6 avril, 2018

Les piétons sont-ils dangereux ?

Chaque cycliste aura eu affaire au cours de ses déambulations à un piéton « dangereux ». Comprenez par là que l'imprudence du piéton aura amené le cycliste à avoir une sueur froide.

Combien de fois, aussi, j'ai entendu les automobilistes dire du mal de la conduite des cyclistes, disant qu'ils étaient dangereux. Admettons que face à une Clio de 800kg ou un 4x4 de 2,5T, le cycliste est surtout dangereux pour lui-même, au pire. Admettons aussi que si le cycliste prend un risque, il le prend pour lui-même uniquement face à cette tonne d'acier. L'automobiliste se plaint surtout de ce qu'il pourrait rouler sans regarder et qu'il est donc obligé de faire attention au danger qu'il représente. Parce que disons-le, dans ce cas, c'est toujours l'automobiliste qui est dangereux, et c'est aussi lui qui est en tort. Logique, c'est lui qui tient l'arme.

Pour revenir au cas du piéton face au cycliste, c'est donc le cycliste, qui se est dangereux. Si on considère que chaque personne qui se déplace en ville n'a pas forcément de voiture (par manque de moyen, parce qu'elle n'a pas de permis de conduire ou parce qu'elle se considère dangereuse en voiture) ni de vélo (parfois par peur de rouler en ville), il me semble légitime de considérer que la ville appartient en priorité aux piétons. Le cycliste est alors la source du danger pour le piéton, et même si un accident de cette nature n'est jamais mortel, admettons que c'est au cycliste de redoubler de prudence face à l'attitude négligente du piéton.

C'est pourquoi je reste toujours poli lorsque qu'un piéton traverse sans regarder, mettant sa propre santé en jeu ou lorsque des parents n'arrivent pas à tenir leurs enfants sur le trottoir. C'est à moi de prévoir ce genre de situation imprévisible et je l'assume, quitte à rappeler aimablement aux piétons leur imprudence lorsqu'elle se présente.

Tout comme la voiture doit s'effacer face aux vélos, c'est aussi aux vélos de s'effacer face aux piétons.

Mais quand même, je déteste ces foutus téléphones qui transforment les gens en robots obnubilés...

28 mars, 2018

Le dernier bourreau

Vous le savez maintenant, je suis définitivement et totalement contre la peine de mort. Je regrette même d'avoir à en parler, tant j'aimerais que cette question soit enterrée pour chacun de nous. Qu'aucune conscience ne puisse douter de l'importance d'une vie, même de la pire.

Cependant, si la peine de mort revenait en France, je devrais être le bourreau. Je ne prétends pas que j'en aurais le courage et encore moins l'envie, mais il faudrait que je sois celui-là.

Car ce métier absolument ingrat n'a rien à voir avec un autre métier moralement infâme. Car ce métier, une seule personne l'exercerait. Il n'est pas question de dire « si ce n'est pas moi, ce sera un autre ». Quand il est question de renvoyer des migrants dans un pays en guerre, de martyriser des pauvres, d'expulser les SDF d'un abri, là, on peut renier la fonction et refuser de prendre part à une mission injuste. On peut vouloir se sentir droit dans ses bottes. Mais quand il n'y a qu'un poste, on ne grossit pas les rangs, c'est soit moi, soit quelqu'un d'autre. Et il faudrait que ce soit moi.

Imaginez que vous soyez condamné à mort. Ne me dites pas que vous êtes innocent, la justice vous a condamné, c'est tout. D'ailleurs, vous ne seriez pas le premier condamné à mourir d'une simple accusation. Le problème n'est finalement pas de savoir si vous avez commis un crime ou non, la société a besoin d'un coupable et vous étiez parfait ce jour-là. Les jurés ont bien écouté les réquisitions, et ils ont estimé qu'aucun doute « raisonnable » ne pouvait vous épargner la mort.

D'ailleurs, n'imaginez pas une seconde que si vous étiez l'auteur d'un crime, la situation serait différente. Il faudrait qu'un bourreau vous donne la mort si la justice en avait décidé ainsi. Alors je me proposerais pour vous tuer.

Et maintenant que vous êtes sur le point de mourir, froidement, tué par un inconnu, quel bourreau préférez-vous ? Le sadique ou l'humaniste ?

C'est moi que vous choisiriez.

8 mars, 2018

La peine de mort (5) : Les arguments matériels

Je propose de conclure cette série de billets sur la peine de mort en faisant le tour des arguments bateau qui reviennent sans cesse.

