1 décembre, 2017

Mais qui peut bien travailler à l'ECRE ?

Comme je l'ai déjà expliqué, l'ECRE est cette Équipe de Contrôle de la Recherche d'Emploi. Elle est le père fouettard des chômeurs. Comme les entretiens mensuels devenaient ingérables et que les tâches des conseillers se sont multipliées, il devenait impossible de les assumer. Alors pour motiver les chômeurs, on n'a pas pu continuer la méthode incitative. On est passé de la carotte au bâton.

Plutôt que de montrer aux chômeurs le côté vraiment passionnant de la recherche d'un boulot, plutôt que de perdre leur crédibilité à nous faire briller des miroirs aux alouettes en période de crise, Pôle Emploi a fermé ses guichets et mis en place une cellule d'intimidation. Si t'as pas envie d'avancer, un coup de fouet ! Ça motive, tout de suite.

Si encore, cette « motivation » permettait à l'ensemble des chômeurs d'avoir une meilleure prestation, mais non. Pire : plus vous avez besoin d'aide active de Pôle Emploi, plus ils dégradent le service. Tout est informatisé et les moins formés sont laissés à l'abandon dans des sessions de formation aux outils en ligne de Pôle Emploi. Tout un programme quand vous ne savez pas utiliser une souris.

Les contrôleurs de l'ECRE ont eu la révélation : il faut radier les chômeurs. Et j'ai beau chercher, je ne vois aucune intention bienveillante de leur part. Ils n'ont pas les moyens de vraiment faire baisser le chômage (même en radiant à tour de bras), ils n'améliorent pas la qualité de service de Pôle emploi, ils ne fluidifient pas le marché de l'emploi, ils ne permettent aucune économie à cette administration, ils ne rendent service à aucun chômeur, malgré les promesses faites à la presse (« remotiver et aider les chômeurs »).

Alors je m'interroge. Qui peut bien vouloir faire ce métier de Père Fouettard ? Un chômeur avec le pistolet sur la tempe, oublieux de ses origines ? Un conseiller névrosé par ses mauvaises expériences à l'accueil ? Une taupe anarchiste qui a pour but d'occuper la place pour rendre service à ses potes ? Un fonctionnaire qui juge que « si c'est pas moi, quelqu'un d'autre le fera » ?

C'est vrai quoi, mettre des gens dans des trains vers une radiation, c'est une forme de boulot. Et puis il faut aimer l'arbitraire aussi pour radier des chômeurs sur les critères aussi flous qu'on a déjà pu le voir.

Moi ? en colère ?

Je conseille à tous les chômeurs ayant des galères avec l'ECRE d'aller faire un tour sur ce forum. On y trouve de nombreux témoignages très intéressants.

23 novembre, 2017

Le pressoire de Pôle Emploi

Si vous avez lu mon dernier billet sur l'ECRE, vous devez comprendre le cynisme de la démarche de Pôle Emploi. On vide le marché de l'emploi par une économie mondialisée, puis on affole les chômeurs un peu, de temps en temps, pour qu'ils acceptent finalement des boulots pourris plutôt que rien du tout.

Le temps de la famine de Germinal est terminé, aujourd'hui, on agite la mauvaise conscience, la peur de la crise, les méthodes mafieuses. Oui : mafieuses. Car si le chômage est financé par les cotisations de ceux qui travaillent, alors vous avez en grande partie financé vous-même votre propre chômage. Les frais de fonctionnement et compléments sont assurés par ceux qui ne sont jamais au chômage. Et on se retrouve à être culpabilisé de toucher un chômage que chacun finance soi-même. Comprenez bien que l'on est de moins en moins dans le schéma de la répartition. Car le chômage est aujourd'hui la conséquence évidente de la plupart des emplois.

C'est un peu comme si après avoir cotisé dans une caisse de retraite toute sa vie, et enfin atteindre l'âge de ne plus travailler, on nous sommait de mourir vite parce que ça coûte de l'argent. Là, on doit quitter le régime du chômage le plus vite possible. Autant pour économiser sur les indemnités que pour réduire les chiffres chers au gouvernement en place.

