27 octobre, 2018

La fin du trou de la Sécu

Ça y est ! Le trou de la sécu vient enfin d'être résorbé !

Et pas qu'un peu... on nous faisait la leçon pour un petit trou d'un milliard, et voilà pas qu'on se retrouve avec un bénéfice de près d'1 milliard ! Bah, les milliards, ça va, ça vient.

Ça aura été compliqué de sauver la Sécu quand même. Il aura fallu fouetter les hôpitaux, imposer des frais médicaux pas remboursables par les mutuelles (1€ de participation forfaitaire) pour dissuader les malades d'être malades, baisser des tas de remboursements, mais ça y est, on y arrive.

Et maintenant ? On remet les remboursements comme avant ?

Bah non, ça serait dommage. Macron en fera profiter les cotisants (les entreprises, via les salaires). Comme ça, on dépensera moins en cotisations, on creusera un autre trou de la sécu et on pourra recommencer à dérembourser un cran plus loin.

Vous suivez la logique ?

Dire qu'il aurait été si simple de maintenir les cotisations sociales. Dire qu'une sécu qui rembourse à 100% coûterait moins cher en mutuelle et apporterait ce foutu pouvoir d'achat dont on parle tant...

Surtout qu'on ne le dit pas, mais les heures sup, celles-là même qui justement rendent les gens malades, et bien elles seront exonérées de cotisations ! Pas bête hein ? Pour un coût de 2 milliards. On remet 10 balles dans la machine ?

Le plus drôle, c'est que la Cour des Comptes prévoit même un bénéfice de 24 milliards en 2022, qui servira à renflouer les caisses de l'État, car les bénéfices seront plafonnés par la loi. Les cotisations sociales serviront donc ainsi à financer les entreprises qui ne cotisent pas (avec le CICE par exemple). Une merveille.

PS : Pour ceux qui n'auraient pas suivi, ils sont en train de faire pareil avec Pôle emploi...

15 octobre, 2018

François Ruffin le décroissant

Il n'aimerait certainement pas que je parle de lui dans ces termes, mais ses propos sont de plus en plus déconnectés du fantasme de la « croissance ». Il se dit « acroissant » comme on pourrait être « agnostique ».

Il a fait récemment une intervention à l'assemblée nationale que j'ai particulièrement remarquée. C'est un concentré de vérité. Je vous en recommande le visionnage ci-dessous.

Naturellement, je vous recommande de visionner l'ensemble de ses interventions. Il est vraiment là où il faut et il dit ce qu'il faut.

Merci François pour toutes tes intervention qui valent de l'or.

11 octobre, 2018

Le « Revenu Universel » de Macron

Avez-vous déjà vu ces paquets de gâteaux avec l'inscription « Nouvelle Recette », écrite en gros dessus ? Ça a l'air tellement meilleur... On se dit qu'ils ont fait bosser des cuisiniers pendant des mois pour améliorer encore un peu la recette, pour qu'elle ait meilleur goût.

La vérité est généralement différente, si la recette est nouvelle, c'est bien souvent pour y ajouter de l'huile de palme, remplacer le sucre par du sirop de glucose, un fruit par un arôme, un arôme de fruit par un « arôme naturel », composé de moisissures sentant la pêche ou autre. Un peu comme pendant la guerre. On remplaçait le café par de la chicorée à défaut de mieux. Sauf que là, on le savait, personne ne mentait. Ce n'était pas du « café nouvelle recette », c'était de la chicorée, un chicon torréfié.

Macron nous refait le coup de la « Nouvelle Recette ». Il le refait dans tous les domaines, certes. Mais il annonce cette « Nouvelle Recette » sitôt qu'il prépare un sale coup en fait.

Depuis quelques temps, on voit le suppositoire du contrôle des chômeurs arriver, notamment avec l'ECRE, puis aujourd'hui avec le nouveau statut du chômeur et ce qu'il ose appeler le « revenu universel », conditionné à accepter n'importe quoi. C'est donc un truc « universel », mais avec une « condition ». Un peu comme les forfaits illimités, à condition de pas trop les utiliser.

