peine remis de la bataille, le personnel n'a pas encore eu droit de repos, pas touché de prime, pas pu prendre des vacances qu'il sait qu'il devra retourner au front, car Macron les envoie en guerre.

Je l'ai déjà dit, l'ouverture des écoles n'a pour seul but que de remettre les gens au travail. Les courbes d'infection ne baissent pourtant pas aussi vite que les prévisions le laissaient espérer, sans doute la faute à un confinement déjà trop laxiste : on autorise des entreprises non essentielles à travailler et à brasser le virus.

Et pendant ce temps, on va rouvrir les écoles selon des mesures sanitaires impossibles à tenir... avez-vous déjà essayé de donner ou cours à une classe avec un masque ? Les gestes barrière ne sont pas un sort magique pour se protéger, c'est juste un tour de passe-passe pour bien rappeler qu'on n'a pas été foutu de protéger la population avec des masques en papier.

On va rouvrir les écoles, alors qu'on interdit aux Français de revoir leur famille après 8 semaines de confinement. On ne pourra pas faire plus de 100km sans une raison impérieuse (notez bien que le travail fait partie de ces raisons). Rouvrir les écoles est pourtant plus dangereux que de franchir 100km pour voir les siens... Mais la famille, ça ne crée pas de PIB, alors que les écoles sont la garderie du pays, pour sauver le PIB. La garderie qui rendra impossible le travail des brigades de Jupiter.

Le Japon avait un bon bilan sur le virus, et il a tenté une réouverture des écoles. Il les a refermées aussitôt suite à un doublement de cas en 10 jours. L'Italie a préféré attendre septembre. L'année est foutue, on ne va pas tout risquer maintenant, il vaut mieux attendre la rentrée.

Macron ne se rend même pas compte qu'il tue sa propre logique. En ne respectant même pas la vie des Français, il se mettra tout le monde à dos. Le temps joue contre lui. Chaque malade amènera sa famille à se poser des questions. Et puis des malades, ça ne rapporte pas de PIB...

L'incapacité du gouvernement à gérer cette crise est époustouflante.

- page 2 de 40 -