Il m'est arrivé d'entendre que les meurtriers coûtaient cher à la société. Les nourrir à rien faire dans une prison haute sécurité coûterait de l'argent. C'est vrai. Mais il se trouve que la peine de mort coûte encore plus cher que la prison à vie. Ce calcul a été fait aux États Unis. La mise à mort seule n'est pas nécessairement si chère, mais les voies de recours le sont. Alors quoi ? Faudrait-il tuer tous les condamnés sans laisser de place au doute ? Qui est le plus barbare dans l'histoire ? Celui qui tue par passion ? Ou la société qui tuerait en se pinçant le nez ?

Malgré ces recours, le nombre d'erreurs judiciaires aux USA est effrayant. On en compte plus d'une centaine sur les macchabées produits par la justice des États-Unis. Il n'est pas pensable d'imaginer une justice qui ne se tromperait jamais. J'entends parfois dire qu'on pourrait au moins tuer quand on est sûr du coupable. Mais comment peut-on l'être à ce point, si les jugements dépassionnés sont faits par des personnes étrangères aux faits ? Sur la base des déclarations des victimes, tourmentées par leur ressentiment ?

Le mode de mise à mort est probablement aussi un problème. On ne supprime pas une vie simplement en appuyant sur un bouton. L'actualité regorge de mise à mort ratées, horribles, où le condamné hurlait et souffrait pendant des dizaines de minutes au point que les familles des victimes suppliaient pour l'arrêt de la procédure. On regrettera parfois la guillotine, un moindre mal jugé trop barbare aux États-Unis. C'est là qu'on comprend qu'une mort, c'est toujours sale.

Le dernier argument concerne l'idée que la peine de mort serait dissuasive. Les États Unis sont un bon terrain d'étude sur ce point. On n'a observé aucune reprise de criminalité dans les états qui avaient aboli la peine de mort. La tendance serait même un peu à la baisse. La raison est que les criminels n'ayant plus rien à perdre avant de se faire arrêter et risquer la peine capitale, ils auraient carte blanche pour le massacre si ça peut les sortir d'affaire.

Alors évidemment, il est vrai qu'un mort ne recommence pas. On est ici dans l'argument médical. On préjuge que le condamné aurait recommencé. Et même si c'était statistiquement vrai, aurait-on le droit de tuer un coupable, alors que précisément celui-ci ne récidiverait pas ? Il est impossible de savoir à l'avance qui sera honnête ou non.

Le doute doit toujours bénéficier à l'accusé.

Vous pouvez relire les autres billets sur la peine de mort ici : 1, 2, 3 et 4.

3 mars, 2018

La peine de mort (4) : Peut-on tuer si on est certain du criminel ?

Il m'est arrivé d'entendre des gens me certifier qu'ils sont contre la peine de mort « sauf quand on est vraiment certain du coupable ».

Apparemment innocente, cette phrase permet de se poser à juste titre la question de la limite de la justice. Elle définit une culpabilité, tente de faire émerger la vérité, mais elle ne prétend absolument pas être LA vérité. Et ce pour plusieurs raisons. D'une part, il faut savoir que ne peut pas être juge ou juré une personne qui a été concernée par l'affaire qu'il juge, de près ou de loin. On considère que cela pourrait altérer sa neutralité.

Partant de là, leur jugement ne peut se fonder que sur des preuves indirectes : témoignages, ADN, traces, données numériques, etc. Ces données sont toutes falsifiables, ou limitées dans ce qu'elles peuvent dire. Une donnée numérique pourra dire que telle puce téléphonique était à tel endroit (à 50 mètres près) à telle heure. Mais elle ne dira pas si le téléphone était dans la poche d'untel, ni s'il s'est rendu dans l'appartement et non juste en face. On essaie alors de faire parler n'importe quel élément pour conforter les preuves manquantes de la réalité des faits. Tuer un coupable sur ces éléments reste une prise de risque importante.

Et puis il est profondément injuste de jouer la vie d'une personne sur les moyens qu'il a de se payer un bon avocat. Car on le sait, cela peut faire toute la différence sur un verdict. Ce sont les plus pauvres qui sont aussi les plus souvent exécutés.

Mais ne peut-on pas être certain lorsque l'accusé avoue lui-même ? C'est une partie du problème. Il n'avouera jamais s'il risque la peine de mort sur ses aveux. D'ailleurs, la loi dit qu'on ne peut obliger quelqu'un à s'accuser lui-même. Soyons logiques. Mais admettons qu'il avoue pour avoir la conscience tranquille. Doit-on tuer celui qui assume ses actes et a permis de révéler la vérité, sacrée et espérée par tous ? Pourquoi tuer celui qui avoue et pas celui qui n'avoue pas ? Et même dans ce cas : avoue-t-il pour protéger quelqu'un ? pour détourner l'attention d'une autre vérité ? Parce qu'il subit un chantage sur ses proches ? Non. On ne peut même pas croire un accusé qui avoue.

