7 décembre, 2016

L'avis d'une balance

On a toujours confiance dans l'autorité qui surveille les infractions à la consommation. Elle n'est pas là pour faire respecter toutes les lois, mais elle est un garde-fou utile pour éviter certains abus. Toutefois, on peut s'y attendre : la répression des fraudes ne peut pas être partout.

Il y a quelques temps de cela, après avoir fait mes courses dans la supérette d'un grand distributeur, j'ai constaté avec étonnement que mes achats pesaient(1) bien peu par rapport à mon mon ticket de caisse : mes 220 grammes de noix étaient facturées 380 grammes. 160 grammes d'écart ! Pas tout à fait le double du poids, mettant les noix à près de 15€ / kg. J'étais vigilant, car j'avais déjà constaté sur une autre caisse du même magasin un écart de 120 grammes.

Il est bon de savoir que la loi autorise(2) une marge d'erreur de maximum 4,5g à 15g en moins par rapport à la pesée (jusqu'à 1kg). J'ai fait le test sur le marché. Ils utilisent des balances qui traînent de la terre, sont rangées avec les légumes, chahutées sur la route. Et le résultat était net : 4 balances testées, avec des erreurs de 3 à 8 grammes. Même test dans un hypermarché (probablement plus contrôlé) : erreur entre 5 et 15 grammes.

Comment la balance de ma supérette, contrôlée tous les 2 ans peut-elle se dérégler à ce point ?

Mon esprit malin me pousse à imaginer que les magasins en question profitent de la fiabilité des machines pour se rapprocher au plus près de la marge d'erreur autorisées, et ainsi gratter autour de 10 grammes de malice à chaque pesée. Mais si chaque client pèse 5 articles, à la fin de l'année, ça fait environ 120 tonnes (sur 7000 clients quotidiens).

Ah oui, parce je n'ai jamais trouvé une seule balance qui m'avantageait !

Je ne sais pas depuis combien de temps ma supérette pulvérise les tolérances autorisées, mais je pense bien lui avoir offert 10 kg de marchandise au bas mot. Lorsque j'ai signalé le problème, j'ai eu pour seule réponse « on va regarder ça » (pas merci, pas excusez-nous, pas de geste commercial, rien). Sur les balances corrigées, l'une est encore de 20 grammes en surpoids.

J'aime les chouettes légumes tordus et inhabituels qu'on trouve sur le marché. Et puis c'est comme si on m'offrait 10 grammes à chaque pesée.

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(1) Les comparaisons ont été faites sur la base de ma balance qui ne se trompe que d'1 gramme en plus ou en moins par rapport à des aliments pré-pesés, achetés en magasin.

(2) D'après un document .pdf de la DGCCRF téléchargeable ici.
Infos que l'on trouve aussi ici.

4 décembre, 2016

Une pub qui dérange

Une petite polémique enfle au sujet d'affichages dans les abribus, visant à inciter les rapports sexuels protégés. Les publicités s'orientent clairement sur le coup d'un soir et les rapports homosexuels. Cela réveille les ardeurs traditionalistes de tout poil.

Il est vrai qu'on vient tout juste de passer la loi sur le mariage de personnes de même sexe, les mentalités n'ont certainement pas eu le temps de s'adapter à des messages un peu directs sur des abribus aux abords des écoles.

Cela pose une question (qui n'a rien à voir avec la sexualité) : l'espace public peut-il servir à afficher n'importe quel message, pourvu qu'on donne de l'argent pour le diffuser ? C'est vrai, ça fait des années qu'on se farcit de la publicité pour l'alcool, parfois aussi le tabac (avant 1991, de façon déguisée), et aujourd'hui pour la junk food, responsable de la déferlante d'obésité en France. En période électorale, on a même droit à la propagande des fascistes.

En fait, la publicité dans les rues à ceci de particulier, tout comme l'est le bruit, que sa nuisance dépasse de loin le problème posé par la place qu'elle occupe. Tout comme le bruit dérange très loin de la source, la publicité peut poser problème aussi loin qu'on peut la voir. J'en veux pour preuve qu'il est par exemple interdit de mettre une publicité à sa fenêtre, donc chez soi, à la vue de tous.

M'a-t-on demandé mon avis avant de polluer mon espace visuel ? Cet espace appartient à tous, et je trouve qu'il faudrait au minimum une résolution démocratique avant de savoir quels sont les messages qu'on y diffuse ! Car ils ne sont pas toujours anodins.

Alors voilà, j'ai une proposition qui mettra tout le monde d'accord. Tout comme j'en ai trouvé une pour éviter les attentats à la Kalachnikov, je vous propose d'interdire les espaces publicitaires en ville. On pourra tolérer les enseignes des commerçants, naturellement, qui ne sont que signalétiques, mais on n'aura plus le droit de polluer l'espace public avec des publicités. Grenoble le fait bien, pourquoi pas les autres villes ?

On ne se posera plus la question de savoir si on a le droit d'inciter à l'achat du Roundup, de médicaments, d'usines à particules, ou de drogue. On se posera la question du partage équitable de notre espace public.

1 décembre, 2016

Qu'est-ce que le Téflon® ?

On nous a vendu pendant pas mal de temps et aujourd'hui encore ce "progrès" qu'est le Téflon. Comme quoi rien n'adhère dessus et que c'est le moyen idéal de faire cuire des aliments sans graisse.

