27 décembre, 2018

S'adapter aux besoin des entreprises

L'habitude est souvent de considérer qu'un chômeur l'est par sa propre faute. En fait, les différentes politiques en place ont pour le moins tendu vers cet objectif : bien rappeler aux chômeurs que s'ils ne trouvaient pas de boulot, il ne fallait pas venir chouiner. Pôle Emploi nous rappelle régulièrement que si nous ne trouvons rien, c'est que nous pouvons améliorer notre parcours par notre CV, la qualité de nos entretiens d'embauche, notre mobilité, notre profil, et pourquoi pas, changer le métier recherché.

En fait, nous sommes obligés par Pôle Emploi à avoir en permanence sur leur site un CV « à jour », même lorsque celui-ci n'a pas changé d'un iota depuis 1 an. On nous demande d'actualiser un CV qui n'a pas changé : on peut bidouiller ou cliquer sur un bouton pour remettre à jour son CV. C'est nouveau. Si on oublie de le faire, c'est un motif de radiation.

Si vous avez le bonheur de vous faire contrôler par l'ECRE, on vous rappellera aussi que des « abonnements » aux offres existent sur le site de Pôle Emploi. Dans mon cas, on m'avait donné l'obligation d'utiliser ce service sans quoi je serais radié. Il s'agit de recevoir des annonces automatiquement en fonction des critères de notre recherche d'emploi.

Ces abonnements disparaissent automatiquement lorsque trop peu d'annonces correspondent à vos critères. On pourrait imaginer que c'est la faute à la crise, tout ça. Mais sur Pôle Emploi, lorsque qu'un abonnement ne donne rien, il est automatiquement supprimé au bout d'un moment. Vous pouvez le réactiver, bien sûr, mais si vous n'avez rien changé à vos « critères de recherche », il sera à nouveau désactivé sous 48h. Bref, on vous somme de changer des paramètres de votre recherche d'emploi. Car le problème, c'est vous. Donc vous devez accepter d'aller plus loin, dans une autre ville, moins payé, à temps partiel, ou carrément de changer de métier.

Le chômeur a l'obligation impérieuse de s'adapter à l'offre.

Mais pourquoi est-ce donc au chômeur de s'adapter ? Quelle cause supérieure à l'intérêt des personnes pourrait bien les soumettre aux choix d'investissement des entreprises ?

Ne serait-ce pas plutôt aux entreprises de s'adapter aux personnes ? Surtout que ce n'est pas la production qui manque de nos jours. On peut bien se passer de certains projets...

Je connais certaines entreprises qui feraient bien de traverser la rue.

21 décembre, 2018

L'Hélium

Hier, il y avait dans le bus une gamine en train de jouer avec un ballon. C'était un de ces ballons qui flottent en l'air et que l'on tient par une ficelle. Le ballon a dû coûter quelques euros à la mère, rien n'est trop beau pour le sourire d'un enfant.

Si le ballon avait coûté 20 euros, l'aurait-elle acheté, sachant qu'il sera mécaniquement dégonflé le lendemain ? Probablement pas.

Ce ballon est gonflé à l'hélium. L'hélium est un gaz qui a de nombreuses utilisations. L'une de ses principales propriétés (outre le fait d'être plus léger que l'air) est qu'on ne lui connaît pratiquement aucune réaction chimique. Il est pratiquement inerte. Mine de rien, c'est souvent très utile. On l'utilise pour des applications médicales, nucléaires, industrielles (processeurs), optique (télescopes), cryogénique, aquatique (plongée), spatiale (combustible)... bref, ça sert à tout, et c'est irremplaçable.

Par chance, il est l'une des matières les plus abondantes de l'univers. Une sorte d'atome primordial ayant donné tous les autres à la création du monde. Mais dans notre malheur, il est si léger qu'il monte dans les airs, loin, si loin qu'il s'échappe même parfois de l'atmosphère. Il quitte alors la Terre.

On se plaint de la rareté de certains matériaux, en essayant de les recycler. On commence même parfois à penser que nos poubelles sont des mines d'or pour qui arriverait à y recycler les matières qui s'y trouvent. Mais pour l'hélium, il n'existe pas de poubelle. Une fois perdu, il est définitivement perdu. On ne peut pas le refabriquer.

S'il n'est pas capté juste après son utilisation, il est perdu. Il s'envole et se perd à 95km de la Terre voire même dans l'espace. Cet hélium, une fois perdu l'est définitivement. Et personne n'ira le chercher là-haut. Quand on sait qu'il est essentiellement extrait du gaz naturel, dont les réserves mondiales arrivent à leur fin, on sait aussi que la production d'hélium a une fin.

