23 mai, 2017

La passion des végans

Je comprends les dissensions qu'il y a souvent entre les végans (dont je me sens proche) et les omnivores (parfois très viandards). Ces derniers se font reprocher de malmener des animaux et se défendent de cette agression sur l'argument du « c'est naturel ».

Que nous soyons ou non faits pour manger de la viande n'est pas ici le problème, car nous sommes sortis du cycle naturel. À la rigueur, nous pourrions peut-être exercer un avantage évolutif de notre espèce : la compassion.

Les végans (et moi-même) réagissent parfois avec colère, ils sont affectés par la douleur d'un tiers. C'est une légitime « assistance à personne en danger ». Nous intégrons à notre famille ces êtres sensibles. Ce sont finalement des « personnes non-humaines ».

Les vertébrés (entre autres) ont la capacité à souffrir, c'est scientifiquement établi, on ne peut plus se cacher derrière la souffrance de la carotte pour le nier. Alors pourquoi continuons-nous à malmener les animaux ?

Je pense d'une part que le consommateur est resté sur un schéma ancien d'élevage traditionnel aujourd'hui en passe de disparaître, où l'animal avait une vie avant de mourir, et où sa mort pouvait avoir un sens relatif à sa condition d'animal. Mais ce schéma tombe devant chaque scandale alimentaire. D'autre part, admettons surtout que les habitudes alimentaires ont la dent dure. Si je ne suis pas encore 100% végan, c'est aussi à cause de cela. J'ai encore du mal à supprimer totalement et sans frustration certains aliments que j'aime. C'est cet argument qui explique qu'un fumeur meurt d'un cancer en défendant sa « liberté de fumer ».

Je pense que les végans (que je défends) font souvent l'erreur de mettre les omnivores dans le reproche direct, là où finalement, ils devraient simplement leur présenter des arguments personnels sans les imposer. Donner son avis, réagir aux abus « nouveaux », informer, et exiger le respect de leur choix éthique. J'espère y parvenir sur ce blog.

Si la conscience existe, la mauvaise conscience fera son chemin. On ne changera les habitudes des consommateurs qu'en croyant en leur bonne foi, en leur faisant confiance. Car on ne combat pas la mauvaise foi.

16 mai, 2017

Merci Muriel Robin !

S'il y a bien une humoriste à qui j'en veux, c'est Muriel Robin. Car son ancien sketch sur l'addition m'a parfois rendu la tâche difficile, m'obligeant à ramer à contre-courant de ce qu'elle a institutionnalisé par l'humour. Oui, j'assume : diviser l'addition sur toute une tablée en fin de repas ne rend service qu'aux plus fortunés.

C'est vrai après tout. Un pauvre qui s'offre un restau, c'est pas tous les jours. Il le fait pour passer un moment sympa avec des amis, pour ne pas s'esquiver en début de soirée, pour faire comme tout le monde. Mais lorsqu'il choisit un plat, il prendra le moins cher, pour être certain de tenir son budget. Il ne prendra pas de vin, parfois pas de dessert, surtout pas de café.

Et le moment de l'addition arrive, ce con de serveur arrive avec une addition pour tout le monde et démerde-toi. Il doit pourtant bien le savoir qu'il est interdit d'obliger quelqu'un à payer un repas qu'il n'a pas consommé. Et curieusement, c'est toujours le plus à l'aise de la tablée qui propose de ne pas s'embêter, allez hop : « on divise ? ». On divise les plats en plus, les desserts, le vin, les cafés... et le pauvre se retrouve parfois à devoir payer le double de ce qui était prévu. Il paie pour les autres.

Mais depuis quand est-il plus simple de faire une division qu'une addition ? Lorsque je suis allé à Montréal, j'avais eu la surprise de ne jamais rien avoir à préciser, les serveurs apportaient systématiquement des additions à chacun. Celui qui commandait la bouteille la retrouvait sur son addition. Logique. Là-bas, c'est l'habitude. C'est pas plus compliqué.

