Les forces du SUV vont contre lui

De nombreux détracteurs des SUV (dont je fais partie) les accusent de consommer trop (et donc polluer trop). Si pour certains (dont je fais aussi partie), cela semble évident, les propriétaires attachés à leur véhicules refusent de le croire et prétendent que les moteurs ont fait beaucoup de progrès, polluent moins et tout et tout.

Alors voilà, il est clair que les moteurs progressent aussi vite pour les petites voitures que pour les grosses. Mais ce qui est certain, c'est que sur les 4 grands principes physiques qui empêchent une voiture d'avancer, 3 sont liés à son poids (le 4ème au volume). Le principe lié au volume, c'est l'aérodynamisme. Les SUV ne brillent pas vraiment dans ce domaine, on l'a déjà vu. Mais regardons de près quels sont les 3 autres résistances qui accablent plus les véhicules lourds, dont les 4x4 font partie.

L'inertie (énergie cinétique)
C'est le truc qui demande de la force pour pousser une voiture et qui fait que lorsqu'elle avance enfin, il faut encore de la force pour l'arrêter. Elle est aussi responsable des sorties de route dans les virages. L'idée c'est que le moteur permet de transférer de l'énergie pour mettre en mouvement la masse du véhicule. Plus la voiture est lourde et plus il faut d'énergie. On pourrait être tenté de récupérer cette énergie lorsque la voiture ralentit, mais seules les voitures électriques en récupèrent « un peu ». Et pour les moteurs thermiques on n'a pas trouvé de moyen de refabriquer de l'essence en freinant. Le seul moyen de ralentir est donc de convertir l'énergie de la vitesse de la voiture en chaleur en usant des plaquettes de frein.

L'inertie est donc impliquée dans la consommation pour chaque accélération, même faible.

L'énergie potentielle
Plus on va vers le ciel et plus on accumule d'énergie, surtout si on est lourd. On l'observe en consommant plus de carburant dans les côtes si on est en voiture, par exemple. On pourra dire qu'un SUV a le superpouvoir d'accumuler plus d'énergie en montant une côte. Mais comme cette énergie ne sert qu'à redescendre cette même côte par la suite, elle n'est pas plus efficiente que celle d'une voiture légère, qui parvient elle aussi à descendre la côte. Alors que fait-on de l'énergie supplémentaire ? On la gaspille dans les freins. Par contre, monter puis descendre n'aura pas consommé autant d'énergie pour une voiture si elle est lourde ou légère.

Ce principe physique est impliqué dans la consommation pour chaque ascension, même d'un simple trottoir.

Résistance au roulement (ou traînée de roulement)
C'est peut-être l'aspect plus compliqué à comprendre. Il faut imaginer que le poids d'une voiture « écrase » la voiture au sol. De cet écrasement résulte un léger applatissement des pneus, participant par exemple à l'adhérence des roues sur la route. Cet écrasement des pneus les déforme et complique le travail de la voiture qui consiste à rouler. Car lorsque la roue est ronde, elle roule facilement, mais lorsqu'elle est applatie en un point, elle roule moins bien. Forcément. Cette résistance consiste en fait en une déformation continuelle du pneu « pour déplacer la partie applatie » toujours en contact avec le sol. Naturellement, plus la voiture est lourde, plus il faudra lutter contre cette déformation. C'est aussi pour cette raison qu'on fatigue moins sur un vélo dont les pneus sont très gonflés par exemple : ils se déforment moins.

Cette résistance est impliquée sitôt que le véhicule se déplace. Plus il va vite, plus la résistance est importante. Représente environ 25% de la force motrice.

Alors voilà, si on vous dit que tel SUV consomme très peu, c'est physiquement faux : il consomme toujours beaucoup plus qu'une voiture identique et plus légère, même sur une route droite et sans côtes, donc beaucoup trop.

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