On sait tout ça, et on met de l'hélium dans des ballons pour faire sourire les enfants. Ces mêmes enfants qui grandiront et crèveront peut-être de leur insuffisance respiratoire, qu'on ne pourra pas traiter si on n'a plus d'hélium...

11 décembre, 2018

Macron, corrompu par nature

Quand il est possible de cumuler les corvées, je n'hésite pas à le faire. Par exemple, quand je dois descendre les poubelles, j'en profite pour descendre ce qui se recycle, le compost, le verre et le courrier à poster.

Hier soir, Macron parlait à 20h, alors j'ai sorti les chaussettes à repriser. Une corvée à la hauteur, puisque le tas augmentait depuis près d'un an : 17 chaussettes à repriser. En général, je n'écoute plus ce qu'il raconte, mais là, c'était un moment particulier. J'étais pressé de savoir s'il oserait nous refourguer son programme qui nous détruit à un moment aussi critique.

Je n'ai pas eu le temps de terminer ma 4ème chaussette que Macron avait déjà fini son texte. Douze minutes paraît-il. On peut dire que je ne reprise pas vite mes chaussettes (ma vue baisse). Mais surtout, ce qu'il avait à dire ne tenait pas en plus de 12 minutes. Heureusement que les commentateurs étaient là pour que j'atteigne 14 chaussettes. Je garde les 3 dernières pour son discours de départ.

Macron a commencé son discours avec des reproches aux gilets jaunes. Rien pour les morts et les estropiés. Il lui restait encore 10 minutes à remplir. Puis logiquement le passage dit « Zola » où il tente de faire pleurer dans les chaumières. Sarkozy était plus doué à ce jeu-là.

Son discours n'a abordé aucun des problèmes importants. Pas un mot sur l'écologie, la pauvreté, les SDF, le logement, l'avenir politique du pays, sur un changement de cap, et pire : pas un mot sur l'injustice sociale ou fiscale. Il n'a pas parlé des chômeurs, temps partiels, RSAstes ou autres personnes oubliées. Juste quelques retraités, car il vient de se rendre compte que c'est son fonds de commerce.

Il n'est pas revenu sur l'ISF (pourtant symbolique) ou l'injuste répartition de l'impôt. Il n'a rien repris aux plus riches, et les seuls cadeaux qu'il nous a fait le seront sur les caisses de l'État (ou de la Sécu), déjà trop maltraitées. Il augmentera le SMIC de 100€ sans toucher aux cotisations (pour un coût global de 2 milliards(1) ) et va défiscaliser les primes de cette fin d'année, permettant aux riches salaires d'en profiter encore plus. Carlos Ghosn pourra augmenter d'autant ses petites primes.

D'ailleurs, puisque le salaire sera augmenté de 100€, la baisse de cotisations devra nécessairement bénéficier à tous ceux qui touchaient déjà 100€ de plus que le smic. Le coût avoisinerait alors les 3,5 milliards. Macron a donc décidé de continuer à dépouiller l'État, derrière son masque de bienfaiteur. Car ces multiples milliards, il faudra bien les payer un jour. Apparemment pas sur l'ISF. C'est donc finalement encore un cadeau que Macron fait aux employeurs. Plus l'employeur est gros, plus le cadeau est gros.

Merveille des merveilles, il en profite pour défiscaliser complètement les heures supplémentaires. On lui réclame plus de justice fiscale et il nous ressort son vieux programme libéral d'injure fiscale, tout comme je le prédisais. Il n'en est plus à peindre la croissance en vert, mais à vider les caisses de l'État en nous disant que c'est ce qu'on veut. Sa malhonnêteté me dépasse. Stupide au point de nous croire aussi vénaux que lui. Méchant au point de nous narguer jusque dans son trou.

Macron a tenté le coup de payer quelques uns pour diviser le mouvement. De la poudre aux yeux pour nous faire oublier l'injustice. Un petit chèque pour qu'on se taise. Il pense les français corrompus.

On va lui montrer qui est corrompu, ici.

PS : il a parlé de proportionnelle, de vote blanc et de quelques conneries, mais rien de concret, je n'ai donc pas abordé ces aspects.

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(1) estimation sur 1,65 millions de smicards x 1200€/an, l'argent vient soit de la Sécu, soit de l'État.

7 décembre, 2018

Les gilets jaunes : qu'en attendre ?

