27. janvier 2021

Les vélos électriques sont-ils écologiques ?

On se pose souvent cette question, des gens parfois perdus qui pensent bien faire. Des gens habitués à ce que les armes, ce soit mal (mais content que des les gens les utilisent pour les protéger), que les déchets, ce soit mal (sans comprendre ce qu'est un déchet), le recyclage, ce soit bien (même s'il consomme de l'énergie), que le vélo soit bien, et l'électricité aussi (même si on ne sait pas comment on la produit).

J'ai déjà parlé dans un autre article du cas des voitures électriques. C'est un cas particulier parce qu'il s'oppose à des voitures thermiques. Mais dans le cas des vélos électriques, on a tendance à l'opposer à des vélos.

Nécessairement, la tentation est grande de dire que « donc », le vélo électrique est moins bien que le vélo, puisqu'il demande de l'énergie qui ne vient pas des molets. Aujourd'hui, les facteurs en sont équipés, et de nombreuses personnes partent au travail en vélo électrique.

Pour ces personnes, l'avantage est surtout de pouvoir parcourir des distances plus longues et monter des côtes difficiles sans arriver en nage au travail. On peut donc penser que ces personnes ne seraient jamais allées travailler avec un vélo classique. Donc dans l'idée, on devrait plutôt comparer ces vélos électriques à des scooters, voitures ou transports en commun. Et là, le problème est différent. En effet, le vélo électrique utilise une partie de l'effort musculaire, ce que ne font aucun des autres moyens de transport mis en compétition ici.

Je n'aime pas l'idée de remplacer un vélo par un vélo électrique, mais il faut bien admettre que le vélo électrique remplace de fait de nombreux usages qui seraient bien plus polluants. Les gens ont de toute façon besoin de partir travailler et l'usage du vélo électrique ne crée pas une nouvelle pollution, au contraire, il remplace un usage plus polluant.

Cela n'enlève rien au fait qu'il nécessite des batteries polluantes à leur fabrication, rechargées à l'aide d'une électricité qu'on aimerait ne pas voir utilisée, mais rien n'est tout blanc ou tout noir, si ces vélos remplacent des scooters ou des voitures, ma préférence est claire.

Mais maintenant, vous vous demandez bien ce qu'un gauchiste comme moi peut penser des trottinettes électriques.

Promis on en parle la prochaine fois.

5. janvier 2021

L'impossible gratuité

Ce vélo électrique traînait dans le sous-sol depuis bien longtemps, il est arrivé couché par terre, comme négligé, même pas attaché. Qui abandonnerait un vélo aussi cher ?

Grâce au bycicode, numéro unique gravé sur le vélo, j'ai pu retrouver son propriétaire. Comme il avait peur d'une entourloupe, il a délégué à la police le soin de me contacter, puis le propriétaire est venu le récupérer. C'était donc un vélo volé. De la déclaration à la remise au propriétaire, l'opération m'a pris 30 minutes. Je suis chômeur, je ne compte pas mon temps. Ce vélo manquait à quelqu'un, il l'a retrouvé : fin de l'histoire.

Sauf que cette personne a voulu me remercier avec de l'argent...

Je l'avais en face de moi, le flic à côté, et il proposait de me rétribuer pour ma « bonne action ». Je n'aime pas cette façon de voir les choses. On ne paie pas l'altruisme. Voilà ce que j'ai tenté d'expliquer à ce monsieur, manifestement ému de retrouver son vélo et qui tenait à marquer le coup. Manifestement, j'ai échoué.

L'homme semblait gêné, redevable. J'admets qu'il peut être normal de se racheter si on s'excuse, mais pas quand on remercie ! Son attitude est malheureusement fréquente et la simplicité de mon raisonnement semble buter sur un code social que j'estime perverti : toute action doit être à somme nulle. Un service se paie, quel qu'il soit.

Je peux comprendre qu'un petit effort de ma part a eu une grande valeur pour ce monsieur. Mais cela veut aussi dire qu'on ne sera jamais quittes. Il aurait suffit d'accepter mon geste et d'être à son tour généreux auprès d'un inconnu pour sauver le monde.

