Non aux nouveaux OGM !

L'industrie des OGM a trouvé une nouvelle combine pour arriver à produire des OGM qui sortiraient un peu du schéma classique des OGM, juste assez pour tenter de les faire considérer comme n'étant pas OGM, et donc ne plus être emmerdé par la législation.

Quand tu le chasses par une porte, il revient par une autre !

Puisque c'est comme ça que ça marche, je vous encourage vivement à signer cette pétition de Greenpeace.

Commentaires

1. Le 3. mai 2016, 9h32 par Plk

Je suis pas trop convaincu par le discours de Greenpeace: "C'est des OGM, donc c'est forcément mal". sans même regarder comment ça marche ou prendre le temps d'expliquer où sont les risques.

Regardons un peu dans le détail.

Un OGM, ça consiste à injecter dans le code génétique d'un organisme un gène provenant d'un autre. Le but, dans le cas de l'agriculture, c'est de rendre capable une plante de résister à certaines maladies, ou d'"améliorer" ses caractéristiques.

C'est dans ce même but que depuis des siècles, on fait des croisements pour améliorer nos fruits et nos légumes, ou même en créer de nouveaux (la clémentine, par exemple). On peut regarder la tête d'une fraise des bois ou d'une carotte sauvage pour s'en rendre compte, ça n'a rien à voir avec ce qu'on peut manger aujourd'hui.

Alors, c'est quoi LA différence quand on fait des OGM? Et ben, pas grand chose. Sauf qu'il y a des gens qui ont peur de se faire attaquer par les tomates tueuses. Du coup, les OGM vendus sont souvent stériles. On ne peut pas en récolter les graines pour les replanter.

Du coup, deux problèmes:

1) Les agriculteurs doivent en racheter tous les ans, au lieu de garder du grain d'une année pour le semer l'année suivante.
2) Les seules variétés disponibles sont celles fabriquées par les vendeurs d'OGM, et il est impossible de les croiser avec d'autres, ce qui nuit à la biodiversité.

Les risques sur la santé ou sur l'invasion de la nature par les monstroplantes OGM, je demande des preuves! Mais il y a largement de quoi être contre les OGM avec les deux autres arguments. Laissons la biodiversité et la sélection naturelle faire leur travail, elles n'ont pas tant que ça besoin d'aide.

2. Le 3. mai 2016, 12h48 par le gauchiste

L'un des problèmes liés aux OGM est le brevetage du vivant. Ce problème, à mes yeux, suffit à légitimer toutes les actions de mobilisation. Et comme tu le soulignes, je suis aussi contre la vente de semences stériles (problème différent). J'en profite pour dénoncer le modèle économique, mais faisons court.

Je suis d'accord que l'OGM n'est pas fondamentalement « le mal » en soi (production d'insuline par bactéries OGM). Mais il se trouve que l'introduction de mutants dans la nature et à ciel ouvert sur des surfaces de la taille d'un champ représente un risque irréversible qui n'est pas utile pour la société.

Le seul bénéfice est pour le fabricant. Le seul risque est pour la population, l'environnement.

Les mutation générées par ces « nouveaux OGM » n'ont rien à voir avec une sélection naturelle. Ces mutations n'auraient probablement jamais survécu à la loi de Darwin, n'auraient probablement jamais vu le jour. La production de masse peut très bien causer un déséquilibre. D'autre part, je suis contre l'idée de servir de bêta testeur à une technologie balbutiante dont on ne maîtrise que des bribes : séquencer un génome ne veut pas dire « avoir compris le génome ». On bricole !

Que l'on continue à produire par sélection naturelle. La sélection par le temps est une limite dont l'industrie devrait s'inspirer.

PS : « il est impossible de les croiser avec d'autres »
C'est faux. Des échanges de gênes croisés existent (maïs mexicain pourri par les pollens venant des États-Unis). Je te suggère ce documentaire : le monde selon monsanto.

3. Le 3. mai 2016, 4h56 par Plk

Je ne suis pas convaincu qu'il y aie un problème à mettre des plants OGM dans un champ, pas plus qu'avec n'importe quelle autre plante qui peut déséquilibrer un écosystème (c'est fragile, ces trucs là). On peut avoir le même genre de problème en faisant pousser des patates importées des amériques, du quinoa, ou je ne sais quelle autre exo-plante à la mode, ou avec les frelons asiatiques qui envahissent l'europe. Tout ça sans OGM, juste en déplaçant des plantes hors de leur écosystème habituel.

Pareil pour les risques au niveau santé: le fait de bricoler le code génétique d'une plante ne la rend pas directement dangereuse (le code génétique des aliments ne se transmet pas à ceux qui les mangent). Par contre, si on lui ajoute un gène pour produire des pesticides toute seule, ces pesticides peuvent, eux, être dangereux.

Donc, les OGM, c'est juste un outil en plus pour essayer de fabriquer de la biodiversité. Il est cher et compliqué à utiliser, mais il permet plus de choses que ce qu'on savait faire avant, en allant chercher des gènes d'une espèce complètement différente, et peut-être un jour en fabriquant des nouveaux gènes de toutes pièces.

Pour l'impossibilité de croisement, évidement ça ne marche qu'avec les plans stériles. Mais du coup, les gens qui se plaignent du risque de contaminer la nature avec des méchants OGM justifient que les dits plants OGM soient rendus stériles.

Tout ceci est sujet à débat, mais au final, les autres problèmes (plans stériles, réduction de la biodiversité, brevets sur le vivant) sont largement suffisants pour que la question ne se pose même pas, pour le moment...

La communication du type "les OGM c'est mal j'en veut pas" (sans plus d'arguments) n'est pas très constructive et ne fait pas avancer le débat. C'est dommage que ça cache les vrais problèmes et les vrais arguments qui sont derrière.

4. Le 3. mai 2016, 7h14 par le gauchiste

Lorsque je fais des billets « pétition », je développe très peu les questions. Ce sont généralement des billets que j'insère en urgence entre 2 autres billets, histoire d'être certain de transmettre l'info assez vite. Je ferai à l'avenir des billets sur les OGM, c'est certain.

Je ne jette pas le bébé avec l'eau du bain : je suis d'accord qu'il faut faire de la recherche sur les OGM, ne serait-ce que pour savoir ce que c'est. Mais nos connaissances actuelles (presque nulles) devraient nous inciter à être très prudent, ce qui est incompatible avec l'industrie.

« le code génétique des aliments ne se transmet pas à ceux qui les mangent » : ce n'est pas si simple, le débat n'est pas tranché là-dessus. Par exemple nous sommes composés de bactéries (tube digestif) qui peuvent interagir avec ce qu'on mange. Il est impossible de toutes les tester. Le débat sur l'ADN dépasse notre simple code génétique. Que devient l'ADN lorsqu'il tombe sur telle enzyme ? Au-delà de la transmission, l'effet sur la santé est très compliqué à évaluer.

« Pour l'impossibilité de croisement, évidement ça ne marche qu'avec les plans stériles. » : je t'incite à voir le documentaire précité. Tu verras que c'est faux. Les semences stériles ne le sont jamais à 100%, les OGM mutent aussi et s'hybrident avec la nature, d'où craintes sur la contamination (exemple du maïs du Mexique). En biologie, les choses ne sont jamais tranchées comme en maths. Par exemple, un croisement hybride est stérile... sauf desfois...

5. Le 27. mai 2016, 2h38 par le gauchiste

Petit dernier pour la route : il existe d'autres types de transformations génétiques dont on parle peu et qui existent pourtant depuis longtemps. Détails sur le blog embruns photographiques.

Sauvons les huîtres !

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