16 août, 2018

Interdiction de conduire...

Petite anecdote qui m'a été racontée par l'intéressé et qui en dit long sur la place de la voiture dans notre société.

C'est l'histoire d'un agent indépendant de sécurité. Comme un Benalla mais moins proche du Président. Le genre gros bras, un peu méchant, viril jusqu'au bout de son camion. Je pourrais dire « voiture », mais il a un énorme 4x4 Ford. Genre pick up avec un coffre fermé pour laisser son molosse dormir dedans. En fait, j'ai testé, je tiens allongé de tout mon long. On peut dormir à 2 si on ne dépasse pas 2 mètres. Bref, le truc qui émet officiellement 2 fois plus de CO2 que ma voiture et pèse 2 tonnes. Une arme en quelque sorte.

Le type rentre chez lui bourré, roule vite, rate un rond-point et fait un tonneau. Car ces véhicules ont une telle hauteur qu'ils sont plutôt instables. Dans son malheur, personne d'autre n'est touché, aucun autre véhicule percuté. Les flics le sortent du fossé et compatissent avec le type. Celui en charge de l'alcootest lui fait comprendre qu'il avait « déjà soufflé » dans le ballon, et qu'il ne serait pas inquiété pour ça.

– Mais non, j'ai pas soufflé !
– Si, si, t'a soufflé...

On peut toujours compter sur les flics pour aider les gens.

Par contre, comme il avait déplacé toute la meute et qu'il était impossible de mettre toute la brigade dans le coup, il a quand même fini devant un juge pour avoir conduit dangereusement, au point de retourner 2 tonnes d'acier tout seul.

La seule peine qu'il aura, c'est un retrait de permis. Mais un retrait assez spécial quand même. On lui précise qu'il n'aura plus le droit d'utiliser son 4x4 que pendant ses heures de travail. On lui demande donc ses horaires de travail. Comme il est à son compte et qu'il peut être amené à travailler de jour comme de nuit, il est donc précisé : retrait de 6 mois de permis sauf de 0h à minuit.

Ce type peut continuer d'utiliser sont permis comme un port d'armes de 2 tonne pour tirer dans la foule. Pensez bien qu'il perdrait du crédit avec une voiture sans permis... Faudrait pas toucher à sa situation professionnelle quand même, il y a des priorités !

10 août, 2018

Quel est le rendement d'une voiture ?

On n'arrête pas de dire que le rendement des moteurs s'est considérablement amélioré ces dernières années. Bof. Voilà pourquoi.

D'une part, il faut savoir qu'il existe une limite théorique au rendement d'un moteur. On appelle ça la loi de Carnot. Cette loi dit que sur un moteur thermique, il est impossible de dépasser un rendement de 60%. En fait, c'est la théorie physique. Parce que dans la pratique, il n'existe aucun moteur dépassant un rendement de 50%, et encore, dans des cas très particuliers. Ce sont des moteurs très réguliers et immenses, qui tournent toujours absolument à la même vitesse, ne s'arrêtent jamais et servent pour de l'industrie lourde, en brûlant du fuel lourd (pas le plus écolo quoi).

Dans le cas des voitures, on a besoin de moteurs dont le régime est très variable : accélérer, changer de vitesse, freiner, parfois même utiliser le frein moteur. De plus, le moteur doit être compact et pas trop polluant, être coupé fréquemment, et démarrer à n'importe quelle température. Les moteurs de ce type ont plutôt un rendement de l'ordre de 20%. Et encore, ce rendement baisse lamentablement sur des petits trajets, notamment en ville. Supposons que les récents progrès les aient amenés à 25%, soyons fous.

25%, c'est l'énergie produite par le moteur et qui ne part pas en carburant gaspillé, en chaleur ou combustion incomplète. C'est le rendement de l'énergie mécanique produite à partir d'une énergie chimique contenue dans un combustible.

