13 mars, 2017

Les usuriers des temps modernes

Si vous souhaitez regarder de plus près ce que vous coûte votre banque, l'État a mis en place un merveilleux site vous permettant de comparer les tarifs des agences bancaires présentes dans votre département.

On croit rêver en découvrant ce site... surtout qu'il y manque une information cruciale ! La seule information qui vaille vraiment quand on est juste à la fin du mois : les agios pour les découverts autorisés.

Il existe aussi des frais pour les découverts non autorisés, là, on ne fait pas le malin, car en théorie, la banque peut très bien vous signaler à la banque de France, chacun préfère éviter. Donc on paie. C'est mal ressenti, mais c'est ça ou la corde.

Par contre, lorsque le découvert est autorisé, au-delà des agios qui sont souvent autour de 15% annuels, il y a ce petit surplus de type « minimum forfaitaire », allant jusqu'à 7€ (BNP-Paribas) dans les tarifs que j'ai regardés (oups, j'ai trouvé 10€ chez HSBC). Et quand on a le malheur de passer juste sous la ligne, avec –10€, alors, on peste bien, parce que si les frais appliqués étaient par exemple de « seulement » 6€ (Société Générale), c'est déjà 60% de la somme. Et si la somme manque seulement pendant 10 jours, cela représente un taux annuel de 2 190%. Énorme !

Sauf que... c'est illégal. Il existe en France un « seuil de l'usure » qu'il est interdit de dépasser, cela pour éviter de retomber au Moyen-Âge, où les usuriers profitaient de leur situation pour vous refaire jusqu'à l'os. Au 1er trimestre 2017, pour une somme inférieure à 3000€ pour un particulier n'entrant dans aucune case avantageuse, ce taux est de 19,96% annuels tout compris. Cela veut dire que sur une période de 10 jours, la banque n'a pas le droit de vous faire payer plus de 5 centimes d'euro pour un découvert de 10€. Que ce soit forfaitaire ou pas, c'est le problème de la banque, pas le vôtre.

On peut commencer à comprendre qu'il ferait un peu souillon d'avoir des taux illégaux affichés sur le comparateur du site du gouvernement. Je trouve que c'est surtout de laisser cette pratique avoir cours qui fait tâche. Car les banques s'engraissent sur le dos des pauvres. En général, faire les yeux doux au banquier permettait de récupérer son bien sans avoir à porter plainte (pour 6€ ?), mais depuis la crise de 2008, j'ai le sentiment que c'est plus difficile.

Je peste contre cette attitude des « chargés de clientèle » nous soutenant que c'est légal, « la preuve, c'est marqué sur notre brochure », avec des répliques qui tournent en rond sur ce satané papier. Moi aussi je peux imprimer des trucs sur du papier, et ça n'a pas valeur de loi pour autant.

L'impunité est telle que les banques font la publicité de leur propre corruption sur leur documentation tarifaire. Une façon de clouer sur leur porte « ici, on n'aime pas les pauvres ».

Si je demande à Macron, il fera un geste pour les banques, peut-être ?

9 mars, 2017

Les banques, ces passoires

Si la porte blindée représente bien la banque dans l'imaginaire des westerns, elle la représente bien moins dans la réalité.

Aujourd'hui, certaines agences refusent même de donner ou recevoir de l'argent sous forme matérielle : on vous envoie vers une autre agence ou un distributeur de billets. Les banques traitent des lignes qui apparaissent sur un écran : chèques, carte bleue, virements, prélèvements automatiques... Les vérifications y sont plutôt rares.

Quand une entreprise souhaite mettre en place un prélèvement automatique, elle écrit à la Direction Départementale des Finances Publiques (DDFiP) qui lui donne alors un Numéro National d'Émetteur (NNE). Il semblerait que la DDFiP ne demande pas grand chose pour donner ce numéro. Une fois qu'elle a ce numéro, l'entreprise peut se servir open bar sur votre compte.

En théorie, l'entreprise n'est censée vous prélever que si elle possède aussi une autorisation signée par vos soins. Avant, la banque était dépositaire de cette autorisation, mais c'est fini, et la banque ne vérifie pas, elle fait confiance à l'entreprise (et vous, à votre banque) ! Par exemple, mon fournisseur Internet me prélève alors qu'il n'a pas de papier signé de ma part. Les opérateurs web & mobile sont connus pour être très filous, alors on surveilles nos comptes. Tout le monde a eu un jour des problèmes.

