28. avril 2020

COVID-19 : Le droit de travailler

J'avais déjà critiqué sur ce blog l'immiscion de la « valeur travail » dans les discours officiels et les médias. Rappelant que le travail n'est PAS intrinsèquement une valeur, même s'il peut en véhiculer d'autres.

Aujourd'hui, il faut bien le voir, ce point précis est au cœur de la contradiction de la politique d'Emmanuel Macron. Alors que les gens confinés brandissant leur liberté d'expression sont mis en garde à vue, on interdit aux gens de se voir, d'inviter en petit comité chez soi, mais par contre, le travail continue à être salué. Pour s'exprimer, impossible de manifester, on peut seulement écrire un billet de blog ou mettre une banderole de protestation au balcon...

Le confinement est totalement inégalitaire. De nombreux métiers, souvent mal payés sont contraints de travailler (infirmiers, livreurs, facteurs, routiers, caissiers, pompistes...), mais après avoir croisé des dizaines ou des centaines de personnes, ils doivent rentrer chez eux et ne voir aucun proche ou famille. De nombreux métiers autorisés sont absolument inutiles : quelle est l'urgence à produire des avions ?

Être confiné dans 10m² à Paris, en cité U, ou dans une maison à la campagne n'est pas le même défi. Devoir faire la scolarité de ses enfants toute la journée dans un petit appartement, avec des revenus réduits pour cause de chômage technique n'est pas pareil que de prendre son mal en patience dans une maison avec de bons revenus.

Mais pour Jupiter, le travail, c'est plus important que tout : c'est lui qui peut sauver le PIB. Ce fameux PIB qui tue le climat et nous avec, ce PIB qui crée des guerres, ce PIB qui est finalement une cause de la propagation si rapide de ce virus, ce PIB qui a réduit à peau de chagrin le fonctionnement des hôpitaux.

Macron prévoit de rouvrir les écoles le 11 mai avec le prétexte d'aider les enfants à ne pas être idiots. Mais en fait, il ne peut pas envoyer travailler des français qui ont leurs enfants chez eux. Alors pour les remettre au travail, il faut les libérer de leurs enfants.

Maintenant, on le sait, on en a la preuve. Macron est prêt à tuer des gens (pauvres de préférence) pour sauver le PIB. Tellement idiot qu'il ne comprend pas que cette maladie n'a pas besoin d'un confinement pour tuer son PIB chéri.

Maintenant, on le sait, on en a la preuve. Macron est un criminel idiot.

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Juste pour le plaisir quand même : les 4 milliards qu'il a refusés à l'hôpital en novembre sont ceux qu'il va donner à Air France pour les sauver. C'est aussi ce que l'ISF rapporterait tous les ans s'il existait encore. Pendant ce temps... toujours rien pour l'hôpital.

12. avril 2020

COVID-19 : Oups ou Encore !

On pourrait en rire si cela ne tuait pas des milliers de Français. Mais commencera-t-on enfin à admettre que même Jupiter est un incapable ? Même en grave crise qui montre tous les signes de l'échec du libéralisme, on voit déjà apparaître le Malin se faufiler entre les ruines pour nous remettre sa politique mortifère.

Ça a commencé en 2016 alors qu'il a été prévenu de notre incapacité à faire face à une pandémie. Il a ensuite ignoré la menace du virus, alors qu'il était très bien informé sur le sujet par Agnès Buzyn. Il a juste considéré que la pauvrette n'avait pas les épaules, et il n'a rien fait. On était le 11 janvier. Il a maintenu les élections qui avaient lieu un mois plus tard, et il nous a même incité à continuer à sortir jusqu'au 7 mars !

À cette date, il faut se rappeler que nos stocks stratégiques de masques étaient inexistants, jetés et non remplacés par Hollande. Mais depuis le 30 janvier, Macron n'a pas été capable d'en racheter. Rien ! Il en a même envoyé en Chine en février. Il a même réussi à se faire piquer par « nos amis américains » ceux qu'il avait commandés, au moment où l'avion allait décoller vers la France. Alors pour qu'on n'y voit rien, il nous a dit que les masques ne servaient à rien et que le virus était gentil. Un tel mensonge d'État, fallait oser.

