15 octobre, 2018

François Ruffin le décroissant

Il n'aimerait certainement pas que je parle de lui dans ces termes, mais ses propos sont de plus en plus déconnectés du fantasme de la « croissance ». Il se dit « acroissant » comme on pourrait être « agnostique ».

Il a fait récemment une intervention à l'assemblée nationale que j'ai particulièrement remarquée. C'est un concentré de vérité. Je vous en recommande le visionnage ci-dessous.

Naturellement, je vous recommande de visionner l'ensemble de ses interventions. Il est vraiment là où il faut et il dit ce qu'il faut.

Merci François pour toutes tes intervention qui valent de l'or.

11 octobre, 2018

Le « Revenu Universel » de Macron

Avez-vous déjà vu ces paquets de gâteaux avec l'inscription « Nouvelle Recette », écrite en gros dessus ? Ça a l'air tellement meilleur... On se dit qu'ils ont fait bosser des cuisiniers pendant des mois pour améliorer encore un peu la recette, pour qu'elle ait meilleur goût.

La vérité est généralement différente, si la recette est nouvelle, c'est bien souvent pour y ajouter de l'huile de palme, remplacer le sucre par du sirop de glucose, un fruit par un arôme, un arôme de fruit par un « arôme naturel », composé de moisissures sentant la pêche ou autre. Un peu comme pendant la guerre. On remplaçait le café par de la chicorée à défaut de mieux. Sauf que là, on le savait, personne ne mentait. Ce n'était pas du « café nouvelle recette », c'était de la chicorée, un chicon torréfié.

Macron nous refait le coup de la « Nouvelle Recette ». Il le refait dans tous les domaines, certes. Mais il annonce cette « Nouvelle Recette » sitôt qu'il prépare un sale coup en fait.

Depuis quelques temps, on voit le suppositoire du contrôle des chômeurs arriver, notamment avec l'ECRE, puis aujourd'hui avec le nouveau statut du chômeur et ce qu'il ose appeler le « revenu universel », conditionné à accepter n'importe quoi. C'est donc un truc « universel », mais avec une « condition ». Un peu comme les forfaits illimités, à condition de pas trop les utiliser.

Son « Revenu Universel » est comme un RSA, mais avec des conditions plus drastiques qu'avant quant à la recherche d'emploi. Il est donc « moins universel » qu'avant. C'est en fait un « RSA très conditionnel ». Et comme les allocations logement seront coulées dedans, quand un bug nous en sortira, on perdra tout le même jour. Et plus aucun autre recours que « Pôle Emploi » qui centralisera toutes les aides. Déjà qu'ils ne sont plus très forts dans ce qu'ils font depuis 50 ans, ça risque de pas être terrible dans ce qu'ils n'ont jamais fait.

Macron nous ment. Il enrobe ses mensonges de vaseline pour qu'on n'entende pas les cris. Des mensonges « nouvelle recette », bien sûr...

Le prochain projet sera les retraites « nouvelle recette » (avec moins de cotisations dedans), les fonctionnaires « nouvelle recette » (avec moins de fonctionnaires et moins payés), et pourquoi pas l'industrie « nouvelle recette » (avec moins de contrôles qualité et plus d'impunité dedans).

Préparez-vous bien. On va bouffer de la démocratie « nouvelle recette ».

7 octobre, 2018

Savez-vous comment on fait pour entrer à Pôle Emploi ?

Pour entrer à pôle Emploi, il faut un rendez-vous. Une fois sur place, on s'adresse alors à un interphone qui nous ouvre la porte ou non. Il est possible d'entrer dans les locaux le matin pour certaines réunions ou pour accéder à des ordinateurs, mais les conseillers sont difficiles à rencontrer. On est très loin du service qui existait voilà encore 5 ans.

Aujourd'hui, l'accueil à Pôle emploi est piteux. On retrouve des conseillers débordés qui nous mettent la pression pour prendre n'importe quel boulot. Comme cette amie qui avait dû se rendre avec son nourrisson à l'entretien, et qui devait lui donner le sein.

« Il faudra qu'il passe au biberon si vous voulez travailler. »

Bref, plus personne n'a envie d'aller à Pôle Emploi. Plus personne n'aime les agents déshumanisés de l'agence. C'est pour ça qu'ils mettent des interphones. Peut-être aussi pour éviter que les prochains à s'asperger d'essence le fassent dans les locaux de l'agence.