Même si ces entreprises se veulent plutôt sérieuses, rien ne vous garantit qu'il n'y aura pas un « bug informatique » qui vous prélèvera un zéro de trop.

C'est mieux depuis les prélèvements SEPA, puisqu'il est maintenant plus facile de contester un prélèvement. À charge quand même pour vous d'effectuer cette vérification. Mais que ferez-vous quand votre fournisseur vous escroquera de 3€ ? Vous risquerez une interruption de service ?

Avant, on payait nous-mêmes nos factures, on contestait avant paiement, on arrivait même à payer par chèques. Mais comme ce n'était pas assez rapide, les entreprises se servent maintenant dans nos poches. Faites confiance ! Il vous reste à vérifier après-coup, souvent trop tard, que votre compte n'est pas à sec (oups !).

Prochaine étape, plus besoin d'autorisation à signer, le numéro de compte sera centralisé avec vos informations biométrique (TES) ? On ne verra même pas la différence. Faites confiance !

6 mars, 2017

Jacques Gamblin au Parlement des écrivains

Billet un peu différent cette fois, puisque je vais me contenter de partager ici cette ancienne vidéo (mai 2016), que j'ai découverte récemment sur le blog de l'escargot vert. Jacques Gamblin nous raconte son sens de l'écologie.

La vidéo dure 23 minutes.

3 mars, 2017

Encore 1 an et ça en fera 2 !

Ça y est, ce blog a 1 an. 149 billets. Toujours aussi gauchiste, anti-libéral et écolo, fidèle au poste.

Toujours à raconter les problèmes de la société. Et bonne nouvelle : avec cet avenir qui s'ouvre à nous, c'est pas les sujets qui vont manquer !

Ce blog a fait le choix de rester libre. Je ne parle pas d'argent. Je parle d'être indépendant des réseaux sociaux traditionnels et des hébergeurs de blog du GAFAM. C'est un frein évident à la popularité de ce site, mais pour le moment, je tiens bon. C'est à ce prix que Zuckerberg ne vous surveille pas ici. On verra par la suite.

Rien ne vous empêche de partager un article du blog sur un autre site (Facebook, Twitter ou autre), mais il faut le faire à l'ancienne : en copiant le lien de la barre d'adresse de votre navigateur (http://gauchiste.fr/machintruc...), et en le collant dans votre site favori, dans votre commentaire. Si vous n'y arrivez pas, demandez-moi, et je ferai un tutoriel super simple.

Pour la déco, elle est restée minimaliste pour deux raisons : je veux un affichage rapide du site (épargnant un peu de CO2 à la planète lorsque la page est générée et envoyée), et parce que mettre des photos aux articles ralentirait considérablement leur publication (la dernière fois que j'ai voulu photographier un agent de sécurité, c'était... compliqué).

N'hésitez pas à parler de moi, a véhiculer mes idées, à « partager mes idées ». En regardant les statistiques, j'ai beaucoup de visiteurs réguliers, mais aussi de plus en plus de personnes qui découvrent mon blog via des moteurs de recherche, certains qui me découvrent tardivement et rattrapent le retard en lisant tout. J'ai eu pas mal de spam parmi les commentaires, et très peu de messages (ou commentaires) insultants. Si mes détracteurs ne me voient pas, c'est que je peux faire mieux ! N'oubliez pas que si une personne ne se sent pas gauchiste, elle pourra néanmoins être intéressée par un article en particulier.

Vous pouvez dire en commentaires ce que vous aimeriez voir évoluer sur ce blog. Je ne promets rien, mais votre œil extérieur me sera très utile. Si vous êtes timides, utilisez le formulaire de contact qui ne sera pas publié. Vous pouvez aussi me dire simplement les billets ou les catégories que vous préférez.

Merci à tous pour votre intérêt et votre fidélité.

le gauchiste

1 mars, 2017

Les carottes souffrent-elles ?

