Santé

Tout ce qui touche les mutuelles, l'assurance santé, et la question de savoir où on se situe entre la vie et la mort.

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6. novembre 2020

COVID-19 : Les camps de travail

Je suis un messie ! Le Covid-19 est de retour et je l'avais annoncé. C'est incroyable ! Même Macron ne le savait pas si on en croit son dernier discours.

On n'en croit rien ? Vous avez raison. Je ne suis pas un messie, et Macron savait voilà bien longtemps qu'une seconde vague arriverait. Tout le monde le savait. On parle d'ailleurs déjà de la 3ème vague...

En cachette, je pariais que notre cher président ferait tout pour éviter un reconfinement. Et je me suis un peu trompé. Un peu seulement. Parce qu'il a tenté toutes les solutions pour éviter ce confinement : couvre-feu d'abord, confinements partiels, masque obligatoire partout (les mêmes qu'on a envoyés en Chine et qui étaient interdits à la vente pour cause de pénurie).

Même le dieu Jupiter n'a pas pu éviter ce confinement, mais juré, cela n'affectera pas le PIB cette fois-ci !

Alors il nous annonce gentilment qu'on aura un confinement aménagé. On comprend bien sûr que ce sera moins rude qu'au printemps. La belle affaire ! Cette fois-ci, on travaillera, on rentrera chez soi, et on n'aura le droit de voir personne. Ni amis, ni famille, pourtant moins dangereux que les inconnus qu'on croise au travail ! Moins dangereux parce qu'ils participent généralement à un brassage moins large de la population, des gens plus proches géographiqement.

Par contre, le travail est déclaré être le 2ème cluster de contamination. C'est un endroit souvent clos où on rencontre plein de monde, des inconnus, qui viennent souvent de loin, et que l'on côtoie 35h par semaine.

On passe donc de la prison aux travaux forcés. C'est un aménagement de peine selon la définition de Macron.

Pour laisser les gens travailler, naturellement on ouvre les écoles, 1er cluster. Pas que je préconise de les fermer, mais j'ai pour ma part une autre intention en le pensant. L'intention de Macron n'a sans doute pas permis de mettre 1 centime dans des aménagements évidents qui pourraient sauver des vies. Pas plus là que dans les hôpitaux d'ailleurs.

J'applaudirais bien Macron tous les soirs à 20h, moi. Ou sinon, je pisserai peut-être du balcon, en hommage au grand homme, et aussi pour avoir l'impression que chez moi c'est un peu plus grand, pour pousser les murs de ma prison.

 

16. septembre 2020

Doctolib

Depuis quelques années déjà, le secrétariat de mon médecin généraliste n'est ouvert que le matin. En prenant rendez-vous la secrétaire me demande mon numéro de portable, chose nouvelle, je reçois alors un SMS de confirmation... j'ai l'impression d'avoir pris rendez-vous avec un robot. En fait, je suis entré sans le savoir dans l'univers de Doctolib.

« Le recueil de vos Données Personnelles a pour base légale :
   votre acceptation des Conditions Générales et Particulières d’Utilisation (CGU et CPU) et la présente politique et son complément; » (source Doctolib)

Sans mon autorisation, le secrétariat de mon toubib a entré des données personnelles dans un service tiers, sans m'en informer, me laissant encore moins l'occasion de me renseigner sur le service et les conditions générales. D'ailleurs, quelles conditions générales ? Celles de mon toubib ou les miennes ?

Doctolib est une startup franco-allemande financée par des actionnaires dont une société de capital-risque(1). L'entreprise montre patte blanche sur tout ce qui est sécurité des données et confidentialité. En apparence... car si elle a racheté le concurrent « mon docteur », elle pourra se faire acheter à son tour par un américain. Les utilisateurs de mondocteur.com étaient-ils d'accord pour transférer leurs données personnelles chez doctolib ?

Je n'ai aucune raison de faire confiance à cette entreprise cotée en bourse et qui stocke des données de santé de ses patients (au minimum, les dates de rendez-vous, croisées avec les spécialités des médecins et leur région géographique, ainsi que mon e-mail et mon numéro de téléphone qu'il m'est impossible d'effacer de mon profil, même mon toubib ne peut pas).

D'ailleurs, si cela vous inquiète, sachez que même en effaçant votre profil, vous ne supprimerez pas vos données : car votre médecin en a besoin pour l'historique de vos visites ! Il faudra donc attendre d'être mort à en croire les conditions générales d'utilisation.