Pour consolider tout ça, pas de réquisition pour produire, rien. Sinon des masques suédois à destination de l'Italie et l'Espagne, en transit en France (pour bien se mettre avec « nos amis européens »). Même les cliniques n'ont pas été réquisitionnées alors qu'elles le réclamaient !

Et pendant que le mal se répand, il en profite pour ruiner nos droits  « parce qu'on est en guerre ». Droit du travail avec des récessions incroyables (semaine de 60 heures, repos journalier de 9h, confiscation des RTT et congés, primes exceptionnelles exemptes de cotisations...) jusqu'à la fin de l'année (au moins, le temps qu'on s'habitue). Tout ça sans jamais remettre en question (même temporairement) l'ISF ou n'importe quel avantage fiscal pour les riches. Même là, ce sont les pauvres qui trinquent. L'état d'urgence lui permet de décider des trucs tout seul dans son coin.

Je garde le meilleur pour la fin. Je l'avais prédis, mais je ne pensais pas que cela viendrait aussi vite et aussi fort : la perte des libertés. On autorise la police à mettre un PV sur des motifs flous (vos achats sont-ils de première nécessité ?), et on prépare le terrain pour la surveillance de masse avec le tracking des téléphones cellulaires, l'ouverture de données santé est pour bientôt. L'argument est quand même de « sauver des vies ».

Alors qu'il était si simple d'acheter des masques et de commencer le confinement plus tôt. Commencer le confinement 3 jours plus tôt aurait pu éviter la moitié des morts de cette maladie, et ainsi de suite, par tranche de 3 jours. Repensez bien au prix que nous coûte le modèle économique de Macron : il ne sauvera pas l'hôpital, même après cette crise..

3. avril 2020

COVID-19 : entassés comme des poulets

J'en parle souvent ici, la production industrielle de viande est un problème. Elle est un problème moral car les animaux sont maltraités, un problème environnemental car les déjections polluent les sols, le méthane produit un effet de serre et les antibiotiques perdent leur efficacité pour les maladies graves, mais aussi un problème sanitaire car ces élevages sont bien souvent des incubateurs à microbes.

Parmi les grands dangers qui mettent en péril le simple modèle industriel, on peut citer de très nombreuses maladies devenues célèbres : fièvre aphteuse, les grippes Aviaires, grippe porcine, salmonelles, encéphalopathie spongiforme (vache folle), SRAS, Escherichia coli... certaines se transmettent même à l'homme.

Si l'élevage n'est pas responsable de toutes les maladies des animaux, il en est un vecteur alarmant. Qu'un virus mute et devienne mortel, et c'est toute l'industrie alimentaire qui est touchée. Rappelez-vous les invasions des maladies concernant tantôt les poulets, le vaches, ayant amené à l'incinération de cheptels complets, pays après pays. Les animaux deviennent vulnérables lorsqu'ils sont entassés.

Notre mode de vie nous amène à vivre en flux tendu et à nous entasser en ville. Au point que lorsqu'un virus apparaît en Chine, il ne faut que quelques semaines pour parler de pandémie mondiale. Ce sont surtout les grandes villes qui sont touchées. En France, Paris est un point chaud du nouveau coronavirus, dont les habitants sont partis se réfugier en province (et y transmettre l'infection). Aux États-Unis, c'est New York qui est touché, avec une contagion affligeante (un États-Unien contaminé sur 3 y vit).

On nous dit aujourd'hui que le remède est de ne rencontrer personne. La bonne blague. Ne trouvez-vous pas que notre nouveau mode de vie nous amène à être un peu trop tassés les uns sur les autres ? À être aussi vulnérables que dans un élevage intensif ?

L'humain, ce bétail...

29. mars 2020

COVID-19 : le bruit des bottes

Le coronavirus exige de nous que nous soyons de bons citoyens. Nous devons sans (trop) réfléchir obéir aux consignes. Ces consignes sont décidées par notre Président, en qui nous n'avons absolument pas confiance.