Alors quand le pauvre ne veut pas payer au riche son assiette, il a plusieurs stratégies. D'une part, s'éclipser avant la fin du repas en payant sa part au comptoir (faisable dans les repas en nombre de l'asso de badminton par exemple), ou assumer franchement en disant que son budget l'a obligé à se serrer la ceinture, et qu'il n'a pas les moyens de payer plus que sa part. C'est généralement à ce moment béni qu'un crétin ressort le sketch de Muriel Robin. Merci à elle. Parfois, il m'est arrivé de voir la réaction gênée de celui qui avait proposé. Le top du top : il soustrait alors votre addition pour refaire une division du reste. Simple je vous dis.

Une fois, j'ai même vu une copine qui n'osait pas parler de ses problèmes d'argent. Après que les mathématiques eurent enfin donné la somme de chacun (après soustraction de ma part, puis redivision du reste de l'addition), la corbeille fait le tour de table, chacun arrondissant sa part à l'euro supérieur lorsqu'il payait en espèce. Puis la corbeille arrive enfin à elle. Elle a alors refait l'addition de la corbeille et soustrait le total de la note pour voir ce qui manquait réellement et ne payer que le nécessaire.

Je propose un truc simple. Si le serveur ne veut pas s'embêter, celui qui propose de diviser n'a qu'à payer pour tout le monde. Ben oui, quoi, on ne va pas casser l'ambiance simplement pour une addition !

 

9 mai, 2017

Vous en reprendrez bien pour 5 ans ?

Alors que la cote de popularité de François Hollande a battu des records d'abîme (pire que Sarkozy), qu'il n'a réalisé aucun des engagements qui ont fait élire l'ennemi de la finance, la France vient d'élire l'un de ses morpions : celui qui a les pires penchants libéraux dénoncés depuis 5 ans, le responsable de la loi travail et Macron.

« Il fallait bien éviter le Front National » ? On y va tout droit. Et plus sûrement avec lui que si Marine Le Pen était élue aujourd'hui sans pouvoir gouverner.

Les électeurs de Macron ne sont même pas vraiment convaincus de leur propre choix. En effet, si on regarde le premier tour, censé être le vote du cœur, son électorat ne représente pas « 24% des Français » comme on nous le dit en oubliant les votes non exprimés, mais seulement 8,6 millions Français.

Certains pourraient dire que ce n'est pas si mal, sauf si on observe cette étude qui informe que le vote Macron n'est pas un vote d'adhésion : seuls 39% des votants ont vraiment voté selon un candidat qu'ils soutiennent (*). Les autres ? Le vote utile. La peur bleu de Marine. Le FN qui peinera toute sa vie à passer le 2nd tour a encore été une menace suffisante pour que les Français trahissent leur vœu dès le 1er tour. Ce ne sont finalement que 3,4 millions de Français qui ont voté Macron par conviction.

En quoi croient-ils (à part ses beaux yeux bleus) ? J'ai beaucoup entendu qu'un président jeune ferait du bien à la jeunesse (alors que la jeunesse s'en détourne précisément en votant... Mélenchon ! ). Macron n'a pas croisé un « jeune » depuis le CM2, n'a pas d'enfant, sait-il seulement ce qu'est un jeune ? Quand il est  face aux jeunes, c'est pour s'engueuler avec ou s'en protéger. Macron ne les connaît pas, il a fait Henri IV, l'ENA, HEC est a directement travaillé pour Rotschild. Sa campagne s'est faite loin des quartiers sensibles et des T-Shirts.

Ce type nous a même fait l'insulte d'utiliser au mot près la même profession de foi pour les deux tours ! Comme si aucun élément marquant n'était ressorti du 1er tour. Refaire un tract pour cette fonction vitale pour nous tous est fatiguant ? Il n'a rien à dire ? Non. Ce type nous méprise à ce point qu'il assume se torcher avec tous les inscrits qui votent pour lui « à défaut de mieux ». Car au final, sur 47,5 millions d'inscrits, seulement 7,6% d'entre eux ont voté par adhésion (ne serait-que pour ses yeux bleus). Et encore, avec les non inscrits, cela descend à 6,9%.

Il peut se vanter d'avoir fait un peu mieux au 2nd tour, en nous mettant le pistolet du FN sur la tempe. Il n'empêche qu'il n'a jamais existé autant de votes blancs + nuls + abstention à une présidentielle en France (malgré Le Pen).

