16. mai 2020

Le confinement de Vincent Lindon

Il a été permis à Vincent Lindon de donner son avis sur la crise actuelle, à la demande de Médiapart. Il s'est fendu d'un texte très clair, concis, et qui enchaîne très bien les événements de ces derniers temps.

La vidéo ne dure que 20 minutes et je vous la conseille :

14. mai 2020

COVID-19 : Travaillez ou restez chez vous

Alors que je me promenais sur un campus universitaire proche de chez moi, je vois des ouvriers travailler à retirer un tag.

Nous sommes en période de confinement, un premier mai, dans une FAC, et le tag en question n'est même pas méchant pour qui que ce soit, il est juste moche.

Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il s'agisse d'une entreprise privée, missionnée par l'université pour nettoyer ces tags disgracieux. Mais est-il important de retirer ces tags en pleine période de confinement sanitaire ? Est-ce un métier prioritaire ? Est-ce que travailler un 1er mai, jour des acquis sociaux, est vraiment le bon moment pour retirer des salissures présentes depuis des mois ? Des salissures que personnes ne voit, car tout le monde est confiné, et que peu de monde ne peut se promener aussi loin ?

Je doute fort que les employés aient eu le choix de bosser. Et je serais surpris que les employeurs aient décidé de les payer triple compte tenu de l'urgence des travaux. Non, je pense que c'était simplement un jour comme un autre. Parce que maintenant, il n'est pas très difficile de piétiner le jour symbolique d'une lutte sociale. Et parce qu'en période de confinement, il suffit de donner un masque à quelqu'un pour le faire bosser.

Le 1er mai est une journée internationale. On la célèbre en Europe, aux États Unis, en Afrique, dans de nombreux pays. Il est le signe de l'acquis des journées de 8h. En France, il a ceci de particulier que c'est le seul jour qui soit férié et chômé obligatoirement (sauf pompiers et urgentistes par exemple).

Macron a signé un papier autorisant à travailler 60h par semaine et 12h par jour avec un masque. Les 8h quotidiennes, on en est loin. Alors puisque le 1er mai ne veut plus rien dire, qu'on n'a plus le droit de manifester à cause du virus, il ne reste aucune limite pour faire bosser les fainéants...

Vous ne trouvez pas que le rempart s'effrite ? Celui qui sépare les ouvriers des gueux. Mais je pense que le rempart qui protège Macron des gueux n'en a plus pour longtemps non plus.

8. mai 2020

COVID-19 : Les brigades de Jupiter

Pour le déconfinement, la propagation du virus sera jugulée par des brigades !

Ce n'est sans doute pas pour rien qu'ils ont utilisé un mot à connotation militaire : pour nous habituer. Nous sommes en guerre ! Après l'appli, les brigades. Déjà que certaines villes ont mis en place des drones, on n'est plus à ça près.

Édouard Philippe a un projet très précis de « brigades » censées enquêter autour des cas recensés, pour retrouver les cas pas encore identifiés, et ensuite obliger toutes ces personnes à rester confinées. Sachant que 90% des malades n'ont pas de symptômes, cela veut dire qu'on contraindrait des « bien-portants » et leur famille à une vie de confinement au motif que... le gouvernement a mal fait son boulot ? Qu'il ne faut pas toucher au niveau de vie de ceux qui peuvent encore travailler ?

Alors comme le gouvernement ne fait rien pour nous sauver, il nous fait croire que c'est de notre faute : en stigmatisant les malades, en nous demandant d'acheter des masques qu'il n'a pas été capable de se procurer, en installant une application de surveillance, en nous demandant de prêter allégeance à des brigades de surveillance qui auront accès à des données très personnelles, en élargissant la liste du personnel ayant accès à nos données santé. Et qui ne serviront à rien si on ouvre les écoles, ces incubateurs naturel du virus...

Je termine avec cette citation de Mélenchon, très juste selon moi.