Mais cette utilisation de l'énergie comporte un défaut : elle demande au minimum de déplacer le moteur. Seule une partie de l'énergie permet de déplacer des personnes. Aujourd'hui, on fabrique de superbes moteurs que l'on met dans des voitures de plus en plus lourdes. La norme devient 1,5 tonne semble-t-il, omettons volontairement les SUV de plus de 2 tonnes, même s'ils ont un impact significatif sur la moyenne.

Les voitures roulent généralement avec 1 personne à bord. Ne cherchez pas, la moyenne est un peu plus clémente, peut-être, mais si on ne découpe pas les personnes, on en met en général seulement une personne dans les voitures qui se déplacent. On a donc 1500kg de voiture pour 65kg de personne. Arrondissons à 80 kg parce qu'on transporte parfois aussi quelques objets, et parce que les gens sont gros. Ne comptons donc pas les personnes faisant appel à un chauffeur.

0,25 × (80/(1500+80)) = 0,0127

Le rendement actuel des voitures est donc de 1% environ. Largement moins si on parle d'un SUV. Imaginez un peu le gâchis. C'est à se demander lequel conduit l'autre. 99% de l'énergie est soit perdue en chaleur, soit utilisée pour déplacer la voiture. Et on dit que l'essence est chère ?

Que diront de nous les générations futures quand elles sauront qu'on utilisait la voiture pour des trajets moyens de moins de 5km, faisables à pied ou à vélo sans trop d'efforts ? Quand elles sauront qu'on a déréglé le climat avec des voitures de 1,5 tonnes, et pour déplacer seulement 65 kg de viande ? À ce prix-là, on peut améliorer le rendement des moteurs pour alourdir les voitures... le rendement de la voiture ne fait toujours qu'empirer.

Et encore, je ne compte pas l'énergie grise (fabrication des voitures) ni la fabrication des routes... pensez-vous que le rendement pourrait tomber à moins de 0% ?
 

31 juillet, 2018

Ma nouvelle chaudière

Les lecteurs assidus que vous êtes n'ont pas manqué de remarquer ma faible consommation de gaz, j'en ai parlé dans cet autre billet. En éteignant simplement la veilleuse de ce vieux coucou installé dans les années 80, j'ai réussi à diviser ma consommation de gaz par 3. Absolument énorme quand on sait le nombre de chaudières qui fonctionnent encore avec une veilleuse, et surtout, quand on sait que personne ne s'en soucie. Je m'y étais fait, je prenais l'habitude d'allumer la chaudière avant la douche, faire la vaisselle ensuite, bref, c'est pas tellement plus long.

Il y a de ça 1 an, lors du contrôle de cette chaudière, l'employé me dit que les pièces deviennent rares, voire introuvables, si bien qu'ils gardent des pièces d'occasion lorsqu'ils récupèrent ces vieux modèles. Il serait sans doute bien de changer de chaudière pour éviter que je me retrouve en carafe en cas de panne. Elle venait pourtant d'être refaite à neuf. Toutes les pièces ont été changées voilà 10 ans à mon arrivée, d'autres ont à nouveau été remplacées.

Qu'on la change, moi, je m'en foutais un peu, c'est mon proprio qui paie. Le type de l'entretien m'explique qu'une chaudière neuve consommera forcément moins que celle que j'avais. Les normes ont changé, les modèles ont évolué, elle sera forcément mieux pour l'environnement, le CO2, les ours polaires et tout. Deux mois plus tard, je me retrouve donc avec cette chaudière. La même marque que l'ancienne, un rien plus grosse, plus propre, avec un affichage numérique et des boutons à la place des manettes habituelles.

Ma première surprise a été de découvrir qu'elle n'a plus de veilleuse, mais qu'elle passe son temps à maintenir au chaud un petit espace dans le but que l'eau arrive plus vite chaude au robinet. N'ayant pas besoin de ça, j'éteins la chaudière en permanence, comme avec l'autre. C'est ça d'économisé, et puis ça évite qu'elle fasse du bruit.

