27 mars, 2019

On sort l'armée après l'attaque du Fouquet's

En 2007, Sarkozy fêtait sa victoire à l'élection présidentielle au Fouquet's. Depuis lors, cette brasserie huppée de Paris est devenue un symbole de l'oligarchie, de tous ces contribuables qui partent cacher leur argent en Suisse. Sarkozy a été le premier Président à mélanger les genres de façon aussi nette, à assumer qu'il serait le Président des riches. D'ailleurs, il est actuellement le seul à s'être reconverti dans le privé après sa fonction présidentielle.

Alors que les manifestations font rage dans tout le pays pour dénoncer cette perte de souveraineté du peuple face aux puissances de l'argent, Macron, Président des ultrariches est devenu un symbole de cette annexion du pouvoir par les riches, au point de faire passer Sarkozy pour un débutant sans classe. Les gilets jaunes sont un mouvement combattu avec force par le pouvoir. Elle n'est pas combattue politiquement, mais par la force. Entendez bien : même les eurodéputés dénoncent les violences policières « disproportionnées ». On a le Conseil de l'Europe qui est venu dénoncer la loi anticasseurs, et même maintenant l'ONU qui adresse un avertissement à la France. L'arme LBD 40 est dénoncée par tout le monde, Ligue des droits de l'homme en tête. La France est le seul pays à l'utiliser à ce point. Quand même drôle que la « puissance publique » choisisse précisément cette arme fabriquée en Suisse, terre d'exil fiscal. Tout un symbole.

Macron veut interdire le droit de manifester au nom du respect des institutions de la République, en demandant aux gilets jaunes de respecter la loi alors que son gouvernement est responsable de gazages massifs, d'arrestations arbitraires (gardes à vues sans motif) et de mutilations. Tout ça pour protéger des statues et des biens matériels ?

Alors forcément, l'une des représentations de cette injustice, le Bethléem de la finance, c'est le Fouquet's. Juste un symbole, comprenez bien.

C'est tellement étonnant que Castaner décide d'envoyer l'armée la semaine suivante. Une coïncidence, probablement. L'idée que le dialogue évolue. Après les charges de CRS violentes, les interdictions illégales de manifester légalement, les lois de circonstance pour nous museler, on appelle maintenant l'armée. L'armée pour sauver les manifestants d'eux-mêmes ? Encore probablement un symbole...

19 mars, 2019

Le chenil de Pôle Emploi

Ce ne sont plus les demandeurs d'emploi qui cherchent l'emploi, mais les entreprises qui cherchent l'employé.

C'est tellement vrai que chercher un emploi demande un peu de talent, mais beaucoup de chance au final. Chance d'être bien né, d'avoir survécu aux accidents de la vie, d'avoir bénéficié d'études et d'avoir eu les bons contacts, le tout avec la qualité de savoir tirer profit de tout ça. Sinon, il y a aussi la chance de tomber au bon moment au bon endroit, face à la bonne personne, à un moment où tout va bien.

Mais il n'existe pas de moyen fiable d'avoir une carrière sans être au moins dans l'un des 2 schémas précédents. Ce sont aussi ces personnes qui sont les plus recherchées par les recruteurs.

En fait, à force de recevoir tout et n'importe quoi comme CV, les entreprises ont souvent recours au filtrage. Ne pas répondre au téléphone, mettre sur une pile les CV avant recyclage du papier, trier les e-mails par mots-clés, retirer les annonces au bout de 24h (parfois au bout de quelques heures seulement). Bref, les entreprises ont développé des stratégies pour se protéger du tout venant des chômeurs.

Mais parfois, il arrive qu'elles aient quand même « vraiment » besoin de recruter. Alors elles ont des stratégies. Les chasseurs de têtes si vous êtes rares, ou le piston : « tu connaîtrais pas quelqu'un ? ».

