15 décembre, 2019

Cachez ce pauvre que je ne saurais voir

Cachez ce pauvre...

Malgré les promesses de Macron Ier, la pauvreté ne baisse pas en France. C'est alarmant. Pire, elle progresse.

« Je veux que nous puissions apporter un toit à toutes celles et ceux qui sont aujourd'hui sans abri. » (vœux 2018)

Alors c'est un peu comme pour le chômage, pour ne pas avouer qu'il augmente, on bricole les chiffres. On change la définition d'un chômeur, on les radie, et puis on crée des formations sur le pouce pour les sortir des statistiques en urgence.

Le meilleur moyen de rayer les pauvres de la carte, c'est de brûler la carte. C'est ce que prévoit de faire Macron en supprimant purement et simplement l'observatoire de la pauvreté. C'est assez peu relayé dans la presse en fait. Cet observatoire a par exemple permis d'apprendre qu'on a un demi-million de pauvre en plus cette année... l'année de la promesse de Macron.

Cachez cette injustice...

Un autre qui va disparaître, c'est l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales. Il était moins connu que le précédent, mais publiait quand même des rapports intéressants.. Mais ils le dégagent pour simplifier (je ne veux voir qu'une tête hop !). Ses missions seront remplies par l'INHESJ que tout le monde connaît. Il est certainement compétent pour cette mission, mais j'ai tendance à me méfier des fusions de l'État (ANPE + Unedic = Pôle Emploi par exemple, simple réflexe...).

Cachez ces prisonniers...

Encore un autre observatoire (qui n'a rien à voir) : celui des prisons. Lui, ne dépend pas de l'État. Enfin, pas directement. Il souffre d'une chute drastique de ses subventions publiques. Comme ça, hop, trop cher maintenant qu'il n'y a plus d'ISF.

« En cinq ans, l’OIP a perdu
66 % de ses subventions publiques. »

Lui, on peut encore le sauver en lui apportant une contribution. C'est ici que ça se passe.

Heureusement, l'observatoire des inégalités n'est pas en danger. Mais il a aussi besoin d'argent, prix de son indépendance.

Voilà voilà, on tente de cacher sous le tapis les pauvres et les prisonniers. C'est pas beau tout ça... il est peut-être temps de créer un observatoire du libéralisme économique pour montrer sa nuisance ?

9 décembre, 2019

Dans quoi investir ?

Mon approche est délicate, car je risque d'être accusé de délit d'initié à la fin de ce billet, tant je suis certain que ma prédiction est juste. J'en ai la preuve.

Il existe un placement plus juteux que le pétrole (qui touche son plafond), plus que l'or, plus sûr que Microsoft ou même Google ! Plus juteux encore qu'investir dans la crise, le crash grec, l'inflation, la hausse du chômage ou du cancer. Avec ce placement, vous pouvez gagner 10% d'ici à la nouvelle année !

Il s'agit du timbre poste. Il prendra plus de 10% au 1er janvier. Imaginez un peu que le prix du timbre a doublé en 10 ans alors que l'inflation cumulée sur la même période n'a été que de 7% environ. Imaginez un peu la tronche du Cérès de 1849 qui va se faire battre par ce petit nouveau de timbre !

On appelle aussi ça la fuite en avant du service public. La Poste a eu pour concurrence le fax puis Internet, c'est évident. Mais le transport du courrier reste un service vital pour un pays. N'oublions pas que 14% des français n'ont pas Internet (cela ne progresse plus). On laisse filer le prix du timbre, puis les volumes d'expédition baisseront, et on augmentera encore le prix du timbre, etc. jusqu'à désaffection totale d'un service indispensable, mais vendu trop cher à ceux qui en dépendent.

Est-ce à cause du sabordage du fret ferroviaire par l'État ? Beaucoup de lettres transitent par avion pour les envois internes à l'hexagone. Ou à cause de l'ouverture à la concurrence en 2000 ?

