20 juin, 2018

Le ruissellement selon Macron

Il y a quelques jours, sur mon palier, j'ai trouvé un mégot. Je ne fume pas et à ma connaissance aucun des voisins de mon étage ne fume. Il m'a donc semblé logique que ce mégot venait de l'étage supérieur, probablement déplacé par les pas des uns et des autres marchant dessus. Il aura alors naturellement échoué un étage plus bas.

Le lendemain, j'ai retrouvé ce même mégot encore un étage plus bas, avant de finir le soir même au rez-de-chaussée. Soit parce que la mécanique des pas l'a fait tomber, soit aussi, peut-être, parce qu'il est toujours désagréable d'avoir un mégot devant sa porte, et qu'il est simple de déplacer le problème en donnant un coup de pied dedans. Le rez-de-chaussée des immeubles est souvent plus sale que le dernier étage. Sali par « ceux » qui montent, mais aussi par « ce » qui descend.

C'est ce qu'on pourrait appeler la théorie du ruissellement : quand un mégot ne remonte jamais l'escalier.

Le ruissellement, c'est quand Les financiers cachent des emprunts pourris dans des titres qu'ils vendent, et que les pauvres trinquent encore 10 ans après cette crise des subprimes. C'est quand on sauve les banques sur l'argent du contribuable, à raison de 400€ par français. C'est quand on casse le code du travail parce que l'industrie ne sait pas gérer les emplois dont il a besoin. C'est quand les maladies générées par l'industrie (médical, pollution, particules fines) génèrent des emplois. Quand Volkswagen améliore le PIB de l'Allemagne en causant des maladies respiratoires partout dans le monde. Quand le pétrolier BP pète un tuyau et raye le golf du Mexique de la carte du monde. C'est quand après avoir travaillé chez Rotschild, Macron vend ce qui reste de service public.

Le ruissellement, c'est quand au nom du progrès et de l'hygiène économique, on vide la fosse septique des 0,01% les plus riches sur les 50% les plus pauvres en prétendant fertiliser la croissance.

12 mai, 2018

Pourquoi les cyclistes ne roulent-ils pas sur les pistes cyclables ?

Une minorité de cyclistes n'utilise pas les pistes cyclables proposées, mais pourquoi ?

Mettons de côté ces vélos que l'on trouve sur les trottoirs, manquant d'assurance pour affronter les voitures, grosses, polluantes, bruyantes, nerveuses, pressées et concentrons-nous sur ces vélos qui roulent bel et bien sur la chaussée avec quelques exemples concrets.

Qualité de la chaussée :
C'est bien connu, au bord de la chaussée, on plante des arbres, et ces arbres ont des racines... qui défoncent la chaussée de préférence au bord. Être à vélo et se farcir des bosses n'est ni confortable, ni stable, ni sain pour le vélo, tout comme les pavés par exemple.

Nettoyage de la chaussée :
Ensuite, il faut bien voir que le poids, la vitesse et la quantité de voitures a tendance à pousser tous les détritus sur la piste cyclable. On peut citer pêle-mêle les branches tombées, les graviers, les emballages poussés par le vent, mais aussi et surtout les bris de verre des précédents accidents de voiture (justement). Rien de tel pour crever un pneu.

Virage dangereux :
Il arrive qu'il faille se déporter de la piste cyclable pour éviter un potentiel danger juste après le virage si la visibilité n'est pas bonne. Parfois aussi, on préfère se mettre en plein milieu de la route pour être certain qu'une voiture ne nous double pas au moment du virage, nous barrant la route par la même occasion (dans les ronds-points de préférence).

Chaussée rétrécie :
Lorsque la place manque pour qu'une voiture double un vélo, il est plus prudent que le vélo roule en plein milieu, de façon à ne laisser aucun espoir à l'automobiliste. Ça peut parfois l'énerver, mais je préfère ça plutôt que de le voir tenter de me dépasser en me frôlant là où il est impossible de respecter la distance de sécurité de 1 mètre imposée par le code de la route.

Ronds-points :
Alors que les cyclistes sont censés être prioritaires en toute circonstance sur les ronds-points, les automobilistes les voient à peine, voire s'en foutent un peu. Le seul moyen de s'imposer est de se mettre en plein milieu afin d'être bien visible et de ne pas subir les voitures qui en sortent ou y rentrent sans même nous regarder. J'ai parfois eu des mots avec des chauffeurs qui de bonne foi semblaient vraiment de pas m'avoir vu. Car un vélo, on le voit comme un arbre ou un piéton, on s'imagine qu'il ne bouge pas, qu'on a le temps.

