Consommation

Tout ce qui finit un jour où l'autre chez vous par le truchement de votre porte-monnaie se trouve aussi dans ces pages.

Fil des billets - Fil des commentaires

31 juillet, 2018

Ma nouvelle chaudière

Les lecteurs assidus que vous êtes n'ont pas manqué de remarquer ma faible consommation de gaz, j'en ai parlé dans cet autre billet. En éteignant simplement la veilleuse de ce vieux coucou installé dans les années 80, j'ai réussi à diviser ma consommation de gaz par 3. Absolument énorme quand on sait le nombre de chaudières qui fonctionnent encore avec une veilleuse, et surtout, quand on sait que personne ne s'en soucie. Je m'y étais fait, je prenais l'habitude d'allumer la chaudière avant la douche, faire la vaisselle ensuite, bref, c'est pas tellement plus long.

Il y a de ça 1 an, lors du contrôle de cette chaudière, l'employé me dit que les pièces deviennent rares, voire introuvables, si bien qu'ils gardent des pièces d'occasion lorsqu'ils récupèrent ces vieux modèles. Il serait sans doute bien de changer de chaudière pour éviter que je me retrouve en carafe en cas de panne. Elle venait pourtant d'être refaite à neuf. Toutes les pièces ont été changées voilà 10 ans à mon arrivée, d'autres ont à nouveau été remplacées.

Qu'on la change, moi, je m'en foutais un peu, c'est mon proprio qui paie. Le type de l'entretien m'explique qu'une chaudière neuve consommera forcément moins que celle que j'avais. Les normes ont changé, les modèles ont évolué, elle sera forcément mieux pour l'environnement, le CO2, les ours polaires et tout. Deux mois plus tard, je me retrouve donc avec cette chaudière. La même marque que l'ancienne, un rien plus grosse, plus propre, avec un affichage numérique et des boutons à la place des manettes habituelles.

Ma première surprise a été de découvrir qu'elle n'a plus de veilleuse, mais qu'elle passe son temps à maintenir au chaud un petit espace dans le but que l'eau arrive plus vite chaude au robinet. N'ayant pas besoin de ça, j'éteins la chaudière en permanence, comme avec l'autre. C'est ça d'économisé, et puis ça évite qu'elle fasse du bruit.

Voilà 1 an qu'elle est installée. À l'usage, elle est plus facile à allumer que l'autre, je peux régler la température de l'eau chaude, aussi bien pour le chauffage que pour le sanitaire. Lorsque je ne prends pas assez d'eau chaude (ou réglée au minimum), j'ai tendance à avoir des douches écossaises. C'est que ce modèle est prévu pour un bon débit. Jusque là, je ne peux pas vraiment dire que je saute de joie.

Mais surtout, avec cette nouvelle chaudière, ma consommation de gaz a doublé...

Merci qui ?

 

20 septembre, 2017

On tue la CPAM

On ne prête qu'aux riches, c'est bien connu. Et on ne soignera bientôt que les gens en bonne santé, cela en découle.

Le principe de la Sécurité Sociale, c'est de répartir de coût de l'imprévu (la santé) de façon à rendre supportable les frais de santé imparables. On met tous de l'argent dans un pot commun, et lorsque la maladie arrive, on prend dans ce pot commun pour soigner les malades, sachant que tout le monde ne tombe pas malade de la même façon. Le principe est aussi que ces personnes soignées pourront à leur tour continuer à cotiser pour soigner d'autres personnes, à leur tour affaiblies.

La CPAM, branche santé de notre système de solidarité se détricote. Depuis 1945, les taux de remboursement de la CPAM ont baissé, laissant un champ libre aux mutuelles qui semblent vouloir la remplacer peu à peu.

Le principe d'une Mutuelle de santé n'est cependant pas le même puisqu'elle vise la rentabilité. Notamment, le taux de remboursement est différent selon le contrat que l'on choisit. On soigne donc mieux ceux qui prennent un contrat plus cher. Au point que la question de prendre ou non une Mutuelle se pose généralement en ces termes : compte tenu que les frais les plus élevés sont généralement remboursés par la CPAM, et que les frais les plus courants sont généralement « provisionnables », est-il rentable de prendre une mutuelle santé ? La réponse est arrivée en 2016 : elle est depuis obligatoire pour tous les salariés. Une bonne façon de soutenir l'activité !

