20 septembre, 2017

On tue la CPAM

On ne prête qu'aux riches, c'est bien connu. Et on ne soignera bientôt que les gens en bonne santé, cela en découle.

Le principe de la Sécurité Sociale, c'est de répartir de coût de l'imprévu (la santé) de façon à rendre supportable les frais de santé imparables. On met tous de l'argent dans un pot commun, et lorsque la maladie arrive, on prend dans ce pot commun pour soigner les malades, sachant que tout le monde ne tombe pas malade de la même façon. Le principe est aussi que ces personnes soignées pourront à leur tour continuer à cotiser pour soigner d'autres personnes, à leur tour affaiblies.

La CPAM, branche santé de notre système de solidarité se détricote. Depuis 1945, les taux de remboursement de la CPAM ont baissé, laissant un champ libre aux mutuelles qui semblent vouloir la remplacer peu à peu.

Le principe d'une Mutuelle de santé n'est cependant pas le même puisqu'elle vise la rentabilité. Notamment, le taux de remboursement est différent selon le contrat que l'on choisit. On soigne donc mieux ceux qui prennent un contrat plus cher. Au point que la question de prendre ou non une Mutuelle se pose généralement en ces termes : compte tenu que les frais les plus élevés sont généralement remboursés par la CPAM, et que les frais les plus courants sont généralement « provisionnables », est-il rentable de prendre une mutuelle santé ? La réponse est arrivée en 2016 : elle est depuis obligatoire pour tous les salariés. Une bonne façon de soutenir l'activité !

Sans compter que les tarifs se font parfois à la tête du client : par exemple en fonction de votre sexe ou de votre âge. Quel est l'intérêt de mutualiser en fonction des risques ? Le jour où ma mutuelle me fera payer le juste prix de mes dépenses de santé, à quoi servira-t-elle ? Juste prix... ajouté de ses frais de fonctionnement !

Car justement, les Mutuelles ne peuvent simplement pas rembourser mieux que la CPAM. Pour une raison simple : aucune ne lui arrive à la cheville. Les frais de fonctionnement de la CPAM sont de l'ordre de 3 à 4% selon les sources (car elle n'a pas besoin de faire de publicité, notamment), tandis que les mutuelles ont des frais de l'ordre de 17% (voire 43% selon certaines sources). Y'aurait pas une fuite dans le tuyau ?

Faut-il vraiment sauver les mutuelles pour créer des emplois ? Ne serait-il pas plus sage de passer à un régime général à 100% pour tout le monde, en fermant simplement les mutuelles et en augmentant les cotisations ? Ce serait toujours moins cher...

10 septembre, 2017

Manifestations le 12 septembre

S'il vous arrive de lire les journaux, vous savez déjà ce qu'est la loi travail. La version 2 de Macron est simplement un pied de nez à ceux qui espéraient un peu de justice sociale. De par la façon de façonner cette loi par ordonnances, sans même qu'il y ait discussion entre parlementaires. Mais aussi de par son contenu qui ne protège plus les salariés par la loi.

La loi est censée être le dernier rempart à l'incivisme, le socle commun à une société, et on a aujourd'hui une loi scélérate qui dit que les négociations d'entreprise seront supérieures à la loi.

Ce genre de loi n'est pas seulement un danger pour le code du travail, c'est aussi un précédent pour toute la loi. Il serait possible de faire une loi qui assure sa propre faiblesse, et qu'un contrat malicieux pourrait autoriser ce qui n'est pas légal ?

Si vous êtes chômeur, ce n'est plus le code du travail qu'il vous faudra connaître, mais ce que chaque entreprise a négocié de pire que la loi avant votre arrivée. Vous ne pourrez plus faire confiance à un employeur, car il ne sera plus obligé de suivre la loi.

Voilà pourquoi vous devez à tout prix manifester le 12 septembre dans votre ville. Nul besoin d'appartenir à un parti politique ou un syndicat. Il suffit de vouloir reprendre la main sur ce qu'on décide sur votre dos.

Rendez-vous mardi 12 septembre
contre la loi travail 2

7 septembre, 2017

L'État brûle les billets

Certains d'entre vous l'ont peut-être remarqué, bien que cela semble bien innocent : une nouveauté est apparue cette année sur votre feuille d'impôts.