D'ailleurs, la vérité n'est pas seulement dans ce qui se dit, mais aussi dans ce qui ne se dit pas. Notamment, on ne connaît jamais les vraies raisons profondes qui font qu'une personne a commis un acte criminel.

Tuer le coupable, c'est simplement détruire la seule preuve directe.

26 février, 2018

La peine de mort (3) : Pourquoi devrait-on tuer ?

On nous ressert tout le temps la nécessité de tuer les condamnés les plus méchants. Mais pourquoi ?

Doit-on avoir une peine de mort basée sur l'idée de la vengeance ? Vouloir la tête du condamné au sens propre ? La justice doit-elle pratiquer la rancune d'une victime ? C'est certainement cette loi du Talion qui aura transformé le désir de vengeance en nécessité d'une loi pratiquant elle-même cette vengeance. Mais j'en ai déjà parlé, la justice n'a pas le droit de jouer ce rôle.

Ou alors, il s'agirait d'un geste médical : on tue un tueur car c'est dangereux de le laisser. Comme on brûle une verrue, on découpe une tumeur, on arrache une mauvaise herbe. Il s'agirait alors de retirer toute culpabilité à l'accusé : « Il est comme ça et puis c'est tout ». Ce n'est surtout pas ce que souhaitent les victimes, au contraire. Elles veulent que sa responsabilité le cuise dans les flammes de l'enfer, lui coller toute la cause du drame.

D'autre part, on oublie que la loi peut évoluer. Qu'en est-il d'un crime qui deviendrait légal après la mort du condamné ? Par exemple, personne ne souhaiterait aujourd'hui tuer les voleurs, les sorcières ou les avorteuses. Marie-Louise Garaud a été exécutée en 1943 pour ce motif, alors que l'avortement thérapeutique est autorisé en 1955. Pas de pot pour elle !

On peut aussi penser à une loi scélérate qui condamnerait à mort des rebelles tentant de sauver le monde... comme les résistants de la dernière guerre par exemple. C'est ainsi que le Général De Gaulle fut condamné à mort par contumace le 2 août 1940.

Ce serait tellement pratique de tirer un trait pour nettoyer le crime commis. Tuer un criminel sans se poser plus de question que lui. Attend-on d'une société intelligente qu'elle réfléchisse à ses actes ?

21 février, 2018

La peine de mort (2) : La veuve et l'orphelin

Lorsque la justice décidait de tuer quelqu'un, elle prenait une lourde responsabilité. Très lourde.

Elle décrétait qu'elle ne se trompait absolument jamais (car toute erreur aurait justifié que l'on tuât la justice, elle-même coupable), que le coupable ne pouvait pas regretter, s'améliorer, tenter de se racheter ou apporter un jour quelque chose à la société. Qui sait, peut-être même sauver une vie ? Car on ne peut se permettre d'oublier qu'avant de commettre un crime, l'accusé a eu une vie. Il n'a pas toujours été mauvais, il a eu d'innombrables échanges avec d'autres personnes, il a rendu service, il a été aimé. On pourrait tuer quelqu'un alors que quelqu'un l'aime encore ?

Cette justice causerait à son tour un préjudice énorme pour l'entourage, les proches du condamné. Mais surtout : elle refuserait d'admettre qu'un individu ne se fabrique pas tout seul ! S'il tue, c'est aussi pour des raisons liées au contexte : économique, social, historique. Si un criminel est responsable de son geste, à son tour, le contexte qui a créé le criminel ne peut s'affranchir de sa part de responsabilité. Ou alors, la peine de mort est une forme d'eugénisme. Car le crime était peut-être une tentative désespérée de réparer quelque chose de vécu. La peine de mort serait un moyen confortable de ne pas se poser de question sur la société, la justice, les responsables.

Une justice qui tue des criminels crée aussi des orphelins, pupilles de l'État, des veufs et des veuves. Elle laisse un vide immense aux proches de l'accusé, qui pourraient à leur tour mal tourner. On ne punit pas le condamné, car une fois mort, il est loin des problèmes. C'est une peine pour tout son entourage, qui porte le deuil à partir de l'exécution de la peine de mort. Ce n'est donc pas une peine pour l'accusé. C'est en fait toute la société qui est condamnée de cette façon.