Sans compter que les tarifs se font parfois à la tête du client : par exemple en fonction de votre sexe ou de votre âge. Quel est l'intérêt de mutualiser en fonction des risques ? Le jour où ma mutuelle me fera payer le juste prix de mes dépenses de santé, à quoi servira-t-elle ? Juste prix... ajouté de ses frais de fonctionnement !

Car justement, les Mutuelles ne peuvent simplement pas rembourser mieux que la CPAM. Pour une raison simple : aucune ne lui arrive à la cheville. Les frais de fonctionnement de la CPAM sont de l'ordre de 3 à 4% selon les sources (car elle n'a pas besoin de faire de publicité, notamment), tandis que les mutuelles ont des frais de l'ordre de 17% (voire 43% selon certaines sources). Y'aurait pas une fuite dans le tuyau ?

Faut-il vraiment sauver les mutuelles pour créer des emplois ? Ne serait-il pas plus sage de passer à un régime général à 100% pour tout le monde, en fermant simplement les mutuelles et en augmentant les cotisations ? Ce serait toujours moins cher...

6 avril, 2017

Nous respectons toutes les normes

Vous l'avez vu dans une vitrine, à la télévision, ou dans la presse ? Cela semble être le produit qu'il vous faut ? Il répond à toutes les normes ? Il a un label ? Pourquoi ne pas l'acheter alors ?

Savez-vous seulement de quoi sont faits ces labels ou ces normes ? Est-ce qu'on parle d'un label européen (BIO), national (AOC) ou commercial (saveur de l'année) ? Est-ce qu'il s'agit d'une norme internationale (ISO),

Tout cela se décide à Bruxelles, et il est parfois très compliqué (et souvent payant) de savoir ce qui s'y trouve. D'ailleurs, tous ne sont pas traduits en français bien qu'on les applique sur notre territoire.

Saviez-vous que les entreprises qui produisent le tabac répondent à des normes très strictes ? Bah oui, il en existe plein, et elles ne protègent en rien les fumeurs. Mais respecter plein de normes, avouez que ça fait classe.

Saviez-vous que le label BIO autorise 0,9% d'OGM ? tolère 5% d'ingrédients non BIO ? Que le bilan carbone n'y est pas pris en compte ? Que la surface d'exercice d'un porc n'y est que de 1m² ? que le vin BIO peut contenir des sulfites ajoutés ?

Saviez-vous que l'AOC n'interdit pas les OGM ?

Saviez-vous que la certification qualité ISO 9001 n'impose même pas de respecter la loi de son pays ?

Faisons simple : quand une entreprise a une morale douteuse que dit-elle ?

« Nous respectons toutes les normes en vigueur. »

Une entreprise peut même payer très cher pour faire baisser ces normes.

Si tu n'atteins pas les normes, fais-les venir à toi...

24 mars, 2017

Les lampes LED

Après le progrès tout ce qu'il y a de plus douteux de la vente des lampes fluocompactes, le progrès suivant concerne les lampes à LED. On peut même penser que les fluocompactes seront rapidement interdites à la vente compte tenu de l'intérêt relatif des lampes à LED.

Les LED semblent avoir un spectre lumineux bien mieux équilibré que les fluocompactes avec une lumière plus agréable. Ces éclairages ont l'avantage de s'allumer instantanément, et de consommer autant que les fluocompactes, avec l'avantage que de gros progrès sont encore à espérer de ce point de vue. En revanche, elles ont le défaut d'amener des pollutions électromagnétiques (comme les fluocompactes). Ces lampes sont enfin assez résistantes aux chocs.