Jusqu'à récemment, il était possible de payer ses impôts en chèques ou espèces au centre des impôts, mais depuis cette année, ce n'est plus possible que dans de très rares cas. En fait, lors de votre déclaration d'impôts, il vous est demandé un RIB. Cette disposition semble anodine, mais elle est en fait lourde de sens.

Par exemple, si vous n'êtes pas imposable, il vous est simplement impossible de remplir votre déclaration d'impôts si vous ne fournissez pas de RIB. La déclaration en ligne est refusée. Même zéro euro, il faut le payer par autorisation de prélèvement. Cette année, le Trésor Public a décidé de ne pas vous laisser le choix, il se servira sur votre compte et vous vous plaindrez après. Votre compte en banque ne vous appartient plus, la passoire s'agrandit.

Mais quelle est la vraie conséquence de tout ça ?

Depuis que l'argent est inventé, il permet de payer ses impôts. En fait, c'est précisément ce qui fait la valeur de l'argent. C'est pourquoi en France, on ne paie pas en dollars et que la Chine n'utilise pas l'euro. Car le contrôle de la monnaie est un puissant outil de souveraineté. Alors l'État, pour le préserver impose le paiement de l'impôt dans sa monnaie. En France, c'est l'euro, peu importe le contrôle qui lui reste dessus.

Mais au-delà de ça, ce qu'il faut voir, c'est que l'État ne collecte plus l'impôt en euro-billet, mais en euro-virtuel. Et alors ? Alors c'est une étape de plus pour retirer à chacun la discrétion de ses dépenses. Si l'État se retire de la monnaie matérielle, s'il n'honore même plus la monnaie qu'il produit, alors on peut raisonnablement penser que les commerces en feront de même un jour et on ne pourra même plus acheter une baguette de pain sans que la kommandantur soit au courant.

« Tout par l'État, rien hors de l'État, rien contre l'État ! » Mussolini

Une loi passera. Ah, ben justement, on a Macron aux manettes, ça devrait aller vite... allons... vous n'avez rien à cacher...

5 septembre, 2017

Pourquoi Macron me dérange-t-il tant ?

La rentrée arrive, le soleil s'en va, et on prétend que l'été dure jusqu'au 21 septembre. Macron, lui, n'a pas chômé.

On ne va pas se mentir, je n'attendrai pas 5 ans pour le pourrir sur la mesure de son bilan. Ses rares promesses sont déjà sidérantes. Ma seule consolation est de ne pas avoir cautionné ça par un vote.

Mais quelque chose d'absolument insoluble fait que cet homme ne peut rien donner de bon. Il est viscéralement incompétent à ce poste. Je ne ferai pas le tour de mes reproches, mais il y a une donnée, une simple donnée qui résume ce drame.

Ce qui rassemble un pays, ce ne sont pas les données climatiques, pas la langue (parlée jusqu'en Inde), ce n'est plus l'appartenance à un peuple depuis les invasions barbares. Ce qui fait une nation, c'est ses lois. C'est la portée géographique de nos lois qui définit nos frontières. Ces lois sont (en principe) décidées démocratiquement. C'est en tout cas le cas dans une démocratie. Le peuple décide des lois auxquelles il accepte de se soumettre. Il décide de ces lois en fonction de ce qu'il croit bien ou mal.

C'est cette vision morale qui fait que l'on se reconnaît dans une nation. Et le Président est garant de la République, de nos valeurs morales. Encore faut-il qu'il ait cette notion.

Nicolas Sarkozy avait cette notion, mais il s'en foutait, assumant son arrivisme. François Hollande, l'avait aussi, et a tout foiré, certain d'avoir bien agi.

Mais Emmanuel Macron n'a pas ce souci moral. C'est un homme d'affaires dont le seul but est de manipuler son adversaire pour lui faire passer un arrangement comptable. Et l'adversaire, aujourd'hui, c'est nous. Il n'a pas le souci de l'égalité sociale, la santé, l'écologie, la vie privée, l'injustice... Lorsqu'il passe des lois, ce n'est pas pour le bien des français, mais de l'économie. Le problème de Macron, c'est qu'il est prêt à sacrifier les français sur l'autel de l'économie.

