Écologie

Un gauchiste est forcément écolo, sinon, c'est qu'il n'a rien compris. Il est question dans cette catégorie de tout ce qui concerne notre espace de vie : nature, eau, air.

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5. septembre 2020

Les records de température

Alors que j'habitais en rase campagne, en pleine canicule, les volets fermés, j'entends la pluie dehors. On était en 2003. J'avais les pieds dans une bassine, en train de m'économiser, mais quand même. Là, il fallait que j'en aie le cœur net, je suis allé voir. Et j'ai simplement découvert que le bruit de la pluie ressemble à s'y méprendre à celui d'un champ qui brûle. Le champ en face de chez moi avait pris feu. Les pompiers sont juste venu contrôler pour que ça ne se propage pas trop loin, mais ils ne peuvent pas éteindre ça. Surtout que le même jour, plein de feux se sont déclarés de la même façon ailleurs : un gravier a dû faire une étincelle dans la moissonneuse-batteuse et la poussière de blé a pris feu. Classique paraît-il.

2003 était un record de chaleur pour l'été, mais ce n'était pas l'année le plus chaude. Loin de là. C'est fou de découvrir que les 12 records d'années les plus chaudes enregistrés depuis 1870 datent de 1994 et après. Pire, sur ces 12 records, 5 sont survenus depuis 2011 (en gras ci-dessous). Comme si chaque année tentait de battre un record. Et on est bien parti pour que 2020 y arrive.

Voilà un petit tableau des 12 années les plus chaudes connues en France (Wikipedia) :

1994     + 13,3 °C     + 0,8 °C
1997     + 13,1 °C     + 0,6 °C
2000     + 13,1 °C     + 0,6 °C
2002     + 13,2 °C     + 0,6 °C
2003     + 13,5 °C     + 0,9 °C
2006     + 13,3 °C     + 0,7 °C
2011     + 13,6 °C     + 1,1 °C
2014     + 13,8 °C     + 1,2 °C
2015     + 13,5 °C     + 1,0 °C
2017     + 13,4 °C     + 0,8 °C
2018     + 14,0 °C     + 1,4 °C
2019     + 13,7 °C     + 1,1 °C

Même tableau pour les 8 pires années dans le monde :

2010     + 0,53 °C
2013     + 0,50 °C
2014     + 0,69 °C
2015     + 1,10 °C
2016     + 1,26 °C
2017     + 1,10 °C
2018     + 1,00 °C

2019     + 1,22 °C

Pour les températures du monde, je ne sais pas de quand datent les premières mesures, au minimum, l'Organisation Météorologique Mondiale date de 1950. Mais en France, les mesures ont 150 ans ! De quoi faire réfléchir quelques climatosceptiques, car il en reste.

Et vous à quelle température vous pensez résister ?
 

31. août 2020

Magasin ouvert

Savez-vous comment fonctionne une Climatisation ? Comme un frigo. Le principe est de déplacer la chaleur. On crée localement du froid en retirant la chaleur qui se dissippe ailleurs, dans le système de refroidissement, puis chez vous. Naturellement, le système n'est pas neutre en énergie : il en consomme qu'il transforme aussi sous forme de chaleur. Une ration de froid produit donc double ration de chaleur, en gros. C'est pour cela que laisser la porte du frigo ouverte pour refroidir l'appartement est idiot, car cela produit surtout de la chaleur.

La semaine dernière, je suis allé à La Poste déposer un colis. Il faisait bon. Frais, c'était agréable. Il faisait 38°C dehors. Alors forcément, tout ce qui apporte un peu de fraîcheur est agréable. Mais quand même, ils laissaient la porte ouverte. La Poste a laissé la porte du frigo ouverte. Et à ce titre, ce n'est pas l'appartement qu'ils réchauffent, mais la rue, et finalement, tout le climat... on me dira peut-être que c'est à cause du COVID qu'ils laissent ouvert... mouais.