Voilà 1 an qu'elle est installée. À l'usage, elle est plus facile à allumer que l'autre, je peux régler la température de l'eau chaude, aussi bien pour le chauffage que pour le sanitaire. Lorsque je ne prends pas assez d'eau chaude (ou réglée au minimum), j'ai tendance à avoir des douches écossaises. C'est que ce modèle est prévu pour un bon débit. Jusque là, je ne peux pas vraiment dire que je saute de joie.

Mais surtout, avec cette nouvelle chaudière, ma consommation de gaz a doublé...

Merci qui ?

 

7 juillet, 2018

Le retour de la vignette auto

Macron a décidé que les foyers ne paieraient plus de taxe d'habitation. Cet impôt ne serait pas juste, et puis des tas de choses. On a supprimé la vignette auto, et on supprime maintenant la taxe d'habitation. Pareil ? Pas pareil ?

Admettons qu'un stationnement, qu'il soit bon ou mauvais consiste en une occupation du sol sur un espace public.

Tout le monde a le droit d'occuper une petite place par terre, évidemment. On considère comme une évidence le droit d'être quelque part, debout, assis, couché sans demander l'autorisation à personne. Enfin... il existe des espaces privés qui appartiennent à des gens, naturellement. Donc on a créé des espaces publics dans lesquels il est gratuit et normal d'aller et venir sans demander à personne. Pas besoin de l'autorisation d'un propriétaire, d'un Président de la République, d'une loi...

La plupart des voitures semblent aussi utiliser ce droit gratuit à être à un endroit ou à un autre sans formalité. Aujourd'hui, le parc automobile français est composé de plus de 39 millions de voitures. Si on suppose que la voiture moyenne mesure 4m de long pour 1,70m de large, les voitures françaises occupent un territoire de 265,2 km² lorsque toutes les portières sont fermées, et en faisant comme si les camions et les bus étaient de la même taille que ces voitures.

Exactement deux fois et demie la surface de Paris réservée uniquement pour « poser des voitures par terre ». Cela ne compte évidemment pas la surface réservée pour les routes et divers stationnements (car une voiture qui roule n'occupe pas cette place). Cela ne compte pas non plus la surface sur laquelle vient de rouler une voiture, qui ne peut pas encore être utilisée par un piéton, ni non plus la surface sur laquelle une voiture va rouler dans l'instant, et sur lequel il est mortel de marcher. Car alors on atteindrait la surface d'un département (toujours sans compter les routes...).

Des voitures prennent toute cette place au sol, leurs propriétaires ne paient pas le moindre impôt local en rapport. On pourra dire que c'est logique, puisqu'on n'en paie pas non plus pour les logements. Enfin... puisqu'on n'en paie plus.

Maintenant, de là à considérer comme logique de ne rien payer pour s'attribuer une surface privée, pour soi et sa voiture, c'est autre chose. N'empêche, quand quelqu'un gare sa voiture sur un espace public, je ne peux pas y aller et venir. Et la collectivité n'a aucune compensation pour ça.

Moi, j'aurais au contraire ajouté les véhicules à la taxe d'habitation. Surtout quand on sait qu'un 4x4 peut occuper près de 10m² : plus de surface que certains logements...

20 juin, 2018

Le ruissellement selon Macron

Il y a quelques jours, sur mon palier, j'ai trouvé un mégot. Je ne fume pas et à ma connaissance aucun des voisins de mon étage ne fume. Il m'a donc semblé logique que ce mégot venait de l'étage supérieur, probablement déplacé par les pas des uns et des autres marchant dessus. Il aura alors naturellement échoué un étage plus bas.

Le lendemain, j'ai retrouvé ce même mégot encore un étage plus bas, avant de finir le soir même au rez-de-chaussée. Soit parce que la mécanique des pas l'a fait tomber, soit aussi, peut-être, parce qu'il est toujours désagréable d'avoir un mégot devant sa porte, et qu'il est simple de déplacer le problème en donnant un coup de pied dedans. Le rez-de-chaussée des immeubles est souvent plus sale que le dernier étage. Sali par « ceux » qui montent, mais aussi par « ce » qui descend.