D'autres part, ces conditions générales assument clairement que les données personnelles peuvent être « traitées par des sous-traitants », certaines données pouvant partir à l'étranger. Votre consentement est (pour le moment) demandé pour la prospection commerciale (gentil de leur part). Par contre, la récupération de données par les boutons Facebook & Twitter est automatique.

À aucun moment on ne vous laisse le choix.

Alors quand je vois qu'ils ont élargi leurs services aux consultations en ligne, je me dis que là, ils savent beaucoup de choses sur nous.

Ne me dites pas que je vois le mal partout, le gouvernement vient justement de voter une loi obligeant les hôpitaux à transmettre les données santé de ses patients à Microsoft... Doctolib est presque un détail.

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(1) Les bureaux de cette entreprise viennent des États Unis, de Grande Bretagne, de Chine et d'Inde. Ils ont notamment investi dans Facebook.

22. juin 2020

Vos données santé sont-elles anonymes ?

Dans mon dernier billet, j'ai émis un doute sur l'anonymat des données santé des Français offertes au monde entier.

Avec le récent texte de loi, lié à l'urgence sanitaire du COVID-19, la sécu devra agglomérer et « anonymiser » des données de santé de tout le monde. Toutes les données en rapport avec la santé. Face à l'importance du secret médical en France, on nous promet l'anonymisation des données, mais qu'est-ce que cela veut bien dire ? Est-ce possible ?

On prétend généralement qu'une donnée est anonyme sitôt qu'elle n'est pas directement liée à une identité. Cela veut dire que votre dossier santé n'apparaîtra pas sous votre vrai nom, ni sous votre identifiant de sécurité sociale. On mettra simplement un identifiant « anonyme » permettant de relier les données les unes aux autres, mais pas à votre nom. Il s'agit en fait d'une « pseudonymisation ».

La belle affaire. Moi, par exemple, je n'ai pas besoin de savoir comment s'appelle mon voisin pour savoir à quelle heure il rentre, se lève la matin, s'il fume, s'il aime les jeux vidéo. Et en prenant le problème dans l'autre sens, si on me décrit le comportement d'un voisin, je saurai très bien l'identifier, et retrouver son nom sur la boîte aux lettres.

Voilà en quoi correspond l'anonymisation des données de santé des Français : une farce qui ne pose aucun problème à Microsoft ou n'importe quelle entreprise dont les données personnelles sont le métier.

Ces entreprises savent à quelle heure vous allumez votre téléphone, quels sont vos déplacements, ont une idée des messages que vous envoyez, à qui, savent aussi qui vous fréquentez, vos goûts et des tas de choses qui permettent de recouper les informations et connaître votre identité réelle.

Voilà ce qu'on a offert à l'une des plus grosses entreprises du monde.

Pour que les données soient réellement anonymes, il faudrait qu'on ne puisse pas savoir que celui qui a de l'asthme, qui a fait des radios, qui a tel médecin traitant est une seule et même personne. Mais forcément, ces données là n'intéresseraient personne...

La cerise sur le gâteau, quand même, c'est qu'on paie Microsoft pour leur offrir toutes ces données... Nous sommes une marchandise. Et les États-Unis sont déjà en train de nous moissonner.

Ne comptez pas sur moi pour pardonner cette traîtrise. Jamais.

 

10. juin 2020

Le Health Data Hub

Avez-vous les moyens de faire confiance à votre médecin ?

Je ne veux pas savoir si vous le trouvez convenable, s'il semble apporter les bonnes réponses à vos problèmes de santé, ou s'il arrive à vous rassurer. Le problème est de savoir s'il ne va pas raconter vos petits problèmes de santé à quelqu'un d'autre.

Il est théoriquement tenu par le secret médical. Secret qui implique que le toubib n'ira pas raconter à un voisin ce qui vous arrive, n'ira pas en informer votre assureur ou votre banquier lors d'un prêt immobilier. Évidemment qu'il n'irait pas raconter vos problèmes sur les toits !

Mais pensez-vous qu'il pourrait raconter vos problèmes à quelqu'un qui irait le raconter à quelqu'un d'autre ? Non ? Vous en êtes certain ?

Votre médecin sauve ses données sur un ordinateur, il fait des sauvegardes de sécurité de ces données, probablement sur un serveur distant, dans des bases de données très sécurisées... car en France, on ne rigole pas avec les données de santé.

Pourtant, le 21 avril dernier, notre cher gouvernement a voté une loi pour accélérer le transfert des données santé des hôpitaux vers le serveurs de Microsoft. Il est vrai que depuis quelques mois, cette entreprise américaine avait eu les certificats nécessaires pour avoir le droit d'héberger ce type de donnée sensible.

