5 décembre, 2018

Les gilets jaunes

Les « gilets jaunes » sont un mouvement spontané en réaction à l'augmentation de 3 centimes au litre de la TICPE, taxe sur le carburant. L'idée hypocrite de Macron étant de le présenter comme un impôt vert écolo et tout. La bidouille de trop.

On le sait, c'est de l'enfumage : les personnes taxées sont les plus pauvres (en volume) et n'ont pas les moyens de changer de mode de consommation (acheter une voiture neuve). Surtout qu'il n'est pas prévu d'utiliser cet impôt pour quoi que ce soit d'écolo (19% tout au plus ?). Et puis ce serait bien la première fois que Macron ferait un geste pour l'environnement. Par exemple, cette taxe rapporterait moins que l'ISF, supprimée par Macron, et payée par ceux qui roulent en 4x4. Ce n'est qu'un exemple, la presse en regorge.

La revendication des gilets jaunes porte sur le raz-le-bol fiscal. Les revendications n'ont, elles non plus, rien d'écolo. Jusque là, finalement, tout le monde se comprend. C'est vrai que les impôts deviennent injustes, et celui-là porte le sceau de la trahison.

Mais je regrette qu'aucun de ces gilets jaunes ne soit descendu dans la rue lors des manifestations pour le climat. Ce sont des personnes qui râlent sur 3 centimes. Ces mêmes personnes laissent Jupiter détruire le système social, la biodiversité, la santé, la vie privée, la liberté d'expression et de penser en sacrifice à l'économie.

Mélenchon semble dire que les révolutions partent toujours des taxes en France. Ça tient debout. Alors j'attends. Je ne file pas plus un chèque en blanc à ce mouvement qu'à un personnage politique. Mais j'admets que ça évoluera probablement bien.

Gardons espoir, ce mouvement d'ampleur a fendu les résistances du pouvoir, et il a aussi l'avantage de rassembler beaucoup de monde. Ce ne sont plus seulement les très pauvres qui s'opposent à Macron, c'est un peu tout le monde.

24 novembre, 2018

La quintessence des problèmes

Il est parfois difficile de démêler tous les problèmes tant ils sont intriqués les uns avec les autres. L'écologie, l'économie, le réchauffement planétaire, l'injustice, les guerres, la pauvreté... quel est celui qui agit sur tous les autres ?

Vous le savez, je prône un mode de vie décroissant. Mon avis est qu'en économisant les ressources, on économisera tout : les guerres, les gaspillages, l'air, l'eau, la faune, la flore... mais plus que tout, il faut économiser l'énergie.

Elle est la cause cachée des guerres (Moyen Orient en général) : la France essaie même de se positionner, notamment en attaquant la Syrie. C'est peut-être même pourquoi la Russie n'attaque pas ces pays : elle a déjà de l'énergie.

L'énergie permet l'emballement capitaliste, en remplaçant le travail, avec ses effets délétères sur l'économie, la pauvreté, les inégalités, les amitiés entre le pouvoir et l'argent. Jean-Marc Jancovici explique même en quoi le pétrole est plus rentable que l'esclave, seul raison de l'abolition de l'esclavage à ses yeux.

C'est l'énergie qui transforme la matière et permet de gaspiller cette ressource, par la production des biens à bas coût. C'est elle qui transforme la nature en permettant sa surexploitation (surpêche, agriculture intensive). Son utilisation est l'origine de l'effet de serre et du dérèglement climatique.

Le gaspillage de l'énergie est le point de départ de tout le reste.

Coupez le robinet de l'énergie, et vous changerez le monde. Malheureusement, tout comme on ne soigne pas la faim par un grand buffet, couper net le robinet amènera de nombreuses tensions pour les sociétés qui n'y sont pas préparées. Comment se déplacer ? Téléphoner ? S'éclairer ? Comment payer avec une carte bleue ? Comment faire monter l'eau dans les châteaux d'eau ? Comment boire un verre d'eau ? Se soigner ? Comment faire de l'agriculture ? Comment déplacer des biens ou des personnes ?

Mais aussi des choses qu'on imaginait « écologiques » : Comment recycler les matières premières ? Comment réparer un vélo ? Comment fabriquer une éolienne ? Réparer un barrage ?

