3. avril 2020

COVID-19 : entassés comme des poulets

J'en parle souvent ici, la production industrielle de viande est un problème. Elle est un problème moral car les animaux sont maltraités, un problème environnemental car les déjections polluent les sols, le méthane produit un effet de serre et les antibiotiques perdent leur efficacité pour les maladies graves, mais aussi un problème sanitaire car ces élevages sont bien souvent des incubateurs à microbes.

Parmi les grands dangers qui mettent en péril le simple modèle industriel, on peut citer de très nombreuses maladies devenues célèbres : fièvre aphteuse, les grippes Aviaires, grippe porcine, salmonelles, encéphalopathie spongiforme (vache folle), SRAS, Escherichia coli... certaines se transmettent même à l'homme.

Si l'élevage n'est pas responsable de toutes les maladies des animaux, il en est un vecteur alarmant. Qu'un virus mute et devienne mortel, et c'est toute l'industrie alimentaire qui est touchée. Rappelez-vous les invasions des maladies concernant tantôt les poulets, le vaches, ayant amené à l'incinération de cheptels complets, pays après pays. Les animaux deviennent vulnérables lorsqu'ils sont entassés.

Notre mode de vie nous amène à vivre en flux tendu et à nous entasser en ville. Au point que lorsqu'un virus apparaît en Chine, il ne faut que quelques semaines pour parler de pandémie mondiale. Ce sont surtout les grandes villes qui sont touchées. En France, Paris est un point chaud du nouveau coronavirus, dont les habitants sont partis se réfugier en province (et y transmettre l'infection). Aux États-Unis, c'est New York qui est touché, avec une contagion affligeante (un États-Unien contaminé sur 3 y vit).

On nous dit aujourd'hui que le remède est de ne rencontrer personne. La bonne blague. Ne trouvez-vous pas que notre nouveau mode de vie nous amène à être un peu trop tassés les uns sur les autres ? À être aussi vulnérables que dans un élevage intensif ?

L'humain, ce bétail...

29. mars 2020

COVID-19 : le bruit des bottes

Le coronavirus exige de nous que nous soyons de bons citoyens. Nous devons sans (trop) réfléchir obéir aux consignes. Ces consignes sont décidées par notre Président, en qui nous n'avons absolument pas confiance.

Loin de moi l'idée de rejeter l'idée de confinement. Je trouve même qu'on ne joue pas assez le jeu, comme je l'ai dit dans mon billet précédent. Mais il n'empêche qu'on est habitués aux consignes absurdes de Macron. On sait très bien qu'il n'a même pas besoin d'un prétexte pour nous nuire. On sait qu'un état d'urgence sanitaire lui ouvre des autoroutes pour nous maltraiter. Hollande l'a fait avant lui, pourquoi se priver.

Par exemple, ces petits papiers qu'on est obligé d'avoir sur soi, et de remplir avant de sortir de chez soi. Qu'on n'a pas le droit de réutiliser, mais qu'on peut imprimer à l'infini. Je ne sais pas si c'est utile, mais une chose est certaine, cela nous habitue à nous justifier de sortir. On se justifie déjà de ne pas avoir d'armes en ouvrant nos sacs en rentrant dans les magasins, on imagine même qu'il est légal qu'une caissière le contrôle lorsque vous sortez d'un magasin. On nous habitue à l'idée d'être surveillé en permanence, par des caméras, du DPI, la numérisation des paiements, la centralisation des données...

Depuis Hollande, on imagine que les caméras de vidéosurveillance peuvent nous sauver, qu'il est bien de montrer qu'on n'a rien à cacher. On nous habitue à l'idée que nos communications sont toutes surveillées pour notre bien, qu'il est interdit de parler, de penser à n'importe quoi.

Au point qu'aujourd'hui, on justifie nos déplacements nous-mêmes sur un papier libre. Après la crise ? Pas de problème, on mettra dans la loi qu'il est normal de devoir se justifier de tas de choses sur simple contrôle. On ouvrira les fichiers de la sécu à n'importe qui pour vérifier qu'on n'est pas contagieux, la police surveillera nos déplacements en géolocalisant nos téléphones cellulaires parce qu'on sera habitué...

