10 août, 2018

Quel est le rendement d'une voiture ?

On n'arrête pas de dire que le rendement des moteurs s'est considérablement amélioré ces dernières années. Bof. Voilà pourquoi.

D'une part, il faut savoir qu'il existe une limite théorique au rendement d'un moteur. On appelle ça la loi de Carnot. Cette loi dit que sur un moteur thermique, il est impossible de dépasser un rendement de 60%. En fait, c'est la théorie physique. Parce que dans la pratique, il n'existe aucun moteur dépassant un rendement de 50%, et encore, dans des cas très particuliers. Ce sont des moteurs très réguliers et immenses, qui tournent toujours absolument à la même vitesse, ne s'arrêtent jamais et servent pour de l'industrie lourde, en brûlant du fuel lourd (pas le plus écolo quoi).

Dans le cas des voitures, on a besoin de moteurs dont le régime est très variable : accélérer, changer de vitesse, freiner, parfois même utiliser le frein moteur. De plus, le moteur doit être compact et pas trop polluant, être coupé fréquemment, et démarrer à n'importe quelle température. Les moteurs de ce type ont plutôt un rendement de l'ordre de 20%. Et encore, ce rendement baisse lamentablement sur des petits trajets, notamment en ville. Supposons que les récents progrès les aient amenés à 25%, soyons fous.

25%, c'est l'énergie produite par le moteur et qui ne part pas en carburant gaspillé, en chaleur ou combustion incomplète. C'est le rendement de l'énergie mécanique produite à partir d'une énergie chimique contenue dans un combustible.

Mais cette utilisation de l'énergie comporte un défaut : elle demande au minimum de déplacer le moteur. Seule une partie de l'énergie permet de déplacer des personnes. Aujourd'hui, on fabrique de superbes moteurs que l'on met dans des voitures de plus en plus lourdes. La norme devient 1,5 tonne semble-t-il, omettons volontairement les SUV de plus de 2 tonnes, même s'ils ont un impact significatif sur la moyenne.

Les voitures roulent généralement avec 1 personne à bord. Ne cherchez pas, la moyenne est un peu plus clémente, peut-être, mais si on ne découpe pas les personnes, on en met en général seulement une personne dans les voitures qui se déplacent. Le ratio est donc de 1500kg de voiture pour 65kg de personne. Arrondissons à 80 kg parce qu'on transporte parfois aussi quelques objets, et parce que les gens sont gros. Ne comptons donc pas les personnes faisant appel à un chauffeur.

0,25 × (80/1500) = 0,0133

Le rendement actuel des voitures est donc de 1% environ. Largement moins si on parle d'un SUV. Imaginez un peu le gâchis. C'est à se demander lequel conduit l'autre. 99% de l'énergie est soit perdue en chaleur, soit utilisée pour déplacer la voiture. Et on dit que l'essence est chère ?

Que diront de nous les générations futures quand elles sauront qu'on utilisait la voiture pour des trajets moyens de moins de 5km, faisables à pied ou à vélo sans trop d'efforts ? Quand elles sauront qu'on a déréglé le climat avec des voitures de 1,5 tonnes, et pour déplacer seulement 65 kg de viande ? À ce prix-là, on peut améliorer le rendement des moteurs pour alourdir les voitures... le rendement de la voiture ne fait toujours qu'empirer.

Et encore, je ne compte pas l'énergie grise (fabrication des voitures) ni la fabrication des routes... pensez-vous que le rendement pourrait tomber à moins de 0% ?
 

31 juillet, 2018

Ma nouvelle chaudière

Les lecteurs assidus que vous êtes n'ont pas manqué de remarquer ma faible consommation de gaz, j'en ai parlé dans cet autre billet. En éteignant simplement la veilleuse de ce vieux coucou installé dans les années 80, j'ai réussi à diviser ma consommation de gaz par 3. Absolument énorme quand on sait le nombre de chaudières qui fonctionnent encore avec une veilleuse, et surtout, quand on sait que personne ne s'en soucie. Je m'y étais fait, je prenais l'habitude d'allumer la chaudière avant la douche, faire la vaisselle ensuite, bref, c'est pas tellement plus long.

Il y a de ça 1 an, lors du contrôle de cette chaudière, l'employé me dit que les pièces deviennent rares, voire introuvables, si bien qu'ils gardent des pièces d'occasion lorsqu'ils récupèrent ces vieux modèles. Il serait sans doute bien de changer de chaudière pour éviter que je me retrouve en carafe en cas de panne. Elle venait pourtant d'être refaite à neuf. Toutes les pièces ont été changées voilà 10 ans à mon arrivée, d'autres ont à nouveau été remplacées.

