Économie

L'économie, c'est compliqué. Les points que j'aborderai viseront à rendre le plus simple possible les éléments que j'ai compris et qui ont un impact sur nos vies.

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20 juin, 2018

Le ruissellement selon Macron

Il y a quelques jours, sur mon palier, j'ai trouvé un mégot. Je ne fume pas et à ma connaissance aucun des voisins de mon étage ne fume. Il m'a donc semblé logique que ce mégot venait de l'étage supérieur, probablement déplacé par les pas des uns et des autres marchant dessus. Il aura alors naturellement échoué un étage plus bas.

Le lendemain, j'ai retrouvé ce même mégot encore un étage plus bas, avant de finir le soir même au rez-de-chaussée. Soit parce que la mécanique des pas l'a fait tomber, soit aussi, peut-être, parce qu'il est toujours désagréable d'avoir un mégot devant sa porte, et qu'il est simple de déplacer le problème en donnant un coup de pied dedans. Le rez-de-chaussée des immeubles est souvent plus sale que le dernier étage. Sali par « ceux » qui montent, mais aussi par « ce » qui descend.

C'est ce qu'on pourrait appeler la théorie du ruissellement : quand un mégot ne remonte jamais l'escalier.

Le ruissellement, c'est quand Les financiers cachent des emprunts pourris dans des titres qu'ils vendent, et que les pauvres trinquent encore 10 ans après cette crise des subprimes. C'est quand on sauve les banques sur l'argent du contribuable, à raison de 400€ par français. C'est quand on casse le code du travail parce que l'industrie ne sait pas gérer les emplois dont elle a besoin. C'est quand les maladies générées par l'industrie (médical, pollution, particules fines) génèrent des emplois. Quand Volkswagen améliore le PIB de l'Allemagne en causant des maladies respiratoires partout dans le monde. Quand le pétrolier BP pète un tuyau et raye le golfe du Mexique de la carte du monde. C'est quand après avoir travaillé chez Rotschild, Macron vend ce qui reste de service public.

Le ruissellement, c'est quand au nom du progrès et de l'hygiène économique, on vide la fosse septique des 0,01% les plus riches sur les 50% les plus pauvres en prétendant fertiliser la croissance.

6 novembre, 2017

Les bonnes idées de l'Europe

On nous bassine souvent avec le modèle allemand. Je semble dire ici que je trouve ce modèle douteux. Ce n'est en fait pas vraiment le problème.

Je dis que le modèle allemand est bon pour les Allemands, mais pas nécessairement pour nous. Et je préfère parler du « système allemand », car je n'y vois aucun « modèle ».

L'Allemagne affiche un commerce extérieur excédentaire, principalement vers les autres pays d'Europe. Donc à supposer que tous les pays d'Europe fassent pareil, plus aucun pays ne sera excédentaire. C'est logique. Et le « modèle » ne fonctionnerait plus. C'est ballot. Donc pour que ce système allemand fonctionne, il faut que les autres pays aient une balance commerciale déficitaire (pour faire simple). En gros, le « modèle allemand », c'est que les 26 autres pays de l'union monétaire soient en déficit. L'idée de copier leur « modèle » serait donc de mettre l'Allemagne aussi en déficit, ou au mieux, à l'équilibre... comme avant l'euro quoi.

Je n'entrerai pas dans le détail de la situation allemande qui n'est pas enviable non plus (grande pauvreté, emplois pourris et sous-payés, pyramide des âges rendant impossible le financement des retraites à venir...). Je veux simplement montrer à quel point cette expression de « modèle allemand » ne veut rien dire.

Mais ce n'est pas vrai uniquement pour l'Allemagne, c'est aussi vrai pour le « modèle irlandais » qui s'est bien cassé la figure, le « modèle des États-Unis » qui ruine la planète (climat, biodiversité, guerres, pauvreté). Il est assez naïf de prétendre qui si ça marche chez eux (ce qui reste à prouver), c'est bon pour nous.

Ce qui est bien pour l'un ne l'est pas pour l'autre. On ne nourrit pas une vache avec des bananes.