C'est peut-être le bon moment pour que l'État subventionne le courrier, avant que toutes les agences ne ferment... On subventionne bien les piscines par exemple : si ce n'était pas le cas, le prix d'entrée au bassin serait multiplié par 4. Et alors, les baigneurs déserteraient, et le prix augmenterait... et la piscine fermerait.

« La Poste, on a tous à y gagner (1995) »

J'ai mon lot de déconvenues avec La Poste, comme tout le monde, mais je défends l'idée qu'elle est indispensable, comme la police, les pompiers, et tout un tas de services publics. En dégrader la qualité amènera ni plus ni moins une paralysie du pays.

3 décembre, 2019

Venez manifester jeudi prochain

Personne n'est gagnant avec les destructions de Macron. Les rares gagnants, je les mets dans la partie négligeable de la population. Le projet en cours est celui des retraites. Et il faut le combattre. Le système de retraites par points amènera de très nombreux français à ne prendre leur retraite qu'à 67 ans pour l'avoir à taux plein, à commencer par tous ceux qui ont un parcours professionnel haché. Les autres, continueront à travailler jusqu'au bout pour arriver à compléter le peu qu'ils touchent.

Venez manifester jeudi prochain, le 5 décembre.

Quand j'ai commencé à bosser, la retraite était à 60 ans. Depuis, le PIB a enflé. Énormément. Et on me dit qu'il n'y a plus de quoi payer des retraites avant 67 ans ?

Le vrai projet de Macron est de remplacer la solidarité de la retraite par une nouvelle capitalisation, avec tout le danger que cela représente : tout le monde n'aura pas de quoi capitaliser une retraite complète, et ce système est fragile et risque de mettre tous les retraités sous les ponts sur un simple éternuement de Wall Street.

TOUS DANS LA RUE !

Si vous ne le faite pas pour les retraites, faites-le pour l'œuvre complète du petit jésus du néolibéralisme. Moi, par exemple, je n'ai plus d'espoir d'avoir de retraite. Mais quand même, ça me fait mal qu'il travestisse le système des retraites pour enrichir (encore) les banques.
 

2 décembre, 2019

Les 3% de Bruxelles

On compare souvent l'État à un ménage. Surtout pour ce qui est de son budget. On préfère cependant éviter de parler des scènes de ménages, car dans aucun ménage on ne supporterait des manifestations pendant 1 an sans se poser de question. On compare quand ça nous arrange quoi.

D'ailleurs, de nombreux économistes nous le disent : on ne peut pas comparer l'économie d'un pays à celle d'un ménage. L'État peut emprunter à l'infini (ce qu'on appelle « rouler la dette »), mais aussi, il peut créer la monnaie lui permettant d'investir. Mettons que ce n'est plus possible depuis qu'on dépend de l'euro.

Mais dans l'idée, un État souverain ne dépend pas de sa monnaie, c'est la monnaie qui dépend de l'État. Tout comme on ne travaille pas pour faire tourner l'économie, mais on ajuste l'économie pour que chacun trouve sa place.

Mais puisqu'on n'a plus aucun pouvoir de décision, qu'on n'est plus souverain sur grand chose, faisons comme si la France était un ménage avec ses économies, un budget à surveiller, un revenu mal géré, un banquier qui fait les gros yeux, tout ça.

Les règles de budget de l'Europe interdisent aux États d'avoir un déficit supérieur à 3% du PIB.

Autrement dit : les États ont le droit d'être déficitaires à hauteur de 3% du PIB. Je le redis autrement : on autorise les États à ne jamais avoir un budget à l'équilibre, à ne jamais rembourser ses dettes.

Imaginez un ménage qui dépense plus qu'il ne gagne tout au long de l'année. « C'est pas grave, c'est le banquier qui paie » ?