Quand on ne mange pas de viande, on nous objecte assez systématiquement que les carottes souffrent peut-être autant que la vache au moment de la mise à mort. Cela a beau être un troll, je vais aborder le sujet.

D'une façon générale, on attribue facilement l'idée d'une souffrance possible à tout ce que l'on décrit comme « vivant ».

En voyant se débattre et fuir un mammifère face à une douleur, il nous est facile de comparer nos propres comportements et imaginer qu'il ressent comme nous. La science l'a même démontré. Mais lorsque l'élément « vivant » est très éloigné de nous, cette notion peut vite devenir abstraite. Si un insecte se débat lors d'une attaque, est-ce une douleur ou un réflexe ? Une éponge est un animal, mais elle n'a pas de système nerveux, seulement des connexions nerveuses non centralisées. Souffre-t-elle ? Un muscle fraîchement découpé qui se contracte en l'électrocutant souffre-t-il ?

La définition même de la souffrance, souvent associée à l'idée d'une conscience minimale est mise à mal. Car l'idée de souffrance est inventée selon des critères observés avant toute chose chez l'homme, et nous tentons de les transposer à d'autres être vivants.

Sur l'arbre des espèces, les champignons sont plus proches des hommes que des végétaux. Sont-ils plus à même de ressentir la souffrance que les légumes ?

Et puis il y a la notion de vie elle-même qui est très controversée. Si un dictionnaire en donne une, il faut savoir qu'il n'existe pas de consensus scientifique pour définir la vie. Certains fixent une limite aux organismes possédant de l'ADN. Certains s'attachent à des notions d'environnement (reproduction, se nourrir et produire des déchets). Et on arrive même à parler d'astres qui seraient vivants (la Terre est vivante, Mars ne l'est pas).

Je pense qu'il peut exister des choses plus ou moins souhaitables à un homme, une vache, une huître, un poulpe, un champignon, un végétal, son fruit, une planète, un simple caillou, une chaise et bientôt un robot intelligent. Mais tenter de transposer la notion très humaine de souffrance à d'autres entités « techniquement différentes » devient un exercice délicat.

Pour ma part, je m'attache à l'idée que les vertébrés ainsi que quelques autres animaux (pieuvres) souffrent car on l'a objectivé, et que ces animaux ont un fonctionnement suffisamment comparable à l'homme pour pouvoir y transposer notre propre douleur.

Pour ce qui est des végétaux, on part de très loin, et les signaux que l'on observe en coupant des carottes peuvent avoir de nombreuses autres significations, qu'il nous est impossible de distinguer entre la douleur ou, même, le plaisir !

27 février, 2017

Sommes-nous faits pour tuer ?

Se faire embaucher dans un abattoir est très facile, on tue une vache devant vous, et on regarde si vous tenez le coup. On regarde aussi un peu votre pédigrée pour limiter les risques que vous soyez un militant écologiste et on vérifie si vous avez un risque de vomir au bout de 2 jours d'exécutions répétées. Pourtant, avec 6 millions de chômeurs, on manque de monde dans les abattoirs. Et ceux qui y travaillent flanchent souvent au bout d'un moment.

Pendant la guerre, alors que les soldats SS pratiquaient les exécutions en nombre, que les charniers de l'est se remplissaient à vue d'œil, les préposés aux exécutions commençaient à donner des signes de troubles psychologiques. Tuer, c'est une chose, mais exécuter froidement des milliers d'innocents, c'est mentalement plus délicat à assumer. C'est entre autres pourquoi Himmler chercha une alternative par les camions puis les chambres à gaz.

Dans les abattoirs, la victime est différente, mais le problème psychologique du bourreau est le même. Tuer des animaux souvent encore conscients, les découper alors qu'ils ne sont pas toujours morts leur amène parfois de graves séquelles. Apprendre toute sa vie à respecter la vie (humaine pour le moins), et cacher sous le tapis les réactions des animaux que l'on découpe. Les considérer comme de la simple matière pour mieux survivre à l'expérience, en ignorant à quel point nous sommes proches d'eux.

Certains quittent l'abattoir en faisant des cauchemars chroniques, souffrant de stress traumatiques, dégoûtés de la viande...