Ne peut-on admettre que les pays ont des cultures, des envies et des besoins différents ? Les bonnes idées seraient forcément toujours compatibles entre elles ? Ces choix de société individuels doivent se traduire dans la loi de chaque pays par des processus souverains. C'est en quoi l'Europe se trompe, car elle tente de tout faire converger.

Et dire qu'on se foutait du communisme parce que c'était « tout le monde pareil ». Et bien aujourd'hui, le libéralisme, c'est « tout le monde pareil dans tous les pays ».

Même pas besoin de taper sur les riches pour dénoncer cette invention diabolique qui nie toute souveraineté.

19 avril, 2017

Copier la compétitivité

Supposons que la compétitivité soit la charnière nécessaire à la croissance. Et supposons encore que l'on veuille de la croissance.

En quoi la baisse des conditions de travail peuvent-elles permettre d'être plus compétitifs ? Ce qu'on gagne en précarité, on le perd en absentéisme et en cotisations de santé.

Travailler le dimanche (par exemple) n'aidera en rien un magasin à être compétitif, il obligera même les concurrents qui ne le souhaitaient pas à ouvrir aussi le dimanche, pour se maintenir. Mais les clients n'ont pas plus d'argent le dimanche que les autres jours et les achats réalisés le dimanche ne le seront plus en semaine. Travailler à l'usine le dimanche ne fera pas baisser le prix des biens de consommation, dont le problème est de ne pas avoir assez d'acheteurs.

Baisser un salaire français rendra-t-il une entreprise compétitive par rapport à un concurrent à l'étranger dont le coût du travail est 30 fois inférieur ? Jusqu'où sommes-nous prêts à baisser le coût du travail ?

Précariser l'emploi aidera-t-il à améliorer le niveau de compétence d'un employé ? La logique de flux tendu que l'on applique à la vente doit-elle retomber sur la qualité de vie d'un employé ? La pizza doit-elle à tout prix arriver en 30 minutes chez moi, au prix d'une prise de risque du livreur et d'un bilan carbone catastrophique ? La livraison à domicile justifie-t-elle les conditions de vie désastreuses des livreurs ? Et si le concurrent fait pareil, où est le gain de compétitivité ? On y a tous perdu dans l'histoire.

Pour être compétitif, il faut se différencier. Et baisser une norme sociale ne permet pas de se différencier les uns des autres.

La France était le pays des idées. Mais nous manquons cruellement d'idées aujourd'hui. Nous ne sommes plus bons qu'à copier les inégalités de nos voisins.

3 avril, 2017

L'assistanat coûte cher

François, dans sa grande mansuétude, n'a pas hésité à saupoudrer de l'argent sur les entreprises pour les aider à recruter. Naturellement, tout comme on n'a rien demandé aux banques en échange d'un sauvetage gratuit en 2008, il n'a pas été question de leur demander des garanties sur l'emploi quand on a décidé de les assister.

Je parle de 2 dispositifs vraiment coûteux : le pacte de responsabilité et le pacte de croissance (incluant le célèbre CICE). Le premier a coûté 10 milliards par an, le second en a coûté 20. Les effets sur l'emploi sont ceux qu'on connaît : hausse du chômage.

On prétend que le chômage aurait été pire sans ces dispositifs, mais alors, il faut aussi admettre que c'est pratiquement la somme nécessaire pour financer l'un des projets de revenus universels. Cela représente par exemple 3/4 de l'impôt sur les sociétés (39 milliards en 2011). Quand on sait que sur la même période, l'impôt sur le revenu a augmenté de 24 milliards (de 50 à 74 milliards de 2011 à 2014)...

Le CICE bénéficie aux entreprises les plus riches, et il reviendrait souvent moins cher de payer carrément les salaires que ces aides qui n'ont pas créé d'emploi. Et ne comptez pas sur le trio de tête (Fillon, Le Pen, Macron) pour y changer quoi que ce soit, ils vont l'amplifier.

Alors oui, marre de payer des impôts pour financer ces assistés !

Et on dit que le travail coûte cher ?

