7 juillet, 2018

Le retour de la vignette auto

Macron a décidé que les foyers ne paieraient plus de taxe d'habitation. Cet impôt ne serait pas juste, et puis des tas de choses. On a supprimé la vignette auto, et on supprime maintenant la taxe d'habitation. Pareil ? Pas pareil ?

Admettons qu'un stationnement, qu'il soit bon ou mauvais consiste en une occupation du sol sur un espace public.

Tout le monde a le droit d'occuper une petite place par terre, évidemment. On considère comme une évidence le droit d'être quelque part, debout, assis, couché sans demander l'autorisation à personne. Enfin... il existe des espaces privés qui appartiennent à des gens, naturellement. Donc on a créé des espaces publics dans lesquels il est gratuit et normal d'aller et venir sans demander à personne. Pas besoin de l'autorisation d'un propriétaire, d'un Président de la République, d'une loi...

La plupart des voitures semblent aussi utiliser ce droit gratuit à être à un endroit ou à un autre sans formalité. Aujourd'hui, le parc automobile français est composé de plus de 39 millions de voitures. Si on suppose que la voiture moyenne mesure 4m de long pour 1,70m de large, les voitures françaises occupent un territoire de 265,2 km² lorsque toutes les portières sont fermées, et en faisant comme si les camions et les bus étaient de la même taille que ces voitures.

Exactement deux fois et demie la surface de Paris réservée uniquement pour « poser des voitures par terre ». Cela ne compte évidemment pas la surface réservée pour les routes et divers stationnements (car une voiture qui roule n'occupe pas cette place). Cela ne compte pas non plus la surface sur laquelle vient de rouler une voiture, qui ne peut pas encore être utilisée par un piéton, ni non plus la surface sur laquelle une voiture va rouler dans l'instant, et sur lequel il est mortel de marcher. Car alors on atteindrait la surface d'un département (toujours sans compter les routes...).

Des voitures prennent toute cette place au sol, leurs propriétaires ne paient pas le moindre impôt local en rapport. On pourra dire que c'est logique, puisqu'on n'en paie pas non plus pour les logements. Enfin... puisqu'on n'en paie plus.

Maintenant, de là à considérer comme logique de ne rien payer pour s'attribuer une surface privée, pour soi et sa voiture, c'est autre chose. N'empêche, quand quelqu'un gare sa voiture sur un espace public, je ne peux pas y aller et venir. Et la collectivité n'a aucune compensation pour ça.

Moi, j'aurais au contraire ajouté les véhicules à la taxe d'habitation. Surtout quand on sait qu'un 4x4 peut occuper près de 10m² : plus de surface que certains logements...

20 juin, 2018

Le ruissellement selon Macron

Il y a quelques jours, sur mon palier, j'ai trouvé un mégot. Je ne fume pas et à ma connaissance aucun des voisins de mon étage ne fume. Il m'a donc semblé logique que ce mégot venait de l'étage supérieur, probablement déplacé par les pas des uns et des autres marchant dessus. Il aura alors naturellement échoué un étage plus bas.

Le lendemain, j'ai retrouvé ce même mégot encore un étage plus bas, avant de finir le soir même au rez-de-chaussée. Soit parce que la mécanique des pas l'a fait tomber, soit aussi, peut-être, parce qu'il est toujours désagréable d'avoir un mégot devant sa porte, et qu'il est simple de déplacer le problème en donnant un coup de pied dedans. Le rez-de-chaussée des immeubles est souvent plus sale que le dernier étage. Sali par « ceux » qui montent, mais aussi par « ce » qui descend.

C'est ce qu'on pourrait appeler la théorie du ruissellement : quand un mégot ne remonte jamais l'escalier.

Le ruissellement, c'est quand Les financiers cachent des emprunts pourris dans des titres qu'ils vendent, et que les pauvres trinquent encore 10 ans après cette crise des subprimes. C'est quand on sauve les banques sur l'argent du contribuable, à raison de 400€ par français. C'est quand on casse le code du travail parce que l'industrie ne sait pas gérer les emplois dont elle a besoin. C'est quand les maladies générées par l'industrie (médical, pollution, particules fines) génèrent des emplois. Quand Volkswagen améliore le PIB de l'Allemagne en causant des maladies respiratoires partout dans le monde. Quand le pétrolier BP pète un tuyau et raye le golfe du Mexique de la carte du monde. C'est quand après avoir travaillé chez Rotschild, Macron vend ce qui reste de service public.

Le ruissellement, c'est quand au nom du progrès et de l'hygiène économique, on vide la fosse septique des 0,01% les plus riches sur les 50% les plus pauvres en prétendant fertiliser la croissance.

12 mai, 2018

Pourquoi les cyclistes ne roulent-ils pas sur les pistes cyclables ?