Qu'on la change, moi, je m'en foutais un peu, c'est mon proprio qui paie. Le type de l'entretien m'explique qu'une chaudière neuve consommera forcément moins que celle que j'avais. Les normes ont changé, les modèles ont évolué, elle sera forcément mieux pour l'environnement, le CO2, les ours polaires et tout. Deux mois plus tard, je me retrouve donc avec cette chaudière. La même marque que l'ancienne, un rien plus grosse, plus propre, avec un affichage numérique et des boutons à la place des manettes habituelles.

Ma première surprise a été de découvrir qu'elle n'a plus de veilleuse, mais qu'elle passe son temps à maintenir au chaud un petit espace dans le but que l'eau arrive plus vite chaude au robinet. N'ayant pas besoin de ça, j'éteins la chaudière en permanence, comme avec l'autre. C'est ça d'économisé, et puis ça évite qu'elle fasse du bruit.

Voilà 1 an qu'elle est installée. À l'usage, elle est plus facile à allumer que l'autre, je peux régler la température de l'eau chaude, aussi bien pour le chauffage que pour le sanitaire. Lorsque je ne prends pas assez d'eau chaude (ou réglée au minimum), j'ai tendance à avoir des douches écossaises. C'est que ce modèle est prévu pour un bon débit. Jusque là, je ne peux pas vraiment dire que je saute de joie.

Mais surtout, avec cette nouvelle chaudière, ma consommation de gaz a doublé...

Merci qui ?

 

7 juillet, 2018

Le retour de la vignette auto

Macron a décidé que les foyers ne paieraient plus de taxe d'habitation. Cet impôt ne serait pas juste, et puis des tas de choses. On a supprimé la vignette auto, et on supprime maintenant la taxe d'habitation. Pareil ? Pas pareil ?

Admettons qu'un stationnement, qu'il soit bon ou mauvais consiste en une occupation du sol sur un espace public.

Tout le monde a le droit d'occuper une petite place par terre, évidemment. On considère comme une évidence le droit d'être quelque part, debout, assis, couché sans demander l'autorisation à personne. Enfin... il existe des espaces privés qui appartiennent à des gens, naturellement. Donc on a créé des espaces publics dans lesquels il est gratuit et normal d'aller et venir sans demander à personne. Pas besoin de l'autorisation d'un propriétaire, d'un Président de la République, d'une loi...

La plupart des voitures semblent aussi utiliser ce droit gratuit à être à un endroit ou à un autre sans formalité. Aujourd'hui, le parc automobile français est composé de plus de 39 millions de voitures. Si on suppose que la voiture moyenne mesure 4m de long pour 1,70m de large, les voitures françaises occupent un territoire de 265,2 km² lorsque toutes les portières sont fermées, et en faisant comme si les camions et les bus étaient de la même taille que ces voitures.

Exactement deux fois et demie la surface de Paris réservée uniquement pour « poser des voitures par terre ». Cela ne compte évidemment pas la surface réservée pour les routes et divers stationnements (car une voiture qui roule n'occupe pas cette place). Cela ne compte pas non plus la surface sur laquelle vient de rouler une voiture, qui ne peut pas encore être utilisée par un piéton, ni non plus la surface sur laquelle une voiture va rouler dans l'instant, et sur lequel il est mortel de marcher. Car alors on atteindrait la surface d'un département (toujours sans compter les routes...).

Des voitures prennent toute cette place au sol, leurs propriétaires ne paient pas le moindre impôt local en rapport. On pourra dire que c'est logique, puisqu'on n'en paie pas non plus pour les logements. Enfin... puisqu'on n'en paie plus.

Maintenant, de là à considérer comme logique de ne rien payer pour s'attribuer une surface privée, pour soi et sa voiture, c'est autre chose. N'empêche, quand quelqu'un gare sa voiture sur un espace public, je ne peux pas y aller et venir. Et la collectivité n'a aucune compensation pour ça.

Moi, j'aurais au contraire ajouté les véhicules à la taxe d'habitation. Surtout quand on sait qu'un 4x4 peut occuper près de 10m² : plus de surface que certains logements...

20 juin, 2018

Le ruissellement selon Macron

Il y a quelques jours, sur mon palier, j'ai trouvé un mégot. Je ne fume pas et à ma connaissance aucun des voisins de mon étage ne fume. Il m'a donc semblé logique que ce mégot venait de l'étage supérieur, probablement déplacé par les pas des uns et des autres marchant dessus. Il aura alors naturellement échoué un étage plus bas.

Le lendemain, j'ai retrouvé ce même mégot encore un étage plus bas, avant de finir le soir même au rez-de-chaussée. Soit parce que la mécanique des pas l'a fait tomber, soit aussi, peut-être, parce qu'il est toujours désagréable d'avoir un mégot devant sa porte, et qu'il est simple de déplacer le problème en donnant un coup de pied dedans. Le rez-de-chaussée des immeubles est souvent plus sale que le dernier étage. Sali par « ceux » qui montent, mais aussi par « ce » qui descend.

C'est ce qu'on pourrait appeler la théorie du ruissellement : quand un mégot ne remonte jamais l'escalier.