Trottoirs :
Lorsque la piste cyclable est sur le trottoir, il faut savoir plusieurs choses : rien dans le code de la route n'autorise un vélo à rouler sur un trottoir, la piste cyclable n'y est pas présentée comme une exception. En cas d'accident avec un piéton, il est donc pleinement responsable. D'autre part, ces pistes demandent parfois de monter ou descendre du trottoir à un endroit dangereux ou mal signalé. Et au-delà de la responsabilité en cas d'accident, on peut très bien refuser de partager un trottoir avec des piétons qui sont par nature imprévisibles (enfants, téléphones, distraction...). La chaussée est plus adaptée, le vélo ayant pratiquement la vitesse d'une voiture en ville. Et pour terminer, il faut bien noter que lorsqu'une voiture stationne sur la piste cyclable qui est sur le trottoir, on se retrouve piégé, car il n'existe alors pas d'aménagement pour que le vélo descende du trottoir au niveau de la voiture stationnée et en pleine circulation.

Chers automobilistes, voilà donc quelques exemples de BONNES raisons qu'un cycliste peut avoir de ne pas rouler sur les pistes cyclables, bien au-delà du fait que les voitures roulent parfois dessus. Il faut aussi savoir qu'un vélo n'a pas d'obligation de l'emprunter sauf signalisation explicite.

4 mai, 2018

Pourquoi les cyclistes ne respectent-ils pas le code de la route ?

Les villes sont faites pour les voitures. C'est tellement évident que cela ne demande plus aucune argumentation en 2017. On préfère développer les immeubles dans le sens de la hauteur plutôt que de gaspiller de la surface au sol, si précieuse aux routes. Même les enfants doivent apprendre dès leur plus jeune âge à ne pas traverser n'importe où, n'importe comment. Le danger de la ville vient des voitures, pas des méchants voleurs d'enfants.

Cela fait que les routes ne sont pas dimensionnées pour accepter des vélos, les feux ne sont pas synchronisés pour permettre une circulation fluide à vélo et n'importe quel parking de 200 voitures ne proposera au mieux que la surface de 2 voitures pour y stationner des vélos.

Les aménagements tardifs se font au forceps et à contre-courant des habitudes des automobilistes, même lorsqu'ils ont tendance à respecter le code de la route : pistes cyclables de la largeur d'un stationnement auto, sas vélos inaccessibles par manque d'une piste cyclable, contre-sens cyclables là où il n'y a pas de place, pistes cyclables sur les ronds-points, etc.

D'autre part, de la même façon que les piétons, les cyclistes n'ont pas besoin de passer leur permis de conduire pour avoir le droit de pratiquer le vélo sur la route. Les obligations faites aux automobilistes ne concernent donc pas les cyclistes.

Maintenant, il ne faut pas oublier le plus important : la sécurité.

Le code de la route impose aux cyclistes une sonnette aux vélos qu'il est impossible aux automobilistes d'entendre, même fenêtre ouverte. Vous avez alors le choix entre hurler si vous avez de la voix et acheter un klaxon bruyant(1) mais interdit, prompt à vous sauver la vie.

Ensuite, les feux. Partir en même temps que les voitures est plus dangereux que partir à un autre moment, par exemple quand le feu est rouge. Il faut évidemment s'assurer qu'il n'y a pas de voiture en sens inverse. Mais éviter le flot de voitures au démarrage est très sécurisant.

Mettre le bras pour signaler que l'on tourne ne peut être qu'une option, souvent utile pour bien montrer qu'on existe sur un rond-point (toujours eux), mais il est parfois imprudent de ne pas avoir les mains sur les freins, dans une descente, juste avant un virage (au cas où une voiture serait garée juste après sur la piste cyclable), ou en sortant d'un rond point (encore eux) alors qu'il s'y trouve un passage pour piétons.

Il m'arrive aussi parfois de prendre des sens interdits pour éviter des rues dangereuses, notamment à des endroits où la priorité à droite n'existe pas pour les vélos.

Et je ne parle pas des vélos qui roulent sur les trottoirs, terrorisés par le flux des voitures.

Aujourd'hui, il faut savoir que réduire les risques à vélo peut coûter une amende de 90 euros...

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(1) Le code de la route impose que le klaxon des cycles soit composé « d'un timbre ou d'un grelot ». On lit même ensuite « L'emploi de tout autre signal sonore est interdit ». Loi pourtant révisée en 2001...

28 avril, 2018

Sur l'obésité des voitures

Je vous ai récemment parlé de mon accident de vélo. Ma roue a percuté la roue avant d'une voiture et je suis passé au-dessus du capot.

Roue voilé, fourche enfoncée, quelques travaux de remise en état du pédalier, mon vélo n'ayant plus ses pièces d'origine a encore un peu de mal à s'en remettre.

Pour ma part, le soleil que j'ai fait au-dessus de la voiture m'a permis d'atténuer ma vitesse et de tomber par terre en amortissant un peu ma chute, par mes bras, mon sac, ma roulade. Rien de cassé. De jolis bleus, une petite cicatrice au coude et un genou qui craque un peu de temps en temps. On appelle ça avoir de la chance.