Ne serait-il pas plus simple de ne plus cotiser au chômage, mais toucher cette cotisation dans le salaire et de mettre un peu d'argent de côté pour les jours difficiles ? Ça éviterait au moins qu'on nous menace de bloquer le fric si on ne cherche pas assez. Depuis la disparition de l'ANPE, de toute façon, ils détruisent le principe du chômage. Ils font pareil avec la sécu, les retraites et tous les services publics.

La mission de Pôle Emploi consiste ainsi de moins en moins à financer le chômage, et plus du tout à aider les chômeurs dans leurs recherches, sinon en sous-traitant à d'incompétentes boîtes privées cette besogne. Pôle Emploi se résume de plus en plus à un site web et des instances de flicage, contrôlant si oui ou non, vous cherchez vraiment avec votre petit CV. Accessoirement, Pôle Emploi a le rôle de compter les chômeurs, permettant au gouvernement de débloquer des sous pour changer les chômeurs de case (catégorie A vers C, formations, stages Activ'emploi...). En offrant vite fait des formations juste avant les élections par exemple.

Mais ce n'est pas en pressant les chômeurs que l'État obtiendra plus de liquidités...

11 novembre, 2017

Une anomalie a été détectée dans votre dossier

Tout récemment, j'ai reçu un message vocal au sujet de mon « dossier santé » :

« Une anomalie a été détectée dans votre dossier santé.  Pour parler à un conseiller, faites le 1... »

J'avoue avoir hésité, ça semblait vraiment louche. Il est vrai que des serveurs vocaux nous appellent parfois quand on est au chômage, notamment, Pôle Emploi a des robots qui nous appellent le 12 du mois si on a oublié de déclarer nos ressources. Mais à part ça, la sécu n'appelle jamais. En fait, quand il y a un problème, ils envoient plutôt un courrier avec du marqueur fluo partout.

Le temps que je me décide, faire le 1 a simplement coupé l'appel. J'imaginais que c'était simplement une arnaque basée sur l'idée que j'allais rappeler le numéro (probablement surtaxé), pensant tomber sur la CPAM ou une mutuelle de santé... j'oublie.

Quelques jours plus tard, même appel. Là, je fais le 1. Pour voir, mais méfiant.

Je tombe sur une personne qui connaît mon nom et me demande (pour confirmer mon identité) de donner ma date de naissance, ce que je refuse de faire. Après tout, ce n'est pas moi qui les appelle. J'explique qu'il y a beaucoup d'arnaques au téléphone et que je ne donne pas ces informations au téléphone. On me répond que c'est bien naturel.

Ensuite, le type me dit que suite à une nouvelle loi qui vient de passer, je ne suis pas couvert en cas d'hospitalisation, et après quelques minutes, j'entends des tarifs... 30 euros, 40 euros... je ne sais plus trop pour quoi, le type va vite, comme si c'était évident.

Étant à la CMU, il est plutôt rare que je doive payer pour des soins de santé. En particulier dans le cas d'une hospitalisation... Donc je me suis d'autant plus méfié, même s'il est évident que je n'aurais pas dépensé 1 centime. Mais je voulais voir jusqu'où le type irait. Alors je lui ai dit frontalement que je pensais qu'il mentait (je ne prenais pas de risque). Je lui ai demandé ce qu'il avait comme information sur moi.

Il a décliné mes nom, prénom, adresse et numéro de téléphone, point.

– Vous êtes à votre maximum là ?

Il n'avait même pas ma date de naissance.

S'il l'avait eu, il aurait presque été plus crédible. J'ai donc vraiment bien fait de ne pas lui donner. J'aurais alors enrichi un fichier qui circule à mes dépens. Car il faut savoir que ce fichier circule depuis longtemps, puisque je suis en liste rouge depuis au moins 5 ans...