Son « Revenu Universel » est comme un RSA, mais avec des conditions plus drastiques qu'avant quant à la recherche d'emploi. Il est donc « moins universel » qu'avant. C'est en fait un « RSA très conditionnel ». Et comme les allocations logement seront coulées dedans, quand un bug nous en sortira, on perdra tout le même jour. Et plus aucun autre recours que « Pôle Emploi » qui centralisera toutes les aides. Déjà qu'ils ne sont plus très forts dans ce qu'ils font depuis 50 ans, ça risque de pas être terrible dans ce qu'ils n'ont jamais fait.

Macron nous ment. Il enrobe ses mensonges de vaseline pour qu'on n'entende pas les cris. Des mensonges « nouvelle recette », bien sûr...

Le prochain projet sera les retraites « nouvelle recette » (avec moins de cotisations dedans), les fonctionnaires « nouvelle recette » (avec moins de fonctionnaires et moins payés), et pourquoi pas l'industrie « nouvelle recette » (avec moins de contrôles qualité et plus d'impunité dedans).

Préparez-vous bien. On va bouffer de la démocratie « nouvelle recette ».

7 octobre, 2018

Savez-vous comment on fait pour entrer à Pôle Emploi ?

Pour entrer à pôle Emploi, il faut un rendez-vous. Une fois sur place, on s'adresse alors à un interphone qui nous ouvre la porte ou non. Il est possible d'entrer dans les locaux le matin pour certaines réunions ou pour accéder à des ordinateurs, mais les conseillers sont difficiles à rencontrer. On est très loin du service qui existait voilà encore 5 ans.

Aujourd'hui, l'accueil à Pôle emploi est piteux. On retrouve des conseillers débordés qui nous mettent la pression pour prendre n'importe quel boulot. Comme cette amie qui avait dû se rendre avec son nourrisson à l'entretien, et qui devait lui donner le sein.

« Il faudra qu'il passe au biberon si vous voulez travailler. »

Bref, plus personne n'a envie d'aller à Pôle Emploi. Plus personne n'aime les agents déshumanisés de l'agence. C'est pour ça qu'ils mettent des interphones. Peut-être aussi pour éviter que les prochains à s'asperger d'essence le fassent dans les locaux de l'agence.

Pour s'inscrire à Pôle Emploi, on ne le fait pas dans une agence, mais en ligne. Il n'y a plus d'accueil pour rencontrer un conseiller. Au mieux, on vous aiguillera vers un ordinateur à disposition si vous n'en avez pas, et quelqu'un pour vous aider à cocher les bonnes cases. Si par exemple, vous n'avez pas d'e-mail, ça sera assez compliqué pour vous. Comme pour refaire une carte grise en somme.

Macron nous dit qu'il veut renforcer le contrôle des chômeurs. Bienvenue à Pôle Emploi. Il voudrait le faire dans leur propre intérêt. Il dit que l’intention du gouvernement n’était pas de « mettre de la suspicion derrière chacun ». Pourtant, quand on surveille un chômeur comme on le fait dans les cellules d'inquisition de l'ECRE (qu'il veut tripler), il est difficile d'imaginer que quelqu'un ici vous fait confiance. Et puis l'ECRE, c'est bientôt la seule chose qui restera de Pôle Emploi... Bonjour l'accueil !

C'est surtout démesuré si on compare au but visé : poursuivre « les quelques uns qui abusent ». Ils nous ont fait le coup pour un fichier d'empreintes biométriques national. On est parti du fichage des pédophiles pour aujourd'hui ficher tout le monde sans procès. Aujourd'hui, on a l'ECRE pour les quelques uns qui abusent, et demain, plus rien pour les autres.

Macron passe l'ECRE de 200 à 600 personnes. Cela permettra de radier 3 fois plus de personnes, donc 60 000 chômeurs. J'attends les articles de la presse qui nous annonceront une reprise de l'emploi, grâce à une baisse de 60 000 demandeurs d'emploi...

Savez-vous comment on fait pour entrer à Pôle Emploi ? Macron a trouvé le moyen de nous en faire sortir...

29 septembre, 2018

Un végétarien au restaurant

On trouve de plus en plus de restaurants végétariens en ville, voire même des restau végans. C'est une excellente nouvelle. Barcelone s'est même équipé d'une appli smartphone pour les trouver plus facilement. Mais soyons clairs, il y a encore du chemin à faire. Quand on n'aime pas manger du cadavre, aller au restau reste encore souvent une soirée à risque.