« Ta liberté vaut-elle le risque du COVID 19 ? Les gens que je croise sont-ils d’abord des suspects ? Suis-je d’accord pour être d’abord un suspect aux yeux des autres ? Si on veut savoir qui a le COVID 19 ne va-t-on pas exiger demain de savoir aussi qui a le SIDA, la grippe, des dettes impayables, des antécédents judiciaires ? Si je refuse le tracking suis-je dangereux ou bien prudent ? Suis-je un sujet humain ou bien un objet humain ? » (source)

7. mai 2020

COVID-19 : Un antivirus sur votre téléphone

Macron a trouvé les solutions ultimes pour sauver le monde du virus : une application mobile. Le virus n'a qu'à bien se tenir ! Encore un truc qui vise les libertés publiques. C'est en tout cas le sentiment qu'elles donnent malgré les hypocrites apaisements du gouvernement.

Si cette application n'est pas encore prête, le gouvernement a bel et bien mis le pied dans la porte. Et pas qu'un peu. Il a commencé à sensibiliser les Français à l'idée qu'un logiciel pouvait nous aider, à l'idée que la survie de tous prédominait sur des querelles au sujet de la vie privée. À l'idée qu'il était normal d'avoir un téléphone mobile dans sa poche au service du gouvernement. L'appli n'est pas prête ? Pas de problème, on nous refait le coup des masques « pas indispensables, on prendra le temps d'en discuter à l'assemblée ». Il n'empêche, quand elle sera prête, l'assemblée la passera comme un seul homme, LREM contre tous les autres.

Sauf que cette appli n'a aucune chance d'éviter une pandémie. Pourquoi ?

D'une part, il aurait fallu que le gouvernement ait fait des tests pour savoir qui est malade, ce qu'il n'a toujours pas fait. D'ailleurs, on manque encore de tests, le gouvernement n'a accepté que très tardivement la main tendue de certains laboratoires.

Il faudrait aussi que ces tests aient une efficacité suffisante(1) et qu'ils indiquent si on est contagieux. Car on peut parfois être contagieux mais asymptomatique (donc pas testé), ou guéri mais encore porter le virus par exemple.

Et puis, il faudrait que tout le monde ait un smartphone. Curieusement, en France, plus on risque de mourir du coronavirus, moins on a de smartphone.

Ensuite, il faudrait que tout le monde installe cette appli : certains vont oublier, d'autres ne sauront pas le faire... Aussi, l'appli ne sera certainement disponible que sur les boutiques Google ou Apple, ajoutant ainsi une couche de défiance de certains usagers (comme moi).

Enfin, il faudrait que tout le monde pense à prendre son téléphone avec lui. Et compte tenu que cette appli est l'œil de Moscou de Macron, que les téléphones sont aujourd'hui surveillés (grâce à Hollande), on sait déjà que ce ne sera pas le cas.

En tout cas, moi, je n'installerai jamais cette saleté. Pas tant qu'on aura un gouvernement capable de rouvrir les écoles en pleine pandémie, de prioriser le travail sur la vie.

Mais l'idée que la surveillance est normale s'insinue dans les esprits, ça pourra servir plus tard. De toute façon, vous n'avez rien à vous reprocher ?

___________________________________________

(1) Les tests actuels ne sont efficaces qu'à 70% environ.
Le premier risque est de faire croire à des personnes testées « faux négatif » quelle n'ont pas besoin de prendre de précaution pour leur entourage.

6. mai 2020

COVID-19 : L'école de la peur

Peur des enfants ? Peur aussi des parents. Beaucoup semblent hésiter à remettre leurs enfants à l'école. Tout le monde a bien compris que cette mesure ne valait pas plus que toutes les autres, prises par Jupiter. Plus personne ne croit en Dieu, ni au père Noël. Non, le virus court toujours, les hôpitaux sont à peine remis de la bataille, le personnel n'a pas encore eu droit de repos, pas touché de prime, pas pu prendre des vacances qu'il sait qu'il devra retourner au front, car Macron les envoie en guerre.

