26 février, 2018

La peine de mort (3) : Pourquoi devrait-on tuer ?

On nous ressert tout le temps la nécessité de tuer les condamnés les plus méchants. Mais pourquoi ?

Doit-on avoir une peine de mort basée sur l'idée de la vengeance ? Vouloir la tête du condamné au sens propre ? La justice doit-elle pratiquer la rancune d'une victime ? C'est certainement cette loi du Talion qui aura transformé le désir de vengeance en nécessité d'une loi pratiquant elle-même cette vengeance. Mais j'en ai déjà parlé, la justice n'a pas le droit de jouer ce rôle.

Ou alors, il s'agirait d'un geste médical : on tue un tueur car c'est dangereux de le laisser. Comme on brûle une verrue, on découpe une tumeur, on arrache une mauvaise herbe. Il s'agirait alors de retirer toute culpabilité à l'accusé : « Il est comme ça et puis c'est tout ». Ce n'est surtout pas ce que souhaitent les victimes, au contraire. Elles veulent que sa responsabilité le cuise dans les flammes de l'enfer, lui coller toute la cause du drame.

D'autre part, on oublie que la loi peut évoluer. Qu'en est-il d'un crime qui deviendrait légal après la mort du condamné ? Par exemple, personne ne souhaiterait aujourd'hui tuer les voleurs, les sorcières ou les avorteuses. Marie-Louise Garaud a été exécutée en 1943 pour ce motif, alors que l'avortement thérapeutique est autorisé en 1955. Pas de pot pour elle !

On peut aussi penser à une loi scélérate qui condamnerait à mort des rebelles tentant de sauver le monde... comme les résistants de la dernière guerre par exemple. C'est ainsi que le Général De Gaulle fut condamné à mort par contumace le 2 août 1940.

Ce serait tellement pratique de tirer un trait pour nettoyer le crime commis. Tuer un criminel sans se poser plus de question que lui. Attend-on d'une société intelligente qu'elle réfléchisse à ses actes ?

21 février, 2018

La peine de mort (2) : La veuve et l'orphelin

Lorsque la justice décidait de tuer quelqu'un, elle prenait une lourde responsabilité. Très lourde.

Elle décrétait qu'elle ne se trompait absolument jamais (car toute erreur aurait justifié que l'on tuât la justice, elle-même coupable), que le coupable ne pouvait pas regretter, s'améliorer, tenter de se racheter ou apporter un jour quelque chose à la société. Qui sait, peut-être même sauver une vie ? Car on ne peut se permettre d'oublier qu'avant de commettre un crime, l'accusé a eu une vie. Il n'a pas toujours été mauvais, il a eu d'innombrables échanges avec d'autres personnes, il a rendu service, il a été aimé. On pourrait tuer quelqu'un alors que quelqu'un l'aime encore ?

Cette justice causerait à son tour un préjudice énorme pour l'entourage, les proches du condamné. Mais surtout : elle refuserait d'admettre qu'un individu ne se fabrique pas tout seul ! S'il tue, c'est aussi pour des raisons liées au contexte : économique, social, historique. Si un criminel est responsable de son geste, à son tour, le contexte qui a créé le criminel ne peut s'affranchir de sa part de responsabilité. Ou alors, la peine de mort est une forme d'eugénisme. Car le crime était peut-être une tentative désespérée de réparer quelque chose de vécu. La peine de mort serait un moyen confortable de ne pas se poser de question sur la société, la justice, les responsables.

Une justice qui tue des criminels crée aussi des orphelins, pupilles de l'État, des veufs et des veuves. Elle laisse un vide immense aux proches de l'accusé, qui pourraient à leur tour mal tourner. On ne punit pas le condamné, car une fois mort, il est loin des problèmes. C'est une peine pour tout son entourage, qui porte le deuil à partir de l'exécution de la peine de mort. Ce n'est donc pas une peine pour l'accusé. C'est en fait toute la société qui est condamnée de cette façon.