Donc rappel pour ceux qui reçoivent des appels pourris (donc tout le monde) : ne JAMAIS donner la moindre information au téléphone. Ni à la banque, ni au centre des impôts, ni à la CAF, RIEN. Uniquement de face à face, par courrier, ou à la rigueur si c'est vous qui appelez, mais sachez qu'alors, c'est eux qui seront tenus de mettre en doute votre identité.

J'imagine qu'ils sauvent le PIB de certains pays ?

PS : depuis, j'en suis à mon 3ème appel identique...

6 novembre, 2017

Les bonnes idées de l'Europe

On nous bassine souvent avec le modèle allemand. Je semble dire ici que je trouve ce modèle douteux. Ce n'est en fait pas vraiment le problème.

Je dis que le modèle allemand est bon pour les Allemands, mais pas nécessairement pour nous. Et je préfère parler du « système allemand », car je n'y vois aucun « modèle ».

L'Allemagne affiche un commerce extérieur excédentaire, principalement vers les autres pays d'Europe. Donc à supposer que tous les pays d'Europe fassent pareil, plus aucun pays ne sera excédentaire. C'est logique. Et le « modèle » ne fonctionnerait plus. C'est ballot. Donc pour que ce système allemand fonctionne, il faut que les autres pays aient une balance commerciale déficitaire (pour faire simple). En gros, le « modèle allemand », c'est que les 26 autres pays de l'union monétaire soient en déficit. L'idée de copier leur « modèle » serait donc de mettre l'Allemagne aussi en déficit, ou au mieux, à l'équilibre... comme avant l'euro quoi.

Je n'entrerai pas dans le détail de la situation allemande qui n'est pas enviable non plus (grande pauvreté, emplois pourris et sous-payés, pyramide des âges rendant impossible le financement des retraites à venir...). Je veux simplement montrer à quel point cette expression de « modèle allemand » ne veut rien dire.

Mais ce n'est pas vrai uniquement pour l'Allemagne, c'est aussi vrai pour le « modèle irlandais » qui s'est bien cassé la figure, le « modèle des États-Unis » qui ruine la planète (climat, biodiversité, guerres, pauvreté). Il est assez naïf de prétendre qui si ça marche chez eux (ce qui reste à prouver), c'est bon pour nous.

Ce qui est bien pour l'un ne l'est pas pour l'autre. On ne nourrit pas une vache avec des bananes.

Ne peut-on admettre que les pays ont des cultures, des envies et des besoins différents ? Les bonnes idées seraient forcément toujours compatibles entre elles ? Ces choix de société individuels doivent se traduire dans la loi de chaque pays par des processus souverains. C'est en quoi l'Europe se trompe, car elle tente de tout faire converger.

Et dire qu'on se foutait du communisme parce que c'était « tout le monde pareil ». Et bien aujourd'hui, le libéralisme, c'est « tout le monde pareil dans tous les pays ».

Même pas besoin de taper sur les riches pour dénoncer cette invention diabolique qui nie toute souveraineté.

1 novembre, 2017

Jaloux comme Jupiter

Il a récemment déclaré que les pauvres seraient jaloux des riches. Jaloux ?

« Qui éprouve une envie mêlée de dépit à voir un autre jouir de ce que lui-même désire sans le posséder ni pouvoir l'obtenir. » Académie française.

Jaloux de quoi ? Il est vrai qu'un pauvre aimerait plus d'argent, une meilleure considération, moins de stress lié aux aléas de la vie, une meilleure visibilité dans le temps, habiter chez soi, dans une belle maison. Oui, on est peut-être un peu envieux de ça. Mais jaloux ? Il le voit vraiment là le problème ?

Macron Ier n'est même pas capable de voir le vrai problème ? On n'est pas jaloux de ceux qui ont une maison ou un travail ! C'est pas pour ça qu'on manifeste dans la rue et qu'on se fait éborgner par les CRS ! Cet abruti croit vraiment ça ?