Tout d'abord, le mot « Téflon® » dénomme le PTFE (Polytétrafluoroéthylène). C'est un plastique dont la formule chimique ressemble à celle du PP (polypropylène), utilisé dans bon nombre d'emballages inoffensifs type sac plastique, au détail près que l'hydrogène y est remplacé par le fluor.

Je parle chinois ? Alors retenez que le Téflon® est une matière plastique. Vous imaginiez la poêle en métal, mais pas recouverte de plastique : comment cela peut-il aller sur le feu ? On se méfie déjà un peu plus...

L'une des principales propriétés de ce plastique est que rien ne réagit chimiquement ni n'adhère dessus (un peu comme les sacs plastiques : essayez d'en coller 2 ensemble pour voir). Même la Super Glu ne colle pas dessus. Quand la surface est parfaitement lisse, même l'huile glisse dessus. Mais voilà : c'est difficile de garder une surface aussi lisse car le Téflon® est un plastique plutôt tendre. Et les rayures des ustensiles ne pardonnent vraiment pas.

En fait, il adhère si peu que pour le faire tenir sur une poêle, on utilise un composé hautement cancérogène et dégradable (le PFOA).

Mais le point le plus critique est la température de dégradation de ces matières. Elles commencent à se dégrader à 230°C (on atteint facilement 250°C en cuisson). Si votre huile commence à s'évaporer, considérez votre poêle comme fichue.

Cerise sur le gâteau, la production puis la dégradation du PFOA est hautement polluant puisqu'il a un effet de serre très puissant et une vie 1000 fois plus longue que celle du CO2.

En résumé, le Téflon® est probablement pratique pour faire des omelettes à 70°C sans que ça n'attache. Mais s'il s'agit de cuisiner autre chose qu'un truc à l'eau (à 100°C donc), je vous conseille de la fuir. Entre les rayures et la cuisson, elle est trop fragile pour finir dans une cuisine.

Pourquoi ne pas revenir à la bonne vieille ferraille ?

28 novembre, 2016

Les pauvres nous coûtent cher !

Ah bon ? Je fais pourtant très attention à ne coûter que le minimum à nos petits-enfants...

– En quelques années seulement, j'ai réduit ma consommation d'eau pour arriver à 14 m³ annuels ;
– Ma consommation de gaz aussi, j'en suis à 350kWh annuels ;
– L'électricité, j'ai encore des efforts à faire, je suis à 1500kWh annuels ;
– J'estime consommer autour de 300 litres d'essence par an ;
– Mes poubelles sont d'environ 350 grammes par mois ;
– Je composte et recycle tout ce qui peut l'être ;
– Je ne mange pas de viande et nous épargne donc des émissions de CO2/méthane induites ;
– J'achète local autant que possible ;
– Je n'utilise aucun produit Apple, Volkswagen, Facebook et j'évite Google quand je le peux ;
– Je ne participe pas à la course aux armements car mon compte en banque est à plat ;

Je coûte si cher que ça ? Je peux faire mieux ?

Et les autres, ils coûtent combien ?
 

25 novembre, 2016

19° Celcius

Lorsque je dis que je ne me chauffe pas, la réaction générale est l'étonnement, assorti de gros yeux : « je ne sais pas comment tu fais... ». On me demande combien il fait chez moi.

En ce moment, il fait entre 18 et 19°C. L'automne est très doux, le réchauffement climatique y est certainement pour beaucoup. Au plus bas, lorsque je m'absente, la température descend à 14°C, mais remonte rapidement à 16°C après avoir fait la cuisine par exemple. 16°C au creux de l'hiver et sans chauffer, je trouve que c'est pas mal. Bien mieux que les 14°C que j'avais avec ma cheminée en habitant en rase campagne. En étant un peu actif, on ne ressent pas trop le froid. Ma voisine du dessous chauffe peut-être un peu pour moi, il se peut qu'elle m'offre 1 à 2°C en chauffant à 25°C chez elle, le reste partant par ses fenêtres.

Beaucoup de gens chauffent beaucoup, à 25°C et jusqu'à parfois 30°C. Parfois, ce sont ces mêmes personnes qui mettent la climatisation à 17°C l'été. Un copain me disait qu'il aimait bien être en T-Shirt chez lui. C'est certain. On peut aussi aimer manger des fraises en hiver. Mais l'urgence climatique devrait être dans un coin de la tête de chacun à ce moment précis. Les pulls en hiver, c'est comme les feuilles en automne : c'est normal.

Le plus drôle dans l'histoire, c'est que chauffer à plus de 19°C est interdit par une loi. Pas seulement dans les bâtiments publics, non : même chez soi. Je serais donc le seul à respecter la loi en ce moment ? Cela descend à 8°C en cas d'absence de 48h. Il existe même une contravention de 3eme classe pour ça. De même que mettre la climatisation en-dessous de 25°C. Tout cela est assorti d'exceptions pour les hôpitaux par exemple.

Mais je trouve ironique de voir que cette vieille loi issue du premier choc pétrolier est encore bel et bien là, toujours inutilisée, alors que les ours blancs voient leur habitat fondre comme neige au soleil. La maison brûle et les pompiers la regardent.

On pourrait commencer par appliquer cette loi sur les chauffages collectifs (souvent chauffés à 28°C) et les bâtiments publics, non ?

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