Bien sûr, ils ne sont pas les seuls, beaucoup de magasins le font. Lorsque vous passez devant un magasin qui a la porte ouverte et que vous sentez un courant d'air frais dans les jambes, c'est qu'ils ont la clim. On interdit de chauffer les terrasses, et on ne s'occupe pas de ça...

Ce sont souvent les mêmes magasins qui règlent la Clim à 20°C l'été, et qui mettent le chauffage à 27°C l'hiver. J'imagine que c'est cohérent. Surtout lorsqu'ils laissent aussi la porte ouverte en hiver...

Comme cette boutique Pimkie devant laquelle je passe parfois. Ce n'est pas vraiment qu'elle laisse la porte ouverte, non. En regardant de près, j'ai simplement découvert qu'il n'y avait PAS de porte d'entrée. Seul le rideau métallique permettant de fermer le magasin le soir. L'architecte devrait être pendu pour ne pas avoir mis de porte. Je n'ai pas eu le courage d'y repasser pour voir s'ils mettaient la Clim. Ce que j'ai vu me suffit.

Qui oserait rouler en voiture avec la clim et la fernêtre ouverte ?

...tu m'étonnes qu'il fasse chaud...

22. août 2020

Ce sera à eux de s'en occuper

Je me rappelle précisément que j'étais en CM1 quand mon instituteur nous avait raconté cette histoire. Je me rappelle même toute l'histoire. Il nous racontait parfois des petites fables pour nous aider à retenir des trucs.

C'était l'histoire d'une caravane qui passait dans le désert et qui s'arrêtait dans une oasis. Après avoir fait un feu qui s'était propagé, on découvrait au petit matin, par terre, une substance que l'on a ensuite appelé du « verre ». Pour nous expliquer que le verre était fait de sable et d'un peu de cendres. C'est une explication grossière, mais finalement pas si loin de la vérité, puisque le verre est composé essentiellement de silice (qu'on trouve dans le sable) et d'autres matériaux selon les propriétés recherchées (que l'on trouve rarement dans la cendre, admettons-le).

Il termine son récit en nous parlant des bouteilles en plastique, qui arrivent maintenant sur nos tables. Il nous dit qu'on ne sait pas si c'est vraiment bon pour nous. Qu'on ne sait pas trop si c'est un vrai problème, mais bon, cela remplacera les bouteilles en verre. Et il termine en nous disant que quand on sera grand, ce sera à nous de nous occuper de ce problème. Quel cynisme !

Quarante ans après, je découvre qu'il avait raison. La raison du vieux con qui peste contre tous les progrès, peut-être. Mais un vieux con qui a quand même eu raison. Il avait raison sur la grammaire, les mathématiques et sur les bouteilles en plastiques.

Alors comme ce vieux con a bien marqué mon esprit, je lui pique son truc. Lorsqu'il m'arrive de faire des ateliers auprès d'enfants pour leur expliquer le monde qui les entoure, je leur fais le même coup.

Je leur explique à quel point il fera chaud quand ils seront grands, à cause de l'inconséquence de tous les adultes, mais que bon, ce sera à eux de s'occuper de ce problème.

21. janvier 2020

À la déchette

Récemment, j'ai fait un tour à la déchèterie. Lorsque je fais ça, je prends toujours le temps de séparer les composants un maximum. Notamment, lorsqu'il s'agit de matériel informatique : je démonte tout, je mets les métaux à la ferraille, la partie électronique dans les déchets électroniques, et les parties plastiques pour le "tout venant".

Ça prend un peu de temps, mais du temps, j'en ai, alors je ne mégote pas. Surtout que l'électronique, c'est très polluant. Je n'emmène que ce qui ne fonctionne plus et n'est pas réparable. Par exemple, j'écris ce billet sur un écran réparé par des amis, que j'ai sauvé de la poubelle. Si ça fonctionne encore, il y aura toujours quelqu'un intéressé pour le récupérer, comme ce type qui fait des PC avec de vieilles pièces, pour permettre aux vieux de son village de rester en contact avec leurs proches via Skype.

Je jette peu, alors je vais à la déchèterie à vélo. Beaucoup d'efforts pour pas grand chose me dira-t-on.