C'est aujourd'hui que nous devons penser la manière d'utiliser les dernières ressources facilement accessibles.

Nous sommes déjà en train d'observer des effets de la crise énergétique : guerres, migrations, réchauffement de la planète, raréfaction des ressources, extinction des espèces et de la biodiversité, hausse du niveau des mers,

Soyez égoïstes pour sauver le monde : habituez-vous à économiser l'énergie en douceur avant de n'être contraint à le faire brutalement.

6 novembre, 2018

Le casse du siècle

Personne n'aura raté l'actualité récente au sujet de la France Insoumise, dont le local a été perquisitionné en grandes pompes le jour d'un replâtrage ministériel. Il y a 1 an, j'ai appelé à voter pour lui et son programme, vous devez vous demander ce que votre gauchiste pense de tout ça.

Déjà, si la réaction de Mélenchon semble avoir été déplacée, je pense que la seule chose qu'on puisse lui reprocher sont certaines phrases un peu déplacées. « la république, c'est moi », « ma personne est sacrée ». On comprend bien qu'il a sorti ces phrases sous état de choc, qu'il n'a pas su adapter le ton à la situation. Et il y a de quoi. Une perquisition est toujours traumatisante. Demandez aux écolos qui l'ont subi sous l'état d'urgence de Hollande. Ils ne pardonneront jamais. Je pense surtout Mélenchon trop honnête pour imaginer que le pouvoir puisse être à ce point corrompu.

Cette perquisition ne semble basée sur aucun élément matériel, seulement des soupçons. Et il est vrai que l'opération de police spectaculaire semble réellement disproportionnée au regard de la menace Mélenchon. À moins que Mélenchon soit une réelle menace pour le gouvernement en place ? Car la perquisition dépend du parquet, donc de la hiérarchie ministérielle.

J'aimerais que la presse s'indigne davantage sur un élément particulièrement inquiétant de l'affaire, au-delà du précédent que cela ouvre en France en terme de volonté de museler la seule opposition audible en France.

Aujourd'hui, Macron et ses sbires ont mis la main sur le fichier des honnêtes gens partisans de Mélenchon. L'État vient de faire le casse du siècle, en récupérant une liste de tous ses opposants politiques. Qu'on ne vienne pas me dire que Macron n'a pas le fichier. À ce point des opérations, Macron peut tout. Il possède au minimum la liste de tous les e-mails des abonnés à la newsletter de la France Insoumise, et donc par croisement de fichier, leur identité, parfois des échanges de mails, des contenus, discussions, l'historique de leur investissement personnel, emploi du temps, déplacements (par les téléphones) et l'agenda des actions et projets du parti, passés et à venir. Rien que ça.

« Répétons une fois de plus que l’opération du 16 octobre avec ses 15 (17 ?) perquisitions n’a pas pu être organisée sans que non seulement le pouvoir exécutif soit au courant, mais ait pris lui-même la décision. » Source : vududroit.com.

L'œil de Sauron vient d'identifier chaque opposant et personne ne dit rien ? Tout ça simplement sur un soupçon ? Même la presse qui semble avoir des infos secrètes croustillantes sur l'affaire ne trouve rien de mieux que des factures à 200 balles pour le justifier : je m'interroge sur la démocratie. Mes idées politiques sont-elles bien protégées ? Moi, en tant que citoyen non perquisitionné, qu'ai-je à craindre pour mes idées ?

On s'inquiète de donner à Mélenchon les codes de l'arme nucléaire, s'il est élu. Franchement ? On les a bien donnés à Sarkozy le colérique qui a fait tuer son pote Kadhafi pour cacher ses comptes de campagne, puis à Hollande le barbare qui a abusé de l'état d'urgence pour persécuter des militants écologistes et maintenant à Macron l'atlantiste (pire que Trump : cherchez l'erreur) qui frappe illégalement la Syrie (pas de mandat de l'ONU) et qui est en guerre contre le peuple français qu'il représente et qu'il méprise. À qui je donnerais les codes ?

Laisser le bouton rouge à Mélenchon me semble moins dangereux que tout ça. Ce serait le premier depuis Chirac à ne pas faire bêtement comme les États Unis, pays à qui je ne confierais pas plus le bouton rouge que mes données personnelles.