Les privations de liberté liées à la vie privée sont tellement légion depuis 10 ans qu'on s'habituerait à n'importe quoi. On nous annonce déjà qu'il y aura des couvre-feux dans tout le pays, certaines villes le font déjà. C'est peut-être nécessaire. Mais une fois qu'on sera habitué à se justifier sur tout, alors rien ne sera jamais plus comme avant.

On n'entendra même plus le bruit des bottes...

25. mars 2020

COVID-19 : à qui la faute ?

Jupiter nous reproche de ne pas être très attaché au respect de ses ordres.

On lui accordera que les consignes données la veille du confinement ont du sens : sauver des vies. On ne sais pas trop comment, mais c'est louable. On imagine qu'en restant confiné, on n’attrapera pas le virus, on le regardera passer par la fenêtre, et une fois passé, on pourra ressortir. Les journaux ne nous expliquent même pas que le problème n'est pas d'éviter la contagion (pas directement), mais de sauver les hôpitaux.

Rester confiné ne tue pas le virus, cela ralentit la contamination. L'intérêt n'est pas réellement de « ne pas être contaminé », mais surtout, d'être « contaminé plus tard », pour limiter l'engorgement des hôpitaux. Car le problème est là (on le voit en Italie) : quand on a 2 malades et un seul respirateur artificiel, on le donne à qui ? Lequel des 2 malades on laisse crever ?

Alors Dieu Macron nous demande d'être confiné, nous dit qu'on est « en guerre » et ne réquisitionne pas les industriels concernés. Et ça sauverait des vies.

L'homme le mieux informé de France est pourtant au courant depuis au moins fin janvier du malaise, mais il s'est reniflé sous les bras la semaine dernière et il s'est dit « Allez, demain, les gens restent chez eux ». Comme des bons moutons qu'ils sont, depuis qu'ils acceptent l'inacceptable. Pas besoin de leur expliquer pourquoi, ils n'ont pas le choix.

Le confinement aurait dû être mis en place plus tôt : fermer les frontières aux marchandises et aux personnes aurait sauvé des vies. Parce que là, on nous a annoncé 2 semaines, mais je vous garantis qu'on en a pour au moins 1 mois, certainement plus. Les chinois en sont à 7 semaines...

Alors moi, avec des consignes aussi vides de sens, je trouve qu'on est très dociles. On obéît aux consignes d'un président qui parque les gens chez eux pour avoir voulu épargner le PIB.

D'accord Macron, on se confine. On le fait par sens du devoir, parce que pris à la gorge, on veut sauver nos proches.

On va retrouver les joies de la vie sans magasins, sans travail, sans gadgets inutiles... mais une vie sans les proches aussi. Une vie où on ne voit plus ses amis, où ne peut même pas dire adieu aux défunts. Elle nous coûte très cher sa prise de conscience tardive, sa religion économique.

Alors quand même, il faudra rendre des comptes après tout ça.

23. mars 2020

Intérim : le parrain (3)

Je vous ai raconté les mésaventures de Julie avec son agence d'intérim. Rien de catastrophique, non, juste un petit exemple de pratique douteuse qu'on rencontre parfois. L'agence a d'abord menti à Julie sur le poste pour ensuite lui soutirer de l'argent sous des aspects de bonne foi.

Les éléments décrits dans mon précédent billet, outre le fait que l'agence aurait dû demander l'autorisation explicite écrite de Julie, n'apparaissent même pas dans le contrat de travail. Quel contrat de travail ? Celui qui est au dos du machin qu'elle a signé après avoir terminé le boulot.

Bah oui, on n'attend pas la paperasse pour bosser, sinon on n'est jamais pris ! Mais quand même le contrat, pour la beauté, je voudrais vous le montrer...

Ce simple dos de papier A4 (format lettre) est écrit en gris clair, avec des caractères d'une taille absolument illisible. Moi, avec mes lunettes, je ne le lis pas. Désolé. Surtout que soyons clairs : c'est l'autre côté du papier que l'on signe, on pourrait ne même pas comprendre qu'il y a un truc à lire ici...