Je l'ai déjà dit, l'ouverture des écoles n'a pour seul but que de remettre les gens au travail. Les courbes d'infection ne baissent pourtant pas aussi vite que les prévisions le laissaient espérer, sans doute la faute à un confinement déjà trop laxiste : on autorise des entreprises non essentielles à travailler et à brasser le virus.

Et pendant ce temps, on va rouvrir les écoles selon des mesures sanitaires impossibles à tenir... avez-vous déjà essayé de donner ou cours à une classe avec un masque ? Les gestes barrière ne sont pas un sort magique pour se protéger, c'est juste un tour de passe-passe pour bien rappeler qu'on n'a pas été foutu de protéger la population avec des masques en papier.

On va rouvrir les écoles, alors qu'on interdit aux Français de revoir leur famille après 8 semaines de confinement. On ne pourra pas faire plus de 100km sans une raison impérieuse (notez bien que le travail fait partie de ces raisons). Rouvrir les écoles est pourtant plus dangereux que de franchir 100km pour voir les siens... Mais la famille, ça ne crée pas de PIB, alors que les écoles sont la garderie du pays, pour sauver le PIB. La garderie qui rendra impossible le travail des brigades de Jupiter.

Le Japon avait un bon bilan sur le virus, et il a tenté une réouverture des écoles. Il les a refermées aussitôt suite à un doublement de cas en 10 jours. L'Italie a préféré attendre septembre. L'année est foutue, on ne va pas tout risquer maintenant, il vaut mieux attendre la rentrée.

Macron ne se rend même pas compte qu'il tue sa propre logique. En ne respectant même pas la vie des Français, il se mettra tout le monde à dos. Le temps joue contre lui. Chaque malade amènera sa famille à se poser des questions. Et puis des malades, ça ne rapporte pas de PIB...

L'incapacité du gouvernement à gérer cette crise est époustouflante.

28. avril 2020

COVID-19 : Le droit de travailler

J'avais déjà critiqué sur ce blog l'immiscion de la « valeur travail » dans les discours officiels et les médias. Rappelant que le travail n'est PAS intrinsèquement une valeur, même s'il peut en véhiculer d'autres.

Aujourd'hui, il faut bien le voir, ce point précis est au cœur de la contradiction de la politique d'Emmanuel Macron. Alors que les gens confinés brandissant leur liberté d'expression sont mis en garde à vue, on interdit aux gens de se voir, d'inviter en petit comité chez soi, mais par contre, le travail continue à être salué. Pour s'exprimer, impossible de manifester, on peut seulement écrire un billet de blog ou mettre une banderole de protestation au balcon...

Le confinement est totalement inégalitaire. De nombreux métiers, souvent mal payés sont contraints de travailler (infirmiers, livreurs, facteurs, routiers, caissiers, pompistes...), mais après avoir croisé des dizaines ou des centaines de personnes, ils doivent rentrer chez eux et ne voir aucun proche ou famille. De nombreux métiers autorisés sont absolument inutiles : quelle est l'urgence à produire des avions ?

Être confiné dans 10m² à Paris, en cité U, ou dans une maison à la campagne n'est pas le même défi. Devoir faire la scolarité de ses enfants toute la journée dans un petit appartement, avec des revenus réduits pour cause de chômage technique n'est pas pareil que de prendre son mal en patience dans une maison avec de bons revenus.

Mais pour Jupiter, le travail, c'est plus important que tout : c'est lui qui peut sauver le PIB. Ce fameux PIB qui tue le climat et nous avec, ce PIB qui crée des guerres, ce PIB qui est finalement une cause de la propagation si rapide de ce virus, ce PIB qui a réduit à peau de chagrin le fonctionnement des hôpitaux.

Macron prévoit de rouvrir les écoles le 11 mai avec le prétexte d'aider les enfants à ne pas être idiots. Mais en fait, il ne peut pas envoyer travailler des français qui ont leurs enfants chez eux. Alors pour les remettre au travail, il faut les libérer de leurs enfants.