Recyclage :
Même si leur espérance de vie est prévue pour être longue (ce qui reste à évaluer, puisque Recylum en a déjà reçu 10 tonnes en 2014), leur filière de recyclage n'est pas encore vraiment au point (tous les composants ne sont pas encore recyclés). Notamment, 2% ne sont actuellement pas recyclables (probablement l'électronique). Aussi, les produits dérivés (lampes haut-parleur ou éléments décoratifs) seront autant de cas particuliers à prendre en compte. Finalement, cette filière posera le même problème que celle de tout le matériel électronique.

Ultraviolets (UV) :
Les LED ont tendance à émettre sur un spectre très large, incluant des UV, qui peuvent se révéler nocifs pour les yeux des enfants ou des personnes photosensibles. Par prudence, il semble préférable d'éviter les éclairages LED « blancs », qui risquent d'émettre trop d'UV.

Le papillonnement :
Nouveau problème qui n'existait pas avec les autres éclairages, ce papillonnement est en fait un scintillement très rapide de l'éclairage. Le courant électrique étant alternatif, il émet une tension nulle 100 fois par seconde (sur le 50Hz). Si une ampoule LED est de mauvaise qualité, son éclairage pourra varier de tout à rien 100 fois par seconde, ce qui est très fatiguant à la longue. Aucune des ampoules que j'ai testées n'avait ce défaut. Les bonnes ampoules ont au contraire un éclairage très stable, plus que sur n'importe quel autre type d'éclairage. Je vous conseille ce site qui vous donnera des explications détaillées sur ce problème.

Le progrès avance, et vous me savez méfiant. Je pense que cette solution est probablement enfin cohérente, à supposer que des filières de recyclage deviennent efficaces et que ces lampes tiennent bien leurs promesses en terme de longévité, ce qui ne serait pas pour rendre service aux fabricants. Restons donc vigilants.

21 mars, 2017

Les lampes fluocompactes

Lorsque j'ai commencé à me poser la question, on était en 2007. Je venais d'emménager dans un nouvel appartement, et j'ai décidé de me mettre à ces fameuses lampes fluocompactes dont les prix commençaient à baisser.

Il en existait de tous les prix, et j'ai tenté 3 modèles pour me faire une opinion, de l'entrée de gamme à la lampe de marque pour comparer. Ces ampoules étaient plébiscitées par les mouvements écolo, Greenpeace en tête faisant un happening avec un rouleau compresseur qui écrasait des ampoules classiques (au tungstène).

Mais mon intuition me dictait qu'il était quand même aberrant d'écraser des ampoules fonctionnelles, pour les remplacer par d'autres très compliquées à fabriquer (entortiller un tube de verre demande pas mal d'énergie) et pleines d'électronique (forte pollution électromagnétique) et de mercure (jusqu'à 5 mg), au point d'en faire un déchet dangereux.

Je n'ai pas été plus passionné par cette techno lors de son utilisation, lui reprochant sa lenteur d'allumage, une puissance d'éclairage inférieur à ce qui est promis (ma 18W équivalent 100W éclairait comme une mauvaise 60W), et le pire : des couleurs vraiment horribles (j'ai mis plusieurs jours à m'habituer au contraste avec les couleurs de mon écran de PC). On dit aussi que des UV de cette lampe seraient nocifs aux yeux sensibles.

Le fait est que ces lampes qui prétendent durer longtemps ne résistent pas trop aux cycles d'allumage répétés, au point que l'on doive choisir de ne pas trop les éteindre (et consommer plus) ou risquer d'avoir à les changer aussi souvent qu'avant. Surtout quand on sait que la courte longévité des ampoules classiques n'est liée qu'à une entente entre fabricants.

On a donc interdit à la vente des lampes non toxiques, pour nous obliger à acheter des lampes blafardes, polluantes (mercure, électronique, CO2), nécessitant une chaîne de recyclage dédiée dont le non-respect contamine 81 000 m³ d'eau chaque année (car on n'a recyclé que 43% de ces lampes en 2015).

