20 juin, 2017

Le voile de Marianne

Ça commence à faire 20 ans qu'on nous ressort la question du « voile ». Pas celui que portait la vierge Marie, non (mais presque) : celui que portent aujourd'hui certaines femmes musulmanes.

Ce vêtement a pour but de cacher les cheveux. Il est généralement associé à d'autres vêtements dont le but est de cacher un peu tout le corps (bras et jambes). Je ne parlerai pas ici des voiles qui cachent aussi le visage ou même les yeux, car c'est une autre question.

On le porterait pour des raisons religieuses : mais ce voile, différent d'un pays ou d'une époque à l'autre, parfois obligatoire, parfois non utilisé, est en fait culturel. Rien dans le Coran ne dicte quoi que ce soit de précis (« cacher ses atours »). D'ailleurs, dans certains pays, ce voile laisse apparaître les cheveux (notamment en Iran, où il est obligatoire). La religion catholique, par exemple, prend aussi pas mal de libertés sur la Bible, révélant ainsi plus sa « culture religieuse » que le texte sacré : manger du poisson le vendredi, voter à droite, tabasser les protestants, pas de sexe avant le mariage, interdire les curés femmes ou mariés, etc.

« Toute femme qui prie ou prophétise sans avoir la tête couverte fait honte à sa tête : c’est exactement comme si elle était rasée. » — Nouveau Testament
Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens - Chapitre 11.5

La culture chrétienne occidentale serait donc très mal placée pour dire aux musulmans comment lire le Coran et s'habiller. C'est précisément pour cela que l'on a inventé la « laïcité ». On fait des lois qu'on met dans un pot commun et qui doivent (en théorie) être étrangères à la religion. Ce sont aux religions de s'y soumettre, quelles qu'elles soient. Il est vrai que la « culture judéo-chrétienne » a sans doute pas mal orienté nos pratiques et qu'il est impossible aujourd'hui de prétendre à une neutralité absolue dans nos lois. Les interdictions de tuer ou de voler, par exemple, nous sont peut-être inspirées de la Bible. D'ailleurs, l'adultère peut encore constituer une raison de divorce pour « faute » dans le mariage.

On prétend parfois que « le mari » imposerait ce voile. Et finalement, s'il celui-ci impose un voile, est-ce qu'un autre n'imposera pas une mini-jupe ou une fourrure exubérante ? On ne peut pas être derrière chacun. Les femmes voilées que je connais portent toutes ce voile par choix personnel, parfois même contre le choix de leur conjoint. Ma culture me dit simplement que les hommes se découvrent en de nombreuses occasions, mais que les femmes gardent leur coiffe en toutes circonstances.

Depuis que j'existe, je vois la religion comme quelque chose de plutôt personnel, tout comme l'orientation sexuelle ou parfois même les opinions politiques pour certains. En fait, je ne suis pas habitué à croiser des gens qui, par leurs vêtements, m'interpellent et me disent : « hé, regarde bien, je suis catholique ». Je pense que c'est cette raison qui a donné au voile une image envahissante de l'Islam, et qui a pu choquer ceux qui ne souhaitaient pas qu'on leur assène une religion qu'ils ne voulaient pas connaître. Il ne s'agit pas toujours de xénophobie. Mais lorsque l'on voit quelqu'un dont la première chose qu'il souhaite dire avant même de parler est sa religion, j'ai tendance à faire un pas de côté, un peu brusqué par une croyance que je préférais intime. D'où un léger malaise. Mais cette discrétion culturelle est complètement intégré par la plupart des musulmans français.

Il est vrai que les seuls qui portent un uniforme en France, ce sont les gens qui ont un métier (curé, flic, militaire, garde républicain, grooms, vendeur Casto...) ou qui se cachent (religieux et moines, sectes, académiciens...). Certaines communautés aussi ont un signe distinctif : de nombreux juifs sont reconnaissables par une coiffure et un couvre-chef particuliers. Il existe donc un précédent français. On l'a peut-être un peu perdu de vue, depuis que la guerre a tué un quart des Juifs de France.

Mais un autre aspect, plus sémantique cette fois, nous fait réagir face au voile. On sait que de nombreuses femmes de par le monde meurent de refuser de le porter : dans les pays où le voile est obligatoire (Arabie Saoudite, Iran...), mais aussi dans d'autres pays, lorsque le poids culturel familial impose d'une main de fer cette tradition (car il ne s'agit que d'une tradition). Alors nous réagissons en pensant que porter le voile, c'est faire honte à ces femmes mortes ou soumises. Il est vrai que militer pour porter ce voile chargé de sens est vraiment cynique. D'autant plus surprenant lorsque ce message est porté par des féministes au nom de la liberté. D'autant plus surprenant que ce voile est symboliquement là pour afficher l'infériorité de la femme par rapport à l'homme devant Dieu (ici).