Par contre, tout ce qui n'est pas économique, il s'en tape. NDDL, par exemple, je pense qu'il s'en fout : il pourrait même lâcher du lest. Les vaccins, ça fait du PIB. Les voitures électriques aussi. Et pour les guerres, il suivra l'OTAN, pour sauver le pétrole.

Ne comptez surtout pas sur lui pour prendre un risque du type Ayrault, et ne pas aller en Irak quitte à se fâcher avec les États Unis. Non, il préférera se fâcher avec un pays pauvre... Avec un peu de chance, Trump sera assez mauvais pour que Macron s'en rende compte.

Il préférera se fâcher avec tous les français qui sont pauvres et ne rapportent pas de PIB. Il n'a pas de sens moral. Ce jeune garçon a 5 ans pour l'apprendre... et nous laisser tranquilles !

2 août, 2017

Que nous demande l'ECRE ?

Si vous ne connaissez pas l'ECRE (ou CRE), je vous renvoie à ce billet qui l'explique. En gros, c'est un contrôle renforcé des chômeurs.

L'ECRE part du principe que selon les articles L5411-1 et s. et L5411-6 et s. du Code du travail, les chômeurs doivent « accomplir des actes positifs et répétés pour retrouver un emploi, pour créer ou reprendre une entreprise ». Bref, on ne connaît pas la nature de ces actes, mais ils doivent être répétés (combien de fois ?) et positifs. Par contre, ce que l'ECRE suppose, c'est que chaque candidat est coupable d'infraction à ces lois. Aussi, son métier est d'opérer une traque sur la base du soupçon.

Comment cela marche-t-il ? Il leur suffit d'inverser la charge de la preuve : ce n'est plus à eux de prouver que vous ne cherchez pas de boulot, mais bien à vous de démontrer que vous en cherchez, preuves à l'appui. Par exemple, si vous ne leur envoyez pas recta un détail de toutes les candidatures (avec dates et contacts) sur les 12 derniers mois, vous risquez la radiation. DOUZE MOIS ? Même ma banque considère qu'il est trop tard pour réclamer un indu après 2 mois... et là, l'ECRE vient vous asticoter sur les 12 derniers mois ?

J'ai récemment eu à subir ce genre de contrôle. Les courriers sont rédigés de façon à faire peur. Clairement. Si vous recevez ce courrier, c'est qu'on suppose que vous truandez. Un peu comme quand un contrôleur fiscal vient vous voir. Sauf que pour ce qui est de chercher un boulot, on vous évalue sans aucun critère. Il n'existe pas une seule ligne quelque part qui précise à quoi correspondent des « actes positifs et répétés » de recherche d'emploi. Il n'existe pas de comptabilité des candidatures ratées.

D'ailleurs, Pôle emploi n'a jamais prétendu nulle part que vous deviez garder des traces de vos « actes positifs et répétés » sur 12 mois. Vous le découvrez quand l'ECRE vous tombe dessus.

Cela amène donc naturellement chaque chômeur dont l'inscription à Pôle Emploi est une nécessité à s'inquiéter. Car effectivement, l'emploi du temps d'un chômeur ne ressemblera jamais à celui proposé par Pôle Emploi. Il faut être de mauvaise foi pour le nier. Et chaque chômeur pourra toujours se demander s'il cherche assez. Le simple fait que vous n'ayez pas de boulot, c'est une preuve de plus pour l'ECRE. Même un boulot à mi-temps, c'est pas assez.

Jetez une barque à la mer avec un chômeur dedans et un tamis. Dites-lui de trouver de l'or. S'il n'en trouve pas, c'est qu'il ne cherche pas assez. Et c'est vrai, car on ne perd pas sa vie à chercher dans ces conditions. Alors vous mettez les chômeurs dans une situation impossible. Vous créez de l'angoisse. C'est nécessaire pour qu'un chômeur accepte de bosser pour 2€ de l'heure : demandez au Medef !

Et dire que le bénévolat est toujours interdit aux chômeurs...

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