Maintenant, on le sait, on en a la preuve. Macron est prêt à tuer des gens (pauvres de préférence) pour sauver le PIB. Tellement idiot qu'il ne comprend pas que cette maladie n'a pas besoin d'un confinement pour tuer son PIB chéri.

Maintenant, on le sait, on en a la preuve. Macron est un criminel idiot.

_________________________________________________

Juste pour le plaisir quand même : les 4 milliards qu'il a refusés à l'hôpital en novembre sont ceux qu'il va donner à Air France pour les sauver. C'est aussi ce que l'ISF rapporterait tous les ans s'il existait encore. Pendant ce temps... toujours rien pour l'hôpital.

12. avril 2020

COVID-19 : Oups ou Encore !

On pourrait en rire si cela ne tuait pas des milliers de Français. Mais commencera-t-on enfin à admettre que même Jupiter est un incapable ? Même en grave crise qui montre tous les signes de l'échec du libéralisme, on voit déjà apparaître le Malin se faufiler entre les ruines pour nous remettre sa politique mortifère.

Ça a commencé en 2016 alors qu'il a été prévenu de notre incapacité à faire face à une pandémie. Il a ensuite ignoré la menace du virus, alors qu'il était très bien informé sur le sujet par Agnès Buzyn. Il a juste considéré que la pauvrette n'avait pas les épaules, et il n'a rien fait. On était le 11 janvier. Il a maintenu les élections qui avaient lieu un mois plus tard, et il nous a même incité à continuer à sortir jusqu'au 7 mars !

À cette date, il faut se rappeler que nos stocks stratégiques de masques étaient inexistants, jetés et non remplacés par Hollande. Mais depuis le 30 janvier, Macron n'a pas été capable d'en racheter. Rien ! Il en a même envoyé en Chine en février. Il a même réussi à se faire piquer par « nos amis américains » ceux qu'il avait commandés, au moment où l'avion allait décoller vers la France. Alors pour qu'on n'y voit rien, il nous a dit que les masques ne servaient à rien et que le virus était gentil. Un tel mensonge d'État, fallait oser.

Pour consolider tout ça, pas de réquisition pour produire, rien. Sinon des masques suédois à destination de l'Italie et l'Espagne, en transit en France (pour bien se mettre avec « nos amis européens »). Même les cliniques n'ont pas été réquisitionnées alors qu'elles le réclamaient !

Et pendant que le mal se répand, il en profite pour ruiner nos droits  « parce qu'on est en guerre ». Droit du travail avec des récessions incroyables (semaine de 60 heures, repos journalier de 9h, confiscation des RTT et congés, primes exceptionnelles exemptes de cotisations...) jusqu'à la fin de l'année (au moins, le temps qu'on s'habitue). Tout ça sans jamais remettre en question (même temporairement) l'ISF ou n'importe quel avantage fiscal pour les riches. Même là, ce sont les pauvres qui trinquent. L'état d'urgence lui permet de décider des trucs tout seul dans son coin.

Je garde le meilleur pour la fin. Je l'avais prédis, mais je ne pensais pas que cela viendrait aussi vite et aussi fort : la perte des libertés. On autorise la police à mettre un PV sur des motifs flous (vos achats sont-ils de première nécessité ?), et on prépare le terrain pour la surveillance de masse avec le tracking des téléphones cellulaires, l'ouverture de données santé est pour bientôt. L'argument est quand même de « sauver des vies ».

Alors qu'il était si simple d'acheter des masques et de commencer le confinement plus tôt. Commencer le confinement 3 jours plus tôt aurait pu éviter la moitié des morts de cette maladie, et ainsi de suite, par tranche de 3 jours. Repensez bien au prix que nous coûte le modèle économique de Macron : il ne sauvera pas l'hôpital, même après cette crise..

- page 3 de 40 -