Voilà ce que donne l'écologie quand elle est dictée par l'industrie. Parce que si les ampoules au tungstène, consomment davantage d'énergie à l'utilisation, l'économie globale est de l'ordre de 0,6 à 1,2% d'électricité seulement (donc un impact de 0,1 à 0,2 sur les émissions annuelles). Ça vaut bien le coup de balancer du mercure partout.

La prochaine fois, on parlera des lampes à LED.

6 janvier, 2017

Le progrès technique : l'alimentation

On vous dit tellement que vous « mangez de la merde » que vous en riez presque. Le « encore un p'tit coup pour la route » appliqué aux aliments solides. Ça ressemble à « faut bien crever de quelque chose » ou « faut que je me mette au sport », ou encore « si on écoutait les infos, on ne mangerait plus rien ».

C'est pas faux.

Entre les aliments, c'est un peu la chasse aux pires molécules. Je ne parle pas des sucres et graisses abondantes dans les plats préparés, mais je parle aussi d'aliments très peu transformés. Entre les herbicides, fongicides, insecticides, OGM dont on ne saura jamais à quel point c'est dangereux, sulfites (pour la charcuterie), remplacement du sucre par du sirop de glucose, hydrogénation des graisses, inclusion de nanoparticules (silice et titane notamment), antibiotiques, hormones de croissance, etc. On s'y perd !

Sans compter tous les polluants qu'on ne mange pas mais qui polluent quand même l'environnement : déforestation de jungles millénaires (mort de milliers d'espèces animales), transport (donc CO2), stockage au froid (encore CO2), chauffage des serres aussi pour avoir des fruits en plein hiver (toujours CO2), risques sanitaires des sélections (huîtres triploïdes) avec concentration des maladies dans des animaux toujours plus consanguins, avec des plantes toujours plus clonées pour des espèces toujours plus orientées vers une seule propriété (le rendement) et toujours plus vulnérables aux mêmes maladies...

Et pour terminer le tableau, les emballages, avec les bisphénols, les phtalates, encore des nanomatériaux (argent surtout), des conservations par irradiation, gaz propulseurs à effet de serre, sans parler des problèmes d'incinération ou de recyclage de tous ces emballages.

Encore faim ? Inutile de nous plaindre, le cancer à vaincu la famine.

Moi, j'ai le temps et j'essaie un peu de suivre, mais c'est difficile de savoir vraiment. Si on ajoute à ça l'effondrement des qualités nutritives des mêmes aliments que l'on mangeait avant, on se demande vraiment pourquoi on mange encore.

Pour ma part, je me nourris essentiellement de végétaux, limitant les risques. De préférence pris sur le marché, en choisissant un vendeur en fonction de ses produits (on ne fait pas pousser les avocats ou les oranges près de chez moi par exemple). Idéalement, je préfère quand je peux les faire pousser, mais en appartement, c'est moins simple.

Je disais dans un ancien article « on reconnaît les gens à ce qu'ils mangent ». Qu'est-ce que peut bien raconter notre alimentation sur nous-mêmes ?

3 janvier, 2017

Le progrès technique : le téléphone

J'en parlais dans un billet sur l'évolution de la photo, comme exemple de progrès un peu discutable. Mais j'aimerais insister sur le fait de société, qui amène ce genre de progrès douteux dans de très nombreux secteur, si ce n'est pas tous les secteurs de la consommation.

Les progrès consentis au téléphone depuis 50 ans sont les suivants : prix très bas, nombreux services gratuits (répondeur, présentation du numéro, services croisés entre Internet et la téléphonie), grande disponibilité (par les téléphones portables), et meilleurs ergonomie (surtout sur les portables). Il me semble essentiel de faire aussi le bilan de ce que nous avons perdu. Quel est la contre partie de ces progrès ?

Tout d'abord, techniquement, la qualité a baissé. Les marchands de téléphonie vous diront le contraire, mais mon oreille gauche, celle des appels aux recruteurs, peut vraiment vous le dire : le son des téléphones est devenu horrible. Le passage des conversations au numérique est passé par des artifices d'économie de bande passante, qui sous prétexte de continuer à comprendre une conversation, réduisent toujours un peu plus le signal (suppression de certaines fréquences, blancs, compression, conversations hachées). Et lorsque l'appel se fait entre portables, c'est encore pire : on peut avoir 1 seconde de retard dans une conversation (on passe notre temps à nous couper la parole, parce qu'on se met à parler en même temps, croyant à un silence...).

