Les lampes fluocompactes

Lorsque j'ai commencé à me poser la question, on était en 2007. Je venais d'emménager dans un nouvel appartement, et j'ai décidé de me mettre à ces fameuses lampes fluocompactes dont les prix commençaient à baisser.

Il en existait de tous les prix, et j'ai tenté 3 modèles pour me faire une opinion, de l'entrée de gamme à la lampe de marque pour comparer. Ces ampoules étaient plébiscitées par les mouvements écolo, Greenpeace en tête faisant un happening avec un rouleau compresseur qui écrasait des ampoules classiques (au tungstène).

Mais mon intuition me dictait qu'il était quand même aberrant d'écraser des ampoules fonctionnelles, pour les remplacer par d'autres très compliquées à fabriquer (entortiller un tube de verre demande pas mal d'énergie) et pleines d'électronique (forte pollution électromagnétique) et de mercure (jusqu'à 5 mg), au point d'en faire un déchet dangereux.

Je n'ai pas été plus passionné par cette techno lors de son utilisation, lui reprochant sa lenteur d'allumage, une puissance d'éclairage inférieur à ce qui est promis (ma 18W équivalent 100W éclairait comme une mauvaise 60W), et le pire : des couleurs vraiment horribles (j'ai mis plusieurs jours à m'habituer au contraste avec les couleurs de mon écran de PC). On dit aussi que des UV de cette lampe seraient nocifs aux yeux sensibles.

Le fait est que ces lampes qui prétendent durer longtemps ne résistent pas trop aux cycles d'allumage répétés, au point que l'on doive choisir de ne pas trop les éteindre (et consommer plus) ou risquer d'avoir à les changer aussi souvent qu'avant. Surtout quand on sait que la courte longévité des ampoules classiques n'est liée qu'à une entente entre fabricants.

On a donc interdit à la vente des lampes non toxiques, pour nous obliger à acheter des lampes blafardes, polluantes (mercure, électronique, CO2), nécessitant une chaîne de recyclage dédiée dont le non-respect contamine 81 000 m³ d'eau chaque année (car on n'a recyclé que 43% de ces lampes en 2015).

Voilà ce que donne l'écologie quand elle est dictée par l'industrie. Parce que si les ampoules au tungstène, consomment davantage d'énergie à l'utilisation, l'économie globale est de l'ordre de 0,6 à 1,2% d'électricité seulement (donc un impact de 0,1 à 0,2 sur les émissions annuelles). Ça vaut bien le coup de balancer du mercure partout.

La prochaine fois, on parlera des lampes à LED.

Commentaires

1. Le 21 mars, 2017, 8h48 par Plk

ça partait pourtant pas d'une trop mauvaise idée. Au départ, il y avait les tubes fluorescents, et là, au moins, on ne remplace que le tube lui-même et pas l'électronique (qui est dans un petit boîtier à côté). Ce qui règle le problème de la durée de vie: sur la plupart des (mauvaises) lampes fluocompactes, c'est l'électronique qui finit par tomber en panne, bien avant le tube lui-même.

Par contre pour le mercure, j'avoue que c'est bizarre. D'un côté, on a interdit les thermomètres à mercure parce que c'était dangereux pour la santé. Et de l'autre, on s'est dit qu'on allait fabriquer des ampoules avec du mercure gazeux dedans, comme ça, c'est encore plus facile de l'inhaler!

Tout ceci sans penser au fait que, certes, les ampoules a incandescence ont un rendement plus faible en terme de production de lumière, mais le reste de l'énergie est diffusée sous forme de chaleur. Et c'est ça d'économisé sur le chauffage. Et ça tombe bien, parce qu'on s'en sert surtout en hiver, quand il fait nuit plus longtemps.

Finalement, le mieux, ça serait pas d'ouvrir les volets et de vivre le jour? Parce que même une lampe à incandescence, c'est encore loin de la qualité de la lumière fournie par le soleil (même avec des nuages). Et pourtant c'est déjà largement mieux que les autres ampoules.

2. Le 21 mars, 2017, 8h13 par le gauchiste

Il ne faut pas sous-estimer la qualité du spectre lumineux des lampes à incandescence : il est excellent. Je le sais pour avoir pratiqué la photo. Il a moins de bleu que la lumière du jour, mais dans la mesure où les couleurs sont très bien réparties, les yeux compensent très bien. En photo argentique, il suffisait de choisir un filtre adapté ou un film « lumière artificielle » et on avait des couleurs naturelles. Même dans le cas de photographie infrarouge ! Tous les éclairages fonctionnant à partir de gaz (mercure, sodium) donnaient des résultats surréalistes.

En revanche, ni les yeux, ni aucun appareil que je connaisse (Photoshop en tête) n'est capable de corriger les aberrations chromatiques des lampes fluocompactes. On le remarque surtout sur les couleurs brunes qui peuvent virer au vert, selon mon expérience. Pas gênant pour lire ou éplucher des patates, mais horrible pour travailler des couleurs.

La lumière tombante du soleil est chargée en UV et en bleu, on perd progressivement le sens des couleurs.

3. Le 22 mars, 2017, 9h16 par Plk

Oui, le spectre d'une lampe à incandescence est continu, même s'il manque un peu de bleu (il "suffirait" de chauffer le filament à une température un peu plus haute pour arranger ça, mais il risque de fondre), c'est donc plutôt bien.

Pour les lampes fluocompactes, le spectre se compose de raies, plus ou moins bien réparties, mais de toutes façons espacées et avec des trous entre. Je ne vois pas comment on peut corriger ça: certaines longueurs d'ondes ne sont tout simplement pas présentes, et on ne pourra jamais savoir comment les objets les auraient réfléchies.

Une éventuelle solution, c'est de combiner plusieurs gazs et aussi d'utiliser des matériaux qui transforment une longueur d'onde en une autre. Mais on en reparlera dans l'article sur les LEDs!

4. Le 22 mars, 2017, 10h15 par le gauchiste

Il existe (il a existé ?) effectivement des lampes photo « lumière du jour » à filament dont j'ai un exemplaire chez moi. 250W, mais une lumière vraiment belle et agréable. L'ampoule crame si on la laisse allumée plus de 5-10 minutes. Il en existe aussi pour le spectre infrarouge (plus facile à atteindre).

Pour les curieux, un lien qui montre des comparaisons entre le spectre de différents types d'éclairages les plus courants.

Si quelqu'un a plus précis, ce sera bienvenu.

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