Une minorité de cyclistes n'utilise pas les pistes cyclables proposées, mais pourquoi ?

Mettons de côté ces vélos que l'on trouve sur les trottoirs, manquant d'assurance pour affronter les voitures, grosses, polluantes, bruyantes, nerveuses, pressées et concentrons-nous sur ces vélos qui roulent bel et bien sur la chaussée avec quelques exemples concrets.

Qualité de la chaussée :
C'est bien connu, au bord de la chaussée, on plante des arbres, et ces arbres ont des racines... qui défoncent la chaussée de préférence au bord. Être à vélo et se farcir des bosses n'est ni confortable, ni stable, ni sain pour le vélo, tout comme les pavés par exemple.

Nettoyage de la chaussée :
Ensuite, il faut bien voir que le poids, la vitesse et la quantité de voitures a tendance à pousser tous les détritus sur la piste cyclable. On peut citer pêle-mêle les branches tombées, les graviers, les emballages poussés par le vent, mais aussi et surtout les bris de verre des précédents accidents de voiture (justement). Rien de tel pour crever un pneu.

Virage dangereux :
Il arrive qu'il faille se déporter de la piste cyclable pour éviter un potentiel danger juste après le virage si la visibilité n'est pas bonne. Parfois aussi, on préfère se mettre en plein milieu de la route pour être certain qu'une voiture ne nous double pas au moment du virage, nous barrant la route par la même occasion (dans les ronds-points de préférence).

Chaussée rétrécie :
Lorsque la place manque pour qu'une voiture double un vélo, il est plus prudent que le vélo roule en plein milieu, de façon à ne laisser aucun espoir à l'automobiliste. Ça peut parfois l'énerver, mais je préfère ça plutôt que de le voir tenter de me dépasser en me frôlant là où il est impossible de respecter la distance de sécurité de 1 mètre imposée par le code de la route.

Ronds-points :
Alors que les cyclistes sont censés être prioritaires en toute circonstance sur les ronds-points, les automobilistes les voient à peine, voire s'en foutent un peu. Le seul moyen de s'imposer est de se mettre en plein milieu afin d'être bien visible et de ne pas subir les voitures qui en sortent ou y rentrent sans même nous regarder. J'ai parfois eu des mots avec des chauffeurs qui de bonne foi semblaient vraiment de pas m'avoir vu. Car un vélo, on le voit comme un arbre ou un piéton, on s'imagine qu'il ne bouge pas, qu'on a le temps.

Trottoirs :
Lorsque la piste cyclable est sur le trottoir, il faut savoir plusieurs choses : rien dans le code de la route n'autorise un vélo à rouler sur un trottoir, la piste cyclable n'y est pas présentée comme une exception. En cas d'accident avec un piéton, il est donc pleinement responsable. D'autre part, ces pistes demandent parfois de monter ou descendre du trottoir à un endroit dangereux ou mal signalé. Et au-delà de la responsabilité en cas d'accident, on peut très bien refuser de partager un trottoir avec des piétons qui sont par nature imprévisibles (enfants, téléphones, distraction...). La chaussée est plus adaptée, le vélo ayant pratiquement la vitesse d'une voiture en ville. Et pour terminer, il faut bien noter que lorsqu'une voiture stationne sur la piste cyclable qui est sur le trottoir, on se retrouve piégé, car il n'existe alors pas d'aménagement pour que le vélo descende du trottoir au niveau de la voiture stationnée et en pleine circulation.

Chers automobilistes, voilà donc quelques exemples de BONNES raisons qu'un cycliste peut avoir de ne pas rouler sur les pistes cyclables, bien au-delà du fait que les voitures roulent parfois dessus. Il faut aussi savoir qu'un vélo n'a pas d'obligation de l'emprunter sauf signalisation explicite.

4 mai, 2018

Pourquoi les cyclistes ne respectent-ils pas le code de la route ?

Les villes sont faites pour les voitures. C'est tellement évident que cela ne demande plus aucune argumentation en 2017. On préfère développer les immeubles dans le sens de la hauteur plutôt que de gaspiller de la surface au sol, si précieuse aux routes. Même les enfants doivent apprendre dès leur plus jeune âge à ne pas traverser n'importe où, n'importe comment. Le danger de la ville vient des voitures, pas des méchants voleurs d'enfants.

Cela fait que les routes ne sont pas dimensionnées pour accepter des vélos, les feux ne sont pas synchronisés pour permettre une circulation fluide à vélo et n'importe quel parking de 200 voitures ne proposera au mieux que la surface de 2 voitures pour y stationner des vélos.

Les aménagements tardifs se font au forceps et à contre-courant des habitudes des automobilistes, même lorsqu'ils ont tendance à respecter le code de la route : pistes cyclables de la largeur d'un stationnement auto, sas vélos inaccessibles par manque d'une piste cyclable, contre-sens cyclables là où il n'y a pas de place, pistes cyclables sur les ronds-points, etc.