C'est ce qu'on pourrait appeler la théorie du ruissellement : quand un mégot ne remonte jamais l'escalier.

Le ruissellement, c'est quand Les financiers cachent des emprunts pourris dans des titres qu'ils vendent, et que les pauvres trinquent encore 10 ans après cette crise des subprimes. C'est quand on sauve les banques sur l'argent du contribuable, à raison de 400€ par français. C'est quand on casse le code du travail parce que l'industrie ne sait pas gérer les emplois dont elle a besoin. C'est quand les maladies générées par l'industrie (médical, pollution, particules fines) génèrent des emplois. Quand Volkswagen améliore le PIB de l'Allemagne en causant des maladies respiratoires partout dans le monde. Quand le pétrolier BP pète un tuyau et raye le golfe du Mexique de la carte du monde. C'est quand après avoir travaillé chez Rotschild, Macron vend ce qui reste de service public.

Le ruissellement, c'est quand au nom du progrès et de l'hygiène économique, on vide la fosse septique des 0,01% les plus riches sur les 50% les plus pauvres en prétendant fertiliser la croissance.

12 mai, 2018

Pourquoi les cyclistes ne roulent-ils pas sur les pistes cyclables ?

Une minorité de cyclistes n'utilise pas les pistes cyclables proposées, mais pourquoi ?

Mettons de côté ces vélos que l'on trouve sur les trottoirs, manquant d'assurance pour affronter les voitures, grosses, polluantes, bruyantes, nerveuses, pressées et concentrons-nous sur ces vélos qui roulent bel et bien sur la chaussée avec quelques exemples concrets.

Qualité de la chaussée :
C'est bien connu, au bord de la chaussée, on plante des arbres, et ces arbres ont des racines... qui défoncent la chaussée de préférence au bord. Être à vélo et se farcir des bosses n'est ni confortable, ni stable, ni sain pour le vélo, tout comme les pavés par exemple.

Nettoyage de la chaussée :
Ensuite, il faut bien voir que le poids, la vitesse et la quantité de voitures a tendance à pousser tous les détritus sur la piste cyclable. On peut citer pêle-mêle les branches tombées, les graviers, les emballages poussés par le vent, mais aussi et surtout les bris de verre des précédents accidents de voiture (justement). Rien de tel pour crever un pneu.

Virage dangereux :
Il arrive qu'il faille se déporter de la piste cyclable pour éviter un potentiel danger juste après le virage si la visibilité n'est pas bonne. Parfois aussi, on préfère se mettre en plein milieu de la route pour être certain qu'une voiture ne nous double pas au moment du virage, nous barrant la route par la même occasion (dans les ronds-points de préférence).

Chaussée rétrécie :
Lorsque la place manque pour qu'une voiture double un vélo, il est plus prudent que le vélo roule en plein milieu, de façon à ne laisser aucun espoir à l'automobiliste. Ça peut parfois l'énerver, mais je préfère ça plutôt que de le voir tenter de me dépasser en me frôlant là où il est impossible de respecter la distance de sécurité de 1 mètre imposée par le code de la route.

Ronds-points :
Alors que les cyclistes sont censés être prioritaires en toute circonstance sur les ronds-points, les automobilistes les voient à peine, voire s'en foutent un peu. Le seul moyen de s'imposer est de se mettre en plein milieu afin d'être bien visible et de ne pas subir les voitures qui en sortent ou y rentrent sans même nous regarder. J'ai parfois eu des mots avec des chauffeurs qui de bonne foi semblaient vraiment de pas m'avoir vu. Car un vélo, on le voit comme un arbre ou un piéton, on s'imagine qu'il ne bouge pas, qu'on a le temps.