Espérons que le type de scrutin des législatives arrivera à lui bloquer la route. Mélenchon a encore une partie à jouer, et pas des moindres. Un vote massif des insoumis peut encore sauver la mise.

Les syndicats sont sur les dents, ils ont déjà commencé à manifester alors que le cul de Macron n'est pas encore sur le trône. Hors de question de lui faciliter la vie. Et puis Hollande nous a bien chauffés, on est prêts.

Le plus dur pour Macron, quoi que je dise, sera quand même de parvenir à me décevoir. Ce type est taillé pour gagner un peu d'estime à mes yeux... il en manque tellement qu'il ne peut en perdre. Mais j'avoue ne pas être tranquille. Car s'il a réussi à se faire élire sur de belles photos, des phrases vides, pas de programme, une campagne illégale et choquante, alors peut-être que je n'imagine pas encore de quoi il est vraiment capable.

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(*) En comparaison, Mélenchon a 69% de votes d'adhésion, ce qui représente 4,9 millions de votes, soit presque moitié plus que Macron.
 

2 mai, 2017

Petit bilan du petit François

Je ne vous cacherai pas très longtemps mon désamour pour notre futur ancien Président. Alors autant lui dresser son CV maintenant. C'est vrai, quoi, après, on risquerait d'oublier. Admettons qu'il a encore presque une semaine pour faire des bêtises. Il ne lui a quand même fallu que 5 ans pour réduire les libertés individuelles comme ne l'a pas fait Obama en 8 ans.

Voilà donc une liste non exhaustive et très résumée de son œuvre.

DROIT DU TRAVAIL
Destruction du Code du Travail,
Loi El Khomri : 3 millions de manifestants, jeunes éborgnés,
+1,2 millions de chômeurs (il s'était quand même engagé là-dessus),
Travail le dimanche (dans la loi Macron),

LIBERTÉS
Loi sur la programmation militaire : espionnage des métadonnées,
Loi antiterroriste (avec censure administrative de sites web),
Loi sur le renseignement : mise hors jeu de la justice, élargissement des moyens de collecte des données, IMSI catcher, protection des intérêts industriels, notion « d'atteinte à la République »,
État d'urgence permanent et son détournement pour assigner à résidence des écolo,
Fichier de 60 millions d'innocents (centralisation cartes d'identités & passeports),
Aucune réaction aux annonces de Snowden (ni proposition d'accueil),
Compteurs Linky,
Projet de loi (abandonné) sur le secret des affaires (danger sur la liberté de la presse),
Conservation de la Hadopi,

ÉCOLOGIE
Aucune action sur la pollution de l'air (50 000 morts / an),
Maintien du réacteur nucléaire de Fessenheim (encore un engagement loupé),
Maintient du projet NDDL,
Retard sur les énergies renouvelables,
Enfouissement déchets radioactifs (loi Macron),
Affichage publicitaire autorisé un peu partout,

ÉCONOMIE
Cadeau de 2 milliards à la Société Générale,
CICE (100 milliards quand même !),
Aucune loi sur la taxation de la finance (suppression de contrôleurs fiscaux),
Rien sur l'évasion fiscale...
...mais répression contre les fraudes des pauvres : CAF, Pôle emploi (ECRE),
Impôts : + 35 Mds€ pour les ménages, - 20 Mds€ pour les entreprises,
Prolongation des concessions autoroutes,
Privatisation des barrages hydro électriques et aéroports,
Privatisation de l'examen du code de la route...
Bus Macron : mise en concurrence région-privé sur les trajets régionaux en bus,

INTERNATIONAL
Guerre en Syrie,
Interdiction de survol de l’espace aérien pour le président Evo Morales,
Ventes d'armes et équipements militaires (Hélicoptères de combat, Rafales) : Arabie Saoudite, Koweit, autres pétromonarchies...
Retrait de la vente (promise) d'un bateau Mistral aux Russes,

DIVERS
Changement des règles pour les candidatures aux présidentielles,
Légion d'honneur d'un prince saoudien,
Mur anti-migrants à Calais,
Lois anti-migrants (innombrables),
Déchéance de nationalité (qui a heureusement échoué),

Vous aurez tout le détail sur ce site, pour ceux qui ont du temps.

Moi, ça a alimenté ma réflexion pour mon choix du 2nd tour.