Il n'est pas capable de comprendre qu'il n'est pas question de jalousie mais de justice ? On ne parle pas ici des 10% les plus riches, mais de tous ces exilés fiscaux qui ont su profiter du système social (éducation, santé, infrastructures de qualité) et qui refusent aujourd'hui de payer la juste part de leur réussite. On reproche aux plus fortunés de s'enrichir sur notre dos (contrats précaires, lobbying sur la loi travail, licenciements en touchant le CICE), sur le dos de la planète (polluer plus pour gagner plus), et sur le dos des libertés (business sur les données personnelles et la vie privée).

Non, Manu, tes richoux, on ne leur envie pas leur situation, on leur reproche leur impunité, leur « inéquité », leur sens moral douteux et leur ingratitude à l'égard d'un système dont ils sont les premiers bénéficiaires.

Encore combien de temps ce petit dieu va-t-il continuer à mépriser ceux qu'il représente ?

25 octobre, 2017

Quel confort pour un 4x4 ?

J'ai eu à comparer il y a quelques temps les avantages et inconvénients de ma petite ZX avec le plus « petit » 4x4 de chez BMW : le X3.

Je ne vais pas tenter de mégoter sur des argument évidents : une voiture de luxe a naturellement plus d'accessoires qu'une vieille voiture, et l'électronique du tableau de bord apporte ce soupçon de modernité qui ridiculisent une ZX de 1991 dans les galas. Mais permettez-moi quand même de dire 2 mots de tout ça.

L'électronique d'une BMW est un élément de dépendance mécanique. N'importe quel garage ne peut avoir la certification BMW : ils ne possèdent pas la « valise », ce truc qui coûte une blinde et qui rend le moindre coup d'œil sous le capot hors de prix. Il est alors impossible de réparer soi-même tout ce qui est lié à l'électronique. Mais soyons clairs, on n'a pas un 4x4 BMW pour renâcler sur le prix des réparations ! Mais quand même, rien que l'assurance coûte environ 3 fois le prix de la mienne. Même l'huile moteur à utiliser n'est pas standard.

La fiche technique indique 1730 à 1950kg selon les modèles, avec une consommation mixte légèrement en-dessous des 10 litres de diesel. Ce qui est sensiblement le double de ma ZX qui n'est pourtant pas diesel. Autant dire que pour la pollution, je n'ai peut-être pas la vignette euro2, mais pas besoin d'avoir fait une école de chimie pour comprendre que le CO2 rejeté (sans parler des microparticules) est au moins du même ordre : le double aussi. Et côté confort, cela veut dire que malgré un réservoir largement plus grand, son autonomie est parfois moindre.

La tenue de route ? Dur à dire. Ma ZX a bien eu des surprises sur des feuilles mortes mouillées ou de la neige, mais son train arrière auto-directionnel (passif) est une vraie bonne invention. Le X3, quant à lui, devra avoir recours à 4 roues motrices (et la consommation qui va avec) pour compenser sa hauteur au sol, qui dans les pires cas pourrait l'envoyer faire des tonneaux, comme c'est le cas pour pas mal de 4x4.

Pour ce qui est des passagers ? Le X3 en indique 5, mais la place centrale étant sur le pont de propulsion arrière, celui qui s'assoit au milieu a vraiment une barre dans le cul. On aime ou pas. La ZX n'a évidemment pas ce problème, c'est une traction !

Et pour ce qui est du bilan énergétique, ma ZX qui a roulé 300 000 km a utilisé autant d'énergie (incluant la fabrication) que la BMW après avoir roulé... 100 000 km ? (*). Voilà comment on arrive à une voiture 3 fois plus énergivore au km. Et je ne parle toujours pas des microparticules et encore moins du recyclage...

Il aura fallu attendre 20 ans pour profiter de tant de progrès ? Il serait temps que le progrès s'arrête un peu. On en meurt...

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(*) Sur la base d'une énergie grise équivalente à 100 000 km parcourus par la voiture, avec une consommation double pour le 4x4 que pour la ZX. Les 300 000 km de la ZX ne sont pas illusoires, j'en suis déjà à 340 000 km.