Trottoirs :
Lorsque la piste cyclable est sur le trottoir, il faut savoir plusieurs choses : rien dans le code de la route n'autorise un vélo à rouler sur un trottoir, la piste cyclable n'y est pas présentée comme une exception. En cas d'accident avec un piéton, il est donc pleinement responsable. D'autre part, ces pistes demandent parfois de monter ou descendre du trottoir à un endroit dangereux ou mal signalé. Et au-delà de la responsabilité en cas d'accident, on peut très bien refuser de partager un trottoir avec des piétons qui sont par nature imprévisibles (enfants, téléphones, distraction...). La chaussée est plus adaptée, le vélo ayant pratiquement la vitesse d'une voiture en ville. Et pour terminer, il faut bien noter que lorsqu'une voiture stationne sur la piste cyclable qui est sur le trottoir, on se retrouve piégé, car il n'existe alors pas d'aménagement pour que le vélo descende du trottoir au niveau de la voiture stationnée et en pleine circulation.

Chers automobilistes, voilà donc quelques exemples de BONNES raisons qu'un cycliste peut avoir de ne pas rouler sur les pistes cyclables, bien au-delà du fait que les voitures roulent parfois dessus. Il faut aussi savoir qu'un vélo n'a pas d'obligation de l'emprunter sauf signalisation explicite.

4 mai, 2018

Pourquoi les cyclistes ne respectent-ils pas le code de la route ?

Les villes sont faites pour les voitures. C'est tellement évident que cela ne demande plus aucune argumentation en 2017. On préfère développer les immeubles dans le sens de la hauteur plutôt que de gaspiller de la surface au sol, si précieuse aux routes. Même les enfants doivent apprendre dès leur plus jeune âge à ne pas traverser n'importe où, n'importe comment. Le danger de la ville vient des voitures, pas des méchants voleurs d'enfants.

Cela fait que les routes ne sont pas dimensionnées pour accepter des vélos, les feux ne sont pas synchronisés pour permettre une circulation fluide à vélo et n'importe quel parking de 200 voitures ne proposera au mieux que la surface de 2 voitures pour y stationner des vélos.

Les aménagements tardifs se font au forceps et à contre-courant des habitudes des automobilistes, même lorsqu'ils ont tendance à respecter le code de la route : pistes cyclables de la largeur d'un stationnement auto, sas vélos inaccessibles par manque d'une piste cyclable, contre-sens cyclables là où il n'y a pas de place, pistes cyclables sur les ronds-points, etc.

D'autre part, de la même façon que les piétons, les cyclistes n'ont pas besoin de passer leur permis de conduire pour avoir le droit de pratiquer le vélo sur la route. Les obligations faites aux automobilistes ne concernent donc pas les cyclistes.

Maintenant, il ne faut pas oublier le plus important : la sécurité.

Le code de la route impose aux cyclistes une sonnette aux vélos qu'il est impossible aux automobilistes d'entendre, même fenêtre ouverte. Vous avez alors le choix entre hurler si vous avez de la voix et acheter un klaxon bruyant(1) mais interdit, prompt à vous sauver la vie.

Ensuite, les feux. Partir en même temps que les voitures est plus dangereux que partir à un autre moment, par exemple quand le feu est rouge. Il faut évidemment s'assurer qu'il n'y a pas de voiture en sens inverse. Mais éviter le flot de voitures au démarrage est très sécurisant.

Mettre le bras pour signaler que l'on tourne ne peut être qu'une option, souvent utile pour bien montrer qu'on existe sur un rond-point (toujours eux), mais il est parfois imprudent de ne pas avoir les mains sur les freins, dans une descente, juste avant un virage (au cas où une voiture serait garée juste après sur la piste cyclable), ou en sortant d'un rond point (encore eux) alors qu'il s'y trouve un passage pour piétons.

Il m'arrive aussi parfois de prendre des sens interdits pour éviter des rues dangereuses, notamment à des endroits où la priorité à droite n'existe pas pour les vélos.

Et je ne parle pas des vélos qui roulent sur les trottoirs, terrorisés par le flux des voitures.