27 octobre, 2018

La fin du trou de la Sécu

Ça y est ! Le trou de la sécu vient enfin d'être résorbé !

Et pas qu'un peu... on nous faisait la leçon pour un petit trou d'un milliard, et voilà pas qu'on se retrouve avec un bénéfice de près d'1 milliard ! Bah, les milliards, ça va, ça vient.

Ça aura été compliqué de sauver la Sécu quand même. Il aura fallu fouetter les hôpitaux, imposer des frais médicaux pas remboursables par les mutuelles (1€ de participation forfaitaire) pour dissuader les malades d'être malades, baisser des tas de remboursements, mais ça y est, on y arrive.

Et maintenant ? On remet les remboursements comme avant ?

Bah non, ça serait dommage. Macron en fera profiter les cotisants (les entreprises, via les salaires). Comme ça, on dépensera moins en cotisations, on creusera un autre trou de la sécu et on pourra recommencer à dérembourser un cran plus loin.

Vous suivez la logique ?

Dire qu'il aurait été si simple de maintenir les cotisations sociales. Dire qu'une sécu qui rembourse à 100% coûterait moins cher en mutuelle et apporterait ce foutu pouvoir d'achat dont on parle tant...

Surtout qu'on ne le dit pas, mais les heures sup, celles-là même qui justement rendent les gens malades, et bien elles seront exonérées de cotisations ! Pas bête hein ? Pour un coût de 2 milliards. On remet 10 balles dans la machine ?

Le plus drôle, c'est que la Cour des Comptes prévoit même un bénéfice de 24 milliards en 2022, qui servira à renflouer les caisses de l'État, car les bénéfices seront plafonnés par la loi. Les cotisations sociales serviront donc ainsi à financer les entreprises qui ne cotisent pas (avec le CICE par exemple). Une merveille.

PS : Pour ceux qui n'auraient pas suivi, ils sont en train de faire pareil avec Pôle emploi...

15 octobre, 2018

François Ruffin le décroissant

Il n'aimerait certainement pas que je parle de lui dans ces termes, mais ses propos sont de plus en plus déconnectés du fantasme de la « croissance ». Il se dit « acroissant » comme on pourrait être « agnostique ».

Il a fait récemment une intervention à l'assemblée nationale que j'ai particulièrement remarquée. C'est un concentré de vérité. Je vous en recommande le visionnage ci-dessous.

Naturellement, je vous recommande de visionner l'ensemble de ses interventions. Il est vraiment là où il faut et il dit ce qu'il faut.

Merci François pour toutes tes intervention qui valent de l'or.

11 octobre, 2018

Le « Revenu Universel » de Macron

Avez-vous déjà vu ces paquets de gâteaux avec l'inscription « Nouvelle Recette », écrite en gros dessus ? Ça a l'air tellement meilleur... On se dit qu'ils ont fait bosser des cuisiniers pendant des mois pour améliorer encore un peu la recette, pour qu'elle ait meilleur goût.

La vérité est généralement différente, si la recette est nouvelle, c'est bien souvent pour y ajouter de l'huile de palme, remplacer le sucre par du sirop de glucose, un fruit par un arôme, un arôme de fruit par un « arôme naturel », composé de moisissures sentant la pêche ou autre. Un peu comme pendant la guerre. On remplaçait le café par de la chicorée à défaut de mieux. Sauf que là, on le savait, personne ne mentait. Ce n'était pas du « café nouvelle recette », c'était de la chicorée, un chicon torréfié.

Macron nous refait le coup de la « Nouvelle Recette ». Il le refait dans tous les domaines, certes. Mais il annonce cette « Nouvelle Recette » sitôt qu'il prépare un sale coup en fait.

Depuis quelques temps, on voit le suppositoire du contrôle des chômeurs arriver, notamment avec l'ECRE, puis aujourd'hui avec le nouveau statut du chômeur et ce qu'il ose appeler le « revenu universel », conditionné à accepter n'importe quoi. C'est donc un truc « universel », mais avec une « condition ». Un peu comme les forfaits illimités, à condition de pas trop les utiliser.

