De Gaulle et les USA (3/4)

Être passionné par les États Unis détonnerait sur un CV gauchiste. Mais s'il était notoirement anticommuniste, de Gaulle se méfiait comme de la peste des américains.

La 2nde guerre mondiale
Il voyait très bien le jeu trouble des États Unis pour emmener le monde entier derrière eux. Rien de personnel, bien sûr, même si 39-45 a dû laisser quelques traces. Pendant la guerre, le Général les a travaillés au corps des années durant pour attirer leur attention sur la France libre en dépit de leur « politique vichyste ». Washington pensait effectivement plus profitable pour l'avenir de traiter avec Vichy qu'avec le Général, en qui ils n'avaient pas confiance.

Il savait dorénavant très bien faire la différence entre les intérêts de la France et ceux des États Unis.

L'OTAN
D'ailleurs, il s'est positionné clairement contre l'attitude militaire des américains au Viêt Nam. Le même souci d'indépendance à poussé le Général à sortir la France du commandement intégré de l'OTAN, permettant ainsi de libérer tous les territoires français des forces américaines. Aujourd'hui, la politique est l'exact inverse : revenir dans l'OTAN et suivre les actions armées des États Unis sans trop réfléchir.

L'Europe
De Gaulle était eurosceptique car il était souverainiste. Il se méfiait de la façon hégémonique des États Unis de s'introduire dans la construction européenne. Le Général a mis son véto deux fois sur l'entrée du Royaume Uni dans l'Europe, désapprouvant justement leurs relations privilégiées avec les États-Unis depuis la guerre ; il y voyait une sorte de cheval de Troie américain. Il souhaitait en revanche une « Europe des Nations » qui se déplacerait vers l'est jusqu'à inclure la Russie (avec qui il nouera un partenariat spatial en pleine guerre froide, alors que nous refuserons l'aide des États Unis pour le développement du nucléaire). Ses relations diplomatiques avec la Chine feront aussi partie de son héritage.

Le dollar
Le Général était partisan d'un retour à l'étalon-or car il n'aimait pas le papier. Sa confiance limitée dans le dollar l'avait amené à convertir une bonne partie de nos réserves de dollars en or : c'était encore possible à l'époque. Sarkozy a fait l'inverse en vendant en masse nos stocks d'or pendant les 2 mois qu'il était au budget, juste avant la flambée du cours (20% de nos stocks quand même).

Ce que combattait de Gaulle, ce n'était pas tant le principe d'une économie de marché « capitaliste », encore très basée sur l'industrie à l'époque, mais bien le libéralisme sans frontières. Ce libéralisme qui pourrit aujourd'hui le monde.

Nous conclurons cette série demain en voyant à gauche de quoi était de Gaulle.

Commentaires

1. Le 13 avril, 2016, 9h52 par Luxor

"l'attitude militaire des américains au Viêt Nam"

La France et De Gaulle n'ont-ils pas aussi leur boulet avec l'Indochine ?

(pas de mauvais jeu de mot avec le groupe homonyme, pas de mauvais jeu de mot, pas de mauvais jeu de mot, je vais résister...)

2. Le 13 avril, 2016, 10h04 par Luxor

... en cherchant un peu, l'une étant la suite de l'autre, j'ai un gros bout d'histoire à (re)voir.

3. Le 13 avril, 2016, 10h50 par le gauchiste

Cet article vise plus précisément le rapport de de Gaulle aux États Unis. L'Indochine n'en fait pas partie (c'était juste avant la guerre américaine au Viêt Nam).

Cependant, la France a plein de boulets, même sous de Gaulle. La vision coloniale de la vieille France était expansionniste, on parlait encore d'empire. Notamment, nos rapports coloniaux avec l'Indochine datent du XIXème siècle. De Gaulle a simplement envoyé le Gal Leclerc « reprendre » le pays pris par les japonais pendant 39-45. Il a quitté le gouvernement provisoire en 46, année de début de la guerre d'Indochine. La France s'en va en 54, bien avant le retour du Général, juste avant la guerre américaine.

Le Viêt Nam était une guerre contre le communisme.

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