5 avril, 2019

Que peut faire l'armée dans une manif

Depuis François Hollande (on ne va pas seulement embêter Macron), on nous a collé des militaires en France. On appelle ça l'opération sentinelle. Ça consiste à payer cher des militaires qui ne voient plus leur famille et ne servent à rien dans une ville pleine d'innocents, pour qu'ils interviennent en cas de problème (même s'ils n'en ont jamais eu besoin). On les épuise donc et on habitue les civils à voir du vert kaki dans les rues. On nous habitue à un climat de guerre civile, comme on nous a habitués à l'idée de montrer notre sac avec le plan Vigipirate. C'est pour votre sécurité qu'on vous dit.

Mais pour protéger le Fouquet's et ses amis, le gouvernement a décidé d'utiliser ces sentinelles dans les manifestations. Naturellement, on nous dit pour le moment que ce ne sont pas des opérations de maintien de l'ordre, c'est seulement pour sécuriser des bâtiments.

Personne n'a vu le tour de passe-passe ? On nous a mis ces soldats dans la rue pour protéger les gens contre les terroristes, et aujourd'hui, on les y met pour protéger les bâtiments contre les gens !

Tout le monde le dit, les militaires ne sont pas formés pour les opérations de « maintien de l'ordre ». Après avoir envoyé des CRS (dont c'est le métier), avec des armes (interdites à l'étranger), des chars, des hélicoptères et des drones, on envoie maintenant l'armée. C'est logique... logique si on considère que le danger vient des Français eux-mêmes.

Mais comment un militaire peut-il s'y prendre pour protéger un bâtiment ou une zone ? Imaginez : il a l'interdiction de tirer tant que sa vie n'est pas en jeu. Mais il est quand même armé. Donc sauf à craindre un terroriste dans le foule, il ne tirera pas. Après 4 mois de Gilets Jaunes, aucun manifestant n'a fait feu sur un policier. Quelle riposte proportionnée pourrait faire un soldat, censé protéger les gens qu'il a en face de lui ?

Imaginez une meute de manifestants tentant de saccager une statue. Que fait l'armée ? Elle crie ? Elle pousse les manifestants gentiment ? Elle n'est pas formée à ça, elle en est incapable.

L'armée ne peut faire que 2 choses : regarder faire les manifestants ou faire une bavure.

Grande idée que de renforcer ce climat de guerre civile. Ça nous prépare au cas où ils auront le droit de tirer sur nous... mais croyez-moi : si une telle bavure avait lieu, Macron compterait ses dernières heures.

27 mars, 2019

On sort l'armée après l'attaque du Fouquet's

En 2007, Sarkozy fêtait sa victoire à l'élection présidentielle au Fouquet's. Depuis lors, cette brasserie huppée de Paris est devenue un symbole de l'oligarchie, de tous ces contribuables qui partent cacher leur argent en Suisse. Sarkozy a été le premier Président à mélanger les genres de façon aussi nette, à assumer qu'il serait le Président des riches. D'ailleurs, il est actuellement le seul à s'être reconverti dans le privé après sa fonction présidentielle.

Alors que les manifestations font rage dans tout le pays pour dénoncer cette perte de souveraineté du peuple face aux puissances de l'argent, Macron, Président des ultrariches est devenu un symbole de cette annexion du pouvoir par les riches, au point de faire passer Sarkozy pour un débutant sans classe. Les gilets jaunes sont un mouvement combattu avec force par le pouvoir. Elle n'est pas combattue politiquement, mais par la force. Entendez bien : même les eurodéputés dénoncent les violences policières « disproportionnées ». On a le Conseil de l'Europe qui est venu dénoncer la loi anticasseurs, et même maintenant l'ONU qui adresse un avertissement à la France. L'arme LBD 40 est dénoncée par tout le monde, Ligue des droits de l'homme en tête. La France est le seul pays à l'utiliser à ce point. Quand même drôle que la « puissance publique » choisisse précisément cette arme fabriquée en Suisse, terre d'exil fiscal. Tout un symbole.

Macron veut interdire le droit de manifester au nom du respect des institutions de la République, en demandant aux gilets jaunes de respecter la loi alors que son gouvernement est responsable de gazages massifs, d'arrestations arbitraires (gardes à vues sans motif) et de mutilations. Tout ça pour protéger des statues et des biens matériels ?