17 octobre, 2017

5 euros pour sauver les riches

Alors que les pays riches exportent leurs maladies aux pays pauvres (diabète, obésité, cancers, maladies broncopulmonaires ou cardiovasculaires...), une autre maladie progresse de façon inquiétante sans que l'on souhaite y trouver de remède. Dans les pays riches, cette maladie qui arrive comme une lame de fond est la pauvreté.

Il ne viendrait à l'idée de personne de soigner un diabétique en lui faisant manger du sucre. On ne soigne pas un obèse avec un régime gras ou une bronchiopathie avec un paquet de clopes. Cela ne viendrait à l'idée de personne, non.

Il ne viendrait non plus à personne l'idée d'appauvrir encore un peu cette frange de la population la plus pauvre pour sauver l'économie. C'est pourtant ce qu'a fait le gouvernement de Jupiter : réduire de 5€ les allocations logement. Cela équivaut pour moi à l'augmentation de loyer des 4 dernières années.

Cela permettra environ 140 millions d'économies. Une broutille, surtout quand on imagine qu'il aurait suffi d'embaucher quelques contrôleurs fiscaux supplémentaires pour récupérer juste une partie des 80 milliards de la fraude fiscale en France...

Ou sinon, pour les récupérer, on pouvait aussi ne RIEN faire, puisque la réforme de l'ISF va nous coûter 30 fois plus cher que ces 140 millions ! Tout ça pour garder des patrons qui n'ont plus besoin de nous...

Comprenez bien, la pauvreté pourrait contaminer les riches, alors pour les épargner, Macron nous a fait un bouclier fiscal 7 fois plus cher que celui de Sarkozy. Ça mérite bien de titiller un peu les pauvres.

Je n'aime pas trop commenter l'actualité, surtout qu'avec Macron, ce serait un travail à plein temps. Les injustices qu'il nous colle ont presque déjà le poids du bilan de Hollande. Il est rapide le con. Mais parfois, il faut que je me lâche un peu, comprenez...

À quand le retour de la peste ?

30 septembre, 2017

Gauchiste, c'est pas un peu négatif ?

Habitués de ce blog, vous savez nécessairement ce qu'on appelle la décroissance.

Parmi les particularités de ce mouvement, de cette philosophie, on note le choix du mot « décroissance », souvent connoté négativement. Il est vrai que nous sommes à une période où il est interdit d'utiliser des mots négatifs.

Décroissance a peut-être dû faire face à cette mode, être à contre-courant de l'idée dominante. Mais le mot est passé dans le langage, il commence à porter son vrai sens, un discours très facile à comprendre juste avec ce mot. Il doit encore lutter tant le lobbying de la croissance est fort.

Personnellement, je tiens le blog du gauchiste, et j'ai encore pas mal de boulot à faire pour que les lecteurs osent vaincre leurs préjugés.

Je rencontre régulièrement des gens pour qui aller sur le blog du « gauchiste » est impensable. Car ce serait bien trop gros d'aller sur un tel blog sûrement politique et « fait pour des gauchistes »... pourtant, je suis certain que si j'étais le blog du gros con, les gens se précipiteraient dessus, car ils comprendraient l'évidente autodérision. Ils n'auraient pas peur de devenir un sale con eux-mêmes.

Comme si ces mêmes personnes avaient peur de devenir « gauchistes » juste en cliquant sur ce lien. Même souvent des personnes qui se revendiquent de « gauche » (comprenez en fait PS).

Mais le concept même de décroissance est devenu aujourd'hui assez connu. Suffisamment pour se glisser sans honte dans des débats politiques.

Moi, je suis « le gauchiste ». Je suis probablement même un peu gauchiste. J'ai parfois un peu de mal à faire sentir ce qu'est un gauchiste assumé, mais je ne lâche pas l'affaire. Il est grand temps de mettre un mot sur des valeurs que nous sommes nombreux à défendre.


PS : Rassurez-vous, groscon.fr est encore à vendre. Dépêchez-vous, car salecon.fr (qui n'est plus à Pierre Emmanuel Barré) vient d'être repris...