Aujourd'hui, il faut savoir que réduire les risques à vélo peut coûter une amende de 90 euros...

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(1) Le code de la route impose que le klaxon des cycles soit composé « d'un timbre ou d'un grelot ». On lit même ensuite « L'emploi de tout autre signal sonore est interdit ». Loi pourtant révisée en 2001...

28 avril, 2018

Sur l'obésité des voitures

Je vous ai récemment parlé de mon accident de vélo. Ma roue a percuté la roue avant d'une voiture et je suis passé au-dessus du capot.

Roue voilé, fourche enfoncée, quelques travaux de remise en état du pédalier, mon vélo n'ayant plus ses pièces d'origine a encore un peu de mal à s'en remettre.

Pour ma part, le soleil que j'ai fait au-dessus de la voiture m'a permis d'atténuer ma vitesse et de tomber par terre en amortissant un peu ma chute, par mes bras, mon sac, ma roulade. Rien de cassé. De jolis bleus, une petite cicatrice au coude et un genou qui craque un peu de temps en temps. On appelle ça avoir de la chance.

Croiser une voiture qui vous barre la route pour cramer une ligne blanche, c'est ce qu'on appelle dans mon cas « de la chance ». Sans doute parce que je n'ai pas rayé la voiture...

Depuis cet accident, il y a 10 ans, le comportement des automobilistes a évolué. D'une part, on voit moins de voitures sur les pistes cyclables : elles stationnent maintenant sur les trottoirs, gênant à présent les poussettes et les fauteuils roulants (ne surtout jamais gêner les autres voitures !). J'observe de plus en plus des infractions consistant à griller des feux (parfois par anticipation), des lignes blanches, des stops, des sens interdits. C'est maintenant devenu quotidien. On se permet aujourd'hui en voiture ce qu'on s'autorisait en tant que piéton.

Et plus dangereux, les voitures se sont habituées aux vélos, et elles ne font plus l'écart nécessaire à un dépassement : 1 mètre en ville. Quand je le rappelle à l'automobiliste qui arrive au feu, je passe pour un mauvais coucheur. Il manque de m'envoyer dans le décor, et je suis le problème ? Comprenez bien mon énervement.

Depuis 2008, aussi, la taille des voitures a enflé. Il n'existe plus une marque qui ne propose pas un 4x4 SUV. Les rues sont maintenant peuplées de voitures au-dessus desquelles je ne pourrai jamais passer. Même la Mini de 1959 est devenue un monstre, passant de 700kg à 1,4 tonnes à vide et de 32 à 192 chevaux, de 3 à 4,3 mètres de long... Même la plus petite des voiture est devenue un monstre SUV.

Le prochaine voiture à faire demi-tour sur une ligne blanche ne me laissera même plus la chance d'une roulade au-dessus de son capot. Non, la prochaine fois, je m'écraserai comme une mouche dessus, car le capot est maintenant à hauteur de mon bassin. Ce sera au minimum une clavicule cassée.

Les voitures n'ont décidément plus rien à faire en ville.

13 avril, 2018

La cohabitation voitures-vélos

En 2008, j'ai eu un accident de vélo. Pas très grave, mais quand même. Alors qu'une voiture sortait de son stationnement, elle a fait demi-tour sur une ligne blanche. Le conducteur avait pourtant vu que j'arrivais, mais supposant que j'allais freiner à temps : je n'avais en fait même pas compris qu'elle prévoyait de me barrer la route.

J'admets volontiers que depuis cet accident, il m'est de plus en plus difficile de faire confiance aux automobilistes. D'une part, parce que j'ai davantage conscience du danger que représente une voiture face à un vélo, d'autre part, parce que j'ai bien compris que l'automobiliste ne respecte pas un code de la route censé me protéger, en tant que cycliste, mais aussi en tant que piéton.

Je généralise, évidemment, mais supposons que seulement 1% des voitures soient un danger potentiel, compte tenu du nombre de voitures que je croise, ça fait pas mal de connards sur un seul trajet.