C'est tellement vrai que maintenant, à Pôle Emploi, au-delà du service des annonces, on bascule en douceur vers un service des CV. Même si les chômeurs sont toujours obligés à fouiner dans les rares annonces disponibles, l'œil vif, pour trouver une truffe.

Il s'agit de ce fameux « espace personnel » en ligne que les chômeurs ont l'obligation de remplir. Il est personnel et obligatoire. On y met tout un tas de données personnelles préformatées, sans personnalité, et en toute fadeur. Cet espace est la totale contradiction des CV que l'on nous apprend à faire depuis des années. Il faut même y mettre des « compétences », préformatées elles aussi.

Cet « espace en ligne » est un vivier que peuvent consulter les entreprises sans être harcelées par les chômeurs avides. Ainsi, elles peuvent se faire l'économie de poser une annonce et choisir parmi les profils.

Les chômeurs sont ainsi progressivement placés dans des vitrines éclairées, sommés d'être désirables, pour que l'employeur puisse faire sa moisson. Nous devenons un vivier de chômeurs, un peu comme des animaux dans un chenil, attendant un maître attendri.

On nous apprend à remplir cet espace virtuel, attirer l'attention, donner la patte, remuer la queue, faire des courbettes de façon à être désirables derrière la grille de notre cage.

Les évolutions de Pôle Emploi sont discrètes, mais redoutables.

14 février, 2019

Encore une liberté perdue avec l'impôt

C'est criant de vérité : on perd des libertés et l'état glisse vers l'autoritarisme. La démocratie est réduite à un simple vote tous les 5 ans et elle ne permet pas de filtrer les menteurs ou même les élections illégales (voir les comptes de campagne de Macron qui ne font l'objet d'aucune enquête). Les référendums ne sont même plus respectés. C'est à présent l'Europe qui décide de nos lois, dans une assemblée pour laquelle on compte plus de lobbyistes que de députés.

On nous retire même le droit de penser. Car penser demande de s'informer sans le regard des autres. Mais toutes nos navigations Internet sont dorénavant espionnées par le gouvernement, depuis Hollande. Même nos appels peuvent l'être sans l'autorisation d'un juge. Pire : le gouvernement peut censurer des sites sans avoir à se justifier, sans même prévenir l'intéressé (toujours pas de juge), mettant ainsi sous coupe réglée la liberté d'expression publique. Et ce qui reste de médias est aujourd'hui sous la coupe des gros intérêts financiers.

Le dernier rempart de la démocratie s'exprimant dans la rue, on le voit aujourd'hui avec les gilets jaunes, le gouvernement commence à vouloir faire des lois de circonstance pour juguler le droit de manifester. Non seulement Castaner menace les manifestants alors que cette liberté est garantie par la Constitution, mais il envoie tellement de policiers, toujours plus violents, avec des milliers d'arrestations injustifiées, que le simple principe de manifestation est en danger. Avec les nouvelles lois, il faudra même montrer patte blanche avant de marcher dans la rue.

Et pour finir, le degré zéro de la contestation vient de nous être supprimé : celui de refuser de payer l'impôt. Certes, l'impôt est dû. Mais cela restait un dernier rempart de contestation pacifique. On appelle ça la « résistance fiscale ».

Mais avec le prélèvement à la source, même cette dernière possibilité nous est retirée. L'État se sert sur votre argent avant même que vous ne le touchiez. C'est finalement votre salaire qui est conditionnel, pas celui de l'État (sauf si vous êtes très riche évidemment).

Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, Art. 14.
Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.

Techniquement, le dernier moyen de contester la teneur de l'impôt, c'est de travailler au noir. Admettez quand même que ça la fout mal de travailler au noir pour défendre le service public...

7 février, 2019

Le Grand Débat, gros comme Macron

Vous n'apprendrez certainement rien dans ce billet. Oui, il m'arrive de répéter des évidences. L'évidence que je vais vous dire est que le « grand débat national » de Macron est un cul de sac, qu'il ne faut rien en attendre.