Alors forcément, l'une des représentations de cette injustice, le Bethléem de la finance, c'est le Fouquet's. Juste un symbole, comprenez bien.

C'est tellement étonnant que Castaner décide d'envoyer l'armée la semaine suivante. Une coïncidence, probablement. L'idée que le dialogue évolue. Après les charges de CRS violentes, les interdictions illégales de manifester légalement, les lois de circonstance pour nous museler, on appelle maintenant l'armée. L'armée pour sauver les manifestants d'eux-mêmes ? Encore probablement un symbole...

19 mars, 2019

Le chenil de Pôle Emploi

Ce ne sont plus les demandeurs d'emploi qui cherchent l'emploi, mais les entreprises qui cherchent l'employé.

C'est tellement vrai que chercher un emploi demande un peu de talent, mais beaucoup de chance au final. Chance d'être bien né, d'avoir survécu aux accidents de la vie, d'avoir bénéficié d'études et d'avoir eu les bons contacts, le tout avec la qualité de savoir tirer profit de tout ça. Sinon, il y a aussi la chance de tomber au bon moment au bon endroit, face à la bonne personne, à un moment où tout va bien.

Mais il n'existe pas de moyen fiable d'avoir une carrière sans être au moins dans l'un des 2 schémas précédents. Ce sont aussi ces personnes qui sont les plus recherchées par les recruteurs.

En fait, à force de recevoir tout et n'importe quoi comme CV, les entreprises ont souvent recours au filtrage. Ne pas répondre au téléphone, mettre sur une pile les CV avant recyclage du papier, trier les e-mails par mots-clés, retirer les annonces au bout de 24h (parfois au bout de quelques heures seulement). Bref, les entreprises ont développé des stratégies pour se protéger du tout venant des chômeurs.

Mais parfois, il arrive qu'elles aient quand même « vraiment » besoin de recruter. Alors elles ont des stratégies. Les chasseurs de têtes si vous êtes rares, ou le piston : « tu connaîtrais pas quelqu'un ? ».

C'est tellement vrai que maintenant, à Pôle Emploi, au-delà du service des annonces, on bascule en douceur vers un service des CV. Même si les chômeurs sont toujours obligés à fouiner dans les rares annonces disponibles, l'œil vif, pour trouver une truffe.

Il s'agit de ce fameux « espace personnel » en ligne que les chômeurs ont l'obligation de remplir. Il est personnel et obligatoire. On y met tout un tas de données personnelles préformatées, sans personnalité, et en toute fadeur. Cet espace est la totale contradiction des CV que l'on nous apprend à faire depuis des années. Il faut même y mettre des « compétences », préformatées elles aussi.

Cet « espace en ligne » est un vivier que peuvent consulter les entreprises sans être harcelées par les chômeurs avides. Ainsi, elles peuvent se faire l'économie de poser une annonce et choisir parmi les profils.

Les chômeurs sont ainsi progressivement placés dans des vitrines éclairées, sommés d'être désirables, pour que l'employeur puisse faire sa moisson. Nous devenons un vivier de chômeurs, un peu comme des animaux dans un chenil, attendant un maître attendri.

On nous apprend à remplir cet espace virtuel, attirer l'attention, donner la patte, remuer la queue, faire des courbettes de façon à être désirables derrière la grille de notre cage.

Les évolutions de Pôle Emploi sont discrètes, mais redoutables.

14 février, 2019

Encore une liberté perdue avec l'impôt

C'est criant de vérité : on perd des libertés et l'état glisse vers l'autoritarisme. La démocratie est réduite à un simple vote tous les 5 ans et elle ne permet pas de filtrer les menteurs ou même les élections illégales (voir les comptes de campagne de Macron qui ne font l'objet d'aucune enquête). Les référendums ne sont même plus respectés. C'est à présent l'Europe qui décide de nos lois, dans une assemblée pour laquelle on compte plus de lobbyistes que de députés.

On nous retire même le droit de penser. Car penser demande de s'informer sans le regard des autres. Mais toutes nos navigations Internet sont dorénavant espionnées par le gouvernement, depuis Hollande. Même nos appels peuvent l'être sans l'autorisation d'un juge. Pire : le gouvernement peut censurer des sites sans avoir à se justifier, sans même prévenir l'intéressé (toujours pas de juge), mettant ainsi sous coupe réglée la liberté d'expression publique. Et ce qui reste de médias est aujourd'hui sous la coupe des gros intérêts financiers.