16 mars, 2017

L'argent lyophilisé

Big Brother sait tout sur vous. C'est sa raison d'être. Big Brother ne supporte pas l'idée que l'on puisse avoir des échanges sans l'en avertir. Il veut tout savoir. Et sa paranoïa le pousse à s'inquiéter sitôt qu'il rate une conversation, un simple échange. Il met des caméras dans les rues pour être certain de voir à qui on parle, et même peut-être un jour, ce que l'on se dit. Il a mis dans nos poches des téléphones dont l'intérêt est de tout raconter sur nous : qui on connaît, ce qu'on se dit, quand et où, où nous allons, quels sont nos goûts en matière de tourisme, d'applications ou de navigation web, il y a même eu des projets pour en faire un moyen de paiement et tout savoir de nos menus achats.

Mais il y a encore quelque chose qui résiste à Big Brother : notre argent. Il est sous forme de papier, métallique, dans nos poches, on se le passe de main en main, on se doit de l'argent, on achète du pain, on boit un coup, on offre une tournée... autant de dépenses que Big Brother n'arrive pas à voir.

Il ne les voit pas parce que cet argent lui est invisible. Il essaie de nous mettre le paiement sans contact dans les pattes pour saisir des dépenses infimes, mais il reste encore beaucoup trop d'argent liquide à s'écouler dans l'économie. Alors, il faut dessécher l'argent en interdisant le papier, en centralisant toutes les transactions, en plaçant le bug informatique en haut du système.

Big Brother avance à grands pas. Il a un projet : interdire l'argent qu'il ne voit pas. L'Inde semble un bon terrain d'expérimentations. Vaccins tueurs, fichier biométrique, et maintenant, suppression de l'indépendance des moyens de paiement. Ils l'ont fait, c'est concret.

Savez-vous qu'il a aussi programmé d'aborder ce sujet en 2018 à Bruxelles ? On se méfiait déjà des crayons, maintenant, on se méfie du papier.

Des mesures ont déjà été prises, avec la disparition progressive du billet de 500€, qui sera certainement suivie par celle des autres billets les uns après les autres. Et d'autre part, en France, en abaissant l'utilisation d'espèces à des sommes de maximum 1000€ dans les commerces. D'autres initiatives déjà en place pour interdire l'argent liquide dans certains commerces au Danemark.

La lutte contre la délinquance n'est évidemment qu'un prétexte (mais attendez-vous à ce que le prix de certaines devises, de l'or et des pierres précieuses augmente quand même à moyen terme). Sous ce prétexte, on est encore prêt à prendre en otage les libertés de 65 millions de français innocents.

L'état d'urgence nous y a habitués, nous bêlerons un peu, ça passera, et Big Brother saura qu'il peut aller encore plus loin.

13 mars, 2017

Les usuriers des temps modernes

Si vous souhaitez regarder de plus près ce que vous coûte votre banque, l'État a mis en place un merveilleux site vous permettant de comparer les tarifs des agences bancaires présentes dans votre département.

On croit rêver en découvrant ce site... surtout qu'il y manque une information cruciale ! La seule information qui vaille vraiment quand on est juste à la fin du mois : les agios pour les découverts autorisés.

Il existe aussi des frais pour les découverts non autorisés, là, on ne fait pas le malin, car en théorie, la banque peut très bien vous signaler à la banque de France, chacun préfère éviter. Donc on paie. C'est mal ressenti, mais c'est ça ou la corde.

Par contre, lorsque le découvert est autorisé, au-delà des agios qui sont souvent autour de 15% annuels, il y a ce petit surplus de type « minimum forfaitaire », allant jusqu'à 7€ (BNP-Paribas) dans les tarifs que j'ai regardés (oups, j'ai trouvé 10€ chez HSBC). Et quand on a le malheur de passer juste sous la ligne, avec –10€, alors, on peste bien, parce que si les frais appliqués étaient par exemple de « seulement » 6€ (Société Générale), c'est déjà 60% de la somme. Et si la somme manque seulement pendant 10 jours, cela représente un taux annuel de 2 190%. Énorme !

Sauf que... c'est illégal. Il existe en France un « seuil de l'usure » qu'il est interdit de dépasser, cela pour éviter de retomber au Moyen-Âge, où les usuriers profitaient de leur situation pour vous refaire jusqu'à l'os. Au 1er trimestre 2017, pour une somme inférieure à 3000€ pour un particulier n'entrant dans aucune case avantageuse, ce taux est de 19,96% annuels tout compris. Cela veut dire que sur une période de 10 jours, la banque n'a pas le droit de vous faire payer plus de 5 centimes d'euro pour un découvert de 10€. Que ce soit forfaitaire ou pas, c'est le problème de la banque, pas le vôtre.

