Société

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14. mai 2020

COVID-19 : Travaillez ou restez chez vous

Alors que je me promenais sur un campus universitaire proche de chez moi, je vois des ouvriers travailler à retirer un tag.

Nous sommes en période de confinement, un premier mai, dans une FAC, et le tag en question n'est même pas méchant pour qui que ce soit, il est juste moche.

Je n'ai aucun doute sur le fait qu'il s'agisse d'une entreprise privée, missionnée par l'université pour nettoyer ces tags disgracieux. Mais est-il important de retirer ces tags en pleine période de confinement sanitaire ? Est-ce un métier prioritaire ? Est-ce que travailler un 1er mai, jour des acquis sociaux, est vraiment le bon moment pour retirer des salissures présentes depuis des mois ? Des salissures que personnes ne voit, car tout le monde est confiné, et que peu de monde ne peut se promener aussi loin ?

Je doute fort que les employés aient eu le choix de bosser. Et je serais surpris que les employeurs aient décidé de les payer triple compte tenu de l'urgence des travaux. Non, je pense que c'était simplement un jour comme un autre. Parce que maintenant, il n'est pas très difficile de piétiner le jour symbolique d'une lutte sociale. Et parce qu'en période de confinement, il suffit de donner un masque à quelqu'un pour le faire bosser.

Le 1er mai est une journée internationale. On la célèbre en Europe, aux États Unis, en Afrique, dans de nombreux pays. Il est le signe de l'acquis des journées de 8h. En France, il a ceci de particulier que c'est le seul jour qui soit férié et chômé obligatoirement (sauf pompiers et urgentistes par exemple).

Macron a signé un papier autorisant à travailler 60h par semaine et 12h par jour avec un masque. Les 8h quotidiennes, on en est loin. Alors puisque le 1er mai ne veut plus rien dire, qu'on n'a plus le droit de manifester à cause du virus, il ne reste aucune limite pour faire bosser les fainéants...

Vous ne trouvez pas que le rempart s'effrite ? Celui qui sépare les ouvriers des gueux. Mais je pense que le rempart qui protège Macron des gueux n'en a plus pour longtemps non plus.

6. mai 2020

COVID-19 : L'école de la peur

Peur des enfants ? Peur aussi des parents. Beaucoup semblent hésiter à remettre leurs enfants à l'école. Tout le monde a bien compris que cette mesure ne valait pas plus que toutes les autres, prises par Jupiter. Plus personne ne croit en Dieu, ni au père Noël. Non, le virus court toujours, les hôpitaux sont à peine remis de la bataille, le personnel n'a pas encore eu droit de repos, pas touché de prime, pas pu prendre des vacances qu'il sait qu'il devra retourner au front, car Macron les envoie en guerre.

Je l'ai déjà dit, l'ouverture des écoles n'a pour seul but que de remettre les gens au travail. Les courbes d'infection ne baissent pourtant pas aussi vite que les prévisions le laissaient espérer, sans doute la faute à un confinement déjà trop laxiste : on autorise des entreprises non essentielles à travailler et à brasser le virus.

Et pendant ce temps, on va rouvrir les écoles selon des mesures sanitaires impossibles à tenir... avez-vous déjà essayé de donner ou cours à une classe avec un masque ? Les gestes barrière ne sont pas un sort magique pour se protéger, c'est juste un tour de passe-passe pour bien rappeler qu'on n'a pas été foutu de protéger la population avec des masques en papier.

On va rouvrir les écoles, alors qu'on interdit aux Français de revoir leur famille après 8 semaines de confinement. On ne pourra pas faire plus de 100km sans une raison impérieuse (notez bien que le travail fait partie de ces raisons). Rouvrir les écoles est pourtant plus dangereux que de franchir 100km pour voir les siens... Mais la famille, ça ne crée pas de PIB, alors que les écoles sont la garderie du pays, pour sauver le PIB. La garderie qui rendra impossible le travail des brigades de Jupiter.

Le Japon avait un bon bilan sur le virus, et il a tenté une réouverture des écoles. Il les a refermées aussitôt suite à un doublement de cas en 10 jours. L'Italie a préféré attendre septembre. L'année est foutue, on ne va pas tout risquer maintenant, il vaut mieux attendre la rentrée.

Macron ne se rend même pas compte qu'il tue sa propre logique. En ne respectant même pas la vie des Français, il se mettra tout le monde à dos. Le temps joue contre lui. Chaque malade amènera sa famille à se poser des questions. Et puis des malades, ça ne rapporte pas de PIB...