Macron est le roi de la poudre de perlinpinpin. Il nous promet qu'il a compris, qu'il va tenter un changement, mais il a déjà dit largement qu'il ne changerait « ni de cap ni de politique » (1). D'ailleurs, s'il avait « compris », pourquoi ferait-il un grand débat ?

Il a dit ça lors du remaniement. Il change son gouvernement pour que justement rien ne change. Et il a bien mis en application son entêtement. Après les manifestations des gilets jaunes, soutenues par la majorité des français, il s'entête. On a des morts, des estropiés. Il envoie les CRS et diffuse dans les médias les images de violences pour dissuader de manifester. Et comme il l'a fait à Notre Dame des Landes, il envoie tout ce qu'il a de forces sous la main. Aujourd'hui, on se retrouve avec à peu près autant de CRS armés que de manifestant désarmés (2 bâtons, une hache et quelques feux d'artifices face à 80 000 matraques, lacrymogènes, canons à grenades et autres armes défigurantes). Il met le paquet. C'est à se demander comment il fera quand il aura complètement laminé ce dernier pilier du service public.

Macron l'a illustré dans son discours aux gilets jaunes, où il a justement continué son programme en faisant croire qu'il avait compris. Et c'est là qu'il a parlé d'une grande concertation. Personne n'est dupe, au point que même la presse en parle (pourtant pas la première dans ce genre de situation) : tout le monde parle d'enfumage. Il est facile de voir que les questions posées à son débat sont très orientées et n'abordent pas du tout les problématiques soulevées par les gilets jaunes, l'ISF en tête. Ce grand débat est une façon de nous accuser de refuser le dialogue, alors qu'il nous le refuse depuis 2 ans. Une façon de nous faire croire qu'il est à l'écoute, alors que ses réunions n'ont JAMAIS amené la moindre concertation : il fait ce qu'il a prévu, point. Il dit qu'il écoute, et pendant qu'on parle, il fait ses lois iniques. Finalement, parler, ça nous occupe.

Cette concertation est prévue pour durer 2 mois. Si on ajoute le petit temps du bilan, un faux référendum et tout ça, il espère avoir quelques mois de répit, jusqu'aux européennes. C'est tellement gros !

Mais comme on sait d'avance que rien ne changera, pourquoi dialoguer ? Il est trop tard. Macron n'est plus crédible (l'a-t-il déjà été ?). Il a donné la preuve qu'il n'était à l'écoute de personne d'autre que les banques, il ne parviendra pas à inverser la vapeur.

À moins qu'il n"accepte de partir...

Je vous conseille la lecture de cette courte lettre en réponse à celle de Macron.

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(1) Sur Libération, Boursorama, Marianne, France24, etc.

23 janvier, 2019

Pôle Emploi et la vie privée

Une amie DRH m'a raconté récemment avoir été contactée par Pôle Emploi pour savoir si c'est bien son entreprise qui avait posé 70 annonces dans la nuit. Évidemment non. Surtout la nuit. Apparemment, Pôle Emploi se fait régulièrement pirater, même si il semble accuser la sécurité des comptes recruteurs. Je ne sais pas dans quelle mesure, à quel point c'est grave, est-ce la sécurité de mes données à moi qui sont en danger ou simplement le compte d'une boîte ?

Mais je sais que Pôle Emploi me demande beaucoup d'informations personnelles. Je suis obligé de les mettre sur leur site pour que les employeurs puissent les voir. Si je laisse les cases blanches, alors je risque une radiation. Mais je suis un peu embêté.

Pôle Emploi regroupe les informations de 6,5 millions de personnes. En fait, certainement bien plus, car lorsque vous bossez 3 mois, vous êtes toujours inscrits et toutes vos informations sont encore là. Nous sommes peut-êtres des dizaines de millions ainsi fichés.