Il est question de transférer la totalité des données santé « anonymisées » des français, et d'y donner un accès illimité à toutes les entreprises privées souhaitant jouer avec. Toute votre vie sera au pays de Big Brother. Il faut savoir qu'une donnée anonyme ne reste pas anonyme très longtemps quand elle est hébergée chez un opérateur de Big Data. Il suffit de croiser les dates de rendez-vous avec des données de navigation, de GPS, ou de votre messagerie hotmail. Les recoupements sont justement leur métier.

Est-on devenu assez stupides pour croire qu'une entreprise États-Unienne obéissant à la loi du Privacy Act peut être honnête, alors que son business est justement d'agréger des données pour mieux connaître les gens, et que son pays fait de la surveillance de masse ?

Edward Snowden s'en est récemment ému. Lui qui a prévenu le monde de la mainmise de son pays sur nos vies, il apprend que la France livre son peuple à l'ennemi.

Qu'a-t-on raté pour que le monde soit avide à ce point que l'on ne peut même plus faire confiance à son médecin de famille ?

Un recours a été déposé au Conseil d'État contre ce texte. Il sera étudié demain. Pour lui donner plus de force, n'hésitez pas à signer cette pétition :

Voici le communiqué d'InterHop avec des explications détaillées. Et le lien direct vers la pétition en ligne, que je vous incite à signer.

Autre article très intéressant sur le sujet.

12. avril 2020

COVID-19 : Oups ou Encore !

On pourrait en rire si cela ne tuait pas des milliers de Français. Mais commencera-t-on enfin à admettre que même Jupiter est un incapable ? Même en grave crise qui montre tous les signes de l'échec du libéralisme, on voit déjà apparaître le Malin se faufiler entre les ruines pour nous remettre sa politique mortifère.

Ça a commencé en 2016 alors qu'il a été prévenu de notre incapacité à faire face à une pandémie. Il a ensuite ignoré la menace du virus, alors qu'il était très bien informé sur le sujet par Agnès Buzyn. Il a juste considéré que la pauvrette n'avait pas les épaules, et il n'a rien fait. On était le 11 janvier. Il a maintenu les élections qui avaient lieu un mois plus tard, et il nous a même incité à continuer à sortir jusqu'au 7 mars !

À cette date, il faut se rappeler que nos stocks stratégiques de masques étaient inexistants, jetés et non remplacés par Hollande. Mais depuis le 30 janvier, Macron n'a pas été capable d'en racheter. Rien ! Il en a même envoyé en Chine en février. Il a même réussi à se faire piquer par « nos amis américains » ceux qu'il avait commandés, au moment où l'avion allait décoller vers la France. Alors pour qu'on n'y voit rien, il nous a dit que les masques ne servaient à rien et que le virus était gentil. Un tel mensonge d'État, fallait oser.

Pour consolider tout ça, pas de réquisition pour produire, rien. Sinon des masques suédois à destination de l'Italie et l'Espagne, en transit en France (pour bien se mettre avec « nos amis européens »). Même les cliniques n'ont pas été réquisitionnées alors qu'elles le réclamaient !

Et pendant que le mal se répand, il en profite pour ruiner nos droits  « parce qu'on est en guerre ». Droit du travail avec des récessions incroyables (semaine de 60 heures, repos journalier de 9h, confiscation des RTT et congés, primes exceptionnelles exemptes de cotisations...) jusqu'à la fin de l'année (au moins, le temps qu'on s'habitue). Tout ça sans jamais remettre en question (même temporairement) l'ISF ou n'importe quel avantage fiscal pour les riches. Même là, ce sont les pauvres qui trinquent. L'état d'urgence lui permet de décider des trucs tout seul dans son coin.

Je garde le meilleur pour la fin. Je l'avais prédis, mais je ne pensais pas que cela viendrait aussi vite et aussi fort : la perte des libertés. On autorise la police à mettre un PV sur des motifs flous (vos achats sont-ils de première nécessité ?), et on prépare le terrain pour la surveillance de masse avec le tracking des téléphones cellulaires, l'ouverture de données santé est pour bientôt. L'argument est quand même de « sauver des vies ».

Alors qu'il était si simple d'acheter des masques et de commencer le confinement plus tôt. Commencer le confinement 3 jours plus tôt aurait pu éviter la moitié des morts de cette maladie, et ainsi de suite, par tranche de 3 jours. Repensez bien au prix que nous coûte le modèle économique de Macron : il ne sauvera pas l'hôpital, même après cette crise..