Son « Revenu Universel » est comme un RSA, mais avec des conditions plus drastiques qu'avant quant à la recherche d'emploi. Il est donc « moins universel » qu'avant. C'est en fait un « RSA très conditionnel ». Et comme les allocations logement seront coulées dedans, quand un bug nous en sortira, on perdra tout le même jour. Et plus aucun autre recours que « Pôle Emploi » qui centralisera toutes les aides. Déjà qu'ils ne sont plus très forts dans ce qu'ils font depuis 50 ans, ça risque de pas être terrible dans ce qu'ils n'ont jamais fait.

Macron nous ment. Il enrobe ses mensonges de vaseline pour qu'on n'entende pas les cris. Des mensonges « nouvelle recette », bien sûr...

Le prochain projet sera les retraites « nouvelle recette » (avec moins de cotisations dedans), les fonctionnaires « nouvelle recette » (avec moins de fonctionnaires et moins payés), et pourquoi pas l'industrie « nouvelle recette » (avec moins de contrôles qualité et plus d'impunité dedans).

Préparez-vous bien. On va bouffer de la démocratie « nouvelle recette ».

7 octobre, 2018

Savez-vous comment on fait pour entrer à Pôle Emploi ?

Pour entrer à pôle Emploi, il faut un rendez-vous. Une fois sur place, on s'adresse alors à un interphone qui nous ouvre la porte ou non. Il est possible d'entrer dans les locaux le matin pour certaines réunions ou pour accéder à des ordinateurs, mais les conseillers sont difficiles à rencontrer. On est très loin du service qui existait voilà encore 5 ans.

Aujourd'hui, l'accueil à Pôle emploi est piteux. On retrouve des conseillers débordés qui nous mettent la pression pour prendre n'importe quel boulot. Comme cette amie qui avait dû se rendre avec son nourrisson à l'entretien, et qui devait lui donner le sein.

« Il faudra qu'il passe au biberon si vous voulez travailler. »

Bref, plus personne n'a envie d'aller à Pôle Emploi. Plus personne n'aime les agents déshumanisés de l'agence. C'est pour ça qu'ils mettent des interphones. Peut-être aussi pour éviter que les prochains à s'asperger d'essence le fassent dans les locaux de l'agence.

Pour s'inscrire à Pôle Emploi, on ne le fait pas dans une agence, mais en ligne. Il n'y a plus d'accueil pour rencontrer un conseiller. Au mieux, on vous aiguillera vers un ordinateur à disposition si vous n'en avez pas, et quelqu'un pour vous aider à cocher les bonnes cases. Si par exemple, vous n'avez pas d'e-mail, ça sera assez compliqué pour vous. Comme pour refaire une carte grise en somme.

Macron nous dit qu'il veut renforcer le contrôle des chômeurs. Bienvenue à Pôle Emploi. Il voudrait le faire dans leur propre intérêt. Il dit que l’intention du gouvernement n’était pas de « mettre de la suspicion derrière chacun ». Pourtant, quand on surveille un chômeur comme on le fait dans les cellules d'inquisition de l'ECRE (qu'il veut tripler), il est difficile d'imaginer que quelqu'un ici vous fait confiance. Et puis l'ECRE, c'est bientôt la seule chose qui restera de Pôle Emploi... Bonjour l'accueil !

C'est surtout démesuré si on compare au but visé : poursuivre « les quelques uns qui abusent ». Ils nous ont fait le coup pour un fichier d'empreintes biométriques national. On est parti du fichage des pédophiles pour aujourd'hui ficher tout le monde sans procès. Aujourd'hui, on a l'ECRE pour les quelques uns qui abusent, et demain, plus rien pour les autres.

Macron passe l'ECRE de 200 à 600 personnes. Cela permettra de radier 3 fois plus de personnes, donc 60 000 chômeurs. J'attends les articles de la presse qui nous annonceront une reprise de l'emploi, grâce à une baisse de 60 000 demandeurs d'emploi...

Savez-vous comment on fait pour entrer à Pôle Emploi ? Macron a trouvé le moyen de nous en faire sortir...

29 septembre, 2018

Un végétarien au restaurant

On trouve de plus en plus de restaurants végétariens en ville, voire même des restau végans. C'est une excellente nouvelle. Barcelone s'est même équipé d'une appli smartphone pour les trouver plus facilement. Mais soyons clairs, il y a encore du chemin à faire. Quand on n'aime pas manger du cadavre, aller au restau reste encore souvent une soirée à risque.