Une semaine plus tard et après que j'ai refusé ses étrennes, je trouve dans ma boîte aux lettres une carte de vœux accompagnée de 40€ de chèques cadeaux. Je hais ces foutus chèques cadeaux. J'aurais dû prendre le fric quand il l'a proposé et payer mes factures avec.

Je revendique mon droit à la gratuité et j'estime que si je ne veux rien en échange, on ne doit pas me forcer. N'ai-je donc pas le droit de rendre service sans que quelqu'un le transforme en transaction ? C'est donc si compliqué de bénéficier gratuitement d'un geste ? d'aider gratuitement ? N'aide-t-il jamais personne ? Avait-il à tout prix besoin de rémunérer mon honnêteté ? N'ai-je donc pas le droit d'être altruiste ?

Aucune adresse sur l'enveloppe, je ne peux même pas le remercier de la carte (amplement suffisante) ou lui rendre ses chèques cadeaux. Pas assez confiance en moi ?

Sans même qu'il comprenne pourquoi, juste par facilité, il a renié mon geste. Quel conditionnement peut produire ce besoin de monnayer le civisme ? Pourquoi l'argent doit-il toujours avoir le dernier mot ?

J'ai échoué dans ma vraie « bonne action » : lui apprendre le désintéressement.

31. décembre 2020

Les chèques cadeaux

Les chèques cadeaux sont un machin qu'on met sous le sapin(1), que l'on offre à un anniversaire et qui permet de se débarrasser de la fastidieuse tâche de choisir un cadeau qui fait plaisir.

C'est horrible de choisir à la place de quelqu'un ! Personne n'y arrive vraiment. On va dépenser parfois très cher pour un objet que n'aurait jamais acheté le bénéficiaire. Le cadeau est devenu une telle obligation sociale (et parfois familiale) qu'il devient un casse-tête (voire une corvée) de choisir « quelque chose de bien » à quelqu'un.

Quoi offrir à quelqu'un qui a déjà tout ? qui n'aime rien ? Comme cette fois où j'ai même été capable de reconnaître la BD qu'on m'offrait sans ouvrir le paquet, juste à travers le papier, au toucher. Redoutable. Une merveilleuse BD, mais que j'avais déjà.

Les magasins ont alors inventé les « chèques cadeaux ». C'est merveilleux, on se dédouane de l'obligation de choisir en offrant un truc que l'autre choisira lui-même. On lui refile la corvée de trouver un truc bien dans un magasin qu'il n'aimera sans doute pas. Le magasin fait une bonne affaire à 5 titres :

  1. L'argent est déjà dépensé par le client, l'objet ou service n'est pas encore fourni, l'enseigne peut donc faire de la trésorerie sur votre dos.
  2. La valeur étant marquée sur le chèque, on ne peut pas offrir un chèque trop pouilleux pour ne pas passer pour un radin. C'est une façon de pousser à la vente. Adieu les idées géniales et pas chères.
  3. Les chèques ne sont pas remboursables, cela les amène aussi à être perdus ou non dépensés. 20% des chèques cadeaux ne sont pas utilisés ! Le cash reste dans le bilan de l'enseigne, sans même qu'elle ne fasse son métier !
  4. Si le bénéficiaire du chèque souhaite l'utiliser, il a 2 options. Soit il dépense plus cher que le chèque et complète avec son argent (bonne affaire pour le magasin qui a poussé à un achat plus gros), soit le bénéficiaire ne dépense pas tout, et le magasin garde la monnaie.
  5. Si le bénéficiaire ne connaît pas l'enseigne, il reçoit alors une publicité sous la forme d'un chèque-cadeau payé par un ami ! Super le sapin de Noël...

Les chèques cadeaux sont un bon moyen pour les magasins de vendre le papier au prix de l'or.

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(1) Les chèques cadeaux, invention des États-Unis (encore une), sont à l'origine un bonus que les entreprises peuvent donner aux salariés. On peut les comparer à des tickets restaurants dans des secteurs non-alimentaires. Encore un salaire qui n'apporte pas de cotisation sociale...

19. décembre 2020

Pôle Emploi is watching you

Je ne sais pas si vous avez eu un entretien avec en agent Pôle Emploi ces dernières années, mais bien souvent, il vous pose plein de questions sur vos recherches (c'est normal) sur la base de votre activité sur leur site (c'est déjà moins normal, compte tenu qu'ils assument un rendement de maximum 30% des retours à l'emploi par leurs annonces). Ils vous incitent à utiliser un agenda et plein d'outils de leur site.