Pour s'inscrire à Pôle Emploi, on ne le fait pas dans une agence, mais en ligne. Il n'y a plus d'accueil pour rencontrer un conseiller. Au mieux, on vous aiguillera vers un ordinateur à disposition si vous n'en avez pas, et quelqu'un pour vous aider à cocher les bonnes cases. Si par exemple, vous n'avez pas d'e-mail, ça sera assez compliqué pour vous. Comme pour refaire une carte grise en somme.

Macron nous dit qu'il veut renforcer le contrôle des chômeurs. Bienvenue à Pôle Emploi. Il voudrait le faire dans leur propre intérêt. Il dit que l’intention du gouvernement n’était pas de « mettre de la suspicion derrière chacun ». Pourtant, quand on surveille un chômeur comme on le fait dans les cellules d'inquisition de l'ECRE (qu'il veut tripler), il est difficile d'imaginer que quelqu'un ici vous fait confiance. Et puis l'ECRE, c'est bientôt la seule chose qui restera de Pôle Emploi... Bonjour l'accueil !

C'est surtout démesuré si on compare au but visé : poursuivre « les quelques uns qui abusent ». Ils nous ont fait le coup pour un fichier d'empreintes biométriques national. On est parti du fichage des pédophiles pour aujourd'hui ficher tout le monde sans procès. Aujourd'hui, on a l'ECRE pour les quelques uns qui abusent, et demain, plus rien pour les autres.

Macron passe l'ECRE de 200 à 600 personnes. Cela permettra de radier 3 fois plus de personnes, donc 60 000 chômeurs. J'attends les articles de la presse qui nous annonceront une reprise de l'emploi, grâce à une baisse de 60 000 demandeurs d'emploi...

Savez-vous comment on fait pour entrer à Pôle Emploi ? Macron a trouvé le moyen de nous en faire sortir...

29 septembre, 2018

Un végétarien au restaurant

On trouve de plus en plus de restaurants végétariens en ville, voire même des restau végans. C'est une excellente nouvelle. Barcelone s'est même équipé d'une appli smartphone pour les trouver plus facilement. Mais soyons clairs, il y a encore du chemin à faire. Quand on n'aime pas manger du cadavre, aller au restau reste encore souvent une soirée à risque.

J'ai toujours considéré qu'un restaurateur était un professionnel de l'alimentation. En fait, même un petit restau devrait au moins savoir un minimum de choses sur l'alimentation. Mais quand vous dites que vous êtes végétarien, là, vous passez rapidement pour un extraterrestre. Encore de très nombreux restaurants ignorent ce que cela signifie (je n'ai même pas parlé de véganisme !).

Il m'est arrivé de recevoir une assiette de poisson dans un restaurant de luxe qui avait prévu exprès pour moi un repas végétarien. Le service était impeccable, les serveurs savaient reconnaître qui étaient « les » végétariens sur les tablées, mais non : le cuistot ne savait même pas qu'un végétarien ne mange pas non plus de poisson...

Dans certains cas, lorsque le resto est situé loin d'une grande ville, le serveur peut demander des précisions pour savoir précisément ce qu'il peut me proposer (gloire à lui). Mais dans de nombreux cas, il faut se contenter d'un seul plat sur la carte, le seul qui ne contient pas de viande ou de poisson, avec l'espoir qu'il sera nourrissant.

Dans des plus petits restaurants, c'est parfois drôle aussi. Je ne dis plus que je suis « végétarien », trop compliqué à comprendre. Je dis que je ne mange « ni viande, ni poisson ».

Ah bon ? Mais vous mangez quoi alors ?

Un peu comme quand j'habitais en rase campagne et que je disais ne pas avoir la télé : « Ah bon ? Mais tu fais quoi alors ? ». Drôle et lassant. Impossible de faire la liste de tout ce qu'il reste possible de faire ou de manger face à ces 2 questions. Des légumes, céréales, champignons, fruits, légumineuses, œufs, laitages... tout ce qu'un « cuisinier en herbe » sait préparer.

Comme dans ce restau où la patronne m'a servi une assiette riz + omelette + haricots verts, presque désolée, comme si elle me donnait à manger les restes. Il faut les féliciter dans ce cas, leur montrer qu'une telle assiette est décente pour le client.

