23 septembre, 2016

J'aime la police

Je ne dis pas que j'aime les flics. En fait, je ne connais pas assez bien ces agents pour dire si je les aime.

Non, ce que j'aime, c'est un idéal. L'idéal que des gens donneraient de leur temps pour défendre les plus vulnérables. Car c'est bien là le rôle de la police : faire appliquer la loi. La loi sert à protéger les faibles des puissants. C'est un peu la sécurité sociale appliquée aux rapports entre les gens. Protéger les victimes de ceux qui ont le pouvoir de nuire. Quand une voiture se gare sur un emplacement réservé aux piétons, la police se placera du côté du plus vulnérable, le piéton, et sanctionnera celui qui se permet de faire un écart, l'automobiliste. Elle le fera sans attendre qu'une maman ne fasse descendre sa poussette sur la chaussée. Sans même penser à cette éventualité. Il le fera parce qu'on a défini une loi qui protège ceux qui ne sont pas en voiture.

Mais cette belle idée de la police est en train de se dessécher. Pas juste cette année, mais depuis longtemps. Peut-être depuis qu'elle s'appelle « gardien de la paix » ou « de l'ordre ».

Récemment, alors que j'étais arrêté en vélo à un feu rouge, à la hauteur de 2 policiers en moto, je leur montre une Porsche garée à contre-sens et en plein milieu du trottoir. Pour se garer ainsi, il avait au moins traversé une ligne blanche et une piste cyclable. Je leur demande pourquoi ils ne la verbalisent pas. Réponse « Il ne gêne pas ». C'est certainement devenu vrai, car je ne croise jamais de fauteuils roulants dans cette rue. La Porsche a gagné sur les paraplégiques, qui auront ajusté leurs trajets vers d'autres rues qui ne lui posent pas encore de problème.

Je dis aux flics que si le passager de la voiture ouvre la portière, il peut tuer un cycliste, mais la réponse est que l'automobiliste fera attention. C'est sûr : un cycliste peut tout à fait faire confiance à un chauffard capable de dénigrer les piétons, les poussettes, les fauteuils roulants au point de se garer comme s'ils n'existaient pas...

Ces flics n'ont à mes yeux pas fait leur boulot. Mais ce cas devient la norme. Tant que vous ne faites pas trop de bruit, on vous laisse faire, car cette police ne préserve plus que « la tranquillité ». Si je me permettais de faire respecter moi-même la loi en aspergeant la Porsche de blanc d'Espagne ou en déplaçant la voiture jusqu'à un stationnement valide, je pense même que c'est moi qui finirais en garde à vue.

Ce jour-là, la police protègerait la Porsche mal garée qui a traversé une ligne blanche.

Je regrette déjà cette police qui n'est plus là pour protéger les pauvres, mais juste taper dessus quand ils râlent trop fort. On en voit plein dans les manifs.

16 septembre, 2016

Un 16/9 contre le 49-3

Hier, la manif s'est bien déroulée. C'était la rentrée. Septembre est la rentrée depuis qu'on est tout petits. Et une fois grands, c'est encore la rentrée.

J'ai eu la surprise de voir à quel point les « forces civiles », flics ou CRS, étaient présents. Ils devaient s'attendre à ce que l'on soit 3 fois plus. Ils y croient plus que nous ! Mais ils sont restés calmes. Peut-être un peu débordés parfois car tout le monde n'était pas d'accord sur le parcours, et qu'on a eu des manifestants dans toute la ville.

Le tout dans la totale indifférence des politiciens. Le larcin est oublié, préparons le prochain braquage de la démocratie.

Car ce qui m'impressionne le plus, c'est François. Notre bon Président normal. Parce qu'il va certainement tenter de se représenter. Il s'est mis à dos tous les députés, les syndicats et 70% de la population, et il pense être élu... sur quelle base ?

Son calcul est sans doute qu'un second tour est possible avec les 25 ou 30% de votes restants, que le FN y sera aussi, et qu'il est alors facile de gagner les élections.

Vous commencez à la comprendre l'arnaque du droit de vote ? Soyez rassurés, le roi vous donnera quelques cadeaux en fin de règne pour vous laisser une bonne image de lui.

En attendant, ne baissons pas les bras. Continuons les manifs, même petites, car c'est le prix à payer quand on a un président aussi sourd : on est obligé de parler fort et de répéter longtemps.

12 septembre, 2016

Plastique ou alu ?

Parmi les nombreux dilemmes de l'écolo standard, il y a celui de savoir comment emballer des aliments lorsque le récipient solide n'est pas adapté. À défaut de sac en papier (qui ne convient pas toujours), le choix cornélien se situe généralement entre papier aluminium, film étirable et sac en plastique.

– Film étirable : C'est un film PVC auquel on ajoute plein de « plastifiant » pour l'assouplir, surtout dans notre cas. Il s'agit essentiellement des célèbres phtalates (perturbateur endocrinien). On l'accuse aussi d'être responsable des pluies acides lors de sa fabrication. Les films étirables en PVC ont des échanges avec les matières grasses et larguent des phtalates. Lors de la combustion (déchets ménagers), il donne de l'acide chlorhydrique, une vraie atteinte à l'environnement. Au point que les usines d'incinération doivent s'équiper de filtres.

– Sac plastique : Ils sont en polyéthylène (PEbd pour être précis). Ce plastique chimiquement simple ne fait l'objet d'aucun échange avec son environnement et n'est pas source de pollution alimentaire (sauf si vous en faites des copeaux). Il est surtout connu pour avoir du mal à se dégrader dans la nature, résistant même à l'acide de l'estomac et piégeant pas mal d'animaux. Sa combustion dégage notamment du CO2 (effet de serre).