Et si on y pense bien, que votre père ou votre mère ait eu la tête tranchée n'est peut-être pas le meilleur moyen de faire de vous un parfait citoyen respectueux de la notion de justice... de là à prétendre que la peine de mort pourrait engendrer de futurs délinquants, il n'y a qu'un pas que je franchis sans honte.

14 février, 2018

La peine de mort (1)

Certains sondages annoncent que les français seraient pour le rétablissement de la peine de mort. Son retour demanderait de revenir sur de nombreux traités internationaux, je suis rassuré. Mais 40 ans après son abolition, on peut se demander pourquoi de nombreux français sont encore attirés par l'idée de tuer un inconnu.

Alors histoire de purger le débat, voici un aveu.

Si j'étais témoin du massacre d'un proche, de ma famille, je serais un barbare épris de vengeance. Je massacrerais brutalement et sans aucune retenue l'auteur du crime, en toute haine, en toute folie. La violence prendrait le dessus sur toute considération morale. Je ne regretterais probablement rien et estimerais avoir agi légitimement, par nécessité, selon mon instinct. Je me foutrais qu'il existe une justice autre que la mienne, que nul autre ne pourrait appliquer.

Mais voilà : la justice n'est pas moi seul. Ce que l'aveuglement peut me faire commettre, la justice doit justement l'éviter. C'est même son seul rôle. Il n'existe pas de réparation : les victimes sont douloureusement affectées quoi qu'il arrive. La mort ou la torture n'y changent rien. Une société ne se fonde pas sur des colères individuelles, fussent-elles justifiées. On ne délègue pas à l'État le soin de se venger.

« Ceux qui croient à la valeur dissuasive de la peine de mort méconnaissent la vérité humaine. La passion criminelle n'est pas plus arrêtée par la peur de la mort que d'autres passions ne le sont, celles-là, sont nobles. »
Robert Badinter - Extrait d'un discours à l'assemblée nationale, le 17 septembre 1981

La justice a un rôle fondateur dans une société. Elle a pour principe d'être détachée des événements. C'est pourquoi on demande aux juges et aux jurés de ne pas connaître les victimes ou les faits. La justice doit prendre le recul nécessaire et observer froidement la situation.

Et puis dans ce sujet, on néglige toujours une chose : le rôle de la justice est aussi de disculper. La justice ne concerne pas seulement le coupable et la victime, elle concerne surtout les innocents. Aussi bien ceux qui sont accusés à tort que ceux qui ne sont pas mis en cause.

On est alors en droit d'attendre des règles dépassionnées et rassurantes. On peut souhaiter ne pas mourir si la machine s'emballe. On peut préférer ne pas jouer sa vie sur une malheureuse décision, prise par des inconnus.

C'est à partir de là qu'il est possible de discuter. Mes billets à venir aborderont des éléments de réflexion plus précis.

25 décembre, 2017

Facho et écolo

J'aimerais aujourd'hui vous raconter une anecdote : la fois où j'ai rencontré un "écolo facho". Très franchement, je n'imaginais pas que cela puisse exister. Et au-delà de ça, je n'imaginais même pas à quoi cela pourrait ressembler. Comment peut-on concilier l'intérêt commun de l'écologie à des valeurs racistes et bornées ?

Ce type habitait le lotissement. En fait, je ne le connaissais pas. J'avais eu à échanger des politesses avec son fils qu'il m'arrivait de croiser et qui jouait avec un scooter électrique.

Le père, donc, me dit qu'il est très écolo, et qu'il fait très attention à ses déchets, sa pollution etc. Je dis que je trouve cela très bien. Il me parle de son petit excès, il a acheté une mobylette de son enfance, le modèle standard que l'on retrouve dans les bandes dessinées de Margerin. Et puis il me dit que tout résident d'appartement qu'il soit, il se chauffe au bois... !