À l'époque où on était souverain sur la monnaie, ce n'était pas si grave, au pire, on imprimait des billets, l'inflation grimpait un peu et au bout de 50 ans, on retirait deux zéro sur la valeur faciale de la monnaie, on appelait ça le « nouveau franc ». Mais maintenant, le seul moyen de pallier les 3%, c'est d'emprunter à des banques à l'infini.

Heureusement que les banques vont très mal, sinon, elles refuseraient de prêter à des taux aussi bas.

Même la Grèce emprunte à des taux négatifs. Si ça c'est pas un signe ?

Mais ne comparez pas : il ne faut jamais comparer la rigueur du budget d'un ménage au flou du budget d'un État.

26 novembre, 2019

Les SUV et la résistance de l'air

Si vous n'êtes pas trop jeunes, vous avez probablement connu la CX de Citroën. Cette voiture d'une allure moderne à l'époque tirait son nom du coefficient de pénétration dans l'air. Une mesure que l'on nomme Cx. C'est aussi un élément important de ce qu'on appelle couramment l'aérodynamisme.

En gros, plus une voiture a un Cx faible, plus elle a une forme aérodynamique. Un cube a un Cx de 1,05, et les voitures des années 80 arrivaient fréquemment à des Cx de 0,30. On continue à faire des progrès ; avec certaines voitures de série récentes, on arrive autour de 0,24. Il est clair que c'est un paramètre important pour réduire la consommation d'une voiture, qu'elle soit électrique ou thermique.

La résistance de l'air est responsable de plus ou moins 20% de la consommation d'une voiture. C'est faux à des petites vitesses (en ville), où les accélérations et freinages prennent le dessus (inertie). Mais en ligne droite sur l'autoroute, la résistance de l'air est très importante. Elle prend une bonne part de la consommation. En fait, c'est leur seul facteur de consommation qui ne soit pas directement lié à la masse du véhicule(1).

Je râle souvent contre les grosses voitures SUV. Ces 4x4 de villes qui n'ont pas compris que la place est limitée et que conduire un tel engin est une responsabilité pour tout le monde. On trouve de nombreux SUV dont le Cx est de 0,30. Pas beaucoup, mais ça existe quand même. Ça ne semble pas si horrible sur le papier, pas pire que les voitures des années 80...

Mais on oublie un peu vite que la perte d'énergie liée aux frottements de l'air n'est pas liée qu'au Cx. En effet, si un cube a un Cx de 1,05, cela ne dépend pas de sa taille. Pourtant, les frottements de l'air ne seront pas les mêmes pour un petit ou un gros cube. C'est pareil avec une voiture. Une petite voiture avec un Cx de 0,30 sera moins freinée par l'air qu'un SUV avec un même Cx. Il faut en fait multiplier le Cx par la surface frontale de la voiture.

Ainsi, le rapport de consommation lié à la résistance de l'air pourra facilement être augmenté de moitié pour un SUV qui est plus gros... cela nous ramène à des voitures à l'efficacité énergétique des années 50. Là, c'est moins classe, même sur le papier...

Et que dire de ce pire SUV que la planète ait créé : la Mercedès-Benz G500 cabriolet Classe G(2) en forme de caisson. Son Cx de 0,54 rivalise avec celui de certains cercueils. Sans compter la taille impressionnante du véhicule... plus de 2 mètres de haut. Cette boîte est capable de rouler autour de 200 km/h malgré les résistance de sa propre forme... une voiture qui arrive à fendre l'air pour y mettre du carbone.

...bientôt, on n'aura même plus besoin de rouler pour transformer le pétrole en CO2.

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(1) Je mets de côté la consommation liée aux accessoires électriques (phares LED plutôt qu'halogènes par exemple).

(2) Cette voiture a reçu en 2004 le prix Tuvalu du dérèglement climatique. Dans les 28 l/100 en ville avec la clim... 4kg de CO2 tous les 10 km. Portez-les, vous verrez...
 

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