J'ai toujours considéré qu'un restaurateur était un professionnel de l'alimentation. En fait, même un petit restau devrait au moins savoir un minimum de choses sur l'alimentation. Mais quand vous dites que vous êtes végétarien, là, vous passez rapidement pour un extraterrestre. Encore de très nombreux restaurants ignorent ce que cela signifie (je n'ai même pas parlé de véganisme !).

Il m'est arrivé de recevoir une assiette de poisson dans un restaurant de luxe qui avait prévu exprès pour moi un repas végétarien. Le service était impeccable, les serveurs savaient reconnaître qui étaient « les » végétariens sur les tablées, mais non : le cuistot ne savait même pas qu'un végétarien ne mange pas non plus de poisson...

Dans certains cas, lorsque le resto est situé loin d'une grande ville, le serveur peut demander des précisions pour savoir précisément ce qu'il peut me proposer (gloire à lui). Mais dans de nombreux cas, il faut se contenter d'un seul plat sur la carte, le seul qui ne contient pas de viande ou de poisson, avec l'espoir qu'il sera nourrissant.

Dans des plus petits restaurants, c'est parfois drôle aussi. Je ne dis plus que je suis « végétarien », trop compliqué à comprendre. Je dis que je ne mange « ni viande, ni poisson ».

Ah bon ? Mais vous mangez quoi alors ?

Un peu comme quand j'habitais en rase campagne et que je disais ne pas avoir la télé : « Ah bon ? Mais tu fais quoi alors ? ». Drôle et lassant. Impossible de faire la liste de tout ce qu'il reste possible de faire ou de manger face à ces 2 questions. Des légumes, céréales, champignons, fruits, légumineuses, œufs, laitages... tout ce qu'un « cuisinier en herbe » sait préparer.

Comme dans ce restau où la patronne m'a servi une assiette riz + omelette + haricots verts, presque désolée, comme si elle me donnait à manger les restes. Il faut les féliciter dans ce cas, leur montrer qu'une telle assiette est décente pour le client.

Le top, c'est cette fois où le cuistot, trop honteux de me servir ça a ajouté un louche du fond de sauce de plat de viande du jour sur mon riz. Un genre de riz sauce pot-au-feu quoi...

Je précise que chacun de ces restaurateurs a fait ce qu'il a pu avec ses moyens pour me satisfaire. Juste qu'il ne comprenait pas. Il est aussi arrivé que le cuisinier improvise des merveilles sans m'assassiner sur le prix d'un produit pourtant pas sur la carte.

Les mentalités ont encore un peu de mal à évoluer. Mais au moins, ce qui pourrait passer pour une coquetterie alimentaire a toujours été traitée avec respect. On ne peut pas se permettre de louper un client.

Un jour, les restaurants s'arrangeront tous pour avoir au moins 2 plats végétariens (voire végan). Là, ce sera gagné.

22 septembre, 2018

Trois exemples sur le prélèvement à la source

Tout d'abord, un point sur la trésorerie. Quand vous devez 100€ à quelqu'un et que vous remboursez seulement 1 an après, vous avez un bonus en trésorerie de 100€ pendant 1 an. C'est de ça que vivent plein de gens. Les banques pour commencer, car tout l'argent que vous « possédez » à la banque est en fait entre les mains du banquier, qui ne vous les rend que parce qu'il est bien gentil. Mais tant qu'il ne vous les rend pas, il l'investit, il le fait tourner, gagne des intérêts, devient riche, et vous facture ses services (cherchez pas, c'est comme ça). Les hypermarchés fonctionnent aussi un peu comme ça : ils commandent des marchandises, les vendent dans la semaine, et paient 3 mois plus tard. L'argent placé leur rapporte. C'est de la trésorerie.

Avec l'impôt, on ne payait que l'année d'après, on avait donc toute la somme des impôts en trésorerie pendant 1 an. C'est pas rien... car on peut le placer, ou simplement sortir la tête de l'eau quand on a plein de trucs à payer. C'est aussi une façon d'alléger un peu l'impôt lorsque notre salaire augmente, puisqu'on paie l'année d'après des impôts pour l'année où on gagnait moins. Et avec l'impôt à la source, on vient tous de perdre 1 an de trésorerie.