Une petite clause est même apparue en douce autorisant à me radier si je ne programme pas des alertes me notifiant de nouvelles annonces sur la base de critères (c'est ce que m'a notifié un agent). Touchant quand on sait que ces alertes sont supprimées automatiquement lorsqu'elles ne renvoient pas assez de résultats. On aura une pensée émue pour les nombreux chômeurs qui n'ont pas Internet (20% se déplacent à l'agence pour s'inscrire).

L'agent connaît chaque clic que vous faites sur le site Pôle Emploi. C'est d'ailleurs en partie sur la base de ces éléments que la « stasi » de Pôle Emploi (le CRE) nous maltraîte. Personnellement, je ne fais que le minimum sur le site. Je réponds directement à l'employeur sans jamais passer par la messagerie du site quand c'est possible. Je ne viens pas pour être fliqué.

Mais comme on n'est pas encore assez surveillés sur le site ou dans la vie de tous les jours, le Senat a décidé de donner à Pôle Emploi l'accès à toutes nos données téléphonique et bancaires. En gros : le détail des appels et les relevés de compte. Savoir qui on a appelé, quand et combien de temps, le détail de chaque dépense ou dépôt de chèque.

J'aimerais que l'on m'explique en quoi c'est utile à un organisme censé nous AIDER ? Pôle emploi change clairement de mission depuis des années. On est maintenant dans une mission de gestion de bétail.

La CGT a réagi l'an dernier en éditant un manuel de survie en milieu hostile : ce que Pôle emploi a le droit ou non de faire, comment vous devez réagir, etc. Je vous le conseille vivement.

Quand Pôle Emploi montre à ce point des signes de méfiance à notre égard, cela devient très, très compliqué de leur faire confiance à notre tour. Rappelez-vous le cas de Yann Gaudin, cet agent Pôle Emploi qui avait le malheur de rappeler aux chômeurs leurs droits...

On en arrive à ce que les syndicats doivent nous protéger des excès de Pôle Emploi. Mais que fait la police ?

Trop occupée à nous taper dessus ?

12. décembre 2020

La responsabilité de chacun

Macron nous entonne souvent cette petite phrase :

« J'en appelle à la responsabilité de chacun ...»

Parce que si la France « marche » à l'envers, c'est de ma faute ? Je serais donc « irresponsable » ? Je suis un gamin en somme ? Énervant. Franchement.

Que veut-il dire par là ? Est-ce une évolution sémantique du « en même temps » ? Le « en même temps » qui veut dire « tout et son contraire » pour ne froisser personne, pour que tout le monde se retrouve dans des propos sans saveur ?

Quand il me demande d'être responsable, j'ai vraiment l'impression qu'il me dit « démerde-toi ». Il le dit quand il est question de se protéger du virus, d'ouvrir les commerces pendant le confinement, des CRS armés, de la rémunération des grands patron, de la souffrance des hôpitaux, ou de l'écologie. Il le dit tout le temps. Dans chaque apparition à l'écran. Même dans son programme, il utilise le même truc aussi bien pour l'écologie que pour l'économie. C'est le même truc en fait !

C'est une façon de nous dire qu'il ne fera rien pour nous protéger, que c'est chacun pour soi et que s'il existe une loi, il la détruira. Il nous dit que les riches et les puissants se débrouilleront toujours mieux que les autres, parce qu'ils ont davantage les moyens de faire respecter leur loi. Car il nous dit aussi qu'on a chacun notre loi. Celle qu'on a les moyens de faire appliquer, en toute « responsabilité ». Celle que l'on subit, mais de façon responsable.

Cette petite phrase nous renvoie directement à ce qu'il avait dit quand il a été pris la main dans le pot de Benalla : « Qu'ils viennent me chercher », alors que justement, le président de la République n'est pas responsable aux yeux de la loi. Personne ne peut venir le chercher. Pas légalement en tout cas.

Il fait appel à notre responsabilité, alors que justement, de par la loi, il est le Français le moins « responsable » de tous. J'aimerais bien en appeler à sa responsabilité, mais c'est impossible. Il n'est pas plus responsable qu'un fou ou qu'un enfant.