L'incapacité du gouvernement à gérer cette crise est époustouflante.

15. décembre 2019

Cachez ce pauvre que je ne saurais voir

Cachez ce pauvre...

Malgré les promesses de Macron Ier, la pauvreté ne baisse pas en France. C'est alarmant. Pire, elle progresse.

« Je veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans abri. » (vœux 2018)

Alors c'est un peu comme pour le chômage, pour ne pas avouer qu'il augmente, on bricole les chiffres. On change la définition d'un chômeur, on les radie, et puis on crée des formations sur le pouce pour les sortir des statistiques en urgence.

Le meilleur moyen de rayer les pauvres de la carte, c'est de brûler la carte. C'est ce que prévoit de faire Macron en supprimant purement et simplement l'observatoire de la pauvreté. C'est assez peu relayé dans la presse en fait. Cet observatoire a par exemple permis d'apprendre qu'on a un demi-million de pauvre en plus cette année... l'année de la promesse de Macron.

Cachez cette injustice...

Un autre qui va disparaître, c'est l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. Il était moins connu que le précédent, mais publiait quand même des rapports intéressants. Mais ils le dégagent pour simplifier (je ne veux voir qu'une tête hop !). Ses missions seront remplies par l'INHESJ que tout le monde connaît. Il est certainement compétent pour cette mission, mais j'ai tendance à me méfier des fusions de l'État (ANPE + Unedic = Pôle Emploi par exemple, simple réflexe...).

Cachez ces prisonniers...

Encore un autre observatoire (qui n'a rien à voir) : celui des prisons. Lui, ne dépend pas de l'État. Enfin, pas directement. Il souffre d'une chute drastique de ses subventions publiques. Comme ça, hop, trop cher maintenant qu'il n'y a plus d'ISF.

« En cinq ans, l’OIP a perdu
66 % de ses subventions publiques. »

Lui, on peut encore le sauver en lui apportant une contribution. C'est ici que ça se passe.

Heureusement, l'observatoire des inégalités n'est pas en danger. Mais il a aussi besoin d'argent, prix de son indépendance.

Voilà voilà, on tente de cacher sous le tapis les pauvres et les prisonniers. C'est pas beau tout ça... il est peut-être temps de créer un observatoire du libéralisme économique pour montrer sa nuisance ?

20. octobre 2019

Le 14 juillet, gande fête nationale

Tous les ans c'est pareil : grand défilé pour le 14 juillet. Défilé militaire, quand même. Le paquetage doit briller, il est important que l'armée rende hommage au peuple devant l'Arc de triomphe. L'armée ? Oui, pourquoi l'armée ? Pourquoi un monument aux morts ?

Alors que justement, Macron venait de faire l'éloge d'une armée européenne avec une France encore moins souveraine qu'avant. Car je rappelle qu'aujourd'hui, l'armée française est la première d'Europe, et qu'elle est d'ailleurs presque la seule(1). Il serait même question de perdre notre souveraineté sur les choix militaires. On en avait perdu un gros bout avec notre pleine adhésion à l'OTAN, qui nous oblige ainsi à combattre activement aux côtés de pays qui pourraient s'engager dans des conflits douteux (Israël, la Turquie, les États Unis...). Il serait maintenant question de ne plus décider du tout : hop ! On donne tous les pouvoir à l'Europe, celle qui décide pour les peuples, contre eux.

Lorsque j'étais petit, je pensais que le 14 juillet était la date de libération de la France pendant la 2nde guerre. Sans doute parce que j'étais nul en histoire et aussi parce que j'étais influencé par ces militaires défilant à la télévision. Je ne savais pas encore que les militaires n'avaient rien à faire dans la rue un 14 juillet devant le monument militaire suprême (2).

Le 14 juillet, c'est la fin d'un règne. Le 14 juillet, c'est quand l'État se transforme en « démocratie » (quoi qu'on pense de ce mot à cette époque) poussé par la force du peuple. L'armée n'était pas du côté du peuple. Et aujourd'hui encore il faut admettre une chose peu rassurante : Macron est le chef des armées, et il est carrément de l'autre côté. En fait, il est du côté de la guillotine.