25. mars 2020

COVID-19 : à qui la faute ?

Jupiter nous reproche de ne pas être très attaché au respect de ses ordres.

On lui accordera que les consignes données la veille du confinement ont du sens : sauver des vies. On ne sais pas trop comment, mais c'est louable. On imagine qu'en restant confiné, on n’attrapera pas le virus, on le regardera passer par la fenêtre, et une fois passé, on pourra ressortir. Les journaux ne nous expliquent même pas que le problème n'est pas d'éviter la contagion (pas directement), mais de sauver les hôpitaux.

Rester confiné ne tue pas le virus, cela ralentit la contamination. L'intérêt n'est pas réellement de « ne pas être contaminé », mais surtout, d'être « contaminé plus tard », pour limiter l'engorgement des hôpitaux. Car le problème est là (on le voit en Italie) : quand on a 2 malades et un seul respirateur artificiel, on le donne à qui ? Lequel des 2 malades on laisse crever ?

Alors Dieu Macron nous demande d'être confiné, nous dit qu'on est « en guerre » et ne réquisitionne pas les industriels concernés. Et ça sauverait des vies.

L'homme le mieux informé de France est pourtant au courant depuis au moins fin janvier du malaise, mais il s'est reniflé sous les bras la semaine dernière et il s'est dit « Allez, demain, les gens restent chez eux ». Comme des bons moutons qu'ils sont, depuis qu'ils acceptent l'inacceptable. Pas besoin de leur expliquer pourquoi, ils n'ont pas le choix.

Le confinement aurait dû être mis en place plus tôt : fermer les frontières aux marchandises et aux personnes aurait sauvé des vies. Parce que là, on nous a annoncé 2 semaines, mais je vous garantis qu'on en a pour au moins 1 mois, certainement plus. Les chinois en sont à 7 semaines...

Alors moi, avec des consignes aussi vides de sens, je trouve qu'on est très dociles. On obéît aux consignes d'un président qui parque les gens chez eux pour avoir voulu épargner le PIB.

D'accord Macron, on se confine. On le fait par sens du devoir, parce que pris à la gorge, on veut sauver nos proches.

On va retrouver les joies de la vie sans magasins, sans travail, sans gadgets inutiles... mais une vie sans les proches aussi. Une vie où on ne voit plus ses amis, où ne peut même pas dire adieu aux défunts. Elle nous coûte très cher sa prise de conscience tardive, sa religion économique.

Alors quand même, il faudra rendre des comptes après tout ça.

27. octobre 2018

La fin du trou de la Sécu

Ça y est ! Le trou de la sécu vient enfin d'être résorbé !

Et pas qu'un peu... on nous faisait la leçon pour un petit trou d'un milliard, et voilà pas qu'on se retrouve avec un bénéfice de près d'1 milliard ! Bah, les milliards, ça va, ça vient.

Ça aura été compliqué de sauver la Sécu quand même. Il aura fallu fouetter les hôpitaux, imposer des frais médicaux pas remboursables par les mutuelles (1€ de participation forfaitaire) pour dissuader les malades d'être malades, baisser des tas de remboursements, mais ça y est, on y arrive.

Et maintenant ? On remet les remboursements comme avant ?

Bah non, ça serait dommage. Macron en fera profiter les cotisants (les entreprises, via les salaires). Comme ça, on dépensera moins en cotisations, on creusera un autre trou de la sécu et on pourra recommencer à dérembourser un cran plus loin.

Vous suivez la logique ?

Dire qu'il aurait été si simple de maintenir les cotisations sociales. Dire qu'une sécu qui rembourse à 100% coûterait moins cher en mutuelle et apporterait ce foutu pouvoir d'achat dont on parle tant...

Surtout qu'on ne le dit pas, mais les heures sup, celles-là même qui justement rendent les gens malades, et bien elles seront exonérées de cotisations ! Pas bête hein ? Pour un coût de 2 milliards. On remet 10 balles dans la machine ?

Le plus drôle, c'est que la Cour des Comptes prévoit même un bénéfice de 24 milliards en 2022, qui servira à renflouer les caisses de l'État, car les bénéfices seront plafonnés par la loi. Les cotisations sociales serviront donc ainsi à financer les entreprises qui ne cotisent pas (avec le CICE par exemple). Une merveille.

PS : Pour ceux qui n'auraient pas suivi, ils sont en train de faire pareil avec Pôle emploi...

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