Quelle sont les informations fichées ? Mes nom, prénom, date de naissance, mon parcours professionnel, incluant mes diplômes, et donc finalement les villes que je connais, et les dates où j'y ai vécu. Des recoupements permettent donc facilement de savoir qui je connais. Il y a aussi mon numéro de téléphone, mon e-mail, mes centres d'intérêt et le suivi de toutes mes rencontres avec un conseiller. Notamment les cas difficiles (maladie, alcoolisme, épisodes de fragilité) y apparaissent ainsi que les arrêts maladie. Et puis surtout le fait d'être chômeur, indemnisé ou non et à quel montant.

Il est vrai que Pôle Emploi a fait des efforts en terme de sécurité pour la connexion à notre compte. Mais est-ce suffisant ? Est-il nécessaire de centraliser autant de données aussi personnelles en un seul endroit ? Vous imaginez le pactole pour qui arrive à entrer dans leur serveur ? Surtout quand on connaît l'efficacité de Pôle Emploi : ils avouent que seulement 30% des postes pourvus le sont grâce aux annonces (on trouve même 7% ici).

Je rappelle que la plupart de ces informations stockées sont obligatoires. Le seul moyen de les effacer est de faire appel à la loi « informatique et libertés » et demander l'effacement de tout ce qui vous concerne. Il en résulte nécessairement une radiation. Et je ne suis pas certain que l'on puisse tout faire effacer.

Je m'inquiète peut-être rapidement. Mais j'aimerais quand même savoir comment les entreprises malhonnêtes arrivent à m'envoyer des propositions d'emploi louches sur mon adresse, avec parfois des informations précises sur l'activité professionnelle ou le permis. Peut-être juste parce qu'il suffit d'un SIRET pour créer un compte employeur ?

Je vous montrerai un peu à quoi ressemblent ces annonces un jour, juste pour voir. En attendant, un conseil : paramétrez votre compte Pôle Emploi pour que vos coordonnées ne soient pas directement visibles par l'employeur.

27 décembre, 2018

S'adapter aux besoin des entreprises

L'habitude est souvent de considérer qu'un chômeur l'est par sa propre faute. En fait, les différentes politiques en place ont pour le moins tendu vers cet objectif : bien rappeler aux chômeurs que s'ils ne trouvaient pas de boulot, il ne fallait pas venir chouiner. Pôle Emploi nous rappelle régulièrement que si nous ne trouvons rien, c'est que nous pouvons améliorer notre parcours par notre CV, la qualité de nos entretiens d'embauche, notre mobilité, notre profil, et pourquoi pas, changer le métier recherché.

En fait, nous sommes obligés par Pôle Emploi à avoir en permanence sur leur site un CV « à jour », même lorsque celui-ci n'a pas changé d'un iota depuis 1 an. On nous demande d'actualiser un CV qui n'a pas changé : on peut bidouiller ou cliquer sur un bouton pour remettre à jour son CV. C'est nouveau. Si on oublie de le faire, c'est un motif de radiation.

Si vous avez le bonheur de vous faire contrôler par l'ECRE, on vous rappellera aussi que des « abonnements » aux offres existent sur le site de Pôle Emploi. Dans mon cas, on m'avait donné l'obligation d'utiliser ce service sans quoi je serais radié. Il s'agit de recevoir des annonces automatiquement en fonction des critères de notre recherche d'emploi.

Ces abonnements disparaissent automatiquement lorsque trop peu d'annonces correspondent à vos critères. On pourrait imaginer que c'est la faute à la crise, tout ça. Mais sur Pôle Emploi, lorsque qu'un abonnement ne donne rien, il est automatiquement supprimé au bout d'un moment. Vous pouvez le réactiver, bien sûr, mais si vous n'avez rien changé à vos « critères de recherche », il sera à nouveau désactivé sous 48h. Bref, on vous somme de changer des paramètres de votre recherche d'emploi. Car le problème, c'est vous. Donc vous devez accepter d'aller plus loin, dans une autre ville, moins payé, à temps partiel, ou carrément de changer de métier.