Loin de moi l'idée de rejeter l'idée de confinement. Je trouve même qu'on ne joue pas assez le jeu, comme je l'ai dit dans mon billet précédent. Mais il n'empêche qu'on est habitués aux consignes absurdes de Macron. On sait très bien qu'il n'a même pas besoin d'un prétexte pour nous nuire. On sait qu'un état d'urgence sanitaire lui ouvre des autoroutes pour nous maltraiter. Hollande l'a fait avant lui, pourquoi se priver.

Par exemple, ces petits papiers qu'on est obligé d'avoir sur soi, et de remplir avant de sortir de chez soi. Qu'on n'a pas le droit de réutiliser, mais qu'on peut imprimer à l'infini. Je ne sais pas si c'est utile, mais une chose est certaine, cela nous habitue à nous justifier de sortir. On se justifie déjà de ne pas avoir d'armes en ouvrant nos sacs en rentrant dans les magasins, on imagine même qu'il est légal qu'une caissière le contrôle lorsque vous sortez d'un magasin. On nous habitue à l'idée d'être surveillé en permanence, par des caméras, du DPI, la numérisation des paiements, la centralisation des données...

Depuis Hollande, on imagine que les caméras de vidéosurveillance peuvent nous sauver, qu'il est bien de montrer qu'on n'a rien à cacher. On nous habitue à l'idée que nos communications sont toutes surveillées pour notre bien, qu'il est interdit de parler, de penser à n'importe quoi.

Au point qu'aujourd'hui, on justifie nos déplacements nous-mêmes sur un papier libre. Après la crise ? Pas de problème, on mettra dans la loi qu'il est normal de devoir se justifier de tas de choses sur simple contrôle. On ouvrira les fichiers de la sécu à n'importe qui pour vérifier qu'on n'est pas contagieux, la police surveillera nos déplacements en géolocalisant nos téléphones cellulaires parce qu'on sera habitué...

Les privations de liberté liées à la vie privée sont tellement légion depuis 10 ans qu'on s'habituerait à n'importe quoi. On nous annonce déjà qu'il y aura des couvre-feux dans tout le pays, certaines villes le font déjà. C'est peut-être nécessaire. Mais une fois qu'on sera habitué à se justifier sur tout, alors rien ne sera jamais plus comme avant.

On n'entendra même plus le bruit des bottes...

25. mars 2020

COVID-19 : à qui la faute ?

Jupiter nous reproche de ne pas être très attaché au respect de ses ordres.

On lui accordera que les consignes données la veille du confinement ont du sens : sauver des vies. On ne sais pas trop comment, mais c'est louable. On imagine qu'en restant confiné, on n’attrapera pas le virus, on le regardera passer par la fenêtre, et une fois passé, on pourra ressortir. Les journaux ne nous expliquent même pas que le problème n'est pas d'éviter la contagion (pas directement), mais de sauver les hôpitaux.

Rester confiné ne tue pas le virus, cela ralentit la contamination. L'intérêt n'est pas réellement de « ne pas être contaminé », mais surtout, d'être « contaminé plus tard », pour limiter l'engorgement des hôpitaux. Car le problème est là (on le voit en Italie) : quand on a 2 malades et un seul respirateur artificiel, on le donne à qui ? Lequel des 2 malades on laisse crever ?

Alors Dieu Macron nous demande d'être confiné, nous dit qu'on est « en guerre » et ne réquisitionne pas les industriels concernés. Et ça sauverait des vies.

L'homme le mieux informé de France est pourtant au courant depuis au moins fin janvier du malaise, mais il s'est reniflé sous les bras la semaine dernière et il s'est dit « Allez, demain, les gens restent chez eux ». Comme des bons moutons qu'ils sont, depuis qu'ils acceptent l'inacceptable. Pas besoin de leur expliquer pourquoi, ils n'ont pas le choix.

Le confinement aurait dû être mis en place plus tôt : fermer les frontières aux marchandises et aux personnes aurait sauvé des vies. Parce que là, on nous a annoncé 2 semaines, mais je vous garantis qu'on en a pour au moins 1 mois, certainement plus. Les chinois en sont à 7 semaines...