D'autre part, de la même façon que les piétons, les cyclistes n'ont pas besoin de passer leur permis de conduire pour avoir le droit de pratiquer le vélo sur la route. Les obligations faites aux automobilistes ne concernent donc pas les cyclistes.

Maintenant, il ne faut pas oublier le plus important : la sécurité.

Le code de la route impose aux cyclistes une sonnette aux vélos qu'il est impossible aux automobilistes d'entendre, même fenêtre ouverte. Vous avez alors le choix entre hurler si vous avez de la voix et acheter un klaxon bruyant(1) mais interdit, prompt à vous sauver la vie.

Ensuite, les feux. Partir en même temps que les voitures est plus dangereux que partir à un autre moment, par exemple quand le feu est rouge. Il faut évidemment s'assurer qu'il n'y a pas de voiture en sens inverse. Mais éviter le flot de voitures au démarrage est très sécurisant.

Mettre le bras pour signaler que l'on tourne ne peut être qu'une option, souvent utile pour bien montrer qu'on existe sur un rond-point (toujours eux), mais il est parfois imprudent de ne pas avoir les mains sur les freins, dans une descente, juste avant un virage (au cas où une voiture serait garée juste après sur la piste cyclable), ou en sortant d'un rond point (encore eux) alors qu'il s'y trouve un passage pour piétons.

Il m'arrive aussi parfois de prendre des sens interdits pour éviter des rues dangereuses, notamment à des endroits où la priorité à droite n'existe pas pour les vélos.

Et je ne parle pas des vélos qui roulent sur les trottoirs, terrorisés par le flux des voitures.

Aujourd'hui, il faut savoir que réduire les risques à vélo peut coûter une amende de 90 euros...

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(1) Le code de la route impose que le klaxon des cycles soit composé « d'un timbre ou d'un grelot ». On lit même ensuite « L'emploi de tout autre signal sonore est interdit ». Loi pourtant révisée en 2001...

28 avril, 2018

Sur l'obésité des voitures

Je vous ai récemment parlé de mon accident de vélo. Ma roue a percuté la roue avant d'une voiture et je suis passé au-dessus du capot.

Roue voilé, fourche enfoncée, quelques travaux de remise en état du pédalier, mon vélo n'ayant plus ses pièces d'origine a encore un peu de mal à s'en remettre.

Pour ma part, le soleil que j'ai fait au-dessus de la voiture m'a permis d'atténuer ma vitesse et de tomber par terre en amortissant un peu ma chute, par mes bras, mon sac, ma roulade. Rien de cassé. De jolis bleus, une petite cicatrice au coude et un genou qui craque un peu de temps en temps. On appelle ça avoir de la chance.

Croiser une voiture qui vous barre la route pour cramer une ligne blanche, c'est ce qu'on appelle dans mon cas « de la chance ». Sans doute parce que je n'ai pas rayé la voiture...

Depuis cet accident, il y a 10 ans, le comportement des automobilistes a évolué. D'une part, on voit moins de voitures sur les pistes cyclables : elles stationnent maintenant sur les trottoirs, gênant à présent les poussettes et les fauteuils roulants (ne surtout jamais gêner les autres voitures !). J'observe de plus en plus des infractions consistant à griller des feux (parfois par anticipation), des lignes blanches, des stops, des sens interdits. C'est maintenant devenu quotidien. On se permet aujourd'hui en voiture ce qu'on s'autorisait en tant que piéton.

Et plus dangereux, les voitures se sont habituées aux vélos, et elles ne font plus l'écart nécessaire à un dépassement : 1 mètre en ville. Quand je le rappelle à l'automobiliste qui arrive au feu, je passe pour un mauvais coucheur. Il manque de m'envoyer dans le décor, et je suis le problème ? Comprenez bien mon énervement.

Depuis 2008, aussi, la taille des voitures a enflé. Il n'existe plus une marque qui ne propose pas un 4x4 SUV. Les rues sont maintenant peuplées de voitures au-dessus desquelles je ne pourrai jamais passer. Même la Mini de 1959 est devenue un monstre, passant de 700kg à 1,4 tonnes à vide et de 32 à 192 chevaux, de 3 à 4,3 mètres de long... Même la plus petite des voiture est devenue un monstre SUV.

Le prochaine voiture à faire demi-tour sur une ligne blanche ne me laissera même plus la chance d'une roulade au-dessus de son capot. Non, la prochaine fois, je m'écraserai comme une mouche dessus, car le capot est maintenant à hauteur de mon bassin. Ce sera au minimum une clavicule cassée.

Les voitures n'ont décidément plus rien à faire en ville.

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