Vous le voyez mieux, là, qu'il nous nargue ?

6. décembre 2020

COVID-19 : Qui le vaccin sauvera-t-il ?

Ce vaccin dont je vous parlais dans mon dernier billet sauvera-t-il le monde ? Car il n'est pas comme tous les autres.

Les seules certitudes que l'on a, c'est qu'il n'est pas conçu pour éviter la pandémie. Il évitera juste les symptômes. C'est bien, mais c'est un autre problème.

Le principe d'un vaccin est d'apprendre au système immunitaire à détecter un virus pour le tuer. Il est opérationnel rapidement et empêche la maladie de se développer, il permet alors à chaque personne vaccinée de ne pas propager le virus.

Mais ce nouveau vaccin ne fait pas ça, non. Il limite les symptômes, mais il ne permet pas d'empêcher la contagion : les personnes vaccinées continueront de contaminer les autres personnes (sauf bonne surprise, mais l'idée n'est pas là). La vaccination d'une personne ne pourra donc pas sauver les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées (allergies connues ou autres). Elle protègera uniquement la personne vaccinée.

Le virus pourra continuer sa vie d'une personne à l'autre, muter au besoin, et devenir résistant au vaccin.

Alors quel est l'intérêt d'un tel vaccin ? Limiter les arrivées aux urgences et ne pas avoir à ajouter de lits aux hôpitaux, ne pas leur donner d'argent, et continuer à les détruire comme c'est déjà programmé.

Je ne dirai jamais à quelqu'un de ne pas se faire vacciner. Notamment, je pense que ce vaccin peut éviter des séquelles graves. Mais il ne faut pas oublier que l'objectif de ce vaccin n'est pas de sauver le monde, non. Son objectif est de réduire encore un peu le service public de santé.

L'intérêt de ce vaccin est individuel car il protège les vaccinés au lieu de protéger leur entourage. L'idée de le rendre obligatoire est donc uniquement, définitivement, inlassablement, de sauver les riches de l'impôt. De continuer à dépouiller le service public en rendant toujours plus responsables les malades.

Ça devient navrant.

4. décembre 2020

COVID-19 : Le vaccin obligatoire

La France est, paraît-il, le pays le plus « anti-vaccin » de tous les pays. Ce serait une mode un peu bobo, sans doute, la quête du naturel.

Je ne suis pas « antivac ». Je sais l'utilité que peut avoir un vaccin, je sais qu'on a réglé des pandémies avec ça et j'ai à l'esprit son principe de fonctionnement. Pour autant, je suis effaré à l'idée que le nouveau vaccin pour le COVID-19 puisse devenir obligatoire.

Si le gouvernement veut le rendre obligatoire, c'est parce qu'il a bien compris que les Français n'avaient pas confiance dans ce vaccin. C'est normal. On n'est pas habitués à des vaccins réalisés aussi vite, avec aussi peu de recul. On ne sait pas si un effet secondaire n'apparaîtra pas au bout de plusieurs années, sur un vaccin testé pendant royalement 6 mois. Mais admettons que ce soit la seule façon de sauver le monde. Pourquoi se méfier ?

N'oublions pas non plus que le gouvernement nous a menti et nous ment encore. Il nous ment sur tous les sujets, lors des promesses de campagne (1, 2, 3, 4), des discours présidentiels, et maintenant sur la crise de COVID-19 : sur la contagion de la maladie à la veille des municipales, sur l'utilité des masques, sur son soutien à l'hôpital public, au personnel soignant. Et quand il prend des décisions, elles sont débiles, inadéquates, injustes, anticonstitutionnelles. Alors, même là, on ne peut pas croire ce qu'il dit.

Quand Macron prétend nous sauver avec un vaccin, on ne le croit pas. Pas besoin d'être antivaccin pour se méfier. Quoi que Macron nous promette, notre survie nous impose de croire le contraire, de savoir qu'il ment ou qu'il essaie de nous charmer pour nous poignarder dans le dos.

Comprenez-vous pourquoi ils veulent rendre ce vaccin obligatoire ? Simplement parce que Jupiter a perdu toute autorité ? Toute l'égitimité ?

Le pire serait que ce vaccin soit réellement efficace, car alors, l'existence même de Macron en menacerait la diffusion.

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