Leurs cadences de travail ne permettraient à personne de faire du « bon boulot ». Et le sale boulot, ça fait un sale boucher autant qu'une sale viande et un sale consommateur.

On souffre de la viande qu'on mange. Mais on souffre aussi de tuer. Qu'est-ce que ça peut bien dire sur la nature humaine ?

Sommes-nous faits pour tuer comme nous le faisons ? Sommes-nous faits pour manger la viande que nous mangeons ?

24 février, 2017

Il ne peut en rester qu'un !

J'avais déjà pointé le problème qu'il pouvait y avoir à revendiquer une réussite qui était finalement basée sur l'échec de ses concurrents. Notre monde est concurrentiel au point qu'il faille bouffer les autres non plus pour survivre, mais pour être le meilleur, le plus riche. C'est tellement vrai que les personnes les plus riches de la planète ont aujourd'hui autant d'argent que le budget de certains États.

En 2010, les 388 personnes les plus riches du monde possédaient autant que la moitié la plus pauvre de l'humanité. En 2015, elles n'étaient plus que 62 à se partager le gâteau. Et cette année, en 2017, ils ne sont plus que 8.

Ce chiffre assez connu nous amène à penser qu'ils ne seront plus que 3 l'an prochain, et un seul en 2020. Une seule personne portera sur ses épaules la responsabilité de la pauvreté du monde : en le dépouillant, on pourrait doubler la richesse de la moitié de la planète. Et quand la richesse d'une personne n'est que de 1€ par jour, la doubler, ça change beaucoup de choses. Serait-ce alors immoral de ruiner cet homme pour sauver des enfants de la vente d'organes, des familles de la maladie ? Après tout, si l'injustice ne touche qu'une seule personne, c'est moins grave, non ?

Surtout qu'on le dit peu, mais en regard de ce chiffre, la population a aussi augmenté dans le même temps. Donc en 2010, la richesse de chacune des 388 personnes les plus riches valait celle de 9 millions de pauvres. En 2015, chacun des 62 les plus riches valait 59 millions de pauvres... et en 2017, chacun des 8 plus riches vaut 465 millions de pauvres. Dans le détail, Bill Gates vaut même 657 millions de pauvres à lui tout seul(1) !

Peut-on imaginer que la vie de cet homme pendant 1 seconde vaille plus de 20 années de la vie d'un pauvre(2) ? Le temps d'un café, et il a gaspillé le prix de toutes les génération d'un pauvre depuis la révolution industrielle.

Si Bill Gates mourait, on lui ferait un bel enterrement, quelques articles dans la presse, l'argent changerait de main, et on passerait à autre chose. Comparons le prix de cet homme.

Si on se réveillait un matin, et que plus d'un demi-milliard d'humains mouraient, juste comme ça ? Plus de vies qu'il n'y en a dans l'Union Européenne. Plus personne pour produire, pour consommer, pour travailler, pour enterrer les morts.

Que faire des corps ?

C'est sans doute ça, l'odeur de l'argent.

__________________________________________

(1) N'ayant pas toutes les feuilles d'impôts des 3,5 milliards de pauvres, je ne peux pas faire le calcul avec seulement les plus pauvres d'entre eux, mais on atteindrait certainement le milliard... surtout que la fortune de Billou a encore augmenté depuis ces chiffres.
(2) Billou ne travaillant plus du tout, il m'est impossible de comparer en temps de travail, alors je compare en temps de vie.

22 février, 2017

Les sciences économiques

Pendus, accrochés à votre télévision, vous écoutez avec intérêt et inquiétude les explications de ce brillant économiste qui vous dit que les entreprises ont besoin de licencier, que la France va mal, que nous devons être compétitifs dans un monde aussi mondialisé que le nôtre, et que le mondialisation est une opportunité formidable.

Cet économiste lambda est même désigné comme expert dans son domaine. On n'en sait pas davantage sur lui, sinon que son langage utilise des mots parfois techniques dans un domaine qui n'est pas le nôtre. Cette personne, souvent un homme, vous explique comment sera le monde demain, pendant que vous réagissez à cette angoisse. Il arrive même à vous faire oublier qu'il s'est toujours planté sur ses prévisions.