Naturellement, il me lance là-dessus, et je lui explique que c'est écolo dans un certaine mesure uniquement. Il est vrai que le bois est une ressource renouvelable, mais outre les particules rejetées, il ne faut pas oublier que tout le monde ne peut pas se chauffer au bois. La raison ? Tout simplement parce qu'il faut faire pousser des arbres uniquement pour les brûler. Seule une faible densité de population le permet. C'est donc une solution qui peut sembler évidente en campagne, mais dans une ville, c'est plus délicat. Et j'ajoute que la densité moyenne en France n'est pas compatible avec la généralisation du chauffage au bois.

Sa réponse m'a glacé le dos : "C'est pour ça qu'il faut renvoyer les étrangers chez eux, pour qu'ils aillent se chauffer avec leur bois."

On salue parfois mon sens de la répartie, mais ce jour-là, j'avoue qu'il m'a cueilli... car si son sens frontalier de l'écologie est risible, sa connerie idéologique était d'une parfaite logique.

Joyeux Noël à tous.

17 décembre, 2017

Johnny et l'interdiction culturelle

Que va-t-il se passer de nouveau, maintenant que l'icône des jeunes des années 60 est morte ? Les jeunes des années 60 (donc les 68ards) sont eux aussi en train de mourir, certains l'ont été bien avant leur idole. Avec des débuts en 1958, des chansons populaires dès 1960, il faudra au mieux attendre 2087 pour que certains des plus vieux tubes de Johnny Hallyday puissent être libres de diffusion.

Les droits d'auteurs s'étendent en France 70 ans après la mort de l'auteur. C'est ce qu'on appelle traverser les générations. Car si vos enfants n'auront pas la chance de connaître les tubes de la jeunesse de vos parents, je ne vois plus du tout ce que la chanson peut encore s'appeler « culture ». La culture se transmet, et pas seulement « de père en fils ». Quand on parle d'héritage culturel, on ne parle pas seulement des dividendes que les majors empochent pendant parfois 1 siècle. On parle de ce que la musique apporte à une population.

Car quand je dis 2087... c'est le meilleur des cas. Car tout interprète de talent que pouvait être Johnny Hallyday, il n'a jamais rien écrit. Il faudra donc attendre encore la mort de tous les auteurs et compositeurs (*).

En fait, selon les enregistrements, il faudra même attendre la mort de chaque musicien... donc probablement autour de 2130... autant dire que le Climat aura eu le temps de se dérégler et les guerres d'exploser. On sera fixés sur l'existence des extraterrestres, sur la survie en milieu hostile et plein d'autres sujets bien avant qu'il ne soit possible de faire écouter à quelqu'un du Johnny sans que la SACEM nous tombe sur le dos.

Quel meilleur hommage à la musique d'une génération entière que de mettre toute cette œuvre dans un coffre et ne plus l'ouvrir avant qu'on ait trouvé comment recycler nos déchets nucléaires ? D'attendre l'extinction des espèces pour entendre librement du Johnny ?

C'est beau, on en pleurerait.

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(*) Différents auteurs-compositeurs ayant travaillé pour Johnny Hallyday (liste non exhaustive) :
Charles Aznavour, Jean Renard, Gille Thibault, Philippe Labro, Michel Mallory, Pierre Billon, Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, David Hallyday, Zazie, Pascal Obispo, Gerald De Palmas, Yodelice

11 décembre, 2017

Hommage à Johnny

Difficile pour vous d'imaginer que je vais parler musique sur ce blog. Même moi, je n'y crois pas. Surtout que Johnny n'a jamais été neutre politiquement. Toujours associé à la droite traditionnelle par ses soutiens, puis carrément associé à Sarkozy, son grand pote du Fouquet's. Donc étiqueté pas trop gaucho, voyez ?

Donc non, je ne vais finalement pas parler musique. Cet article ne renie aucunement les qualités d'interprète de Johnny. Il ne renie pas non plus la nécessité pour lui d'entretenir sa voix en fumant au point d'en crever (mais tard, quand même). Les risques du métier.

