Les pauvres sont tous écolos

Même si ce n'est pas nécessairement par conviction, les pauvres sont écolos.

Prenons par exemple un riche qui serait sensible à l'écologie, et comparons-le à un pauvre, même pas nécessairement sensible au-delà de ses moyens.

Le pire élément d'un bilan carbone est généralement les voyages en avion. Le pauvre n'en fera aucun, le riche fera au mieux attention, mais prendra l'avion de temps en temps. En fait, le riche risque même de prendre l'avion pour son boulot (mais il vous dit qu'il n'a pas le choix !). La comparaison pourrait se limiter à ce seul point tant le bilan carbone de l'avion est désastreux. À titre d'exemple, le bilan carbone d'un français est d'environ 10t de CO2 / an (déjà élevé). Un simple trajet en avion représente entre 0,3t (Paris-Marseille éco) et 17t de CO2 (vers l'Australie classe affaire). Il est donc très facile de doubler son bilan CO2 avec un simple trajet en avion.

Mais continuons, juste pour le sport.

Le pauvre achètera peu de viande (car souvent plus chère) dont le bilan carbone est lui aussi catastrophique. Le riche habitera nécessairement une maison ou un grand appartement. Il est bien plus coûteux de chauffer 120m² que 30m². Et encore, certains pauvres (dont moi) ne se chauffent simplement pas.

Après on peut comparer la voiture. Le riche écolo achètera une voiture peu consommatrice, mais le pauvre, s'il a une voiture (donc pas le plus pauvre) aura une vieille voiture plus polluante (reste à vérifier si une vieille Clio pollue plus qu'une Audi récente), certes, mais dont l'énergie grise lui est largement favorable. Aussi, il l'utilisera peu pour l'économiser ou à cause du prix du trajet.

Après, il faut être clair sur autre chose : la plupart des riches travaillent et la plupart des pauvres ne travaillent pas ou peu. Et le travail est consommateur de ressources : électricité, transports (au moins pour aller travailler, et pour les missions si on est bien payé, parfois même loin), locaux, puis dans de nombreux cas, production de biens matériels. Au pire, on pourrait reprocher au pauvre de les acheter (oui, c'est vrai, ça, les pauvres, arrêtez d'acheter des trucs !)... justifiant ainsi parfois l'emploi du riche. Mais même là, les riches achètent aussi des produits, eux aussi très polluants (notamment dans la technologie). S'ils ne les achetaient pas, ils n'auraient pas d'intérêt à être riches...

Et on dit que les pauvres sont une charge pour la société...

Cet article semble mettre en avant que les ressources matérielles ne sont pas les seules responsables, les pauvres seraient très sensibles à la pollution.

Autre article plus copieux et aussi très intéressant, qui tire cette fois sur les riches qui ne donnent pas l'exemple.
 

Commentaires

1. Le 26 avril, 2016, 7h04 par Jul

C'est aussi pour ça que contrairement à ce qu'on entend souvent ce n'est pas (pour l'instant) l'explosion démographique des pays en voie de développement le plus gros problème d'un point de vue écologique : lorsqu'un couple américain décide d'avoir un enfant cela a autant de conséquences que lorsque cent cinquante couples Bengalis décident de procréer...

2. Le 29 avril, 2016, 10h26 par Doc Folamour

Je suis globalement d'accord sur le fait que les pauvres sont plus écolos que les riches. Ils ont une vieille bagnole plus polluante mais tellement moins d'activités et d'achats, et génèrent donc beaucoup moins de pollution et utilisent moins de ressources naturelles. Mais beaucoup de pauvres - ou de très pauvres - n'ont même pas de bagnole! J'en connais un paquet. Ils utilisent bien plus les transports en commun que la moyenne des gens. Et ils ne prennent jamais de vacances, un point non négligeable dans un bilan carbone. Dans l'ensemble leur plus grosse pollution provient du tabac qu'ils fument, ou peut-être du tri sélectif qu'ils ne font pas. Enfin, je parle pour ceux que je connais.

3. Le 9 mai, 2016, 9h58 par Luxor

en effet ...

http://www.dailymotion.com/video/x8...

4. Le 18 novembre, 2016, 8h50 par Mikael

Bonne analyse ; même si, en tant que biffin, je constate des gaspillages à tous les étages et récupère sur toutes les classes de la société, excepté les plus hautes où je n'ai pas accès. Faire les poubelles d'un député, d'un pdg, c'est risquer une balle souvent... Ca arrive qu'on s'y risque quand même ;-)
Mais c'est comme la générosité, la prise de conscience est une question d'individu... Reste que quand je lance des appels pour boucler les fins de mois, c'est généralement pas les plus riches qui donnent (j'ai inventé la mangave sur le net : moins dangereux que dans la rue, surtout en ce moment, même si j'en tâte encore). On trouve de tout au chapitre gaspillage : j'ai une montre connectée et plusieurs autres de différents âges "normales" je dirais, une multitude d'outils, des téléphone portables, deux de mes quatre PC, les autres étant d'occase... et je parle pas de la bouffe... Pas plus tard que hier soir j'ai encore bouffé à l'oeil ;-) Heureusement d'ailleurs parce que c'est plus que la dèche côté thune :-) Bonne journée, je vais relayer ce papier sur Tweeter, ça lui fera de la pub :-)

5. Le 18 novembre, 2016, 6h18 par le gauchiste

Merci pour ton commentaire. Et merci pour ta pub sur tweeter (j'ai pas tweeter, pas facebook, tout ça).

Je trouve que ton blog apporte aussi une certaine façon de voir les chose, côté récup. Beaucoup ne savent pas ce que c'est. Continue à témoigner de tout ça comme tu le fais déjà.

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