20 septembre, 2017

On tue la CPAM

On ne prête qu'aux riches, c'est bien connu. Et on ne soignera bientôt que les gens en bonne santé, cela en découle.

Le principe de la Sécurité Sociale, c'est de répartir de coût de l'imprévu (la santé) de façon à rendre supportable les frais de santé imparables. On met tous de l'argent dans un pot commun, et lorsque la maladie arrive, on prend dans ce pot commun pour soigner les malades, sachant que tout le monde ne tombe pas malade de la même façon. Le principe est aussi que ces personnes soignées pourront à leur tour continuer à cotiser pour soigner d'autres personnes, à leur tour affaiblies.

La CPAM, branche santé de notre système de solidarité se détricote. Depuis 1945, les taux de remboursement de la CPAM ont baissé, laissant un champ libre aux mutuelles qui semblent vouloir la remplacer peu à peu.

Le principe d'une Mutuelle de santé n'est cependant pas le même puisqu'elle vise la rentabilité. Notamment, le taux de remboursement est différent selon le contrat que l'on choisit. On soigne donc mieux ceux qui prennent un contrat plus cher. Au point que la question de prendre ou non une Mutuelle se pose généralement en ces termes : compte tenu que les frais les plus élevés sont généralement remboursés par la CPAM, et que les frais les plus courants sont généralement « provisionnables », est-il rentable de prendre une mutuelle santé ? La réponse est arrivée en 2016 : elle est depuis obligatoire pour tous les salariés. Une bonne façon de soutenir l'activité !

Sans compter que les tarifs se font parfois à la tête du client : par exemple en fonction de votre sexe ou de votre âge. Quel est l'intérêt de mutualiser en fonction des risques ? Le jour où ma mutuelle me fera payer le juste prix de mes dépenses de santé, à quoi servira-t-elle ? Juste prix... ajouté de ses frais de fonctionnement !

Car justement, les Mutuelles ne peuvent simplement pas rembourser mieux que la CPAM. Pour une raison simple : aucune ne lui arrive à la cheville. Les frais de fonctionnement de la CPAM sont de l'ordre de 3 à 4% selon les sources (car elle n'a pas besoin de faire de publicité, notamment), tandis que les mutuelles ont des frais de l'ordre de 17% (voire 43% selon certaines sources). Y'aurait pas une fuite dans le tuyau ?

Faut-il vraiment sauver les mutuelles pour créer des emplois ? Ne serait-il pas plus sage de passer à un régime général à 100% pour tout le monde, en fermant simplement les mutuelles et en augmentant les cotisations ? Ce serait toujours moins cher...

10 septembre, 2017

Manifestations le 12 septembre

S'il vous arrive de lire les journaux, vous savez déjà ce qu'est la loi travail. La version 2 de Macron est simplement un pied de nez à ceux qui espéraient un peu de justice sociale. De par la façon de façonner cette loi par ordonnances, sans même qu'il y ait discussion entre parlementaires. Mais aussi de par son contenu qui ne protège plus les salariés par la loi.

La loi est censée être le dernier rempart à l'incivisme, le socle commun à une société, et on a aujourd'hui une loi scélérate qui dit que les négociations d'entreprise seront supérieures à la loi.

Ce genre de loi n'est pas seulement un danger pour le code du travail, c'est aussi un précédent pour toute la loi. Il serait possible de faire une loi qui assure sa propre faiblesse, et qu'un contrat malicieux pourrait autoriser ce qui n'est pas légal ?

Si vous êtes chômeur, ce n'est plus le code du travail qu'il vous faudra connaître, mais ce que chaque entreprise a négocié de pire que la loi avant votre arrivée. Vous ne pourrez plus faire confiance à un employeur, car il ne sera plus obligé de suivre la loi.

Voilà pourquoi vous devez à tout prix manifester le 12 septembre dans votre ville. Nul besoin d'appartenir à un parti politique ou un syndicat. Il suffit de vouloir reprendre la main sur ce qu'on décide sur votre dos.

Rendez-vous mardi 12 septembre
contre la loi travail 2

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