Johnny Hallyday aura toujours fui les impôts, surtout depuis que l'argent a commencé à rentrer, c'est à dire de 1975 à sa mort. Cela en fait peut-être une icône française. Il préférait donner à quelques œuvres caritatives plutôt que de laisser l'État faire son boulot (mais le fait-il ?). Le montant n'était pas non plus le même. Pardonnez mon côté pingre.

On rira quand même pas mal de sa cavalcade où il a mendié une nationalité belge au prétexte d'un père qu'il n'a pas connu pour pouvoir habiter à Monaco loin du fisc, pour ensuite échouer en Suisse contre négociation, puis partir à nouveau parce que les impôts suisses sont "moins cools qu'avant", et finir en Californie pour y payer les sous qu'il ne veut pas payer en France. Ce que finalement beaucoup d'artistes français font, oubliant où ils gagnent leur argent, quelle école a fait d'eux ce qu'ils sont.

Bref, au-delà du regret que l'on peut avoir pour le chanteur, on rit surtout à gorge déployée des villes qui lui ont fait des hommages en grande pompe, de l'État qui lui a fait un hommage national, sur les deniers qu'il a toujours refusé de payer.

Maintenant, attendons la presse sur les histoires d'héritage. Ça peut avoir de la gueule...

1 décembre, 2017

Mais qui peut bien travailler à l'ECRE ?

Comme je l'ai déjà expliqué, l'ECRE est cette Équipe de Contrôle de la Recherche d'Emploi. Elle est le père fouettard des chômeurs. Comme les entretiens mensuels devenaient ingérables et que les tâches des conseillers se sont multipliées, il devenait impossible de les assumer. Alors pour motiver les chômeurs, on n'a pas pu continuer la méthode incitative. On est passé de la carotte au bâton.

Plutôt que de montrer aux chômeurs le côté vraiment passionnant de la recherche d'un boulot, plutôt que de perdre leur crédibilité à nous faire briller des miroirs aux alouettes en période de crise, Pôle Emploi a fermé ses guichets et mis en place une cellule d'intimidation. Si t'as pas envie d'avancer, un coup de fouet ! Ça motive, tout de suite.

Si encore, cette « motivation » permettait à l'ensemble des chômeurs d'avoir une meilleure prestation, mais non. Pire : plus vous avez besoin d'aide active de Pôle Emploi, plus ils dégradent le service. Tout est informatisé et les moins formés sont laissés à l'abandon dans des sessions de formation aux outils en ligne de Pôle Emploi. Tout un programme quand vous ne savez pas utiliser une souris.

Les contrôleurs de l'ECRE ont eu la révélation : il faut radier les chômeurs. Et j'ai beau chercher, je ne vois aucune intention bienveillante de leur part. Ils n'ont pas les moyens de vraiment faire baisser le chômage (même en radiant à tour de bras), ils n'améliorent pas la qualité de service de Pôle emploi, ils ne fluidifient pas le marché de l'emploi, ils ne permettent aucune économie à cette administration, ils ne rendent service à aucun chômeur, malgré les promesses faites à la presse (« remotiver et aider les chômeurs »).

Alors je m'interroge. Qui peut bien vouloir faire ce métier de Père Fouettard ? Un chômeur avec le pistolet sur la tempe, oublieux de ses origines ? Un conseiller névrosé par ses mauvaises expériences à l'accueil ? Une taupe anarchiste qui a pour but d'occuper la place pour rendre service à ses potes ? Un fonctionnaire qui juge que « si c'est pas moi, quelqu'un d'autre le fera » ?

C'est vrai quoi, mettre des gens dans des trains vers une radiation, c'est une forme de boulot. Et puis il faut aimer l'arbitraire aussi pour radier des chômeurs sur les critères aussi flous qu'on a déjà pu le voir.

Moi ? en colère ?

Je conseille à tous les chômeurs ayant des galères avec l'ECRE d'aller faire un tour sur ce forum. On y trouve de nombreux témoignages très intéressants.