J'ai toujours considéré qu'un restaurateur était un professionnel de l'alimentation. En fait, même un petit restau devrait au moins savoir un minimum de choses sur l'alimentation. Mais quand vous dites que vous êtes végétarien, là, vous passez rapidement pour un extraterrestre. Encore de très nombreux restaurants ignorent ce que cela signifie (je n'ai même pas parlé de véganisme !).

Il m'est arrivé de recevoir une assiette de poisson dans un restaurant de luxe qui avait prévu exprès pour moi un repas végétarien. Le service était impeccable, les serveurs savaient reconnaître qui étaient « les » végétariens sur les tablées, mais non : le cuistot ne savait même pas qu'un végétarien ne mange pas non plus de poisson...

Dans certains cas, lorsque le resto est situé loin d'une grande ville, le serveur peut demander des précisions pour savoir précisément ce qu'il peut me proposer (gloire à lui). Mais dans de nombreux cas, il faut se contenter d'un seul plat sur la carte, le seul qui ne contient pas de viande ou de poisson, avec l'espoir qu'il sera nourrissant.

Dans des plus petits restaurants, c'est parfois drôle aussi. Je ne dis plus que je suis « végétarien », trop compliqué à comprendre. Je dis que je ne mange « ni viande, ni poisson ».

Ah bon ? Mais vous mangez quoi alors ?

Un peu comme quand j'habitais en rase campagne et que je disais ne pas avoir la télé : « Ah bon ? Mais tu fais quoi alors ? ». Drôle et lassant. Impossible de faire la liste de tout ce qu'il reste possible de faire ou de manger face à ces 2 questions. Des légumes, céréales, champignons, fruits, légumineuses, œufs, laitages... tout ce qu'un « cuisinier en herbe » sait préparer.

Comme dans ce restau où la patronne m'a servi une assiette riz + omelette + haricots verts, presque désolée, comme si elle me donnait à manger les restes. Il faut les féliciter dans ce cas, leur montrer qu'une telle assiette est décente pour le client.

Le top, c'est cette fois où le cuistot, trop honteux de me servir ça a ajouté un louche du fond de sauce de plat de viande du jour sur mon riz. Un genre de riz sauce pot-au-feu quoi...

Je précise que chacun de ces restaurateurs a fait ce qu'il a pu avec ses moyens pour me satisfaire. Juste qu'il ne comprenait pas. Il est aussi arrivé que le cuisinier improvise des merveilles sans m'assassiner sur le prix d'un produit pourtant pas sur la carte.

Les mentalités ont encore un peu de mal à évoluer. Mais au moins, ce qui pourrait passer pour une coquetterie alimentaire a toujours été traitée avec respect. On ne peut pas se permettre de louper un client.

Un jour, les restaurants s'arrangeront tous pour avoir au moins 2 plats végétariens (voire végan). Là, ce sera gagné.

22 septembre, 2018

Trois exemples sur le prélèvement à la source

Tout d'abord, un point sur la trésorerie. Quand vous devez 100€ à quelqu'un et que vous remboursez seulement 1 an après, vous avez un bonus en trésorerie de 100€ pendant 1 an. C'est de ça que vivent plein de gens. Les banques pour commencer, car tout l'argent que vous « possédez » à la banque est en fait entre les mains du banquier, qui ne vous les rend que parce qu'il est bien gentil. Mais tant qu'il ne vous les rend pas, il l'investit, il le fait tourner, gagne des intérêts, devient riche, et vous facture ses services (cherchez pas, c'est comme ça). Les hypermarchés fonctionnent aussi un peu comme ça : ils commandent des marchandises, les vendent dans la semaine, et paient 3 mois plus tard. L'argent placé leur rapporte. C'est de la trésorerie.

Avec l'impôt, on ne payait que l'année d'après, on avait donc toute la somme des impôts en trésorerie pendant 1 an. C'est pas rien... car on peut le placer, ou simplement sortir la tête de l'eau quand on a plein de trucs à payer. C'est aussi une façon d'alléger un peu l'impôt lorsque notre salaire augmente, puisqu'on paie l'année d'après des impôts pour l'année où on gagnait moins. Et avec l'impôt à la source, on vient tous de perdre 1 an de trésorerie.