Alors moi, avec des consignes aussi vides de sens, je trouve qu'on est très dociles. On obéît aux consignes d'un président qui parque les gens chez eux pour avoir voulu épargner le PIB.

D'accord Macron, on se confine. On le fait par sens du devoir, parce que pris à la gorge, on veut sauver nos proches.

On va retrouver les joies de la vie sans magasins, sans travail, sans gadgets inutiles... mais une vie sans les proches aussi. Une vie où on ne voit plus ses amis, où ne peut même pas dire adieu aux défunts. Elle nous coûte très cher sa prise de conscience tardive, sa religion économique.

Alors quand même, il faudra rendre des comptes après tout ça.

23. mars 2020

Intérim : le parrain (3)

Je vous ai raconté les mésaventures de Julie avec son agence d'intérim. Rien de catastrophique, non, juste un petit exemple de pratique douteuse qu'on rencontre parfois. L'agence a d'abord menti à Julie sur le poste pour ensuite lui soutirer de l'argent sous des aspects de bonne foi.

Les éléments décrits dans mon précédent billet, outre le fait que l'agence aurait dû demander l'autorisation explicite écrite de Julie, n'apparaissent même pas dans le contrat de travail. Quel contrat de travail ? Celui qui est au dos du machin qu'elle a signé après avoir terminé le boulot.

Bah oui, on n'attend pas la paperasse pour bosser, sinon on n'est jamais pris ! Mais quand même le contrat, pour la beauté, je voudrais vous le montrer...

Ce simple dos de papier A4 (format lettre) est écrit en gris clair, avec des caractères d'une taille absolument illisible. Moi, avec mes lunettes, je ne le lis pas. Désolé. Surtout que soyons clairs : c'est l'autre côté du papier que l'on signe, on pourrait ne même pas comprendre qu'il y a un truc à lire ici...

Ça sent fort la malice tout ça.

Et vous, vous faites confiance à votre agence d'intérim ?

22. mars 2020

Intérim : le parrain (2)

Julie, qui vient de terminer son contrat d'intérim ne sera payée que le 15 du mois suivant. C'est comme ça. Parce que dans l'intérim, la boîte fait de la trésorerie sur le dos des chômeurs. Celui qui bosse a intérêt à être prévoyant. Elle attend donc les 3 semaines qui suivent la fin de sa mission pour aller chercher son salaire.

On lui présente la feuille de salaire, un peu sèche à son goût. Le contrat indiquait 20h de travail, mais elle en a fait plus, sur la demande du client. Ces heures ont-elles été prises en compte ? Va-t-elle tomber dans un vortex de responsabilités entre le client et l'agence ? Apparemment non, le nombre d'heures est bon. Mais pas le salaire. Le contrat ne contient pas la prime de précarité ni les congés dus. Cela représente quand même 20% du total, c'est pas rien. En scrutant, elle découvre qu'une somme est soustraite à son salaire : « mise en CET ».

Le CET est un « compte épargne-temps ». C'est un compte que l'on peut ouvrir sur l'accord du salarié pour y mettre de l'argent et qui peut passer d'un employeur à l'autre. Sauf qu'à défaut de donner son autorisation, elle n'a même jamais été prévenue de cette pratique. L'argent est toujours sur le CET. Pas très réglo tout ça.

Combien d'employés se font duper parce qu'ils ne comprennent pas ce tour de passe-passe ? Combien d'argent l'agence économise-t-elle en trésorerie sur les salaires ? Combien de salariés se font flouer, parce qu'ils ne savent même pas qu'il leur manque cette somme ?

Elle a donc appelé l'agence pour dénoncer cette pratique et réclamer son argent. On lui répond que c'est plus simple d'attendre le mois prochain pour le récupérer avec la nouvelle paie (donc le 15 du mois suivant, presque 2 mois après avoir travaillé 3 jours). Elle a finalement récupéré son argent. L'agence aura fait de la trésorerie avec l'argent versé. La bonne affaire.

Si elle n'avait rien dit, elle n'aurait jamais récupéré son dû. L'argent continuerait à faire des petits pour l'agence. Dernier numéro dans le prochain billet.

Et vous, vous faites confiance à votre agence d'intérim ?

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