On a ceux qui s'en foutent, pensant ne pas gêner, n'en avoir que pour 2 minutes, pensant qu'on les laissera faire (un p'tit sens interdit de seulement 20 mètres), et puis ceux qui sont ouvertement dangereux, collant les cyclistes, leur faisant une queue de poisson pour se planter 100 mètres devant, à un feu rouge. Et puis ceux qui grillent les feux rouges, parce que bon, y'a pas de flics.

Cela rend le trajet des cyclistes assez pénible, car cela demande une hypervigilance, savoir reconnaître un bruit de moteur agressif venant de l'arrière, supposer l'oubli d'un clignotant, prévoir les refus de priorité, garder des marges de sécurité au cas où une voiture déboiterait sans prévenir, pour stationner sur une piste cyclable, au cas où une portière s'ouvrirait juste devant moi, car personne ne surveille ses angles morts, car il est trop fatigant de tourner la tête.

Et je ne parle même pas des ronds-points, concentré de danger, notamment quand les automobilistes sont au téléphone.

Alors oui, je roule en plein milieu de la route, pour éviter les portières à droite, pour ne pas laisser l'espoir de passer à une voiture qui imaginerait avoir la place de me doubler, je mets des autocollants sur les vitres des voitures mal garées, je fais la leçon aux voitures qui me suivent sur les pistes réservées aux vélos, je me place ouvertement devant les voitures au feu, les gênant alors qu'elles sont sur un « sas vélo ».

Les voitures ont gagné, car je n'aime plus me déplacer à vélo. Mais je n'ai pas prévu d'abandonner pour autant, alors chers automobilistes, habituez-vous, on continuera d'être chiants tant que 1% d'entre vous seront dangereux.

6 avril, 2018

Les piétons sont-ils dangereux ?

Chaque cycliste aura eu affaire au cours de ses déambulations à un piéton « dangereux ». Comprenez par là que l'imprudence du piéton aura amené le cycliste à avoir une sueur froide.

Combien de fois, aussi, j'ai entendu les automobilistes dire du mal de la conduite des cyclistes, disant qu'ils étaient dangereux. Admettons que face à une Clio de 800kg ou un 4x4 de 2,5T, le cycliste est surtout dangereux pour lui-même, au pire. Admettons aussi que si le cycliste prend un risque, il le prend pour lui-même uniquement face à cette tonne d'acier. L'automobiliste se plaint surtout de ce qu'il pourrait rouler sans regarder et qu'il est donc obligé de faire attention au danger qu'il représente. Parce que disons-le, dans ce cas, c'est toujours l'automobiliste qui est dangereux, et c'est aussi lui qui est en tort. Logique, c'est lui qui tient l'arme.

Pour revenir au cas du piéton face au cycliste, c'est donc le cycliste, qui est dangereux. Si on considère que chaque personne qui se déplace en ville n'a pas forcément de voiture (par manque de moyen, parce qu'elle n'a pas de permis de conduire ou parce qu'elle se considère dangereuse en voiture) ni de vélo (parfois par peur de rouler en ville), il me semble légitime de considérer que la ville appartient en priorité aux piétons. Le cycliste est alors la source du danger pour le piéton, et même si un accident de cette nature n'est jamais mortel, admettons que c'est au cycliste de redoubler de prudence face à l'attitude négligente du piéton.

C'est pourquoi je reste toujours poli lorsque qu'un piéton traverse sans regarder, mettant sa propre santé en jeu ou lorsque des parents n'arrivent pas à tenir leurs enfants sur le trottoir. C'est à moi de prévoir ce genre de situation imprévisible et je l'assume, quitte à rappeler aimablement aux piétons leur imprudence lorsqu'elle se présente.

Tout comme la voiture doit s'effacer face aux vélos, c'est aussi aux vélos de s'effacer face aux piétons.

Mais quand même, je déteste ces foutus téléphones qui transforment les gens en robots obnubilés...

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