 

25 avril, 2017

Le scrutin de la honte

En 2002, tous les partisans d'une politique de gauche ont eu le sentiment de se faire voler le second tour. En 2002, on vivait le premier signe indiquant que le scrutin à 2 tours, tel qu'on le pratique en France pour l'élection présidentielle, n'est plus adapté à notre politique qui n'est plus « bipartite ».

Quinze ans après, 4 candidats obtiennent des résultats très proches. Tout aurait pu en désigner 2 autres. Un battement d'aile de papillon aurait pu tout changer, tant le nombre d'indécis était grand la veille du vote. Un fait divers ? un timing un peu différent ? un autre connerie de Macron ? une primaire PS ou Les Républicains avec des résultats différents ? des soutiens arrivés un peu plus tôt ?

4 candidats séparés par 4 points (1,6 millions de votes) : c'est comme choisir le représentant du peuple sur un jet de dés. Seule l'abstention maintient vraiment l'avance avec 3 millions d'électeurs de plus que Macron.

Et finalement, un second tour avec 2 candidats semble simplement injuste pour 55% des votants, qui se retrouvent à devoir choisir entre la peste et le choléra. Des électeurs dont les idées sont trahies par les seuls candidats encore en lice. Il est inédit de voir autant de candidats perdants ne pas donner de consigne de vote (6 pour le moment).

Pourtant cette fois, beaucoup d'électeurs ont joué le jeu du « vote utile » qu'on nous sert à chaque fois. Mais l'axe allant de la gauche à la droite étant obsolète, le vote utile n'a pas mis en avant 2, mais 4 candidats. Cette nouvelle configuration n'est ni plus ni moins que l'expression d'un scrutin inadapté à la politique du 3ème millénaire. La Vème République a vécu, et le seul candidat qui voulait la changer a été évincé par ce système. L'élection se nourrit d'elle-même.

Au premier tour, j'ai voté Mélenchon par conviction. Parce que j'adhérais à son programme sans frustration. Mais au second tour mes idées ne sont pas représentées. Le Pen propose une politique raciste et fasciste, et Macron est responsable de tout de ce que je dénonce dans ce blog. En fait, j'ose prétendre qu'il est plus dangereux. Mais d'une façon différente. Voter Macron aujourd'hui, c'est avoir Le Pen dans 5 ans. Alors on fait barrage comment ?

Je refuse de choisir entre la raciste qui n'aime pas les arabes et le libertarien qui n'aime pas les pauvres. Si le malentendu peut faire ressembler certaines propositions du FN à mes choix politiques (sortir de l'UE, de l'OTAN, produire localement), je sais qu'elle le fait pour des raisons très différentes, cachant un grand danger pour les libertés publiques. Je n'assumerai pas une quelconque part de responsabilité dans l'élection d'une fasciste pour représenter mon pays.

Mais la capacité de nuisance de Macron est tout aussi grande : il sera responsable du délabrement du service public, de nos conditions de travail avec une loi travail 2, de la prochaine crise sanitaire et écologique, de la politique atlantiste et des prochaines guerres (économiques ?). Je ne donnerai donc jamais un vote à Macron, à cause de qui j'ai essuyé les lacrymo. Non, je refuse.

Alors entre les deux, mon choix est fait : ni l'un ni l'autre. Ces monstres sont tous les deux des rejetons de manœuvres politiques. Je ne me couperai pas une jambe pour sauver l'autre. Qu'ils se démerdent avec leurs candidats. Ce n'est déjà plus mon problème.

J'espère ainsi que le prochain représentant, quel qu'il soit, ne sera élu que par une minorité d'électeurs. Parce qu'on ne fanfaronne pas quand on n'est élu que par 15 millions de Français. Et cela donnerait du poids à la contestation pour les 5 années qui viennent. Voyons grand.

J'assume avoir été dépossédé du droit de vote, complètement dévoyé aux médias institutionnels, propriétés des milliardaires du pays, inadapté aux temps modernes.

À ce titre, je ne reconnaîtrai pas notre prochain Président, quel qu'il soit, car je m'adapte.

Je prédis que dans les 5 ans à venir, les gaz lacrymogènes vont tourner à plein. Achetez des actions, c'est le moment.

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