Le dernier rempart de la démocratie s'exprimant dans la rue, on le voit aujourd'hui avec les gilets jaunes, le gouvernement commence à vouloir faire des lois de circonstance pour juguler le droit de manifester. Non seulement Castaner menace les manifestants alors que cette liberté est garantie par la Constitution, mais il envoie tellement de policiers, toujours plus violents, avec des milliers d'arrestations injustifiées, que le simple principe de manifestation est en danger. Avec les nouvelles lois, il faudra même montrer patte blanche avant de marcher dans la rue.

Et pour finir, le degré zéro de la contestation vient de nous être supprimé : celui de refuser de payer l'impôt. Certes, l'impôt est dû. Mais cela restait un dernier rempart de contestation pacifique. On appelle ça la « résistance fiscale ».

Mais avec le prélèvement à la source, même cette dernière possibilité nous est retirée. L'État se sert sur votre argent avant même que vous ne le touchiez. C'est finalement votre salaire qui est conditionnel, pas celui de l'État (sauf si vous êtes très riche évidemment).

Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen, Art. 14.
Tous les Citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d'en suivre l'emploi, et d'en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.

Techniquement, le dernier moyen de contester la teneur de l'impôt, c'est de travailler au noir. Admettez quand même que ça la fout mal de travailler au noir pour défendre le service public...

7 février, 2019

Le Grand Débat, gros comme Macron

Vous n'apprendrez certainement rien dans ce billet. Oui, il m'arrive de répéter des évidences. L'évidence que je vais vous dire est que le « grand débat national » de Macron est un cul de sac, qu'il ne faut rien en attendre.

Macron est le roi de la poudre de perlinpinpin. Il nous promet qu'il a compris, qu'il va tenter un changement, mais il a déjà dit largement qu'il ne changerait « ni de cap ni de politique » (1). D'ailleurs, s'il avait « compris », pourquoi ferait-il un grand débat ?

Il a dit ça lors du remaniement. Il change son gouvernement pour que justement rien ne change. Et il a bien mis en application son entêtement. Après les manifestations des gilets jaunes, soutenues par la majorité des français, il s'entête. On a des morts, des estropiés. Il envoie les CRS et diffuse dans les médias les images de violences pour dissuader de manifester. Et comme il l'a fait à Notre Dame des Landes, il envoie tout ce qu'il a de forces sous la main. Aujourd'hui, on se retrouve avec à peu près autant de CRS armés que de manifestant désarmés (2 bâtons, une hache et quelques feux d'artifices face à 80 000 matraques, lacrymogènes, canons à grenades et autres armes défigurantes). Il met le paquet. C'est à se demander comment il fera quand il aura complètement laminé ce dernier pilier du service public.

Macron l'a illustré dans son discours aux gilets jaunes, où il a justement continué son programme en faisant croire qu'il avait compris. Et c'est là qu'il a parlé d'une grande concertation. Personne n'est dupe, au point que même la presse en parle (pourtant pas la première dans ce genre de situation) : tout le monde parle d'enfumage. Il est facile de voir que les questions posées à son débat sont très orientées et n'abordent pas du tout les problématiques soulevées par les gilets jaunes, l'ISF en tête. Ce grand débat est une façon de nous accuser de refuser le dialogue, alors qu'il nous le refuse depuis 2 ans. Une façon de nous faire croire qu'il est à l'écoute, alors que ses réunions n'ont JAMAIS amené la moindre concertation : il fait ce qu'il a prévu, point. Il dit qu'il écoute, et pendant qu'on parle, il fait ses lois iniques. Finalement, parler, ça nous occupe.

Cette concertation est prévue pour durer 2 mois. Si on ajoute le petit temps du bilan, un faux référendum et tout ça, il espère avoir quelques mois de répit, jusqu'aux européennes. C'est tellement gros !

Mais comme on sait d'avance que rien ne changera, pourquoi dialoguer ? Il est trop tard. Macron n'est plus crédible (l'a-t-il déjà été ?). Il a donné la preuve qu'il n'était à l'écoute de personne d'autre que les banques, il ne parviendra pas à inverser la vapeur.

À moins qu'il n"accepte de partir...

Je vous conseille la lecture de cette courte lettre en réponse à celle de Macron.

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(1) Sur Libération, Boursorama, Marianne, France24, etc.

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