Le chômeur a l'obligation impérieuse de s'adapter à l'offre.

Mais pourquoi est-ce donc au chômeur de s'adapter ? Quelle cause supérieure à l'intérêt des personnes pourrait bien les soumettre aux choix d'investissement des entreprises ?

Ne serait-ce pas plutôt aux entreprises de s'adapter aux personnes ? Surtout que ce n'est pas la production qui manque de nos jours. On peut bien se passer de certains projets...

Je connais certaines entreprises qui feraient bien de traverser la rue.

21 décembre, 2018

L'Hélium

Hier, il y avait dans le bus une gamine en train de jouer avec un ballon. C'était un de ces ballons qui flottent en l'air et que l'on tient par une ficelle. Le ballon a dû coûter quelques euros à la mère, rien n'est trop beau pour le sourire d'un enfant.

Si le ballon avait coûté 20 euros, l'aurait-elle acheté, sachant qu'il sera mécaniquement dégonflé le lendemain ? Probablement pas.

Ce ballon est gonflé à l'hélium. L'hélium est un gaz qui a de nombreuses utilisations. L'une de ses principales propriétés (outre le fait d'être plus léger que l'air) est qu'on ne lui connaît pratiquement aucune réaction chimique. Il est pratiquement inerte. Mine de rien, c'est souvent très utile. On l'utilise pour des applications médicales, nucléaires, industrielles (processeurs), optique (télescopes), cryogénique, aquatique (plongée), spatiale (combustible)... bref, ça sert à tout, et c'est irremplaçable.

Par chance, il est l'une des matières les plus abondantes de l'univers. Une sorte d'atome primordial ayant donné tous les autres à la création du monde. Mais dans notre malheur, il est si léger qu'il monte dans les airs, loin, si loin qu'il s'échappe même parfois de l'atmosphère. Il quitte alors la Terre.

On se plaint de la rareté de certains matériaux, en essayant de les recycler. On commence même parfois à penser que nos poubelles sont des mines d'or pour qui arriverait à y recycler les matières qui s'y trouvent. Mais pour l'hélium, il n'existe pas de poubelle. Une fois perdu, il est définitivement perdu. On ne peut pas le refabriquer.

S'il n'est pas capté juste après son utilisation, il est perdu. Il s'envole et se perd à 95km de la Terre voire même dans l'espace. Cet hélium, une fois perdu l'est définitivement. Et personne n'ira le chercher là-haut. Quand on sait qu'il est essentiellement extrait du gaz naturel, dont les réserves mondiales arrivent à leur fin, on sait aussi que la production d'hélium a une fin.

On sait tout ça, et on met de l'hélium dans des ballons pour faire sourire les enfants. Ces mêmes enfants qui grandiront et crèveront peut-être de leur insuffisance respiratoire, qu'on ne pourra pas traiter si on n'a plus d'hélium...

11 décembre, 2018

Macron, corrompu par nature

Quand il est possible de cumuler les corvées, je n'hésite pas à le faire. Par exemple, quand je dois descendre les poubelles, j'en profite pour descendre ce qui se recycle, le compost, le verre et le courrier à poster.

Hier soir, Macron parlait à 20h, alors j'ai sorti les chaussettes à repriser. Une corvée à la hauteur, puisque le tas augmentait depuis près d'un an : 17 chaussettes à repriser. En général, je n'écoute plus ce qu'il raconte, mais là, c'était un moment particulier. J'étais pressé de savoir s'il oserait nous refourguer son programme qui nous détruit à un moment aussi critique.