Ça sent fort la malice tout ça.

Et vous, vous faites confiance à votre agence d'intérim ?

22. mars 2020

Intérim : le parrain (2)

Julie, qui vient de terminer son contrat d'intérim ne sera payée que le 15 du mois suivant. C'est comme ça. Parce que dans l'intérim, la boîte fait de la trésorerie sur le dos des chômeurs. Celui qui bosse a intérêt à être prévoyant. Elle attend donc les 3 semaines qui suivent la fin de sa mission pour aller chercher son salaire.

On lui présente la feuille de salaire, un peu sèche à son goût. Le contrat indiquait 20h de travail, mais elle en a fait plus, sur la demande du client. Ces heures ont-elles été prises en compte ? Va-t-elle tomber dans un vortex de responsabilités entre le client et l'agence ? Apparemment non, le nombre d'heures est bon. Mais pas le salaire. Le contrat ne contient pas la prime de précarité ni les congés dus. Cela représente quand même 20% du total, c'est pas rien. En scrutant, elle découvre qu'une somme est soustraite à son salaire : « mise en CET ».

Le CET est un « compte épargne-temps ». C'est un compte que l'on peut ouvrir sur l'accord du salarié pour y mettre de l'argent et qui peut passer d'un employeur à l'autre. Sauf qu'à défaut de donner son autorisation, elle n'a même jamais été prévenue de cette pratique. L'argent est toujours sur le CET. Pas très réglo tout ça.

Combien d'employés se font duper parce qu'ils ne comprennent pas ce tour de passe-passe ? Combien d'argent l'agence économise-t-elle en trésorerie sur les salaires ? Combien de salariés se font flouer, parce qu'ils ne savent même pas qu'il leur manque cette somme ?

Elle a donc appelé l'agence pour dénoncer cette pratique et réclamer son argent. On lui répond que c'est plus simple d'attendre le mois prochain pour le récupérer avec la nouvelle paie (donc le 15 du mois suivant, presque 2 mois après avoir travaillé 3 jours). Elle a finalement récupéré son argent. L'agence aura fait de la trésorerie avec l'argent versé. La bonne affaire.

Si elle n'avait rien dit, elle n'aurait jamais récupéré son dû. L'argent continuerait à faire des petits pour l'agence. Dernier numéro dans le prochain billet.

Et vous, vous faites confiance à votre agence d'intérim ?

21. mars 2020

Intérim : le parrain (1)

87% des nouveaux emplois sont aujourd'hui des CDD, dont 30% ne durent qu'une journée.

« Le taux de rotation de la main-d’œuvre augmente fortement en vingt-cinq ans, passant de 29 % en 1993 à 96 % en 2017. » (source)

En vedette, les agences d'intérim. Pas qu'elles soient vraiment vertueuses dans ce domaine, mais Pôle Emploi n'arrivant plus à fournir, c'est le dernier rempart avant l'inactivité. Alors on y va pour trouver des boulots pourris. On sait que ce sera minable, alors on imagine qu'on ne sera pas déçus.

Mais même dans ce domaine, on arrive à être surpris. Petite expérience remontée par Julie, fidèle lectrice de ce blog. Elle cherchait un poste en couture.

Cette agence propose généralement des emplois en BTP. Et là, miracle, elle met une annonce pour trouver une couturière. Julie répond, mais son CV est archivé. On la rappelle pour lui dire que le poste est pourvu, mais que si elle cherche du boulot, on aurait besoin d'elle pour ouvrir des colis dans une boîte de vente en ligne. Elle accepte, car elle ne veut pas passer pour une feignasse de chômiste, le temps qu'une autre annonce en couture tombe.

Le boulot est très loin, elle va en repérage, et arrive à trouver un trajet pas trop dangereux pour aller travailler en 40 minutes de vélo.

Le rythme est tendu, les blessures fréquentes, on est loin du boulot qu'elle cherchait, elle ne reste que les 3 jours qu'elle s'est engagée à faire. Entre temps, elle découvre un peu la boîte, et voit bien que les hommes sont sur les Fenwick, les femmes sont aux colis. La boîte ne prend que des femmes pour ce poste, quoi que dise la loi à ce sujet.