On peut commencer à comprendre qu'il ferait un peu souillon d'avoir des taux illégaux affichés sur le comparateur du site du gouvernement. Je trouve que c'est surtout de laisser cette pratique avoir cours qui fait tâche. Car les banques s'engraissent sur le dos des pauvres. En général, faire les yeux doux au banquier permettait de récupérer son bien sans avoir à porter plainte (pour 6€ ?), mais depuis la crise de 2008, j'ai le sentiment que c'est plus difficile.

Je peste contre cette attitude des « chargés de clientèle » nous soutenant que c'est légal, « la preuve, c'est marqué sur notre brochure », avec des répliques qui tournent en rond sur ce satané papier. Moi aussi je peux imprimer des trucs sur du papier, et ça n'a pas valeur de loi pour autant.

L'impunité est telle que les banques font la publicité de leur propre corruption sur leur documentation tarifaire. Une façon de clouer sur leur porte « ici, on n'aime pas les pauvres ».

Si je demande à Macron, il fera un geste pour les banques, peut-être ?

9 mars, 2017

Les banques, ces passoires

Si la porte blindée représente bien la banque dans l'imaginaire des westerns, elle la représente bien moins dans la réalité.

Aujourd'hui, certaines agences refusent même de donner ou recevoir de l'argent sous forme matérielle : on vous envoie vers une autre agence ou un distributeur de billets. Les banques traitent des lignes qui apparaissent sur un écran : chèques, carte bleue, virements, prélèvements automatiques... Les vérifications y sont plutôt rares.

Quand une entreprise souhaite mettre en place un prélèvement automatique, elle écrit à la Direction Départementale des Finances Publiques (DDFiP) qui lui donne alors un Numéro National d'Émetteur (NNE). Il semblerait que la DDFiP ne demande pas grand chose pour donner ce numéro. Une fois qu'elle a ce numéro, l'entreprise peut se servir open bar sur votre compte.

En théorie, l'entreprise n'est censée vous prélever que si elle possède aussi une autorisation signée par vos soins. Avant, la banque était dépositaire de cette autorisation, mais c'est fini, et la banque ne vérifie pas, elle fait confiance à l'entreprise (et vous, à votre banque) ! Par exemple, mon fournisseur Internet me prélève alors qu'il n'a pas de papier signé de ma part. Les opérateurs web & mobile sont connus pour être très filous, alors on surveilles nos comptes. Tout le monde a eu un jour des problèmes.

Même si ces entreprises se veulent plutôt sérieuses, rien ne vous garantit qu'il n'y aura pas un « bug informatique » qui vous prélèvera un zéro de trop.

C'est mieux depuis les prélèvements SEPA, puisqu'il est maintenant plus facile de contester un prélèvement. À charge quand même pour vous d'effectuer cette vérification. Mais que ferez-vous quand votre fournisseur vous escroquera de 3€ ? Vous risquerez une interruption de service ?

Avant, on payait nous-mêmes nos factures, on contestait avant paiement, on arrivait même à payer par chèques. Mais comme ce n'était pas assez rapide, les entreprises se servent maintenant dans nos poches. Faites confiance ! Il vous reste à vérifier après-coup, souvent trop tard, que votre compte n'est pas à sec (oups !).

Prochaine étape, plus besoin d'autorisation à signer, le numéro de compte sera centralisé avec vos informations biométrique (TES) ? On ne verra même pas la différence. Faites confiance !

24 février, 2017

Il ne peut en rester qu'un !

J'avais déjà pointé le problème qu'il pouvait y avoir à revendiquer une réussite qui était finalement basée sur l'échec de ses concurrents. Notre monde est concurrentiel au point qu'il faille bouffer les autres non plus pour survivre, mais pour être le meilleur, le plus riche. C'est tellement vrai que les personnes les plus riches de la planète ont aujourd'hui autant d'argent que le budget de certains États.

En 2010, les 388 personnes les plus riches du monde possédaient autant que la moitié la plus pauvre de l'humanité. En 2015, elles n'étaient plus que 62 à se partager le gâteau. Et cette année, en 2017, ils ne sont plus que 8.