Est-ce qu'on verrait un descendant d'esclave porter des chaînes pour témoigner de sa culture ? un juif porter l'étoile jaune ? Que penseriez-vous de quelqu'un qui se promènerait avec une corde bien laïque autour du cou ? Certes, les catholiques portent une potence (la croix du Christ), mais bon...

On cherche à mon avis à justifier notre propre problème avec ce voile. Et on le justifie de la pire façon : en accusant la religion. Ce voile, comme tout vêtement, doit être considéré comme un choix personnel, une habitude culturelle. On peut lui reprocher toutes sortes de choses. Mais interdire un vêtement est une autre affaire. Et si certains redoutent une invasion arabe, qu'ils soient rassurés, cette histoire de voile n'y changera rien. Regardons-le donc d'un point de vue laïc : qu'on l'aime ou pas, c'est avant tout un carré de tissu, à l'image de celui que portaient les femmes pour aller à la messe.

Un grand paradoxe de notre société, c'est quand même d'avoir réduit les maillots de bains à la taille de leur étiquette de prix, et de crier à la provocation lorsque ce vêtement occultant est jugé cultuellement impudique.

30 mai, 2017

T'as pas l'air de t'en faire...

On voit parfois des chômeurs qui semblent ne pas s'en faire. Peut-être même est-ce mon cas. Un chômeur qui semble avoir tout ce qui lui faut, même plutôt souriant, aimable. Un chômeur qui aurait l'air de ne pas s'en faire en somme.

Imaginons même un chômeur qui ne cherche pas de travail. Il ne subit pas les déceptions liées aux rejets de ses candidatures. Il n'a pas le stress de décrocher le téléphone 10 fois par jour pour tomber sur un secrétariat dont le seul but est de le tenir hors de portée de son interlocuteur. Imaginons qu'il n'ait pas l'angoisse de merder lorsque le téléphone sonnera.

On pourra même pour l'occasion faire comme si Pôle Emploi ne le convoquait pas pour faire des stages débiles et ne cherchait pas à le fliquer pour voir s'il cherche vraiment un boulot qu'il n'aura pas de toute façon. Imaginons qu'il ait le recul nécessaire pour supposer que le contrôle domiciliaire de la CAF dont il fait l'objet ne le soupçonne pas d'abuser du système, comme le font pourtant tous les responsables politiques pour lesquels il doit voter.

Imaginons encore qu'il n'ait pas à se projeter dans un univers où on l'obligera à travailler le dimanche, le soir, la nuit, pour rembourser un prêt étudiant. Croyons encore que les représentants politiques ne rivalisent pas de cruauté pour stigmatiser et mettre au pas les 6,5 millions de fainéants qui n'arrivent pas à trouver un emploi dans leur qualification. Imaginons qu'il n'ait pas le sentiment de se torcher avec son diplôme, imposé comme exigence sociale depuis son CP.

Faisons comme si l'argent n'était pas un problème pour lui. Il arrive à s'en sortir, même que parfois on le voit boire des coups en terrasse avec des amis. D'ailleurs il a un smartphone et une collection de vinyles dont il ne s'est pas (encore) séparé. Il regarde des séries téléchargées illégalement tous les jours. Non, vraiment, ça a l'air d'aller...

Mais quand bien même, les perspectives sont pitoyables : contrats précaires, visibilité à 2 semaines, formations de chômeurs pour Uber ou contrats à horaires éclatés. Un chômeur rencontre beaucoup de chômeurs, ça devient un système. Pas de retraite, pas de voyages, pas de vacances, pas de projets... et jugés en permanence pour leur inaptitude. Voilà le degré de liberté d'un chômeur. Est-on assez libres pour « ne pas s'en faire » ?

Évidemment que « ça va bien ». On fait tout pour aller bien. Pour ne pas avoir une sale tête devant les amis, pour qu'ils aient envie de nous revoir. Mais qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire « aller bien » quand on est stigmatisé aux infos, qu'on n'a aucune perspective et que le monde nous boude ?

Et dire qu'on déteste les pauvres à cause de ça, parce qu'ils se la coulent douce.

On dirait que ça va, t'as pas trop l'air de t'en faire !

Alors oui, ça va bien. Merci.

23 mai, 2017

La passion des végans

Je comprends les dissensions qu'il y a souvent entre les végans (dont je me sens proche) et les omnivores (parfois très viandards). Ces derniers se font reprocher de malmener des animaux et se défendent de cette agression sur l'argument du « c'est naturel ».

Que nous soyons ou non faits pour manger de la viande n'est pas ici le problème, car nous sommes sortis du cycle naturel. À la rigueur, nous pourrions peut-être exercer un avantage évolutif de notre espèce : la compassion.