Et quand le service ne fonctionne pas ? On nous propose maintenant des « hotlines » payantes, sortes d'humains transformés en robot, à distance, ne réglant que les affaires courantes, mais jamais les vrais problèmes techniques compliqués. J'ai gardé 1 an de courriers d'une SAV sourde à mes demandes qui l'attestent.

C'est d'autant plus grave que le téléphone a aujourd'hui pris une place centrale dans la vie. Quel progrès que de pouvoir se joindre tout le temps, à chaque seconde. Il est devenu normal d'interrompre ses réunions, car chaque appel devient prioritaire, parler devient urgent ! En voiture, à vélo, au feu rouge, chez des amis, au cinéma, partout...

L'autre horreur de notre temps, c'est avec la baisse des tarifs. Maintenant, il ne coûte pratiquement plus rien d'avoir une centrale d'appels à l'étranger (ou même un robot, pourtant interdit), qui vous téléphone plusieurs fois par jour dimanche compris et jusqu'à 20h pour tenter de forcer une vente ou une captation de données personnelles, voire tenter une arnaque pure et simple.

Et pour finir, quand même, parlons de la vie privée. Il est possible de stocker toutes les métadonnées de tous les appels pour les étudier ultérieurement. On est capable de tout savoir sur vous. Ces téléphones sont devenus des chevaux de Troie des sociétés privées qui peuvent savoir où nous sommes à chaque instant, qui l'on connaît, la fréquence de nos appels avec chacun, le contenu de nos SMS, le choix des applications que l'on télécharge, une idée de notre niveau de vie, en fonction du téléphone que l'on utilise aussi. Autant d'informations que je ne donnerais pas à la stasi de mon plein gré. Surtout avec la crise qui se profile.

Mais ce téléphone est si pratique... que l'on donne généreusement à Google, BlackBerry, Apple et les autres les informations les plus personnelles sur nous et notre entourage. Jean Moulin l'a échappé belle... car les États s'y mettent. Les conversations seront même certainement analysées dans un avenir très proche, de façon à y déceler des informations sans avoir besoin de mener de fastidieuses écoutes. Et en 2017, toujours aucun service de confidentialité n'est proposé par les opérateurs télécoms. Seuls quelques services gratuits permettent d'échanger des texto chiffrés.

Très franchement, vu l'utilisation que je fais du téléphone aujourd'hui, je peux dire que « je préférais avant ». Oui. Payer cher un service de qualité me manque. Aujourd'hui, si je veux payer cher, on m'offrira plein d'option, toutes merdiques, toutes inutiles. Aujourd'hui, je dois payer le téléphone de ma personne.

28 décembre, 2016

Le progrès technique : la photo

Pendant très longtemps, j'ai fait de la photo. Les débuts étaient exclusivement en argentique (donc avec des « pellicules photo »). Certains films avaient vraiment des couleurs incroyables. L'évolution des mœurs nous a ensuite apporté la vente des appareils dits « jetables ». L'idée était que l'appareil de mauvaise qualité était vendu avec la pellicule, pour un usage plus éphémère de la photo. On gardait juste un souvenir, souvent flou ou mal exposé. C'est la qualité de la pellicule qui faisait tout le boulot.

Le numérique est ensuite apparu, avec des appareils parfois très chers, et dont la qualité bien que grandissante a peiné à arriver à celle des argentiques. D'abord la définition souvent très faible, mais surtout l'écart de lumière supporté (contre jour) et la finesse des couleurs ont longtemps pêché. Aujourd'hui encore, trouver un appareil photo grand format capable de rivaliser avec la « Kodachrome 25 » tout public de 1936 demande de très gros moyens financiers. Les usages se sont convertis au numérique pas cher, avec des images de basse qualité (résolution, compression, sensibilité). De nombreux amateurs se contentent souvent des photographies prises par leur téléphone portable. C'est ce qui constituera les souvenirs des générations à venir.