Croiser une voiture qui vous barre la route pour cramer une ligne blanche, c'est ce qu'on appelle dans mon cas « de la chance ». Sans doute parce que je n'ai pas rayé la voiture...

Depuis cet accident, il y a 10 ans, le comportement des automobilistes a évolué. D'une part, on voit moins de voitures sur les pistes cyclables : elles stationnent maintenant sur les trottoirs, gênant à présent les poussettes et les fauteuils roulants (ne surtout jamais gêner les autres voitures !). J'observe de plus en plus des infractions consistant à griller des feux (parfois par anticipation), des lignes blanches, des stops, des sens interdits. C'est maintenant devenu quotidien. On se permet aujourd'hui en voiture ce qu'on s'autorisait en tant que piéton.

Et plus dangereux, les voitures se sont habituées aux vélos, et elles ne font plus l'écart nécessaire à un dépassement : 1 mètre en ville. Quand je le rappelle à l'automobiliste qui arrive au feu, je passe pour un mauvais coucheur. Il manque de m'envoyer dans le décor, et je suis le problème ? Comprenez bien mon énervement.

Depuis 2008, aussi, la taille des voitures a enflé. Il n'existe plus une marque qui ne propose pas un 4x4 SUV. Les rues sont maintenant peuplées de voitures au-dessus desquelles je ne pourrai jamais passer. Même la Mini de 1959 est devenue un monstre, passant de 700kg à 1,4 tonnes à vide et de 32 à 192 chevaux, de 3 à 4,3 mètres de long... Même la plus petite des voiture est devenue un monstre SUV.

Le prochaine voiture à faire demi-tour sur une ligne blanche ne me laissera même plus la chance d'une roulade au-dessus de son capot. Non, la prochaine fois, je m'écraserai comme une mouche dessus, car le capot est maintenant à hauteur de mon bassin. Ce sera au minimum une clavicule cassée.

Les voitures n'ont décidément plus rien à faire en ville.

13 avril, 2018

La cohabitation voitures-vélos

En 2008, j'ai eu un accident de vélo. Pas très grave, mais quand même. Alors qu'une voiture sortait de son stationnement, elle a fait demi-tour sur une ligne blanche. Le conducteur avait pourtant vu que j'arrivais, mais supposant que j'allais freiner à temps : je n'avais en fait même pas compris qu'elle prévoyait de me barrer la route.

J'admets volontiers que depuis cet accident, il m'est de plus en plus difficile de faire confiance aux automobilistes. D'une part, parce que j'ai davantage conscience du danger que représente une voiture face à un vélo, d'autre part, parce que j'ai bien compris que l'automobiliste ne respecte pas un code de la route censé me protéger, en tant que cycliste, mais aussi en tant que piéton.

Je généralise, évidemment, mais supposons que seulement 1% des voitures soient un danger potentiel, compte tenu du nombre de voitures que je croise, ça fait pas mal de connards sur un seul trajet.

On a ceux qui s'en foutent, pensant ne pas gêner, n'en avoir que pour 2 minutes, pensant qu'on les laissera faire (un p'tit sens interdit de seulement 20 mètres), et puis ceux qui sont ouvertement dangereux, collant les cyclistes, leur faisant une queue de poisson pour se planter 100 mètres devant, à un feu rouge. Et puis ceux qui grillent les feux rouges, parce que bon, y'a pas de flics.

Cela rend le trajet des cyclistes assez pénible, car cela demande une hypervigilance, savoir reconnaître un bruit de moteur agressif venant de l'arrière, supposer l'oubli d'un clignotant, prévoir les refus de priorité, garder des marges de sécurité au cas où une voiture déboiterait sans prévenir, pour stationner sur une piste cyclable, au cas où une portière s'ouvrirait juste devant moi, car personne ne surveille ses angles morts, car il est trop fatigant de tourner la tête.

Et je ne parle même pas des ronds-points, concentré de danger, notamment quand les automobilistes sont au téléphone.

Alors oui, je roule en plein milieu de la route, pour éviter les portières à droite, pour ne pas laisser l'espoir de passer à une voiture qui imaginerait avoir la place de me doubler, je mets des autocollants sur les vitres des voitures mal garées, je fais la leçon aux voitures qui me suivent sur les pistes réservées aux vélos, je me place ouvertement devant les voitures au feu, les gênant alors qu'elles sont sur un « sas vélo ».

Les voitures ont gagné, car je n'aime plus me déplacer à vélo. Mais je n'ai pas prévu d'abandonner pour autant, alors chers automobilistes, habituez-vous, on continuera d'être chiants tant que 1% d'entre vous seront dangereux.

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