Les végans (et moi-même) réagissent parfois avec colère, ils sont affectés par la douleur d'un tiers. C'est une légitime « assistance à personne en danger ». Nous intégrons à notre famille ces êtres sensibles. Ce sont finalement des « personnes non-humaines ».

Les vertébrés (entre autres) ont la capacité à souffrir, c'est scientifiquement établi, on ne peut plus se cacher derrière la souffrance de la carotte pour le nier. Alors pourquoi continuons-nous à malmener les animaux ?

Je pense d'une part que le consommateur est resté sur un schéma ancien d'élevage traditionnel aujourd'hui en passe de disparaître, où l'animal avait une vie avant de mourir, et où sa mort pouvait avoir un sens relatif à sa condition d'animal. Mais ce schéma tombe devant chaque scandale alimentaire. D'autre part, admettons surtout que les habitudes alimentaires ont la dent dure. Si je ne suis pas encore 100% végan, c'est aussi à cause de cela. J'ai encore du mal à supprimer totalement et sans frustration certains aliments que j'aime. C'est cet argument qui explique qu'un fumeur meurt d'un cancer en défendant sa « liberté de fumer ».

Je pense que les végans (que je défends) font souvent l'erreur de mettre les omnivores dans le reproche direct, là où finalement, ils devraient simplement leur présenter des arguments personnels sans les imposer. Donner son avis, réagir aux abus « nouveaux », informer, et exiger le respect de leur choix éthique. J'espère y parvenir sur ce blog.

Si la conscience existe, la mauvaise conscience fera son chemin. On ne changera les habitudes des consommateurs qu'en croyant en leur bonne foi, en leur faisant confiance. Car on ne combat pas la mauvaise foi.

16 mai, 2017

Merci Muriel Robin !

S'il y a bien une humoriste à qui j'en veux, c'est Muriel Robin. Car son ancien sketch sur l'addition m'a parfois rendu la tâche difficile, m'obligeant à ramer à contre-courant de ce qu'elle a institutionnalisé par l'humour. Oui, j'assume : diviser l'addition sur toute une tablée en fin de repas ne rend service qu'aux plus fortunés.

C'est vrai après tout. Un pauvre qui s'offre un restau, c'est pas tous les jours. Il le fait pour passer un moment sympa avec des amis, pour ne pas s'esquiver en début de soirée, pour faire comme tout le monde. Mais lorsqu'il choisit un plat, il prendra le moins cher, pour être certain de tenir son budget. Il ne prendra pas de vin, parfois pas de dessert, surtout pas de café.

Et le moment de l'addition arrive, ce con de serveur arrive avec une addition pour tout le monde et démerde-toi. Il doit pourtant bien le savoir qu'il est interdit d'obliger quelqu'un à payer un repas qu'il n'a pas consommé. Et curieusement, c'est toujours le plus à l'aise de la tablée qui propose de ne pas s'embêter, allez hop : « on divise ? ». On divise les plats en plus, les desserts, le vin, les cafés... et le pauvre se retrouve parfois à devoir payer le double de ce qui était prévu. Il paie pour les autres.

Mais depuis quand est-il plus simple de faire une division qu'une addition ? Lorsque je suis allé à Montréal, j'avais eu la surprise de ne jamais rien avoir à préciser, les serveurs apportaient systématiquement des additions à chacun. Celui qui commandait la bouteille la retrouvait sur son addition. Logique. Là-bas, c'est l'habitude. C'est pas plus compliqué.

Alors quand le pauvre ne veut pas payer au riche son assiette, il a plusieurs stratégies. D'une part, s'éclipser avant la fin du repas en payant sa part au comptoir (faisable dans les repas en nombre de l'asso de badminton par exemple), ou assumer franchement en disant que son budget l'a obligé à se serrer la ceinture, et qu'il n'a pas les moyens de payer plus que sa part. C'est généralement à ce moment béni qu'un crétin ressort le sketch de Muriel Robin. Merci à elle. Parfois, il m'est arrivé de voir la réaction gênée de celui qui avait proposé. Le top du top : il soustrait alors votre addition pour refaire une division du reste. Simple je vous dis.

Une fois, j'ai même vu une copine qui n'osait pas parler de ses problèmes d'argent. Après que les mathématiques eurent enfin donné la somme de chacun (après soustraction de ma part, puis redivision du reste de l'addition), la corbeille fait le tour de table, chacun arrondissant sa part à l'euro supérieur lorsqu'il payait en espèce. Puis la corbeille arrive enfin à elle. Elle a alors refait l'addition de la corbeille et soustrait le total de la note pour voir ce qui manquait réellement et ne payer que le nécessaire.

Je propose un truc simple. Si le serveur ne veut pas s'embêter, celui qui propose de diviser n'a qu'à payer pour tout le monde. Ben oui, quoi, on ne va pas casser l'ambiance simplement pour une addition !