23 novembre, 2017

Le pressoire de Pôle Emploi

Si vous avez lu mon dernier billet sur l'ECRE, vous devez comprendre le cynisme de la démarche de Pôle Emploi. On vide le marché de l'emploi par une économie mondialisée, puis on affole les chômeurs un peu, de temps en temps, pour qu'ils acceptent finalement des boulots pourris plutôt que rien du tout.

Le temps de la famine de Germinal est terminé, aujourd'hui, on agite la mauvaise conscience, la peur de la crise, les méthodes mafieuses. Oui : mafieuses. Car si le chômage est financé par les cotisations de ceux qui travaillent, alors vous avez en grande partie financé vous-même votre propre chômage. Les frais de fonctionnement et compléments sont assurés par ceux qui ne sont jamais au chômage. Et on se retrouve à être culpabilisé de toucher un chômage que chacun finance soi-même. Comprenez bien que l'on est de moins en moins dans le schéma de la répartition. Car le chômage est aujourd'hui la conséquence évidente de la plupart des emplois.

C'est un peu comme si après avoir cotisé dans une caisse de retraite toute sa vie, et enfin atteindre l'âge de ne plus travailler, on nous sommait de mourir vite parce que ça coûte de l'argent. Là, on doit quitter le régime du chômage le plus vite possible. Autant pour économiser sur les indemnités que pour réduire les chiffres chers au gouvernement en place.

Ne serait-il pas plus simple de ne plus cotiser au chômage, mais toucher cette cotisation dans le salaire et de mettre un peu d'argent de côté pour les jours difficiles ? Ça éviterait au moins qu'on nous menace de bloquer le fric si on ne cherche pas assez. Depuis la disparition de l'ANPE, de toute façon, ils détruisent le principe du chômage. Ils font pareil avec la sécu, les retraites et tous les services publics.

La mission de Pôle Emploi consiste ainsi de moins en moins à financer le chômage, et plus du tout à aider les chômeurs dans leurs recherches, sinon en sous-traitant à d'incompétentes boîtes privées cette besogne. Pôle Emploi se résume de plus en plus à un site web et des instances de flicage, contrôlant si oui ou non, vous cherchez vraiment avec votre petit CV. Accessoirement, Pôle Emploi a le rôle de compter les chômeurs, permettant au gouvernement de débloquer des sous pour changer les chômeurs de case (catégorie A vers C, formations, stages Activ'emploi...). En offrant vite fait des formations juste avant les élections par exemple.

Mais ce n'est pas en pressant les chômeurs que l'État obtiendra plus de liquidités...

11 novembre, 2017

Une anomalie a été détectée dans votre dossier

Tout récemment, j'ai reçu un message vocal au sujet de mon « dossier santé » :

« Une anomalie a été détectée dans votre dossier santé.  Pour parler à un conseiller, faites le 1... »

J'avoue avoir hésité, ça semblait vraiment louche. Il est vrai que des serveurs vocaux nous appellent parfois quand on est au chômage, notamment, Pôle Emploi a des robots qui nous appellent le 12 du mois si on a oublié de déclarer nos ressources. Mais à part ça, la sécu n'appelle jamais. En fait, quand il y a un problème, ils envoient plutôt un courrier avec du marqueur fluo partout.

Le temps que je me décide, faire le 1 a simplement coupé l'appel. J'imaginais que c'était simplement une arnaque basée sur l'idée que j'allais rappeler le numéro (probablement surtaxé), pensant tomber sur la CPAM ou une mutuelle de santé... j'oublie.

Quelques jours plus tard, même appel. Là, je fais le 1. Pour voir, mais méfiant.

Je tombe sur une personne qui connaît mon nom et me demande (pour confirmer mon identité) de donner ma date de naissance, ce que je refuse de faire. Après tout, ce n'est pas moi qui les appelle. J'explique qu'il y a beaucoup d'arnaques au téléphone et que je ne donne pas ces informations au téléphone. On me répond que c'est bien naturel.

Ensuite, le type me dit que suite à une nouvelle loi qui vient de passer, je ne suis pas couvert en cas d'hospitalisation, et après quelques minutes, j'entends des tarifs... 30 euros, 40 euros... je ne sais plus trop pour quoi, le type va vite, comme si c'était évident.

