17 octobre, 2017

5 euros pour sauver les riches

Alors que les pays riches exportent leurs maladies aux pays pauvres (diabète, obésité, cancers, maladies broncopulmonaires ou cardiovasculaires...), une autre maladie progresse de façon inquiétante sans que l'on souhaite y trouver de remède. Dans les pays riches, cette maladie qui arrive comme une lame de fond est la pauvreté.

Il ne viendrait à l'idée de personne de soigner un diabétique en lui faisant manger du sucre. On ne soigne pas un obèse avec un régime gras ou une bronchiopathie avec un paquet de clopes. Cela ne viendrait à l'idée de personne, non.

Il ne viendrait non plus à personne l'idée d'appauvrir encore un peu cette frange de la population la plus pauvre pour sauver l'économie. C'est pourtant ce qu'a fait le gouvernement de Jupiter : réduire de 5€ les allocations logement. Cela équivaut pour moi à l'augmentation de loyer des 4 dernières années.

Cela permettra environ 140 millions d'économies. Une broutille, surtout quand on imagine qu'il aurait suffi d'embaucher quelques contrôleurs fiscaux supplémentaires pour récupérer juste une partie des 80 milliards de la fraude fiscale en France...

Ou sinon, pour les récupérer, on pouvait aussi ne RIEN faire, puisque la réforme de l'ISF va nous coûter 30 fois plus cher que ces 140 millions ! Tout ça pour garder des patrons qui n'ont plus besoin de nous...

Comprenez bien, la pauvreté pourrait contaminer les riches, alors pour les épargner, Macron nous a fait un bouclier fiscal 7 fois plus cher que celui de Sarkozy. Ça mérite bien de titiller un peu les pauvres.

Je n'aime pas trop commenter l'actualité, surtout qu'avec Macron, ce serait un travail à plein temps. Les injustices qu'il nous colle ont presque déjà le poids du bilan de Hollande. Il est rapide le con. Mais parfois, il faut que je me lâche un peu, comprenez...

À quand le retour de la peste ?

30 septembre, 2017

Gauchiste, c'est pas un peu négatif ?

Habitués de ce blog, vous savez nécessairement ce qu'on appelle la décroissance.

Parmi les particularités de ce mouvement, de cette philosophie, on note le choix du mot « décroissance », souvent connoté négativement. Il est vrai que nous sommes à une période où il est interdit d'utiliser des mots négatifs.

Décroissance a peut-être dû faire face à cette mode, être à contre-courant de l'idée dominante. Mais le mot est passé dans le langage, il commence à porter son vrai sens, un discours très facile à comprendre juste avec ce mot. Il doit encore lutter tant le lobbying de la croissance est fort.

Personnellement, je tiens le blog du gauchiste, et j'ai encore pas mal de boulot à faire pour que les lecteurs osent vaincre leurs préjugés.

Je rencontre régulièrement des gens pour qui aller sur le blog du « gauchiste » est impensable. Car ce serait bien trop gros d'aller sur un tel blog sûrement politique et « fait pour des gauchistes »... pourtant, je suis certain que si j'étais le blog du gros con, les gens se précipiteraient dessus, car ils comprendraient l'évidente autodérision. Ils n'auraient pas peur de devenir un sale con eux-mêmes.

Comme si ces mêmes personnes avaient peur de devenir « gauchistes » juste en cliquant sur ce lien. Même souvent des personnes qui se revendiquent de « gauche » (comprenez en fait PS).

Mais le concept même de décroissance est devenu aujourd'hui assez connu. Suffisamment pour se glisser sans honte dans des débats politiques.

Moi, je suis « le gauchiste ». Je suis probablement même un peu gauchiste. J'ai parfois un peu de mal à faire sentir ce qu'est un gauchiste assumé, mais je ne lâche pas l'affaire. Il est grand temps de mettre un mot sur des valeurs que nous sommes nombreux à défendre.


PS : Rassurez-vous, groscon.fr est encore à vendre. Dépêchez-vous, car salecon.fr (qui n'est plus à Pierre Emmanuel Barré) vient d'être repris...

20 septembre, 2017

On tue la CPAM

On ne prête qu'aux riches, c'est bien connu. Et on ne soignera bientôt que les gens en bonne santé, cela en découle.

Le principe de la Sécurité Sociale, c'est de répartir de coût de l'imprévu (la santé) de façon à rendre supportable les frais de santé imparables. On met tous de l'argent dans un pot commun, et lorsque la maladie arrive, on prend dans ce pot commun pour soigner les malades, sachant que tout le monde ne tombe pas malade de la même façon. Le principe est aussi que ces personnes soignées pourront à leur tour continuer à cotiser pour soigner d'autres personnes, à leur tour affaiblies.

La CPAM, branche santé de notre système de solidarité se détricote. Depuis 1945, les taux de remboursement de la CPAM ont baissé, laissant un champ libre aux mutuelles qui semblent vouloir la remplacer peu à peu.