Et si on y pense bien, que votre père ou votre mère ait eu la tête tranchée n'est peut-être pas le meilleur moyen de faire de vous un parfait citoyen respectueux de la notion de justice... de là à prétendre que la peine de mort pourrait engendrer de futurs délinquants, il n'y a qu'un pas que je franchis sans honte.

14 février, 2018

La peine de mort (1)

Certains sondages annoncent que les français seraient pour le rétablissement de la peine de mort. Son retour demanderait de revenir sur de nombreux traités internationaux, je suis rassuré. Mais 40 ans après son abolition, on peut se demander pourquoi de nombreux français sont encore attirés par l'idée de tuer un inconnu.

Alors histoire de purger le débat, voici un aveu.

Si j'étais témoin du massacre d'un proche, de ma famille, je serais un barbare épris de vengeance. Je massacrerais brutalement et sans aucune retenue l'auteur du crime, en toute haine, en toute folie. La violence prendrait le dessus sur toute considération morale. Je ne regretterais probablement rien et estimerais avoir agi légitimement, par nécessité, selon mon instinct. Je me foutrais qu'il existe une justice autre que la mienne, que nul autre ne pourrait appliquer.

Mais voilà : la justice n'est pas moi seul. Ce que l'aveuglement peut me faire commettre, la justice doit justement l'éviter. C'est même son seul rôle. Il n'existe pas de réparation : les victimes sont douloureusement affectées quoi qu'il arrive. La mort ou la torture n'y changent rien. Une société ne se fonde pas sur des colères individuelles, fussent-elles justifiées. On ne délègue pas à l'État le soin de se venger.

« Ceux qui croient à la valeur dissuasive de la peine de mort méconnaissent la vérité humaine. La passion criminelle n'est pas plus arrêtée par la peur de la mort que d'autres passions ne le sont, celles-là, sont nobles. »
Robert Badinter - Extrait d'un discours à l'assemblée nationale, le 17 septembre 1981

La justice a un rôle fondateur dans une société. Elle a pour principe d'être détachée des événements. C'est pourquoi on demande aux juges et aux jurés de ne pas connaître les victimes ou les faits. La justice doit prendre le recul nécessaire et observer froidement la situation.

Et puis dans ce sujet, on néglige toujours une chose : le rôle de la justice est aussi de disculper. La justice ne concerne pas seulement le coupable et la victime, elle concerne surtout les innocents. Aussi bien ceux qui sont accusés à tort que ceux qui ne sont pas mis en cause.

On est alors en droit d'attendre des règles dépassionnées et rassurantes. On peut souhaiter ne pas mourir si la machine s'emballe. On peut préférer ne pas jouer sa vie sur une malheureuse décision, prise par des inconnus.

C'est à partir de là qu'il est possible de discuter. Mes billets à venir aborderont des éléments de réflexion plus précis.

25 décembre, 2017

Facho et écolo

J'aimerais aujourd'hui vous raconter une anecdote : la fois où j'ai rencontré un "écolo facho". Très franchement, je n'imaginais pas que cela puisse exister. Et au-delà de ça, je n'imaginais même pas à quoi cela pourrait ressembler. Comment peut-on concilier l'intérêt commun de l'écologie à des valeurs racistes et bornées ?

Ce type habitait le lotissement. En fait, je ne le connaissais pas. J'avais eu à échanger des politesses avec son fils qu'il m'arrivait de croiser et qui jouait avec un scooter électrique.

Le père, donc, me dit qu'il est très écolo, et qu'il fait très attention à ses déchets, sa pollution etc. Je dis que je trouve cela très bien. Il me parle de son petit excès, il a acheté une mobylette de son enfance, le modèle standard que l'on retrouve dans les bandes dessinées de Margerin. Et puis il me dit que tout résident d'appartement qu'il soit, il se chauffe au bois... !

Naturellement, il me lance là-dessus, et je lui explique que c'est écolo dans un certaine mesure uniquement. Il est vrai que le bois est une ressource renouvelable, mais outre les particules rejetées, il ne faut pas oublier que tout le monde ne peut pas se chauffer au bois. La raison ? Tout simplement parce qu'il faut faire pousser des arbres uniquement pour les brûler. Seule une faible densité de population le permet. C'est donc une solution qui peut sembler évidente en campagne, mais dans une ville, c'est plus délicat. Et j'ajoute que la densité moyenne en France n'est pas compatible avec la généralisation du chauffage au bois.

Sa réponse m'a glacé le dos : "C'est pour ça qu'il faut renvoyer les étrangers chez eux, pour qu'ils aillent se chauffer avec leur bois."

