Les 10 limites de la planète

Mes 2 derniers billets vous présentaient rapidement la collapsologie comme l'étude de l'écroulement de notre système. La nature a mis longtemps à trouver un équilibre, et on a défini 10 indicateurs à surveiller. Chacun de ces indicateurs présente un aspect de notre écosystème qui risque de changer radicalement les conditions de vie sur Terre si il sort d'un seuil. Chaque indicateur qui bascule risque d'en faire basculer un autre. Le risque est alors systémique avec à la clé, l'effondrement de notre civilisation et la fin de la vie telle que nous la connaissons. Rapide survol des indicateurs :

Limites que l'on a déjà franchies :
1 – Biodiversité : L'Homme est aujourd'hui responsable de la 6ème extinction de masse qui est en cours. Deux tiers des espèces du vivant risquent de s'éteindre d'ici 2100. Ces animaux remplissent des fonctions sur tous les écosystèmes.

2 – Climat : C'est l'aspect le plus connu actuellement. Il faut bien voir que certains scénarios crédibles du réchauffement climatique peuvent amener la planète à des températures mortelles tous les jours de l'année pour 1 milliard de personnes.

3&4 – Cycles biochimiques : Ce sont les éléments nécessaires à la photosynthèse et au métabolisme cellulaire (Phosphore) et aux acides aminés (Azote), éléments clés de la vie sur Terre. Ces éléments sont durement exploités pour l'agriculture au point que nous arrivons à une limite dans leur utilisation. Le pic de la production de Phosphore est prévu pour dans 10 ans. La production d'Azote est hautement énergivore, puisqu'elle consiste à liquéfier de l'air, de plus il pose des problèmes d'élimination dans les sols saturés.

Limites pas encore dépassées (mais on ne fait pas les marioles non plus) :
5 – Destruction des forêts : en les remplaçant par des surfaces agricoles, on détruit les habitats des animaux sauvages et le microbiote de la terre, les sols sont lessivés par la pluie, on perd des zones humides, on morcelle les habitats naturels.

6 – Acidité des océans : responsable de la mort du Corail et fait souffrir les crustacés, elle est liée à la dissolution et transformation du CO2 dans l'eau de mer sous forme d'acide carbonique notamment.

7 Surconsommation d'eau douce : Ressource vitale, son utilisation pour l'agriculture peut parfois entrer en conflit avec les besoins fondamentaux. Pourquoi pensez-vous que la Chine ait le dents si longues sur le Tibet ? C'est leur château d'eau.

8 Couche d'ozone : Elle protège la vie des Ultraviolets nocifs. On est passés près de la catastrophe voilà quelques dizaines d'années, mais le problème semble avoir été réglé. Rien n'est éternel cependant.

On ne sait pas si on les a franchies, car on manque de données :
9 Particules dans l'air : Concentration globables en particules dans l'air, ce qu'on appelle les aérosols. On y trouve principalement les résidus de combustion en suspension dans l'air, comme les microparticules liées aux diesels.

10 Pollution chimique : métaux lourds, déchets nucléaires, perturbateurs endocriniens, plastiques et autres saletés dont on ne sait pas se défaire. Cette catégorie est malheureusement très vaste.

Ne croyez pas que le gouvernement ignore encore ces limites : ils a même une page pour nous les expliquer ! Alors pourquoi ne fait-il rien ?

On attends toujours des programmes ambitieux de taxation du kérozène, de développement du vélo, sur la durée de vie des produits (garantie longue), sur les économies d'énergie (isolation thermique, 5G, SUV, ferroutage...), l'agriculture (élevage intensif & méthane, intrans agricoles, information consommateur transparente) et l'interdiction de certaines pratiques polluantes (nanoparticules).

Mais non, on n'a toujours RIEN. Leurs lois sur les coton tiges et les gobelets en plastique, franchement, ça peut sauver le monde ?

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