L'économie se base sur des chiffres. Tout comme la météo. On vous annonce qu'un anticyclone est dans les parages, que la pression est de 1024 hPa, que les températures sont 0,7°C au-dessus des normales saisonnières, que les précipitations ont été de 18mm et on vous annonce que demain, le temps sera nuageux avec des ondées à tel endroit à telle heure. C'est crédible. En fait, tout le monde râle que la météo se trompe, pourtant, c'est bel et bien une science basée sur des faits très précis. On met même des supercalculateurs sur le coup. On a aussi scientifiquement démontré pourquoi il était impossible de prévoir le temps au-delà de 5 jours. La faute n'est pas aux météorologues, mais à la complexité des phénomènes en jeu.

Les économistes sont exactement dans le même bateau. Ils nous annoncent une météo à 2 mois et vous expliquent à posteriori pourquoi ils se sont trompés. Si la météorologie est une science basée sur des faits, l'économie est basée sur des faits humains, des décisions politiques, des phénomènes sociologiques... des sciences molles. Car finalement, rien n'est moins tangible ou prévisible que les paramètres sur lesquels s'appuient les économistes pour entrevoir l'avenir. Il suffit d'un vote, d'un attentat, d'une découverte, d'une crise majeure, d'un événement à l'étranger ou d'un soulèvement populaire pour ruiner à néant tout pronostic à 5 jours de ces économistes brillants.

Si l'économie est une science, elle est incapable de prédire l'avenir. Capable de prédire que lorsque les gens ont faim, ils se révoltent, que la baisse d'une monnaie augmentera le prix des produits importés, que les impôts permettent de financer le service public... Mais qu'est-ce que cela dit sur notre avenir ?

Ne laissons pas le soin aux économistes de servir de caution à l'avenir que certains politiciens nous réservent. L'avenir, c'est nous qui le faisons. Les économistes nous expliqueront plus tard pourquoi nous avons bien fait de ne pas les écouter.

20 février, 2017

Réduire sa consommation de gaz

Dans un précédent billet, je vous expliquais avoir grandement réduit ma consommation de gaz à 350 kWh par an. Voici quelques détails.

Un jour alors que j'étais taquin, j'ai laissé entrer chez moi un de ces types qui forcent votre porte pour vous fourguer des abonnements pas cher, en se faisant passer pour « votre conseiller ». Il prétendait pouvoir m'aider à payer moins. Vas-y bonhomme, je veux bien perdre 15 minutes pour te voir essayer.

Le type entre, je lui sors mes factures de gaz, et je lui demande ce qu'il peut faire de mieux. Là, un peu surpris, il me dit que ça ne sera pas facile de me proposer moins chers. Évidemment, la meilleure économie, c'est le gaz qu'on ne consomme pas. Et je suis au taquet. Il est reparti comme il est venu.

Tout d'abord, il faut savoir que dans mon appartement, je n'utilise le gaz que pour l'eau chaude et le chauffage. Je n'utilise le chauffage qu'exceptionnellement (1 jour ou 2 par an en cas de grippe). Cela explique en soi, déjà, une faible consommation de gaz.

Mais partant de là (donc sans chauffer), comment ai-je fait pour diviser encore ma consommation par 6 et donc la facture par 3 (car l'abonnement ne change pas) ?

D'une part, si vous me lisez assidûment, vous savez que j'ai dû réduire ma fréquence de douches pour cause d'eczéma. Mais cela ne fait pas tout. En fait, le miracle vient de l'éclair de génie que j'ai eu en éteignant ma chaudière lorsqu'elle ne me servait pas. Les sites Internet que je consultais prédisaient une consommation annuelle de 18 kWh pour cette petite veilleuse que les anciennes chaudières entretiennent allumée. L'expérience a montré qu'on en est loin : elle consommait bien plus que moi tout entier.

Je m'organise donc pour faire la vaisselle juste après ma douche, de façon à n'allumer cette chaudière qu'une seule fois. On s'aperçoit vite que l'eau chaude n'est jamais vraiment utile pour le reste (se laver les mains, les dents...). Le plus drôle, c'est qu'on vient de me changer cette chaudière contre une autre, plus grosse, plus « écolo », plus « pratique ». J'admets que l'allumage est plus facile. Pour le reste, je ne gagne rien. Je dois même penser à la débrancher avant de m'absenter longtemps, sans quoi elle se rallume après chaque coupure de courant.