Je n'ai pas eu le temps de terminer ma 4ème chaussette que Macron avait déjà fini son texte. Douze minutes paraît-il. On peut dire que je ne reprise pas vite mes chaussettes (ma vue baisse). Mais surtout, ce qu'il avait à dire ne tenait pas en plus de 12 minutes. Heureusement que les commentateurs étaient là pour que j'atteigne 14 chaussettes. Je garde les 3 dernières pour son discours de départ.

Macron a commencé son discours avec des reproches aux gilets jaunes. Rien pour les morts et les estropiés. Il lui restait encore 10 minutes à remplir. Puis logiquement le passage dit « Zola » où il tente de faire pleurer dans les chaumières. Sarkozy était plus doué à ce jeu-là.

Son discours n'a abordé aucun des problèmes importants. Pas un mot sur l'écologie, la pauvreté, les SDF, le logement, l'avenir politique du pays, sur un changement de cap, et pire : pas un mot sur l'injustice sociale ou fiscale. Il n'a pas parlé des chômeurs, temps partiels, RSAstes ou autres personnes oubliées. Juste quelques retraités, car il vient de se rendre compte que c'est son fonds de commerce.

Il n'est pas revenu sur l'ISF (pourtant symbolique) ou l'injuste répartition de l'impôt. Il n'a rien repris aux plus riches, et les seuls cadeaux qu'il nous a fait le seront sur les caisses de l'État (ou de la Sécu), déjà trop maltraitées. Il augmentera le SMIC de 100€ sans toucher aux cotisations (pour un coût global de 2 milliards(1) ) et va défiscaliser les primes de cette fin d'année, permettant aux riches salaires d'en profiter encore plus. Carlos Ghosn pourra augmenter d'autant ses petites primes.

D'ailleurs, puisque le salaire sera augmenté de 100€, la baisse de cotisations devra nécessairement bénéficier à tous ceux qui touchaient déjà 100€ de plus que le smic. Le coût avoisinerait alors les 3,5 milliards. Macron a donc décidé de continuer à dépouiller l'État, derrière son masque de bienfaiteur. Car ces multiples milliards, il faudra bien les payer un jour. Apparemment pas sur l'ISF. C'est donc finalement encore un cadeau que Macron fait aux employeurs. Plus l'employeur est gros, plus le cadeau est gros.

Merveille des merveilles, il en profite pour défiscaliser complètement les heures supplémentaires. On lui réclame plus de justice fiscale et il nous ressort son vieux programme libéral d'injure fiscale, tout comme je le prédisais. Il n'en est plus à peindre la croissance en vert, mais à vider les caisses de l'État en nous disant que c'est ce qu'on veut. Sa malhonnêteté me dépasse. Stupide au point de nous croire aussi vénaux que lui. Méchant au point de nous narguer jusque dans son trou.

Macron a tenté le coup de payer quelques uns pour diviser le mouvement. De la poudre aux yeux pour nous faire oublier l'injustice. Un petit chèque pour qu'on se taise. Il pense les français corrompus.

On va lui montrer qui est corrompu, ici.

PS : il a parlé de proportionnelle, de vote blanc et de quelques conneries, mais rien de concret, je n'ai donc pas abordé ces aspects.

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(1) estimation sur 1,65 millions de smicards x 1200€/an, l'argent vient soit de la Sécu, soit de l'État.

7 décembre, 2018

Les gilets jaunes : qu'en attendre ?

J'en ai parlé dans mon dernier billet, les revendications des gilets jaunes ne sont pas très écolo. Toutefois, on sent que certains sont sensibles à l'écologie. Nombre d'entre eux n'y connaissent pas grand chose, cependant : y comprendre quelque chose demande du temps, et tout le monde n'en a pas.

Les récentes revendications des gilets jaunes, reçus par de Rugy, portent sur les taxes, pour en payer moins. Elles vont même jusqu'à demander qu'on redistribue moins (ce serait la solution). Ils appelleraient ça « la diminution de l’assistanat ». Le risque est donc que Macron nous dise « vous avez raison, il y a trop de taxes, dérégulons encore ».