– Papier aluminium : Il pose de sérieux problèmes. Au niveau sanitaire, ses échanges chimiques avec les aliments sont nombreux (notamment, il réagit avec tout ce qui est acide). On le soupçonne actuellement de jouer un rôle dans la maladie d'Alzheimer et la déminéralisation des os. De plus, le corps a beaucoup de mal à l'éliminer (autant que les métaux lourds). Sa production est très polluante, puisqu'on l'extrait de la bauxite par traitement chimique et thermique (vers 1000°C). Il est ensuite transformé à 700°C (les plastiques précédents fondent entre 100 et 200°C). Les principaux sites de production sont l'Australie, la Chine et le Brésil (pas la porte à côté, surtout que c'est plus lourd que du plastique).

Aucun de tous ces matériaux n'a de filière dédiée pour le recyclage sous la forme présentée. Leur tri et donc leur recyclage pose encore de gros problèmes.

Donc je n'hésite pas. Si je dois ranger un aliment dans un emballage souple, je choisis le sac en plastique, et j'évite comme la peste le papier alu. Si ça peut vous inciter à ne pas les jeter n'importe où...

8 septembre, 2016

Les chaises musicales du logement

Je suis né en France. Ce pays a l'absence de particularité qui veut que toute sa surface soit attribuée. Soit quelqu'un en est propriétaire, soit elle appartient à l'État, donc à tout le monde. Et ce qui appartient à tout le monde n'appartient finalement à personne en particulier. Personne n'a le droit d'y construire une maison par exemple. À ma naissance, par exemple, aucune surface ne m'a été réservée. Je suis né SDF, hébergé temporairement par mes parents.

À sa naissance, chaque français a donc pour mission d'habiter quelque part un jour, sachant qu'il devra jouer des coudes pour s'attribuer la propriété d'un autre. Soit en achetant, soit en louant un logement.

Mettre dans l'équation les terrains publics ou non constructibles n'est que déplacer le problème : ils ne sont pas infinis, sont utiles à notre écosystème, notre alimentation, nos déplacements, notre vie publique.

Comment devenir propriétaire ? Compte tenu de l'augmentation de la population, le seul levier est soit d'espérer qu'un multi-propriétaire vende, soit attendre qu'un propriétaire meure (car s'il vend pour déménager, il reprend un logement et la somme est nulle). Mais compte tenu que l'héritage attribue le terrain d'un défunt à ses héritiers, cela revient au même, car le terrain appartient finalement toujours à quelqu'un d'autre, sauf si je suis l'héritier.

Si je suis l'héritier, je peux espérer tuer mes frères et sœurs (ou négocier un achat) pour garder le bien pour moi seul et l'habiter. Libre à eux ensuite de trouver à habiter quelque part.

Vous comprenez par cette présentation, que l'habitation est aujourd'hui devenue un système concurrentiel basé sur la pénurie. Le prix de l'immobilier augmente car la population augmente, mais pas la surface terrestre. Habiter demande alors d'être plus riche d'une génération à l'autre. La pression augmente donc sur les plus pauvres, qui habitent toujours plus petit ou louent à plusieurs. Les plus riches s'enrichissant alors en louant, ce qui leur permet de conserver leur bien.

Aujourd'hui, le système social aide les plus pauvres à devenir locataires. Ce système d'aide, pourtant indispensable, se contente de subventionner les propriétaires en rendant les locataires toujours plus dépendants d'une location.

Les allocations logements ne sont donc qu'un système de ressources pour les multi-propriétaires. Je pense donc que ces allocations motivent ces propriétaires à ne pas vendre car ils arrivent alors à louer. Et s'ils vendaient, les prix chuteraient car les acheteurs seraient alors les pauvres.

Le plus drôle, c'est que depuis que je suis locataire, la CAF aurait eu meilleur compte de m'offrir le logement que j'habite...

2 septembre, 2016

Pourquoi j'ai arrêté la viande

Le point de départ aura sans doute été le célèbre film « Earthlings » que je conseille à tout le monde (visible à ce lien). On s'attend à voir des choses laides, et le film va au-delà de nos craintes. On y voit différentes formes de souffrance, les pires à mes yeux concernant l'alimentation et le cuir. L'actualité nous apprend depuis que ces images ne sont pas des exceptions. On ne peut même pas se rassurer en dénonçant le parti pris des auteurs.

Notamment, ce film montre un abattage casher, tel qu'il est pratiqué dans l'industrie de la viande. J'admets avoir cristallisé mon effroi sur ces images, là où je pensais que cette viande était plus respectueuse du bien-être animal. C'est en tout cas ce qu'enseigne la religion juive. Mais quand l'industrie passe quelque part, elle corrompt tout ce qu'elle croise.

Force m'est d'admettre que si je rejette cette souffrance, il serait inique que je tolère celle d'un abattage classique ou d'un élevage industriel tel qu'on le connaît en France.

Je n'étais pas nécessairement un gros mangeur de viande. Mais en regardant mon assiette, je suis affligé par l'histoire de la bête dont un morceau gît devant moi. Ce sentiment l'emporte sur l'appétence du plat. Respecter un repas de viande sans respecter l'animal n'est pas noble.

Je n'en serais certainement jamais arrivé là si l'industrie n'avait à ce point automatisé l'ignoble.

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