On salue parfois mon sens de la répartie, mais ce jour-là, j'avoue qu'il m'a cueilli... car si son sens frontalier de l'écologie est risible, sa connerie idéologique était d'une parfaite logique.

Joyeux Noël à tous.

17 décembre, 2017

Johnny et l'interdiction culturelle

Que va-t-il se passer de nouveau, maintenant que l'icône des jeunes des années 60 est morte ? Les jeunes des années 60 (donc les 68ards) sont eux aussi en train de mourir, certains l'ont été bien avant leur idole. Avec des débuts en 1958, des chansons populaires dès 1960, il faudra au mieux attendre 2087 pour que certains des plus vieux tubes de Johnny Hallyday puissent être libres de diffusion.

Les droits d'auteurs s'étendent en France 70 ans après la mort de l'auteur. C'est ce qu'on appelle traverser les générations. Car si vos enfants n'auront pas la chance de connaître les tubes de la jeunesse de vos parents, je ne vois plus du tout ce que la chanson peut encore s'appeler « culture ». La culture se transmet, et pas seulement « de père en fils ». Quand on parle d'héritage culturel, on ne parle pas seulement des dividendes que les majors empochent pendant parfois 1 siècle. On parle de ce que la musique apporte à une population.

Car quand je dis 2087... c'est le meilleur des cas. Car tout interprète de talent que pouvait être Johnny Hallyday, il n'a jamais rien écrit. Il faudra donc attendre encore la mort de tous les auteurs et compositeurs (*).

En fait, selon les enregistrements, il faudra même attendre la mort de chaque musicien... donc probablement autour de 2130... autant dire que le Climat aura eu le temps de se dérégler et les guerres d'exploser. On sera fixés sur l'existence des extraterrestres, sur la survie en milieu hostile et plein d'autres sujets bien avant qu'il ne soit possible de faire écouter à quelqu'un du Johnny sans que la SACEM nous tombe sur le dos.

Quel meilleur hommage à la musique d'une génération entière que de mettre toute cette œuvre dans un coffre et ne plus l'ouvrir avant qu'on ait trouvé comment recycler nos déchets nucléaires ? D'attendre l'extinction des espèces pour entendre librement du Johnny ?

C'est beau, on en pleurerait.

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(*) Différents auteurs-compositeurs ayant travaillé pour Johnny Hallyday (liste non exhaustive) :
Charles Aznavour, Jean Renard, Gille Thibault, Philippe Labro, Michel Mallory, Pierre Billon, Michel Berger, Jean-Jacques Goldman, David Hallyday, Zazie, Pascal Obispo, Gerald De Palmas, Yodelice

11 décembre, 2017

Hommage à Johnny

Difficile pour vous d'imaginer que je vais parler musique sur ce blog. Même moi, je n'y crois pas. Surtout que Johnny n'a jamais été neutre politiquement. Toujours associé à la droite traditionnelle par ses soutiens, puis carrément associé à Sarkozy, son grand pote du Fouquet's. Donc étiqueté pas trop gaucho, voyez ?

Donc non, je ne vais finalement pas parler musique. Cet article ne renie aucunement les qualités d'interprète de Johnny. Il ne renie pas non plus la nécessité pour lui d'entretenir sa voix en fumant au point d'en crever (mais tard, quand même). Les risques du métier.

Johnny Hallyday aura toujours fui les impôts, surtout depuis que l'argent a commencé à rentrer, c'est à dire de 1975 à sa mort. Cela en fait peut-être une icône française. Il préférait donner à quelques œuvres caritatives plutôt que de laisser l'État faire son boulot (mais le fait-il ?). Le montant n'était pas non plus le même. Pardonnez mon côté pingre.

On rira quand même pas mal de sa cavalcade où il a mendié une nationalité belge au prétexte d'un père qu'il n'a pas connu pour pouvoir habiter à Monaco loin du fisc, pour ensuite échouer en Suisse contre négociation, puis partir à nouveau parce que les impôts suisses sont "moins cools qu'avant", et finir en Californie pour y payer les sous qu'il ne veut pas payer en France. Ce que finalement beaucoup d'artistes français font, oubliant où ils gagnent leur argent, quelle école a fait d'eux ce qu'ils sont.

Bref, au-delà du regret que l'on peut avoir pour le chanteur, on rit surtout à gorge déployée des villes qui lui ont fait des hommages en grande pompe, de l'État qui lui a fait un hommage national, sur les deniers qu'il a toujours refusé de payer.

Maintenant, attendons la presse sur les histoires d'héritage. Ça peut avoir de la gueule...

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