Macron, celui-là même qui utilise l'armée contre nous, celui-là même qui invite Trump, le chef de la plus grosse armée du monde, celui-là même qui veut donner les clés de l'armée à l'Europe, celui-là même qui rejette la parole du peuple comme aucun autre avant lui : celui-là même qui envoie l'armée contre le peuple qui manifeste.

Le jour emblème de la souveraineté populaire, notre Président nous rappelle à quel point on a perdu le contrôle démocratique, avec un défilé où j'aurais aimé voir des gilets jaunes au lieu de paquetages militaires rutilants

Je pense qu'il ferait bien mieux de se cacher pour les prochains 14 juillet, car il ravive un souvenir révolutionnaire dont on pourrait bien le débiter.

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(1) La France est la première armée d'Europe, suivie par Le Royaume Uni, l'Allemagne. Les autres sont loin derrière en terme de budget.

(2) L'Arc de Triomphe a été bâti sous Napoléon en mémoire des victoires militaires françaises, après la bataille d'Austerlitz. Il est devenu le souvenir de la première guerre mondiale avec l'inhumation du soldat inconnu.

1. mai 2019

Notre Dame en Soldes

Chaque lecteur que vous êtes a eu, au moins un instant, une petite émotion en pensant qu'il était possible de perdre des éléments importants de notre patrimoine culturel. Cette cathédrale qui a survécu aux Allemands en 1945, alors qu'Hitler aurait donné la consigne de tout saboter en partant, n'aura pas passé le cap d'un petit nettoyage. De là à supposer que c'est un compteur Linky qui a foutu le feu, je n'ose pas... Mais ça aurait de la gueule...

Deux éléments me font réagir à cet événement. Non pas sur les causes de l'incident de Notre Dame de Paris, mais sur Macron, notre incident à nous, Français.

« Nous rebâtirons la cathédrale de Notre-Dame plus belle encore et je veux que cela soit achevé d’ici cinq années, nous le pouvons » E. Macron

Macron nous dit qu'il veut la refaire en 5 ans, et qu'elle sera plus belle qu'avant. Il ne la trouvait pas assez belle ? Il ne serait pas en train de nous refaire le coup de la nouvelle recette ? Sur les biscuits, quand on replace des aliments par des ingrédients chimiques par exemple. Je verrais bien Notre Dame encore plus belle et plus dans notre temps avec de la tôle ondulée et des poutres en rail de chemin de fer par exemple. Ce serait très tendance. Et puis ça expliquerait qu'il soit capable de tout refaire en 5 ans...

L'autre aspect concerne le prix des réparations. On sait très bien que personne n'oserait mégoter sur le prix (la tôle ondulée, c'est pas si cher). Non, c'est surtout ce qu'il nous dit ensuite, alors que les cendres sont encore chaudes.

« Dès demain une souscription nationale sera lancée » E. Macron

Ce qui est drôle, c'est que d'un côté, on pourrait dire que c'est vraiment à l'État de payer ça en prélevant des impôts. Par exemple, avec l'ISF, on avait de quoi restaurer 4 fois Notre Dame sans demander l'aumône. Mais surtout, sa souscription nationale fera appel à des riches donateurs qui pourront à nouveau profiter d'un rabais de 66% en économie d'impôts. Donc finalement, c'est quand même l'État qui paie, grâce à l'impôt des classes moyennes. C'est donc tous les autres qui paieront la grosse part des travaux par leurs impôts. D'ailleurs, les pauvres pourront aussi donner, mais s'ils ne paient pas d'impôts, ils n'auront pas droit aux 66% d'économie.

C'est aussi de la publicité pour pas trop cher. Quand on connaît le budget pub de LVMH, Notre Dame aura permis un bon coup de communication, à un moment où tout le monde était très à l'écoute de Notre Dame...

C'est fort quand même. C'est vraiment un réflexe chez lui : même quand tout le monde perd un bijou national, il est capable de nous cracher encore dessus.

Je pense qu'à ce niveau d'arrogance, on peut parler de talent.
 

5. avril 2019

Que peut faire l'armée dans une manif

Depuis François Hollande (on ne va pas seulement embêter Macron), on nous a collé des militaires en France. On appelle ça l'opération sentinelle. Ça consiste à payer cher des militaires qui ne voient plus leur famille et ne servent à rien dans une ville pleine d'innocents, pour qu'ils interviennent en cas de problème (même s'ils n'en ont jamais eu besoin). On les épuise donc et on habitue les civils à voir du vert kaki dans les rues. On nous habitue à un climat de guerre civile, comme on nous a habitués à l'idée de montrer notre sac avec le plan Vigipirate. C'est pour votre sécurité qu'on vous dit.