80 ans après, on constate que les négatifs, les photos sur plaque en verre et parfois même les rares daguerréotypes se sont transmis de génération en génération, malgré une légère usure du temps. Mais on découvre surtout que le nouvel usage numérique de la photo rend éphémères les souvenirs familiaux. Ils sont à la merci du moindre bug, erreur de manipulation, piratage de données, panne matérielle ou perquisition. Qui, parmi les photographes amateurs, est capable d'entretenir des sauvegardes fiables de ses données sur plusieurs générations, alors qu'il change d'ordinateur tous les 4 ans ? Qui possède un appareil permettant un agrandissement au format poster de ses photos ?

Je revois la tête de cet ami, ingénieur informatique, n'ayant pas été assez méfiant, perdre plusieurs années de souvenirs pour une défaillance d'un disque dur pourtant de grande qualité. Il n'avait pas le temps de s'en occuper... et ce jour-là, on ne perd pas seulement 1 photo, on perd tout.

Parmi tous les avantages que permet le numérique, notre quotidien a aussi été envahi par ses défauts. Nos enfants ont très peu d'espoir de pouvoir montrer à leurs enfants des photos d'eux petits, et encore moins de les agrandir.

Les propriétés de la profondeur de champ, de la finesse de grain et de la pérennité dans le temps ont disparu au profit de petits capteurs moyenne qualité et d'images compressées en JPEG que l'on peut effacer « par erreur ». La photo s'est très bien intégrée dans les outils modernes. Mais elle est aussi devenue autre chose de plus fugace, de jetable.

Je regrette cette évolution qui nous amène à une consommation de masse éphémère et de mauvaise qualité. Consommez, vous réfléchirez plus tard...

23 décembre, 2016

J'aime les cadeaux

En ce temps de fêtes, un billet un peu plus personnel, une fois n'est pas coutume (on verra). Pourquoi je n'aime pas les cadeaux ?

C'est vrai, enfin, quoi ! Tout le monde aime les cadeaux. Un cadeau est une surprise emballée, et tout le monde aime les surprises ! Je revois cette copine qui me demandait si j'aimais les surprises... attendant fermement une réponse positive, parce que si c'est une « bonne » surprise, on aime forcément ça.

D'une part, les cadeaux ne sont des surprises que si on ne s'attend pas à les recevoir, donc pas le 25 décembre. Ensuite, pour ce qui est des surprises, non, désolé, je hais les surprises. Par définition, il est impossible d'être certain qu'elle sera bonne, ou alors, ce n'est plus une surprise. Et les mauvaises surprises, j'ai eu ma part.

Lorsque j'allume une télé, je n'ai que des mauvaises surprises. Lorsque Pôle Emploi ou la CAF me contacte, c'est généralement une surprise pire qu'une facture, dans laquelle on s'attend à ce qu'on va trouver. Lorsque je décroche mon téléphone pour un emploi, pour un entretien, ce n'est jamais une bonne surprise. Le pire n'étant pas toujours lorsque je suis recalé.

Quand j'ouvre un cadeau, c'est pour avoir un vêtement trop grand, un aliment que je ne mange pas, une BD que j'ai déjà, un film que j'ai téléchargé la veille, un rideau de douche Simpson que je ne peux même pas accrocher chez moi ou un chargeur de téléphone avec la mauvaise prise. La pire surprise : m'emmener dans un magasin en me disant : « achète ce que tu veux ». Mettre le feu, j'ai le droit ?

L'obligation sociale de faire des cadeaux à des moments dédiés (Noël, anniversaires, invitations, mariages...) est une rente pour l'industrie, car le rythme de la vie impose qu'on sous-traite le cadeau en achetant quelque chose (on n'offre jamais du temps), rétablissant alors les différences sociales dans le protocole d'offrir. Pour celui qui reçoit, le cadeau est pratiquement devenu un dû. Et pour celui qui offre, il est donc une obligation : offrir pour ne pas faire le paria, mettre le prix juste de la valeur des gens, trouver une idée originale mais pas trop et sur commande, ce qui est bien souvent mission impossible que l'on connaisse ou non la personne.