J'en ai parlé dans mon dernier billet, les revendications des gilets jaunes ne sont pas très écolo. Toutefois, on sent que certains sont sensibles à l'écologie. Nombre d'entre eux n'y connaissent pas grand chose, cependant : y comprendre quelque chose demande du temps, et tout le monde n'en a pas.

Les récentes revendications des gilets jaunes, reçus par de Rugy, portent sur les taxes, pour en payer moins. Elles vont même jusqu'à demander qu'on redistribue moins (ce serait la solution). Ils appelleraient ça « la diminution de l’assistanat ». Le risque est donc que Macron nous dise « vous avez raison, il y a trop de taxes, dérégulons encore ».

Curieusement, les médias n'avaient pas trop relayé ça. C'était pourtant un indice qui montrait qu'il serait difficile de se mettre d'accord sur tout. Mais voyons comment cela évolue.

La 2nde mouture des revendications semble oublier cet « assistanat », elle est aussi plus cohérente. Le mouvement semble vouloir plus de solidarité, peut-être même remettre du service public. Espérons-le en tout cas. Car le problème n'est pas que l'on manque d'impôt, mais uniquement que la fiscalité est absolument injuste.

Je suis néanmoins déçu par l'absence de souci écologique dans les revendications. Ce matin, c'est le 6ème SUV 4x4 que je croise avec un gilet jaune sur la plage avant. Tout va bien. Le seul point que j'ai pu lire dans les revendications à Édouard concerne le développement des voitures à hydrogène qui seraient « mieux que la voiture électrique ». La blague Carambar de l'écologie en somme. Allez voir mon billet à ce sujet.

Mais je ne crache pas dans la soupe : ce mouvement très large déstabilise Macron. Il ne s'en sortira pas avec une pirouette cette fois-ci. On l'attend vraiment au tournant. Les manifestants veulent en découdre et ne lâcheront pas l'affaire sur une promesse fétide.

Macron annonce qu'il parlera en début de semaine prochaine, donc encore après la manif de ce week end, pour laquelle il annonce envoyer 12 blindés et 89 000 CRS. Il fait tout pour qu'on qu'on n'écoute pas ce qu'il a à dire.

Macron étant missionné par l'oligarchie pour être idiot et têtu, il essaie de gagner du temps pour mieux nous manipuler. Temps pendant lequel il évite de raconter n'importe quoi (il évite de parler, en gros). Mais il ne comprend pas qu'au lieu de gagner du temps, il en perd. Car plus il tarde, plus il se rapproche de la sortie de son règne.

5 décembre, 2018

Les gilets jaunes

Les « gilets jaunes » sont un mouvement spontané en réaction à l'augmentation de 3 centimes au litre de la TICPE, taxe sur le carburant. L'idée hypocrite de Macron étant de le présenter comme un impôt vert écolo et tout. La bidouille de trop.

On le sait, c'est de l'enfumage : les personnes taxées sont les plus pauvres (en volume) et n'ont pas les moyens de changer de mode de consommation (acheter une voiture neuve). Surtout qu'il n'est pas prévu d'utiliser cet impôt pour quoi que ce soit d'écolo (19% tout au plus ?). Et puis ce serait bien la première fois que Macron ferait un geste pour l'environnement. Par exemple, cette taxe rapporterait moins que l'ISF, supprimée par Macron, et payée par ceux qui roulent en 4x4. Ce n'est qu'un exemple, la presse en regorge.

La revendication des gilets jaunes porte sur le raz-le-bol fiscal. Les revendications n'ont, elles non plus, rien d'écolo. Jusque là, finalement, tout le monde se comprend. C'est vrai que les impôts deviennent injustes, et celui-là porte le sceau de la trahison.

Mais je regrette qu'aucun de ces gilets jaunes ne soit descendu dans la rue lors des manifestations pour le climat. Ce sont des personnes qui râlent sur 3 centimes. Ces mêmes personnes laissent Jupiter détruire le système social, la biodiversité, la santé, la vie privée, la liberté d'expression et de penser en sacrifice à l'économie.

Mélenchon semble dire que les révolutions partent toujours des taxes en France. Ça tient debout. Alors j'attends. Je ne file pas plus un chèque en blanc à ce mouvement qu'à un personnage politique. Mais j'admets que ça évoluera probablement bien.

Gardons espoir, ce mouvement d'ampleur a fendu les résistances du pouvoir, et il a aussi l'avantage de rassembler beaucoup de monde. Ce ne sont plus seulement les très pauvres qui s'opposent à Macron, c'est un peu tout le monde.

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