Ce chiffre assez connu nous amène à penser qu'ils ne seront plus que 3 l'an prochain, et un seul en 2020. Une seule personne portera sur ses épaules la responsabilité de la pauvreté du monde : en le dépouillant, on pourrait doubler la richesse de la moitié de la planète. Et quand la richesse d'une personne n'est que de 1€ par jour, la doubler, ça change beaucoup de choses. Serait-ce alors immoral de ruiner cet homme pour sauver des enfants de la vente d'organes, des familles de la maladie ? Après tout, si l'injustice ne touche qu'une seule personne, c'est moins grave, non ?

Surtout qu'on le dit peu, mais en regard de ce chiffre, la population a aussi augmenté dans le même temps. Donc en 2010, la richesse de chacune des 388 personnes les plus riches valait celle de 9 millions de pauvres. En 2015, chacun des 62 les plus riches valait 59 millions de pauvres... et en 2017, chacun des 8 plus riches vaut 465 millions de pauvres. Dans le détail, Bill Gates vaut même 657 millions de pauvres à lui tout seul(1) !

Peut-on imaginer que la vie de cet homme pendant 1 seconde vaille plus de 20 années de la vie d'un pauvre(2) ? Le temps d'un café, et il a gaspillé le prix de toutes les génération d'un pauvre depuis la révolution industrielle.

Si Bill Gates mourait, on lui ferait un bel enterrement, quelques articles dans la presse, l'argent changerait de main, et on passerait à autre chose. Comparons le prix de cet homme.

Si on se réveillait un matin, et que plus d'un demi-milliard d'humains mouraient, juste comme ça ? Plus de vies qu'il n'y en a dans l'Union Européenne. Plus personne pour produire, pour consommer, pour travailler, pour enterrer les morts.

Que faire des corps ?

C'est sans doute ça, l'odeur de l'argent.

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(1) N'ayant pas toutes les feuilles d'impôts des 3,5 milliards de pauvres, je ne peux pas faire le calcul avec seulement les plus pauvres d'entre eux, mais on atteindrait certainement le milliard... surtout que la fortune de Billou a encore augmenté depuis ces chiffres.
(2) Billou ne travaillant plus du tout, il m'est impossible de comparer en temps de travail, alors je compare en temps de vie.

22 février, 2017

Les sciences économiques

Pendus, accrochés à votre télévision, vous écoutez avec intérêt et inquiétude les explications de ce brillant économiste qui vous dit que les entreprises ont besoin de licencier, que la France va mal, que nous devons être compétitifs dans un monde aussi mondialisé que le nôtre, et que le mondialisation est une opportunité formidable.

Cet économiste lambda est même désigné comme expert dans son domaine. On n'en sait pas davantage sur lui, sinon que son langage utilise des mots parfois techniques dans un domaine qui n'est pas le nôtre. Cette personne, souvent un homme, vous explique comment sera le monde demain, pendant que vous réagissez à cette angoisse. Il arrive même à vous faire oublier qu'il s'est toujours planté sur ses prévisions.

L'économie se base sur des chiffres. Tout comme la météo. On vous annonce qu'un anticyclone est dans les parages, que la pression est de 1024 hPa, que les températures sont 0,7°C au-dessus des normales saisonnières, que les précipitations ont été de 18mm et on vous annonce que demain, le temps sera nuageux avec des ondées à tel endroit à telle heure. C'est crédible. En fait, tout le monde râle que la météo se trompe, pourtant, c'est bel et bien une science basée sur des faits très précis. On met même des supercalculateurs sur le coup. On a aussi scientifiquement démontré pourquoi il était impossible de prévoir le temps au-delà de 5 jours. La faute n'est pas aux météorologues, mais à la complexité des phénomènes en jeu.

Les économistes sont exactement dans le même bateau. Ils nous annoncent une météo à 2 mois et vous expliquent à posteriori pourquoi ils se sont trompés. Si la météorologie est une science basée sur des faits, l'économie est basée sur des faits humains, des décisions politiques, des phénomènes sociologiques... des sciences molles. Car finalement, rien n'est moins tangible ou prévisible que les paramètres sur lesquels s'appuient les économistes pour entrevoir l'avenir. Il suffit d'un vote, d'un attentat, d'une découverte, d'une crise majeure, d'un événement à l'étranger ou d'un soulèvement populaire pour ruiner à néant tout pronostic à 5 jours de ces économistes brillants.