Le 2ème truc, c'est quand on est jeune et qu'on commence la vie avec un premier boulot. Cette année de trésorerie est alors bien utile pour acheter un vélo, s'installer, payer la première caution de l'appartement et tous les frais du début de la vie autonome. Maintenant, le jeune paiera les impôts immédiatement, ce qui pourra dans certains cas lui souffler un mois de salaire (mais fort heureusement, il sera déjà trop précaire et pauvre pour ça). La situation est la même pour un chômeur de longue durée : lorsqu'il paiera son impôt, ce sera tout de suite, avec donc un salaire diminué d'autant, alors qu'un peu d'air au moment du retour à l'emploi aurait été bienvenu.

Notamment, ceux qui ont été licenciés l'an dernier et ne retrouveront un boulot que l'an prochain l'auront bien dans le baba, car ils auront payé leur impôt 2017 en 2018, et devront repartir en payant immédiatement l'impôt 2019 alors qu'ils sortent d'une année maigre (chômeur payant des impôts de salarié). Le contraire d'une année blanche pour ceux-là.

Le 3ème élément, sans doute moins pernicieux, mais vraiment le plus débile de tous, c'est qu'en ajoutant le patron comme intermédiaire, il suffira que l'entreprise mette la clé sous la porte pour que l'État dise Adieu aux impôts qu'elle lui devait. Et vu la santé économique du pays, c'est pas la meilleure des prises de risque sachant que 30% des entreprises déposent le bilan après 3 mois d'existence. Ce sera donc environ 60 000 faillites par an en France, et autant d'impôt qu'il faudra récupérer avec difficulté (voire souvent impossible). Surtout qu'on avait un recouvrement de 98,5% de l'impôt des ménages, on fera forcément moins bien.

Après, il faut aussi penser que les grandes entreprises, celles qui ne coulent pas auront ce petit avantage de justement, pouvoir faire un peu de trésorerie avec une partie de salaire qui ne sera pas versée au salarié, correspondant à un impôt qu'elles paieront avec un peu de retard à l'État. Ça peut faire une belle rente quand on embauche du monde...

16 septembre, 2018

Prélèvement à la source : c'est foutu

Vous savez certainement ce que je pense de ce type de prélèvement, puisque j'en ai parlé dans ce précédent billet. Je le trouve compliqué, inadapté, injuste, et j'ai beau écumer Internet, je n'arrive pas à lui trouver le moindre avantage.

Il semblerait que sa seule raison d'exister est que « les autres pays font pareil ». On prévoirait donc de rater en France ce qui marche dans d'autres pays, alors qu'on faisait en France un truc qui marchait déjà très bien.

Cela me fait penser à cette loi qui est passée sous Giscard, en 1973 (renforcée dans les accords de Maastricht). C'est depuis cette date que l'État français s'interdit d'emprunter à la Banque de France. Cela aura permis de stopper l'inflation, mais aussi d'augmenter le chômage et de contraindre les budgets, rendant ainsi impossible de financer des projets d'avenir par l'inflation.

Là où l'inflation permettait un réajustement social en faisant perdre un peu de valeur à l'argent, compensé par l'augmentation régulière des bas salaires, on est aujourd'hui dans l'incapacité de financer correctement nos projets sans emprunter sur les marchés. C'est depuis Giscard qu'on a ajouté une case aux dépenses publiques : les intérêts de la dette. Aujourd'hui, ils s'élèvent à un montant supérieur au seul impôt sur le revenu.

C'est comme si on avait supprimé les impôts sur le revenu en 1970 et qu'on avait essayé de continuer à financer les projets publics.

Et puis ce serait con de se fâcher avec les marchés financiers maintenant qu'ils financent le pays. Alors on va voir dans les poches des plus pauvres.

Par la suite, après la retraite de Giscard, on lui a demandé pourquoi il avait mis en place ce système. Il a répondu que c'était comme ça dans les autres pays.

On n'a plus qu'à regarder les catastrophes mondiales pour deviner ce qu'il reste encore à copier sur les autres pays...

3 septembre, 2018

Le prélèvement de l'impôt à la source

On parle pas mal de ce prélèvement à la source en ce moment. C'est un truc qu'a voulu faire Hollande, et que Macron semble hésiter à mettre en place. C'est présenté comme un progrès parce que beaucoup de pays le font, et en même temps, peu de français arrivent à comprendre vraiment de quoi il retourne. François a eu la bonne idée de lâcher le projet avant de se barrer, pour laisser tous les problèmes au suivant : Macron, celui que je déteste encore plus que Hollande.