Mais pour protéger le Fouquet's et ses amis, le gouvernement a décidé d'utiliser ces sentinelles dans les manifestations. Naturellement, on nous dit pour le moment que ce ne sont pas des opérations de maintien de l'ordre, c'est seulement pour sécuriser des bâtiments.

Personne n'a vu le tour de passe-passe ? On nous a mis ces soldats dans la rue pour protéger les gens contre les terroristes, et aujourd'hui, on les y met pour protéger les bâtiments contre les gens !

Tout le monde le dit, les militaires ne sont pas formés pour les opérations de « maintien de l'ordre ». Après avoir envoyé des CRS (dont c'est le métier), avec des armes (interdites à l'étranger), des chars, des hélicoptères et des drones, on envoie maintenant l'armée. C'est logique... logique si on considère que le danger vient des Français eux-mêmes.

Mais comment un militaire peut-il s'y prendre pour protéger un bâtiment ou une zone ? Imaginez : il a l'interdiction de tirer tant que sa vie n'est pas en jeu. Mais il est quand même armé. Donc sauf à craindre un terroriste dans le foule, il ne tirera pas. Après 4 mois de Gilets Jaunes, aucun manifestant n'a fait feu sur un policier. Quelle riposte proportionnée pourrait faire un soldat, censé protéger les gens qu'il a en face de lui ?

Imaginez une meute de manifestants tentant de saccager une statue. Que fait l'armée ? Elle crie ? Elle pousse les manifestants gentiment ? Elle n'est pas formée à ça, elle en est incapable.

L'armée ne peut faire que 2 choses : regarder faire les manifestants ou faire une bavure.

Grande idée que de renforcer ce climat de guerre civile. Ça nous prépare au cas où ils auront le droit de tirer sur nous... mais croyez-moi : si une telle bavure avait lieu, Macron compterait ses dernières heures.

27. mars 2019

On sort l'armée après l'attaque du Fouquet's

En 2007, Sarkozy fêtait sa victoire à l'élection présidentielle au Fouquet's. Depuis lors, cette brasserie huppée de Paris est devenue un symbole de l'oligarchie, de tous ces contribuables qui partent cacher leur argent en Suisse. Sarkozy a été le premier Président à mélanger les genres de façon aussi nette, à assumer qu'il serait le Président des riches. D'ailleurs, il est actuellement le seul à s'être reconverti dans le privé après sa fonction présidentielle.

Alors que les manifestations font rage dans tout le pays pour dénoncer cette perte de souveraineté du peuple face aux puissances de l'argent, Macron, Président des ultrariches est devenu un symbole de cette annexion du pouvoir par les riches, au point de faire passer Sarkozy pour un débutant sans classe. Les gilets jaunes sont un mouvement combattu avec force par le pouvoir. Elle n'est pas combattue politiquement, mais par la force. Entendez bien : même les eurodéputés dénoncent les violences policières « disproportionnées ». On a le Conseil de l'Europe qui est venu dénoncer la loi anticasseurs, et même maintenant l'ONU qui adresse un avertissement à la France. L'arme LBD 40 est dénoncée par tout le monde, Ligue des droits de l'homme en tête. La France est le seul pays à l'utiliser à ce point. Quand même drôle que la « puissance publique » choisisse précisément cette arme fabriquée en Suisse, terre d'exil fiscal. Tout un symbole.

Macron veut interdire le droit de manifester au nom du respect des institutions de la République, en demandant aux gilets jaunes de respecter la loi alors que son gouvernement est responsable de gazages massifs, d'arrestations arbitraires (gardes à vues sans motif) et de mutilations. Tout ça pour protéger des statues et des biens matériels ?

Alors forcément, l'une des représentations de cette injustice, le Bethléem de la finance, c'est le Fouquet's. Juste un symbole, comprenez bien.

C'est tellement étonnant que Castaner décide d'envoyer l'armée la semaine suivante. Une coïncidence, probablement. L'idée que le dialogue évolue. Après les charges de CRS violentes, les interdictions illégales de manifester légalement, les lois de circonstance pour nous museler, on appelle maintenant l'armée. L'armée pour sauver les manifestants d'eux-mêmes ? Encore probablement un symbole...

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