Le principe d'une Mutuelle de santé n'est cependant pas le même puisqu'elle vise la rentabilité. Notamment, le taux de remboursement est différent selon le contrat que l'on choisit. On soigne donc mieux ceux qui prennent un contrat plus cher. Au point que la question de prendre ou non une Mutuelle se pose généralement en ces termes : compte tenu que les frais les plus élevés sont généralement remboursés par la CPAM, et que les frais les plus courants sont généralement « provisionnables », est-il rentable de prendre une mutuelle santé ? La réponse est arrivée en 2016 : elle est depuis obligatoire pour tous les salariés. Une bonne façon de soutenir l'activité !

Sans compter que les tarifs se font parfois à la tête du client : par exemple en fonction de votre sexe ou de votre âge. Quel est l'intérêt de mutualiser en fonction des risques ? Le jour où ma mutuelle me fera payer le juste prix de mes dépenses de santé, à quoi servira-t-elle ? Juste prix... ajouté de ses frais de fonctionnement !

Car justement, les Mutuelles ne peuvent simplement pas rembourser mieux que la CPAM. Pour une raison simple : aucune ne lui arrive à la cheville. Les frais de fonctionnement de la CPAM sont de l'ordre de 3 à 4% selon les sources (car elle n'a pas besoin de faire de publicité, notamment), tandis que les mutuelles ont des frais de l'ordre de 17% (voire 43% selon certaines sources). Y'aurait pas une fuite dans le tuyau ?

Faut-il vraiment sauver les mutuelles pour créer des emplois ? Ne serait-il pas plus sage de passer à un régime général à 100% pour tout le monde, en fermant simplement les mutuelles et en augmentant les cotisations ? Ce serait toujours moins cher...

10 septembre, 2017

Manifestations le 12 septembre

S'il vous arrive de lire les journaux, vous savez déjà ce qu'est la loi travail. La version 2 de Macron est simplement un pied de nez à ceux qui espéraient un peu de justice sociale. De par la façon de façonner cette loi par ordonnances, sans même qu'il y ait discussion entre parlementaires. Mais aussi de par son contenu qui ne protège plus les salariés par la loi.

La loi est censée être le dernier rempart à l'incivisme, le socle commun à une société, et on a aujourd'hui une loi scélérate qui dit que les négociations d'entreprise seront supérieures à la loi.

Ce genre de loi n'est pas seulement un danger pour le code du travail, c'est aussi un précédent pour toute la loi. Il serait possible de faire une loi qui assure sa propre faiblesse, et qu'un contrat malicieux pourrait autoriser ce qui n'est pas légal ?

Si vous êtes chômeur, ce n'est plus le code du travail qu'il vous faudra connaître, mais ce que chaque entreprise a négocié de pire que la loi avant votre arrivée. Vous ne pourrez plus faire confiance à un employeur, car il ne sera plus obligé de suivre la loi.

Voilà pourquoi vous devez à tout prix manifester le 12 septembre dans votre ville. Nul besoin d'appartenir à un parti politique ou un syndicat. Il suffit de vouloir reprendre la main sur ce qu'on décide sur votre dos.

Rendez-vous mardi 12 septembre
contre la loi travail 2

7 septembre, 2017

L'État brûle les billets

Certains d'entre vous l'ont peut-être remarqué, bien que cela semble bien innocent : une nouveauté est apparue cette année sur votre feuille d'impôts.

Jusqu'à récemment, il était possible de payer ses impôts en chèques ou espèces au centre des impôts, mais depuis cette année, ce n'est plus possible que dans de très rares cas. En fait, lors de votre déclaration d'impôts, il vous est demandé un RIB. Cette disposition semble anodine, mais elle est en fait lourde de sens.

Par exemple, si vous n'êtes pas imposable, il vous est simplement impossible de remplir votre déclaration d'impôts si vous ne fournissez pas de RIB. La déclaration en ligne est refusée. Même zéro euro, il faut le payer par autorisation de prélèvement. Cette année, le Trésor Public a décidé de ne pas vous laisser le choix, il se servira sur votre compte et vous vous plaindrez après. Votre compte en banque ne vous appartient plus, la passoire s'agrandit.

Mais quelle est la vraie conséquence de tout ça ?

Depuis que l'argent est inventé, il permet de payer ses impôts. En fait, c'est précisément ce qui fait la valeur de l'argent. C'est pourquoi en France, on ne paie pas en dollars et que la Chine n'utilise pas l'euro. Car le contrôle de la monnaie est un puissant outil de souveraineté. Alors l'État, pour le préserver impose le paiement de l'impôt dans sa monnaie. En France, c'est l'euro, peu importe le contrôle qui lui reste dessus.

Mais au-delà de ça, ce qu'il faut voir, c'est que l'État ne collecte plus l'impôt en euro-billet, mais en euro-virtuel. Et alors ? Alors c'est une étape de plus pour retirer à chacun la discrétion de ses dépenses. Si l'État se retire de la monnaie matérielle, s'il n'honore même plus la monnaie qu'il produit, alors on peut raisonnablement penser que les commerces en feront de même un jour et on ne pourra même plus acheter une baguette de pain sans que la kommandantur soit au courant.

« Tout par l'État, rien hors de l'État, rien contre l'État ! » Mussolini

Une loi passera. Ah, ben justement, on a Macron aux manettes, ça devrait aller vite... allons... vous n'avez rien à cacher...

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