Le top, c'est cette fois où le cuistot, trop honteux de me servir ça a ajouté un louche du fond de sauce de plat de viande du jour sur mon riz. Un genre de riz sauce pot-au-feu quoi...

Je précise que chacun de ces restaurateurs a fait ce qu'il a pu avec ses moyens pour me satisfaire. Juste qu'il ne comprenait pas. Il est aussi arrivé que le cuisinier improvise des merveilles sans m'assassiner sur le prix d'un produit pourtant pas sur la carte.

Les mentalités ont encore un peu de mal à évoluer. Mais au moins, ce qui pourrait passer pour une coquetterie alimentaire a toujours été traitée avec respect. On ne peut pas se permettre de louper un client.

Un jour, les restaurants s'arrangeront tous pour avoir au moins 2 plats végétariens (voire végan). Là, ce sera gagné.

22 septembre, 2018

Trois exemples sur le prélèvement à la source

Tout d'abord, un point sur la trésorerie. Quand vous devez 100€ à quelqu'un et que vous remboursez seulement 1 an après, vous avez un bonus en trésorerie de 100€ pendant 1 an. C'est de ça que vivent plein de gens. Les banques pour commencer, car tout l'argent que vous « possédez » à la banque est en fait entre les mains du banquier, qui ne vous les rend que parce qu'il est bien gentil. Mais tant qu'il ne vous les rend pas, il l'investit, il le fait tourner, gagne des intérêts, devient riche, et vous facture ses services (cherchez pas, c'est comme ça). Les hypermarchés fonctionnent aussi un peu comme ça : ils commandent des marchandises, les vendent dans la semaine, et paient 3 mois plus tard. L'argent placé leur rapporte. C'est de la trésorerie.

Avec l'impôt, on ne payait que l'année d'après, on avait donc toute la somme des impôts en trésorerie pendant 1 an. C'est pas rien... car on peut le placer, ou simplement sortir la tête de l'eau quand on a plein de trucs à payer. C'est aussi une façon d'alléger un peu l'impôt lorsque notre salaire augmente, puisqu'on paie l'année d'après des impôts pour l'année où on gagnait moins. Et avec l'impôt à la source, on vient tous de perdre 1 an de trésorerie.

Le 2ème truc, c'est quand on est jeune et qu'on commence la vie avec un premier boulot. Cette année de trésorerie est alors bien utile pour acheter un vélo, s'installer, payer la première caution de l'appartement et tous les frais du début de la vie autonome. Maintenant, le jeune paiera les impôts immédiatement, ce qui pourra dans certains cas lui souffler un mois de salaire (mais fort heureusement, il sera déjà trop précaire et pauvre pour ça). La situation est la même pour un chômeur de longue durée : lorsqu'il paiera son impôt, ce sera tout de suite, avec donc un salaire diminué d'autant, alors qu'un peu d'air au moment du retour à l'emploi aurait été bienvenu.

Notamment, ceux qui ont été licenciés l'an dernier et ne retrouveront un boulot que l'an prochain l'auront bien dans le baba, car ils auront payé leur impôt 2017 en 2018, et devront repartir en payant immédiatement l'impôt 2019 alors qu'ils sortent d'une année maigre (chômeur payant des impôts de salarié). Le contraire d'une année blanche pour ceux-là.

Le 3ème élément, sans doute moins pernicieux, mais vraiment le plus débile de tous, c'est qu'en ajoutant le patron comme intermédiaire, il suffira que l'entreprise mette la clé sous la porte pour que l'État dise Adieu aux impôts qu'elle lui devait. Et vu la santé économique du pays, c'est pas la meilleure des prises de risque sachant que 30% des entreprises déposent le bilan après 3 mois d'existence. Ce sera donc environ 60 000 faillites par an en France, et autant d'impôt qu'il faudra récupérer avec difficulté (voire souvent impossible). Surtout qu'on avait un recouvrement de 98,5% de l'impôt des ménages, on fera forcément moins bien.

Après, il faut aussi penser que les grandes entreprises, celles qui ne coulent pas auront ce petit avantage de justement, pouvoir faire un peu de trésorerie avec une partie de salaire qui ne sera pas versée au salarié, correspondant à un impôt qu'elles paieront avec un peu de retard à l'État. Ça peut faire une belle rente quand on embauche du monde...

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