Le 2ème truc, c'est quand on est jeune et qu'on commence la vie avec un premier boulot. Cette année de trésorerie est alors bien utile pour acheter un vélo, s'installer, payer la première caution de l'appartement et tous les frais du début de la vie autonome. Maintenant, le jeune paiera les impôts immédiatement, ce qui pourra dans certains cas lui souffler un mois de salaire (mais fort heureusement, il sera déjà trop précaire et pauvre pour ça). La situation est la même pour un chômeur de longue durée : lorsqu'il paiera son impôt, ce sera tout de suite, avec donc un salaire diminué d'autant, alors qu'un peu d'air au moment du retour à l'emploi aurait été bienvenu.

Notamment, ceux qui ont été licenciés l'an dernier et ne retrouveront un boulot que l'an prochain l'auront bien dans le baba, car ils auront payé leur impôt 2017 en 2018, et devront repartir en payant immédiatement l'impôt 2019 alors qu'ils sortent d'une année maigre (chômeur payant des impôts de salarié). Le contraire d'une année blanche pour ceux-là.

Le 3ème élément, sans doute moins pernicieux, mais vraiment le plus débile de tous, c'est qu'en ajoutant le patron comme intermédiaire, il suffira que l'entreprise mette la clé sous la porte pour que l'État dise Adieu aux impôts qu'elle lui devait. Et vu la santé économique du pays, c'est pas la meilleure des prises de risque sachant que 30% des entreprises déposent le bilan après 3 mois d'existence. Ce sera donc environ 60 000 faillites par an en France, et autant d'impôt qu'il faudra récupérer avec difficulté (voire souvent impossible). Surtout qu'on avait un recouvrement de 98,5% de l'impôt des ménages, on fera forcément moins bien.

Après, il faut aussi penser que les grandes entreprises, celles qui ne coulent pas auront ce petit avantage de justement, pouvoir faire un peu de trésorerie avec une partie de salaire qui ne sera pas versée au salarié, correspondant à un impôt qu'elles paieront avec un peu de retard à l'État. Ça peut faire une belle rente quand on embauche du monde...

16 septembre, 2018

Prélèvement à la source : c'est foutu

Vous savez certainement ce que je pense de ce type de prélèvement, puisque j'en ai parlé dans ce précédent billet. Je le trouve compliqué, inadapté, injuste, et j'ai beau écumer Internet, je n'arrive pas à lui trouver le moindre avantage.

Il semblerait que sa seule raison d'exister est que « les autres pays font pareil ». On prévoirait donc de rater en France ce qui marche dans d'autres pays, alors qu'on faisait en France un truc qui marchait déjà très bien.

Cela me fait penser à cette loi qui est passée sous Giscard, en 1973 (renforcée dans les accords de Maastricht). C'est depuis cette date que l'État français s'interdit d'emprunter à la Banque de France. Cela aura permis de stopper l'inflation, mais aussi d'augmenter le chômage et de contraindre les budgets, rendant ainsi impossible de financer des projets d'avenir par l'inflation.

Là où l'inflation permettait un réajustement social en faisant perdre un peu de valeur à l'argent, compensé par l'augmentation régulière des bas salaires, on est aujourd'hui dans l'incapacité de financer correctement nos projets sans emprunter sur les marchés. C'est depuis Giscard qu'on a ajouté une case aux dépenses publiques : les intérêts de la dette. Aujourd'hui, ils s'élèvent à un montant supérieur au seul impôt sur le revenu.

C'est comme si on avait supprimé les impôts sur le revenu en 1970 et qu'on avait essayé de continuer à financer les projets publics.

Et puis ce serait con de se fâcher avec les marchés financiers maintenant qu'ils financent le pays. Alors on va voir dans les poches des plus pauvres.

Par la suite, après la retraite de Giscard, on lui a demandé pourquoi il avait mis en place ce système. Il a répondu que c'était comme ça dans les autres pays.

On n'a plus qu'à regarder les catastrophes mondiales pour deviner ce qu'il reste encore à copier sur les autres pays...

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