À sa prise de poste, elle découvre que l'annonce de couture a été remise en ligne sitôt son poste commencé. L'agence ne la rappelle jamais pour ce poste et pour cause : c'est une fausse annonce. Le seul moyen que cette agence de BTP a trouvé d'avoir un vivier de CV de femmes.

« J'ai tiqué quand j'ai découvert que j'avais une collègue qui avait été recrutée par la même boîte d'intérim, et qui était elle aussi couturière. De toute façon, quand on m'a proposé le poste, la nana au téléphone m'a clairement dit qu'elle cherchait des femmes pour ce poste. » (Julie)

D'autres déconvenues auront lieu sur ce simple contrat de 3 jours. Je vous les raoncterai dans le prochain billet.

Et vous, vous faites confiance à votre agence d'intérim ?

17. mars 2020

Votre cartes grises en vente libre

J'avais déjà évoqué les dérives possibles d'un fichage généralisé, tel qu'on le subit aujourd'hui avec TES, le fichier national électronique d'identité.

J'aimerais aujourd'hui vous dire à quel point les risques n'ont rien de fantasmé. Le danger que représente la centralisation des données est même déjà illustré, et ce, depuis 2007 sans même que vous le sachiez. La loi est passée tranquillou, avant même que l'on évoque l'idée de ce TES. En fait, depuis 1983, le fichier des cartes grises était géré par l'AAA, association dépendante du Comité des Constructeurs Français d’Automobile. Ce n'était donc déjà plus l'État qui le gérait.

Il vous arrive d'aller chez le garagiste ? Celui-ci vous demande l'immatriculation de votre véhicule ? Pratique, cela lui donne plein d'informations sur la voiture que vous ne sauriez peut-être pas lui donner. Mais il faut savoir que certains professionnels ont aussi accès à votre identité depuis ce numéro de plaque. 84 enseignes y avaient accès en 2012.

Avant, seuls les flics y avaient accès. Mais maintenant, il suffit d'être une entreprise de marketing bien vue, et on peut acheter ces informations personnelles pour moins de 9 centimes par fiche. Oui, l'État vous vend. Et pas cher en plus... Il est possible de s'y opposer lors de la création de la carte grise en cochant une petite case. C'est une exception à la loi, car normalement, ce genre de formulaire impose qu'il faille cocher lorsque l'on souhaite être vendu (Opt-in) et non l'inverse (Opt-out). Mais bon, sinon, il ne serait pas possible à ces sociétés de marketing de vous vendre des pièces auto en vous appelant chez vous, comprenez bien. Il semblerait que certains garages aient aussi accès à votre identité, comme MIDAS par exemple, qui prospecte de cette façon.

Cela vous permet maintenant de trouver l'adresse de votre star favorite en regardant des photos de magazine people avec des plaques d'imatriculation, et accessoirement, avoir l'adresse du propriétaire d'un véhicule vous ayant grillé la priorité pour lui faire subir des représailles, là où avant, vous deviez demander à la police. Peut-être aussi qu'un jour quelqu'un sonnera à votre porte car il aura remarqué votre voiture dans la rue et voudra vous l'acheter, à la façon des racailles de l'immobilier disant être « intéressées par votre bien ».

On peut aussi penser que les sociétés de marketing ont des informations sur le niveau de vie des personnes qu'elles contactent. Elles savent notamment combien de voitures sont immatriculées sous un même nom, ou simplement quel type de véhicule et si vous l'avez eu en première main. Très utile pour adapter son discours. Très utile aussi quand on veut chercher à convaincre quelqu'un sur la base d'un électorat. C'est bien connu : on ne vote pas à gauche quand on roule avec une Posche 4x4, on ne vote pas à droite quand on roule dans une Laguna immatriculée 15 ans après sa première mise en circulation.

Quand on voit le danger que représente ce fichier de cartes grises, on comprend que TES, le fichage de toute la population française, est un danger pour la démocratie.

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