Nous verrons à l'usage si son rendement énergétique permet de réduire encore un peu ma consommation de gaz, d'ici 1 an mettons. Mais cela ne se verra pas trop sur ma facture, puisque déjà, pour 1€ de gaz, je paie 1€ d'abonnement, et 1€ d'entretien de chaudière... et on dit que l'énergie est chère ?

16 février, 2017

Réduire sa consommation d'eau

Savez-vous que je consomme moins d'eau en 1 an qu'il n'en faut pour produire 1kg de bœuf ou 7 hamburgers ?

En effet, il faut environ 15 000 litres d'eau pour « produire » 1 kg de viande de bœuf, et 2 000 litres pour un hamburger.

Je précise que j'utilise une machine à laver pour mon linge : je ne truande pas en externalisant cette partie de ma consommation dans un Lavomatic. J'admets cependant ne pas compter l'eau (souvent la pluie) permettant de produire mes légumes. Comment ai-je donc fait ?

Première petite habitude que beaucoup pratiquent : ne tirer la chasse d'eau qu'une fois sur 2, ou lorsque la nature de l'ouvrage l'impose (je ne vous fais pas un dessin). C'est une économie intéressante que je réalisais au début de mes mesures. C'est après seulement que j'ai divisé ma consommation par 3.

Tout a commencé alors que je faisais de l'eczéma. J'accusais l'eau, peut-être aussi le chlore de la piscine. Rapidement, je suis rentré à mon équilibre en ne prenant plus qu'une douche tous les 2 jours. Vous lisez donc le blog d'un sale gauchiste. Mais il sera difficile de me faire avaler que se laver tous les jours est une mesure d'hygiène, car moi, je suis plus vivant en me lavant moins. Toute trace d'eczéma a disparu définitivement.

Mais l'économie la plus impressionnante aura été déclenchée par la vidéo « inculture 2 » d'un excellent spectacle de Franck Lepage. Il y dénonce notamment cette aberration consistant à acheter de l'eau en bouteille et tirer la chasse d'eau avec de l'eau potable.

« Nous lavons notre voiture avec de l'eau potable, nous pissons dans de l'eau potable, nous chions dans de l'eau potable, la seule chose qu'on ne fait pas avec de l'eau potable, c'est de la boire. »
Franck Lepage, Inculture 2

Cette vidéo faisait écho à l'habitude d'un ami qui gardait l'eau de sa douche pour la chasse d'eau. J'ai mis cela en pratique : je prends ma douche dans une baignoire en laissant la bonde en place pour garder l'eau. Chaque fois que nécessaire, je prends de l'eau dans la baignoire pour en verser une bassine dans les toilettes. Résultat : une eau légèrement plus trouble dans le fond des WC à cause du savon, et une grande quantité d'eau utilisable pour des grands nettoyages. Pour laver des étagères, mon bac de compost ou pour laver des objets très sales par exemple. J'utilise aussi cette eau pour mouiller des draps en plein été, de façon à faire une climatisation gratuite. Et par expérience, cela ne m'amène pas de froid en hiver (plus il fait froid, moins l'eau s'évapore), cela réchauffe même un peu l'appartement le temps que l'eau de la douche refroidisse. Que des avantages.

Le seul léger inconvénient est que faire stagner de l'eau savonneuse dans une baignoire demande de la laver à chaque utilisation, mais c'est rapide, puisqu'elle a bien trempé !

Cerise sur le gâteau : je pousse aussi le vice jusqu'à mettre dans un bidon l'eau propre inutilisée dans ma cuisine : en attendant que l'eau chaude arrive, ou l'excédent de ma bouilloire par exemple. Je l'utilise pour rincer la salade ou des légumes.

Mes derniers relevés indiquent une consommation de 13,5 m³ d'eau pour l'année écoulée. À ce stade, je ne le fais absolument plus pour les économies, puisque la ville m'offre 20 m³ d'eau (comme à tout le monde). J'ose même dire que l'abonnement étant fixe, moins je consomme d'eau, plus elle me revient cher : facture de 40€ annuels.

- page 3 de 18 -