Étant à la CMU, il est plutôt rare que je doive payer pour des soins de santé. En particulier dans le cas d'une hospitalisation... Donc je me suis d'autant plus méfié, même s'il est évident que je n'aurais pas dépensé 1 centime. Mais je voulais voir jusqu'où le type irait. Alors je lui ai dit frontalement que je pensais qu'il mentait (je ne prenais pas de risque). Je lui ai demandé ce qu'il avait comme information sur moi.

Il a décliné mes nom, prénom, adresse et numéro de téléphone, point.

– Vous êtes à votre maximum là ?

Il n'avait même pas ma date de naissance.

S'il l'avait eu, il aurait presque été plus crédible. J'ai donc vraiment bien fait de ne pas lui donner. J'aurais alors enrichi un fichier qui circule à mes dépens. Car il faut savoir que ce fichier circule depuis longtemps, puisque je suis en liste rouge depuis au moins 5 ans...

Donc rappel pour ceux qui reçoivent des appels pourris (donc tout le monde) : ne JAMAIS donner la moindre information au téléphone. Ni à la banque, ni au centre des impôts, ni à la CAF, RIEN. Uniquement de face à face, par courrier, ou à la rigueur si c'est vous qui appelez, mais sachez qu'alors, c'est eux qui seront tenus de mettre en doute votre identité.

J'imagine qu'ils sauvent le PIB de certains pays ?

PS : depuis, j'en suis à mon 3ème appel identique...

6 novembre, 2017

Les bonnes idées de l'Europe

On nous bassine souvent avec le modèle allemand. Je semble dire ici que je trouve ce modèle douteux. Ce n'est en fait pas vraiment le problème.

Je dis que le modèle allemand est bon pour les Allemands, mais pas nécessairement pour nous. Et je préfère parler du « système allemand », car je n'y vois aucun « modèle ».

L'Allemagne affiche un commerce extérieur excédentaire, principalement vers les autres pays d'Europe. Donc à supposer que tous les pays d'Europe fassent pareil, plus aucun pays ne sera excédentaire. C'est logique. Et le « modèle » ne fonctionnerait plus. C'est ballot. Donc pour que ce système allemand fonctionne, il faut que les autres pays aient une balance commerciale déficitaire (pour faire simple). En gros, le « modèle allemand », c'est que les 26 autres pays de l'union monétaire soient en déficit. L'idée de copier leur « modèle » serait donc de mettre l'Allemagne aussi en déficit, ou au mieux, à l'équilibre... comme avant l'euro quoi.

Je n'entrerai pas dans le détail de la situation allemande qui n'est pas enviable non plus (grande pauvreté, emplois pourris et sous-payés, pyramide des âges rendant impossible le financement des retraites à venir...). Je veux simplement montrer à quel point cette expression de « modèle allemand » ne veut rien dire.

Mais ce n'est pas vrai uniquement pour l'Allemagne, c'est aussi vrai pour le « modèle irlandais » qui s'est bien cassé la figure, le « modèle des États-Unis » qui ruine la planète (climat, biodiversité, guerres, pauvreté). Il est assez naïf de prétendre qui si ça marche chez eux (ce qui reste à prouver), c'est bon pour nous.

Ce qui est bien pour l'un ne l'est pas pour l'autre. On ne nourrit pas une vache avec des bananes.

Ne peut-on admettre que les pays ont des cultures, des envies et des besoins différents ? Les bonnes idées seraient forcément toujours compatibles entre elles ? Ces choix de société individuels doivent se traduire dans la loi de chaque pays par des processus souverains. C'est en quoi l'Europe se trompe, car elle tente de tout faire converger.

Et dire qu'on se foutait du communisme parce que c'était « tout le monde pareil ». Et bien aujourd'hui, le libéralisme, c'est « tout le monde pareil dans tous les pays ».

Même pas besoin de taper sur les riches pour dénoncer cette invention diabolique qui nie toute souveraineté.

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