Recherche d'emploi : Trop bon, trop con !

La vie d'un chômeur est émaillée d'anecdotes.

Parmi mes plus vieux souvenirs, j'étais allé dans une entreprise de cartonnages dans le Nord. Je n'aimais pas cette région, mais j'étais pressé de trouver un boulot. Alors j'avais répondu à cette annonce.

Cette petite entreprise sentait bon la production locale. Il devait y avoir 10 salariés au maximum, mais ils pensaient réaliser une économie en embauchant plutôt que de sous-traiter. Démarche rare de nos jours où on fait plutôt le contraire.

C'est certainement l'employeur le plus honnête que j'aie jamais rencontré. D'une part, il m'a lui-même demandé mes billets de train en vue de mon remboursement. Cela ne m'est jamais plus arrivé depuis, bien que la loi l'exige. D'autre part, après l'entretien d'embauche, il a pris le temps de me dire pourquoi je n'étais pas pris (car je n'ai pas été pris). Cela ne m'est arrivé que 2 fois dans ma vie de chômeur.

Lors d'un entretien d'embauche, on fait toujours ce qu'on peut pour avoir l'air d'être le meilleur candidat du monde. On bombe le torse, on marche droit, l'air assuré... parce que le chômage est avant tout une histoire de concurrence, quoi qu'on en dise.

Ils semblaient pourtant assez impressionnés par mon profil. Au téléphone, ils m'expliquent pourquoi je ne suis pas pris :
« Vous êtes bon, très bon même. En fait, c'est sans doute un peu le problème : on pense que vous êtes trop bon. »

Peur que je m'ennuie ? Que je quitte la boîte trop tôt et devoir encore former un nouveau ? Que je ne sois pas assez soumis à des choix du patron ? Et après ça, tu fais quoi ? Tu sabotes un peu ton profil ? Tu prépares ton entretien en ne te lavant pas ? Tu vas en repérage la nuit pour savoir comment t'habiller à l'entretien ?

Ce recruteur m'a pourtant appris quelque chose d'important. Sauf que j'étais au tapis.

 

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