Curieusement, les médias n'avaient pas trop relayé ça. C'était pourtant un indice qui montrait qu'il serait difficile de se mettre d'accord sur tout. Mais voyons comment cela évolue.

La 2nde mouture des revendications semble oublier cet « assistanat », elle est aussi plus cohérente. Le mouvement semble vouloir plus de solidarité, peut-être même remettre du service public. Espérons-le en tout cas. Car le problème n'est pas que l'on manque d'impôt, mais uniquement que la fiscalité est absolument injuste.

Je suis néanmoins déçu par l'absence de souci écologique dans les revendications. Ce matin, c'est le 6ème SUV 4x4 que je croise avec un gilet jaune sur la plage avant. Tout va bien. Le seul point que j'ai pu lire dans les revendications à Édouard concerne le développement des voitures à hydrogène qui seraient « mieux que la voiture électrique ». La blague Carambar de l'écologie en somme. Allez voir mon billet à ce sujet.

Mais je ne crache pas dans la soupe : ce mouvement très large déstabilise Macron. Il ne s'en sortira pas avec une pirouette cette fois-ci. On l'attend vraiment au tournant. Les manifestants veulent en découdre et ne lâcheront pas l'affaire sur une promesse fétide.

Macron annonce qu'il parlera en début de semaine prochaine, donc encore après la manif de ce week end, pour laquelle il annonce envoyer 12 blindés et 89 000 CRS. Il fait tout pour qu'on qu'on n'écoute pas ce qu'il a à dire.

Macron étant missionné par l'oligarchie pour être idiot et têtu, il essaie de gagner du temps pour mieux nous manipuler. Temps pendant lequel il évite de raconter n'importe quoi (il évite de parler, en gros). Mais il ne comprend pas qu'au lieu de gagner du temps, il en perd. Car plus il tarde, plus il se rapproche de la sortie de son règne.

5 décembre, 2018

Les gilets jaunes

Les « gilets jaunes » sont un mouvement spontané en réaction à l'augmentation de 3 centimes au litre de la TICPE, taxe sur le carburant. L'idée hypocrite de Macron étant de le présenter comme un impôt vert écolo et tout. La bidouille de trop.

On le sait, c'est de l'enfumage : les personnes taxées sont les plus pauvres (en volume) et n'ont pas les moyens de changer de mode de consommation (acheter une voiture neuve). Surtout qu'il n'est pas prévu d'utiliser cet impôt pour quoi que ce soit d'écolo (19% tout au plus ?). Et puis ce serait bien la première fois que Macron ferait un geste pour l'environnement. Par exemple, cette taxe rapporterait moins que l'ISF, supprimée par Macron, et payée par ceux qui roulent en 4x4. Ce n'est qu'un exemple, la presse en regorge.

La revendication des gilets jaunes porte sur le raz-le-bol fiscal. Les revendications n'ont, elles non plus, rien d'écolo. Jusque là, finalement, tout le monde se comprend. C'est vrai que les impôts deviennent injustes, et celui-là porte le sceau de la trahison.

Mais je regrette qu'aucun de ces gilets jaunes ne soit descendu dans la rue lors des manifestations pour le climat. Ce sont des personnes qui râlent sur 3 centimes. Ces mêmes personnes laissent Jupiter détruire le système social, la biodiversité, la santé, la vie privée, la liberté d'expression et de penser en sacrifice à l'économie.

Mélenchon semble dire que les révolutions partent toujours des taxes en France. Ça tient debout. Alors j'attends. Je ne file pas plus un chèque en blanc à ce mouvement qu'à un personnage politique. Mais j'admets que ça évoluera probablement bien.

Gardons espoir, ce mouvement d'ampleur a fendu les résistances du pouvoir, et il a aussi l'avantage de rassembler beaucoup de monde. Ce ne sont plus seulement les très pauvres qui s'opposent à Macron, c'est un peu tout le monde.

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