Et franchement, s'il veut avoir une chance de faire un truc pas trop pourri en 5 ans, c'est peut-être sa seule fenêtre de tir : il doit annuler ce projet débile.

Pourquoi débile ? Ou au contraire « pourquoi intelligent ? ». Personne n'est capable d'avancer un argument en faveur de cette usine à gaz. On a déjà un taux de recouvrement de l'impôt de 98%. Les seuls que l'on ne perçoit pas n'ont pas été déclarés (pas un salaire quoi). Cela ne changera donc rien. Pas comme si on courait après les exilés fiscaux...

L'État aurait pu espérer gratter quelques sous de trésorerie en touchant un an plus tôt les impôts, mais cela n'a d'intérêt que si ces impôts sont plus importants que l'année précédente. Mais la croissance étant en berne, ce ne sera plus jamais le cas.

Et si le but est de simplifier l'impôt, c'est raté : car il faudra toujours continuer à déclarer ses revenus non salariés. Le recouvrement par l'État sera plus compliqué (on voit déjà des bugs), cela impliquera les employeurs (qui ne sont pas au point) et il y a même des chausses trappes pour lesquelles on n'a pas de solution comme les chèques emploi service.

La situation pourrait aussi être gênante lorsque vous changez de métier : entrepreneur en 2020 puis salarié en 2021, avec les 2 impôts à payer en 2021...

Le principe est qu'on prélève ce qu'on pense pouvoir prélever, et en fin d'année, on régularise. Pour ça, on avait la mensualisation qui était déjà très bien et efficiente. On aurait pu la rendre obligatoire (bien que je m'y serais opposé), cela aurait été plus simple.

Autre problème : même les salariés auront maintenant du mal à comprendre ce qu'ils paient vraiment. Ce sera une ligne de plus sur leur feuille de paie. Comme ces lignes que seuls les comptables comprennent.

Mais, ce qui me gêne le plus, c'est qu'on transfère à une entreprise une mission qui relève de l'État, sachant que cela pose alors des questions sur la vie privée. Si je veux préserver les infos de ressource de mon foyer (enfants, conjoint), je suis alors obligé de payer plein pot et me faire rembourser après par l'État. En France, l'impôt sur le revenu a la particularité de dépendre de nombreux facteurs (état civil, salaire du conjoint, nombre d'enfants, déductions diverses...) que je n'ai pas envie de partager avec mon patron.

Je crains que Macron n'ose pas annuler ce truc. Ou pire : il pourrait le transformer en autre chose. Histoire de cumuler les problèmes...

La vie se fait en flux tendu et on voit régulièrement les problèmes que ça peut poser (dépendances aux transports, aux ressources, aux communications). On n'a pas besoin que l'impôt le soit aussi.

16 août, 2018

Interdiction de conduire...

Petite anecdote qui m'a été racontée par l'intéressé et qui en dit long sur la place de la voiture dans notre société.

C'est l'histoire d'un agent indépendant de sécurité. Comme un Benalla mais moins proche du Président. Le genre gros bras, un peu méchant, viril jusqu'au bout de son camion. Je pourrais dire « voiture », mais il a un énorme 4x4 Ford. Genre pick up avec un coffre fermé pour laisser son molosse dormir dedans. En fait, j'ai testé, je tiens allongé de tout mon long. On peut dormir à 2 si on ne dépasse pas 2 mètres. Bref, le truc qui émet officiellement 2 fois plus de CO2 que ma voiture et pèse 2 tonnes. Une arme en quelque sorte.

Le type rentre chez lui bourré, roule vite, rate un rond-point et fait un tonneau. Car ces véhicules ont une telle hauteur qu'ils sont plutôt instables. Dans son malheur, personne d'autre n'est touché, aucun autre véhicule percuté. Les flics le sortent du fossé et compatissent avec le type. Celui en charge de l'alcootest lui fait comprendre qu'il avait « déjà soufflé » dans le ballon, et qu'il ne serait pas inquiété pour ça.

– Mais non, j'ai pas soufflé !
– Si, si, t'a soufflé...

On peut toujours compter sur les flics pour aider les gens.