Mais surtout, quand j'arrive et que je jette tous mes petits trucs démontés dans la benne « ferraille », les déchets tombent et se perdent dans une immensité de déchets plus gros, et contenant du bois (les chaises), du plastique ou tout autre matériau, je me dis que je me donne vraiment de la peine pour rien.

Un peu comme quand vous sauvez un insecte sans penser à tous ceux qui crèvent des pesticides que vous mangez, tous ceux que vous écrasez avec votre voiture.

Mais finalement, si vous ne le faisiez pas, vous auriez l'impression de trahir vos valeurs à ce moment-là.

Vous le faites parce que ça a du sens pour vous.

Alors je continuerai à démonter les petits trucs avant de les mettre à la déchèterie, parce que je fais des choses qui ont du sens pour moi.

27. décembre 2019

Pesticides dans l'immeuble

Hier, en allant chercher mon vélo au sous-sol, je sens une forte odeur de brûlé. On a déjà eu des squatteurs, alors je fais un petit tour d'inspection pour voir si un feu de camp n'aurait pas été improvisé... rien. Et puis j'entends un bruit que je reconnais... comme celui d'un poste à souder.

En fait, ce sont les jardiniers qui désherbaient. Ils ont troqué la binette pour des chalumeaux. Aujourd'hui, les professionnels de la verdure désherbent au lance-flammes.

Les normes environnementales ont progressé depuis les années 70. Maintenant, plus de pesticides dans les espaces verts de l'immeuble ! C'est la loi. On n'a plus le droit d'en utiliser depuis 2017.

J'imagine qu'il s'agit d'un progrès. Je ne suis peut-être pas fort en chimie, mais je doute que cramer les herbes folles soit vraiment un bienfait pour les générations à venir. Pas certain non plus que le bilan carbone soit vraiment meilleur qu'avec les pesticides. L'un et l'autre sont finalement 2 façons distinctes d'utiliser du pétrole pour « nettoyer » les allées et le parking.

Pareil pour les feuilles mortes : plus de balayeurs, le métier est trop pénible ! On utilise des souffleurs à essence. C'est comme un canon de CRS, mais avec un moteur de tondeuse. Ça fait du bordel tout le temps (les opérateurs ont un casque sur les oreilles), et ça souffle très fort. Le jeu consiste donc à pousser les feuilles en un unique tas. Mais généralement, il faut passer 2 fois : une fois pour sécher les feuilles, une autre pour les décoller du sol. Ça prend peut-être un peu moins de temps qu'avec des balais, mais pas tant que ça. Avec 2 « jardiniers », il faut quand même une demi-journée pour faire tout le parking.

J'ai même vu une fois un tracteur avec soufflerie géante intégrée venir dans une cour d'école pour souffler les feuilles de la cour de récré. Rien que le déplacement du tracteur, ça devait prendre plus de temps qu'un coup de balai...

Et puis j'espère que les ouvriers ne trinquent pas trop, avec ça sur le dos tout la journée... parce que la planète, elle trinque. À nous faire regretter d'avoir laissé des arbres.

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(1) En fait, ces sortes de chalumeaux ressemblent étrangement à des lance-flammes. On appelle ça pudiquement du « désherbage thermique ».

25. décembre 2017

Facho et écolo

J'aimerais aujourd'hui vous raconter une anecdote : la fois où j'ai rencontré un "écolo facho". Très franchement, je n'imaginais pas que cela puisse exister. Et au-delà de ça, je n'imaginais même pas à quoi cela pourrait ressembler. Comment peut-on concilier l'intérêt commun de l'écologie à des valeurs racistes et bornées ?

Ce type habitait le lotissement. En fait, je ne le connaissais pas. J'avais eu à échanger des politesses avec son fils qu'il m'arrivait de croiser et qui jouait avec un scooter électrique.