Le ruissellement, c'est quand Les financiers cachent des emprunts pourris dans des titres qu'ils vendent, et que les pauvres trinquent encore 10 ans après cette crise des subprimes. C'est quand on sauve les banques sur l'argent du contribuable, à raison de 400€ par français. C'est quand on casse le code du travail parce que l'industrie ne sait pas gérer les emplois dont elle a besoin. C'est quand les maladies générées par l'industrie (médical, pollution, particules fines) génèrent des emplois. Quand Volkswagen améliore le PIB de l'Allemagne en causant des maladies respiratoires partout dans le monde. Quand le pétrolier BP pète un tuyau et raye le golfe du Mexique de la carte du monde. C'est quand après avoir travaillé chez Rotschild, Macron vend ce qui reste de service public.

Le ruissellement, c'est quand au nom du progrès et de l'hygiène économique, on vide la fosse septique des 0,01% les plus riches sur les 50% les plus pauvres en prétendant fertiliser la croissance.

12 mai, 2018

Pourquoi les cyclistes ne roulent-ils pas sur les pistes cyclables ?

Une minorité de cyclistes n'utilise pas les pistes cyclables proposées, mais pourquoi ?

Mettons de côté ces vélos que l'on trouve sur les trottoirs, manquant d'assurance pour affronter les voitures, grosses, polluantes, bruyantes, nerveuses, pressées et concentrons-nous sur ces vélos qui roulent bel et bien sur la chaussée avec quelques exemples concrets.

Qualité de la chaussée :
C'est bien connu, au bord de la chaussée, on plante des arbres, et ces arbres ont des racines... qui défoncent la chaussée de préférence au bord. Être à vélo et se farcir des bosses n'est ni confortable, ni stable, ni sain pour le vélo, tout comme les pavés par exemple.

Nettoyage de la chaussée :
Ensuite, il faut bien voir que le poids, la vitesse et la quantité de voitures a tendance à pousser tous les détritus sur la piste cyclable. On peut citer pêle-mêle les branches tombées, les graviers, les emballages poussés par le vent, mais aussi et surtout les bris de verre des précédents accidents de voiture (justement). Rien de tel pour crever un pneu.

Virage dangereux :
Il arrive qu'il faille se déporter de la piste cyclable pour éviter un potentiel danger juste après le virage si la visibilité n'est pas bonne. Parfois aussi, on préfère se mettre en plein milieu de la route pour être certain qu'une voiture ne nous double pas au moment du virage, nous barrant la route par la même occasion (dans les ronds-points de préférence).

Chaussée rétrécie :
Lorsque la place manque pour qu'une voiture double un vélo, il est plus prudent que le vélo roule en plein milieu, de façon à ne laisser aucun espoir à l'automobiliste. Ça peut parfois l'énerver, mais je préfère ça plutôt que de le voir tenter de me dépasser en me frôlant là où il est impossible de respecter la distance de sécurité de 1 mètre imposée par le code de la route.

Ronds-points :
Alors que les cyclistes sont censés être prioritaires en toute circonstance sur les ronds-points, les automobilistes les voient à peine, voire s'en foutent un peu. Le seul moyen de s'imposer est de se mettre en plein milieu afin d'être bien visible et de ne pas subir les voitures qui en sortent ou y rentrent sans même nous regarder. J'ai parfois eu des mots avec des chauffeurs qui de bonne foi semblaient vraiment de pas m'avoir vu. Car un vélo, on le voit comme un arbre ou un piéton, on s'imagine qu'il ne bouge pas, qu'on a le temps.

Trottoirs :
Lorsque la piste cyclable est sur le trottoir, il faut savoir plusieurs choses : rien dans le code de la route n'autorise un vélo à rouler sur un trottoir, la piste cyclable n'y est pas présentée comme une exception. En cas d'accident avec un piéton, il est donc pleinement responsable. D'autre part, ces pistes demandent parfois de monter ou descendre du trottoir à un endroit dangereux ou mal signalé. Et au-delà de la responsabilité en cas d'accident, on peut très bien refuser de partager un trottoir avec des piétons qui sont par nature imprévisibles (enfants, téléphones, distraction...). La chaussée est plus adaptée, le vélo ayant pratiquement la vitesse d'une voiture en ville. Et pour terminer, il faut bien noter que lorsqu'une voiture stationne sur la piste cyclable qui est sur le trottoir, on se retrouve piégé, car il n'existe alors pas d'aménagement pour que le vélo descende du trottoir au niveau de la voiture stationnée et en pleine circulation.

Chers automobilistes, voilà donc quelques exemples de BONNES raisons qu'un cycliste peut avoir de ne pas rouler sur les pistes cyclables, bien au-delà du fait que les voitures roulent parfois dessus. Il faut aussi savoir qu'un vélo n'a pas d'obligation de l'emprunter sauf signalisation explicite.

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