Écologie

Un gauchiste est forcément écolo, sinon, c'est qu'il n'a rien compris. Il est question dans cette catégorie de tout ce qui concerne notre espace de vie : nature, eau, air.

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25 avril, 2016

Les pauvres sont tous écolos

Même si ce n'est pas nécessairement par conviction, les pauvres sont écolos.

Prenons par exemple un riche qui serait sensible à l'écologie, et comparons-le à un pauvre, même pas nécessairement sensible au-delà de ses moyens.

Le pire élément d'un bilan carbone est généralement les voyages en avion. Le pauvre n'en fera aucun, le riche fera au mieux attention, mais prendra l'avion de temps en temps. En fait, le riche risque même de prendre l'avion pour son boulot (mais il vous dit qu'il n'a pas le choix !). La comparaison pourrait se limiter à ce seul point tant le bilan carbone de l'avion est désastreux. À titre d'exemple, le bilan carbone d'un français est d'environ 10t de CO2 / an (déjà élevé). Un simple trajet en avion représente entre 0,3t (Paris-Marseille éco) et 17t de CO2 (vers l'Australie classe affaire). Il est donc très facile de doubler son bilan CO2 avec un simple trajet en avion.

Mais continuons, juste pour le sport.

Le pauvre achètera peu de viande (car souvent plus chère) dont le bilan carbone est lui aussi catastrophique. Le riche habitera nécessairement une maison ou un grand appartement. Il est bien plus coûteux de chauffer 120m² que 30m². Et encore, certains pauvres (dont moi) ne se chauffent simplement pas.

Après on peut comparer la voiture. Le riche écolo achètera une voiture peu consommatrice, mais le pauvre, s'il a une voiture (donc pas le plus pauvre) aura une vieille voiture plus polluante (reste à vérifier si une vieille Clio pollue plus qu'une Audi récente), certes, mais dont l'énergie grise lui est largement favorable. Aussi, il l'utilisera peu pour l'économiser ou à cause du prix du trajet.

Après, il faut être clair sur autre chose : la plupart des riches travaillent et la plupart des pauvres ne travaillent pas ou peu. Et le travail est consommateur de ressources : électricité, transports (au moins pour aller travailler, et pour les missions si on est bien payé, parfois même loin), locaux, puis dans de nombreux cas, production de biens matériels. Au pire, on pourrait reprocher au pauvre de les acheter (oui, c'est vrai, ça, les pauvres, arrêtez d'acheter des trucs !)... justifiant ainsi parfois l'emploi du riche. Mais même là, les riches achètent aussi des produits, eux aussi très polluants (notamment dans la technologie). S'ils ne les achetaient pas, ils n'auraient pas d'intérêt à être riches...

Et on dit que les pauvres sont une charge pour la société...

Cet article semble mettre en avant que les ressources matérielles ne sont pas les seules responsables, les pauvres seraient très sensibles à la pollution.

Autre article plus copieux et aussi très intéressant, qui tire cette fois sur les riches qui ne donnent pas l'exemple.
 

6 avril, 2016

J'ai acheté une voiture écologique

Il est assez difficile en général de décréter qu'un bien est ou non « écologique ». D'une façon générale, je serais tenté de dire qu'acheter un bien n'est jamais aussi écologique que NE PAS acheter ce même bien, car sa fabrication consomme de l'énergie grise.

Vous achetez une Toyota Prius, moteur hybride super écologique avec une consommation de 5 litres aux 100km ? C'est pas écologique. Moins écologique que de louer une voiture quand vous en avez besoin, que d'acheter une voiture d'occasion et payer ses réparations, que d'user jusqu'à la corde votre vieille voiture, que de faire du vélo ou prendre le bus.

Évidemment, c'est plus écologique que d'acheter un 4x4 (même si tout le monde n'est pas d'accord sur ce point). Mais si on va par là, beaucoup de choses sont écologiques...

Selon les sources, l'énergie grise d'une voiture coûte environ 18 à 35 000 kWh, soit 200 000km parcourus par la voiture, 2/3 de son utilisation... c'est certainement très différent d'une étude à l'autre, mais ces chiffres donnent un ordre d'idée de la stupidité du geste « écologique » d'acheter une voiture : avant même de rouler, on a consommé énormément d'énergie.

Il faut savoir que les anciennes voitures étaient moins énergivores à produire car elles n'avaient pas d'électronique. D'ailleurs, elles se recyclent mieux pour la même raison. De plus, elles sont faciles à réparer et ne consomment pas tant que ça si vous en prenez soin. Il m'arrive encore de descendre en-dessous de 5 litres / 100km avec une voiture essence qui a 25 ans.

Si vous voulez une voiture, achetez-en une. Mais ne venez pas dire que c'est écolo, quelle que soit la voiture.

31 mars, 2016

Qu'est-ce que « l'énergie grise ? »

On parle tout le temps de produire, acheter et utiliser des trucs écologiques. Acheter le tout nouveau portable qui consomme moins et a une autonomie prolongée, remplacer toutes ses ampoules à filament par des fluocompactes, puis à nouveau par des ampoules à LED. Remplacer la vieille télé par une neuve qui consomme moins, etc.

On oublie généralement l'énergie qui a été nécessaire à la production d'un bien, mais aussi à sa destruction / recyclage.

La fabrication nécessite de la matière, mais surtout de l'énergie pour transformer la matière, la transporter, pour réaliser l'emballage et pour la promotion du produit, le transport du produit fini. N'oublions pas les infrastructures de stockage, le rebut pour les produits ratés... ça fait rapidement beaucoup de ressources avant même d'utiliser un produit.

Sachant qu'à la fin de sa vie, il faudra aussi le reconditionner : transport et stockage des produits, séparation des composants puis transport et recyclage des matériaux lorsque c'est possible (et ça ne l'est pas toujours, loin de là).

L'énergie grise, c'est tout ça. Toute l'énergie que coûte un produit en-dehors de son utilisation est prise en compte.

Par exemple, avant même de rouler, un 4x4 de 2 tonnes bardé d'électronique est plus polluant que n'importe quelle voiture des années 80, même après qu'elle ait roulé 200 000 km !

Autre exemple, la fabrication d'un ordinateur coûterait 4 fois plus d'énergie que celle qu'il consommera tout au long de sa vie (bilan CO2 ici).

Si on prend en compte cette énergie grise, le seul critère « écologique » qui subsiste est la longévité d'un produit. D'une part, parce qu'il est robuste, d'autre part, parce que vous le réparez autant que possible. Il n'est pas simple de comparer à chaque fois s'il est « écolo » d'acheter un nouveau produit sobre en énergie plutôt que de continuer à utiliser l'ancien. Mais dans ce domaine, l'achat compulsif est toujours une erreur.

Mais il est certain que le produit dont on se passe est le plus écologique de tous.

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