Le père, donc, me dit qu'il est très écolo, et qu'il fait très attention à ses déchets, sa pollution etc. Je dis que je trouve cela très bien. Il me parle de son petit excès, il a acheté une mobylette de son enfance, le modèle standard que l'on retrouve dans les bandes dessinées de Margerin. Et puis il me dit que tout résident d'appartement qu'il est, il se chauffe au bois... !

Naturellement, il me lance là-dessus, et je lui explique que c'est écolo dans un certaine mesure uniquement. Il est vrai que le bois est une ressource renouvelable, mais outre les particules rejetées, il ne faut pas oublier que tout le monde ne peut pas se chauffer au bois. La raison ? Tout simplement parce qu'il faut faire pousser des arbres uniquement pour les brûler. Seule une faible densité de population le permet. C'est donc une solution qui peut sembler évidente en campagne, mais dans une ville, c'est plus délicat. Et j'ajoute que la densité moyenne en France n'est pas compatible avec la généralisation du chauffage au bois.

Sa réponse m'a glacé le dos : "C'est pour ça qu'il faut renvoyer les étrangers chez eux, pour qu'ils aillent se chauffer avec leur bois."

On salue parfois mon sens de la répartie, mais ce jour-là, j'avoue qu'il m'a cueilli... car si son sens frontalier de l'écologie est risible, sa connerie idéologique était d'une parfaite logique.

Joyeux Noël à tous.

4. février 2017

La bonne blague de l'hydrogène

C'est le progrès, elles arrivent ! Les voitures à hydrogène seront bientôt partout. Alléluia ! Comment ça je n'y crois pas ? Même un écolo comme moi ? Voyons pourquoi.

La promesse est très simple : la combustion de l'hydrogène dans l'air donne de la vapeur d'eau et c'est tout. Génial ! On n'a plus qu'à trouver de l'hydrogène et le mettre en bouteilles ! Sauf que non : ce n'est pas aussi simple. De l'hydrogène à l'état naturel, c'est plutôt rare. En fait, pour avoir de l'hydrogène, il faut avant tout le produire.

Le principal moyen (utilisé aujourd'hui), c'est de récupérer cet hydrogène depuis le gaz « naturel ». Il s'agit ni plus ni moins que d'extraire l'hydrogène d'un hydrocarbure, à l'aide d'énergie (elle-même productrice de CO2). Le déchet de cette réaction est naturellement encore du CO2 (celui du méthane cette fois). On retrouve ici tout le bon CO2 qu'on essayait de ne pas produire avec la voiture. On a donc avec cette production un bilan qui est déjà largement aussi mauvais que celui de l'essence (et sa production).

L'autre option qui semble évidente est l'électrolyse de l'eau. On utilise une grande quantité d'énergie pour séparer l'hydrogène et l'oxygène de l'eau. Naturellement, ça semble magique, parce que le déchet de la production est alors de l'oxygène (O2). Mais il ne faut pas oublier la grande quantité d'énergie à apporter, largement supérieure à celle que vous pourrez espérer utiliser dans votre moteur. C'est une façon de déporter le problème du CO2 vers celui du nucléaire. Cette réaction ne permet de récupérer que 50% à 80% de l'énergie utilisée, que l'on déduira du rendement du moteur...

Et n'espérez par produire tout cet hydrogène avec les installations électriques actuelles. Car aujourd'hui, l'électricité ne représente que 25% de l'énergie consommée en France. Imaginez le nombre de centrales qu'il faudrait créer pour faire rouler nos chères voitures : le pétrole représente 41% de l'énergie utilisée. Nous avons 58 réacteurs nucléaires en fin de vie, même en les prolongeant, il faudrait en fabriquer 95 nouveaux pour faire rouler ces voitures. Et ce n'est qu'en France...

Inutile de vous dire qu'à ce train-là, les maigres réserves d'uranium déjà prévues ne durer que 15 ans risquent de fondre comme une banquise aux pôles.

Ajoutons à cela qu'il faut stocker cet hydrogène à haute pression, le transporter (avec tout le danger que cela comporte), avant de pouvoir enfin le brûler dans un moteur pour avancer.

Sinon, y'a toujours le vélo...

EDIT : explications détaillées ici.

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