Juste offrir un dessin, ça ne serait pas mieux ?

Je ne dis pas que je n'aime aucun cadeau. Certains cadeaux me sont précieux, car hautement symboliques. Mais ces cadeaux n'ont pas la particularité de tomber à Noël. Ils sont rares. Quelles sont les chances d'un cadeau imposé d'être une « bonne surprise » ?

Il y a cent façons de faire plaisir, mais franchement, pourquoi offrir quelque chose d'aussi peu personnel qu'un achat ?

Si vous voulez m'offrir un cadeau, je suis nécessairement impliqué. Alors voilà ma participation.

19 décembre, 2016

Ma liste de cadeaux

Cette année, comme beaucoup d'autres années à Noël, j'ai fait une liste de cadeaux.

Pas que j'aie vraiment envie d'avoir des cadeaux. En fait, je déteste les cadeaux. Au début, quand je dis ça aux gens, ils s'imaginent que c'est facile à comprendre, que je suis radin, c'est simple. Mais quand j'explique avec difficulté que je n'aime pas RECEVOIR de cadeau, là, j'observe une espèce de perte de conscience abstraite chez mes interlocuteurs. Ils essaient d'abord de comprendre si on utilise bien les mêmes mots pour parler des trucs. Essayer de voir si une double négation ne foutrait pas la merde quelque part, et en fin de compte, ils me répètent : « Tu n'aimes pas RECEVOIR des cadeaux ? ».

C'est là qu'ils se disent que mon sens de l'économie n'est peut-être finalement pas en cause si je n'aime pas acheter des cadeaux. Et là, je peux aborder mon sens de l'écologie.

Il n'est pas toujours simple d'expliquer que n'ayant besoin de rien, je déteste l'idée d'être complice malgré moi de la société de consommation en recevant des cadeaux absolument débiles. On peut faire plaisir autrement qu'en dépensant de l'argent, qu'en tuant des ours blancs ou des grands singes, qu'en détruisant les dernières ressources de la planète.

Une année, j'ai tenté de ne pas faire de liste. Les cadeaux que j'ai reçus ont vraiment été dans cette veine. L'un d'eux a fini chez un pote 48h plus tard, et il est ressorti de son placard 10 ans après pour finir en brocante, neuf, chez une vieille qui voulait amuser ses petits enfants. Faites le chemin : acheteur > moi > mon pote > la vieille > petits enfants. Le cadeau ne servira (je suppose) qu'en 5ème main et après 10 ans. C'est ainsi que finissent des millions de cadeaux tous les ans sur les sites de vente en ligne. Le chiffre gonfle tous les ans, la mascarade commence à vraiment enfler. La revente de cadeaux devient une institution, l'icône de la futilité marchande.

J'ai déjà tenté de proposer une liste d'organismes à qui faire un don. Mais non, ça n'a pas mordu. Au pire, il y a l'argent, qui peut servir à changer mes pneus si besoin, même si j'ai prévu de quoi le faire. Mais ça ressemble trop à la liste des courses, et pour cause. Tant qu'on ne peut pas mettre un embrayage sous le sapin avec un beau nœud, ça ne compte pas.

Alors pour avoir au moins des trucs qui me serviront (des trucs que j'achèterais bien moi-même), je suis revenu rapidement à la liste. Je ne fais pas de cadeaux, tout le monde le sait, mais je me soumets à la liste. C'est pas simple : n'ayant pas de réels besoins (en chômeur bien rôdé que je suis), je dois m'y prendre 6 mois à l'avance, m'interdire d'acheter ce dont j'ai besoin, m'en priver pendant cette durée, et le mettre sur la liste. Et si on ne me l'offre pas, alors je peux me jeter sur l'achat en janvier, parce que je m'en passe depuis 6 mois quand même.

- page 1 de 2