Par contre, comme il avait déplacé toute la meute et qu'il était impossible de mettre toute la brigade dans le coup, il a quand même fini devant un juge pour avoir conduit dangereusement, au point de retourner 2 tonnes d'acier tout seul.

La seule peine qu'il aura, c'est un retrait de permis. Mais un retrait assez spécial quand même. On lui précise qu'il n'aura plus le droit d'utiliser son 4x4 que pendant ses heures de travail. On lui demande donc ses horaires de travail. Comme il est à son compte et qu'il peut être amené à travailler de jour comme de nuit, il est donc précisé : retrait de 6 mois de permis sauf de 0h à minuit.

Ce type peut continuer d'utiliser sont permis comme un port d'armes de 2 tonne pour tirer dans la foule. Pensez bien qu'il perdrait du crédit avec une voiture sans permis... Faudrait pas toucher à sa situation professionnelle quand même, il y a des priorités !

10 août, 2018

Quel est le rendement d'une voiture ?

On n'arrête pas de dire que le rendement des moteurs s'est considérablement amélioré ces dernières années. Bof. Voilà pourquoi.

D'une part, il faut savoir qu'il existe une limite théorique au rendement d'un moteur. On appelle ça la loi de Carnot. Cette loi dit que sur un moteur thermique, il est impossible de dépasser un rendement de 60%. En fait, c'est la théorie physique. Parce que dans la pratique, il n'existe aucun moteur dépassant un rendement de 50%, et encore, dans des cas très particuliers. Ce sont des moteurs très réguliers et immenses, qui tournent toujours absolument à la même vitesse, ne s'arrêtent jamais et servent pour de l'industrie lourde, en brûlant du fuel lourd (pas le plus écolo quoi).

Dans le cas des voitures, on a besoin de moteurs dont le régime est très variable : accélérer, changer de vitesse, freiner, parfois même utiliser le frein moteur. De plus, le moteur doit être compact et pas trop polluant, être coupé fréquemment, et démarrer à n'importe quelle température. Les moteurs de ce type ont plutôt un rendement de l'ordre de 20%. Et encore, ce rendement baisse lamentablement sur des petits trajets, notamment en ville. Supposons que les récents progrès les aient amenés à 25%, soyons fous.

25%, c'est l'énergie produite par le moteur et qui ne part pas en carburant gaspillé, en chaleur ou combustion incomplète. C'est le rendement de l'énergie mécanique produite à partir d'une énergie chimique contenue dans un combustible.

Mais cette utilisation de l'énergie comporte un défaut : elle demande au minimum de déplacer le moteur. Seule une partie de l'énergie permet de déplacer des personnes. Aujourd'hui, on fabrique de superbes moteurs que l'on met dans des voitures de plus en plus lourdes. La norme devient 1,5 tonne semble-t-il, omettons volontairement les SUV de plus de 2 tonnes, même s'ils ont un impact significatif sur la moyenne.

Les voitures roulent généralement avec 1 personne à bord. Ne cherchez pas, la moyenne est un peu plus clémente, peut-être, mais si on ne découpe pas les personnes, on en met en général seulement une personne dans les voitures qui se déplacent. On a donc 1500kg de voiture pour 65kg de personne. Arrondissons à 80 kg parce qu'on transporte parfois aussi quelques objets, et parce que les gens sont gros. Ne comptons donc pas les personnes faisant appel à un chauffeur.

0,25 × (80/(1500+80)) = 0,0127

Le rendement actuel des voitures est donc de 1% environ. Largement moins si on parle d'un SUV. Imaginez un peu le gâchis. C'est à se demander lequel conduit l'autre. 99% de l'énergie est soit perdue en chaleur, soit utilisée pour déplacer la voiture. Et on dit que l'essence est chère ?

Que diront de nous les générations futures quand elles sauront qu'on utilisait la voiture pour des trajets moyens de moins de 5km, faisables à pied ou à vélo sans trop d'efforts ? Quand elles sauront qu'on a déréglé le climat avec des voitures de 1,5 tonnes, et pour déplacer seulement 65 kg de viande ? À ce prix-là, on peut améliorer le rendement des moteurs pour alourdir les voitures... le rendement de la voiture ne fait toujours qu'empirer.

Et encore, je ne compte pas l'énergie grise (fabrication des voitures) ni la fabrication des routes... pensez-vous que le rendement pourrait tomber à moins de 0% ?
 

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