Si l'économie est une science, elle est incapable de prédire l'avenir. Capable de prédire que lorsque les gens ont faim, ils se révoltent, que la baisse d'une monnaie augmentera le prix des produits importés, que les impôts permettent de financer le service public... Mais qu'est-ce que cela dit sur notre avenir ?

Ne laissons pas le soin aux économistes de servir de caution à l'avenir que certains politiciens nous réservent. L'avenir, c'est nous qui le faisons. Les économistes nous expliqueront plus tard pourquoi nous avons bien fait de ne pas les écouter.

17 novembre, 2016

L'inflation et l'euro

Les banques sont en France et dans de nombreux pays le seul moyen de créer de l'argent. Autrefois, l'État avait ce pouvoir par la Banque de France, mais aujourd'hui, ce pouvoir est transféré à la BCE, qui est indépendante de quelque instance politique européenne que ce soit. Son seul objectif (en gros), c'est la stabilité de l'euro.

La stabilité monétaire, c'est un bon moyen de se rassurer quand on a été traumatisé par les dévaluations galopantes des années 30. La valeur pouvait chuter entre le matin et le soir de façon inquiétante, au point qu'on n'attendait jamais le soir pour déposer un chèque. Notamment, l'Allemagne a très peur de l'inflation, qui a été l'un des moteurs de la dernière guerre de 39-45. C'est d'ailleurs elle qui freine des 4 fers pour éviter l'inflation.

Le problème, c'est que l'inflation est nécessaire à une économie. L'inflation, c'est quand on crée de la monnaie, la rendant plus facile à trouver, on réduit donc sa rareté, et sa valeur. L'intérêt est notamment de financer des projets d'ampleur, qui seront supportés par tous ceux qui possèdent de l'argent : le prix à payer est donc une petite perte de richesse sur les mêmes billets que l'on a en poche. Ces billets permettront d'acheter un peu moins de choses. Ce sera compensé par une hausse de salaires par la suite.

Il n'a jamais existé dans l'histoire de période de plein emploi sans inflation. Pour exemple, ce graphique où on peut voir les périodes de crise sur l'inflation depuis 1901. Notez bien la crise de 1929.

En se réfugiant derrière le spectre de l’inflation, les autorités monétaires ont permis le désastre européen actuel. (source)

L'avantage de l'inflation, c'est qu'elle incite à dépenser l'argent aujourd'hui plutôt que demain. Elle fait tourner l'économie, comme on dit. Aujourd'hui, on est à deux doigts de la déflation : l'argent que je ne dépense pas aujourd'hui vaudra plus demain. Cela amène à freiner la consommation, car les achats « attendront demain ». Ce pourquoi la déflation est pire que l'inflation, elle peut bloquer l'économie. Surtout quand la précarité augmente et contribue au retard des achats.

Aujourd'hui, la très faible consommation des ménages a tendance à ralentir l'économie. Et la BCE, banque sans pilote politique, ne fera rien pour relancer cette économie car ce n'est pas son rôle (sauf si la monnaie était menacée).

De plus, 90% des prêts bancaires servent à des entreprises pour... acheter des actions d'autres entreprises... même les entreprises limitent le risque qu'il y aurait à leur activité. On ne peut pas créer de richesse (de croissance) sans innovation ! Ne rêvez pas.

Vous connaissez ma position : faire tourner l'économie pour sauver l'euro n'a pas de sens à mes yeux. Car le but n'est pas de rendre service à une monnaie, mais à des gens. Je suis ravi quand un service arrive à sortir de l'économie : faire son pain soi-même, rendre service gratuitement, fabriquer sa maison, faire son potager. Mais là, tous les éléments sont réunis pour nuire aux échanges de « biens et services ».

Ce n'est pas l'argent le problème, mais ce qu'on en fait. Et lorsque l'argent est mal réparti, il ne favorise plus les échanges, il ne peut plus remplir correctement son rôle.

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