 

9 mai, 2017

Vous en reprendrez bien pour 5 ans ?

Alors que la cote de popularité de François Hollande a battu des records d'abîme (pire que Sarkozy), qu'il n'a réalisé aucun des engagements qui ont fait élire l'ennemi de la finance, la France vient d'élire l'un de ses morpions : celui qui a les pires penchants libéraux dénoncés depuis 5 ans, le responsable de la loi travail et Macron.

« Il fallait bien éviter le Front National » ? On y va tout droit. Et plus sûrement avec lui que si Marine Le Pen était élue aujourd'hui sans pouvoir gouverner.

Les électeurs de Macron ne sont même pas vraiment convaincus de leur propre choix. En effet, si on regarde le premier tour, censé être le vote du cœur, son électorat ne représente pas « 24% des Français » comme on nous le dit en oubliant les votes non exprimés, mais seulement 8,6 millions Français.

Certains pourraient dire que ce n'est pas si mal, sauf si on observe cette étude qui informe que le vote Macron n'est pas un vote d'adhésion : seuls 39% des votants ont vraiment voté selon un candidat qu'ils soutiennent (*). Les autres ? Le vote utile. La peur bleu de Marine. Le FN qui peinera toute sa vie à passer le 2nd tour a encore été une menace suffisante pour que les Français trahissent leur vœu dès le 1er tour. Ce ne sont finalement que 3,4 millions de Français qui ont voté Macron par conviction.

En quoi croient-ils (à part ses beaux yeux bleus) ? J'ai beaucoup entendu qu'un président jeune ferait du bien à la jeunesse (alors que la jeunesse s'en détourne précisément en votant... Mélenchon ! ). Macron n'a pas croisé un « jeune » depuis le CM2, n'a pas d'enfant, sait-il seulement ce qu'est un jeune ? Quand il est  face aux jeunes, c'est pour s'engueuler avec ou s'en protéger. Macron ne les connaît pas, il a fait Henri IV, l'ENA, HEC est a directement travaillé pour Rotschild. Sa campagne s'est faite loin des quartiers sensibles et des T-Shirts.

Ce type nous a même fait l'insulte d'utiliser au mot près la même profession de foi pour les deux tours ! Comme si aucun élément marquant n'était ressorti du 1er tour. Refaire un tract pour cette fonction vitale pour nous tous est fatiguant ? Il n'a rien à dire ? Non. Ce type nous méprise à ce point qu'il assume se torcher avec tous les inscrits qui votent pour lui « à défaut de mieux ». Car au final, sur 47,5 millions d'inscrits, seulement 7,6% d'entre eux ont voté par adhésion (ne serait-que pour ses yeux bleus). Et encore, avec les non inscrits, cela descend à 6,9%.

Il peut se vanter d'avoir fait un peu mieux au 2nd tour, en nous mettant le pistolet du FN sur la tempe. Il n'empêche qu'il n'a jamais existé autant de votes blancs + nuls + abstention à une présidentielle en France (malgré Le Pen).

Espérons que le type de scrutin des législatives arrivera à lui bloquer la route. Mélenchon a encore une partie à jouer, et pas des moindres. Un vote massif des insoumis peut encore sauver la mise.

Les syndicats sont sur les dents, ils ont déjà commencé à manifester alors que le cul de Macron n'est pas encore sur le trône. Hors de question de lui faciliter la vie. Et puis Hollande nous a bien chauffés, on est prêts.

Le plus dur pour Macron, quoi que je dise, sera quand même de parvenir à me décevoir. Ce type est taillé pour gagner un peu d'estime à mes yeux... il en manque tellement qu'il ne peut en perdre. Mais j'avoue ne pas être tranquille. Car s'il a réussi à se faire élire sur de belles photos, des phrases vides, pas de programme, une campagne illégale et choquante, alors peut-être que je n'imagine pas encore de quoi il est vraiment capable.

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(*) En comparaison, Mélenchon a 69% de votes d'adhésion, ce qui représente 4,9 millions de votes, soit presque moitié plus que Macron.
 

2 mai, 2017

Petit bilan du petit François

Je ne vous cacherai pas très longtemps mon désamour pour notre futur ancien Président. Alors autant lui dresser son CV maintenant. C'est vrai, quoi, après, on risquerait d'oublier. Admettons qu'il a encore presque une semaine pour faire des bêtises. Il ne lui a quand même fallu que 5 ans pour réduire les libertés individuelles comme ne l'a pas fait Obama en 8 ans.

Voilà donc une liste non exhaustive et très résumée de son œuvre.

DROIT DU TRAVAIL
Destruction du Code du Travail,
Loi El Khomri : 3 millions de manifestants, jeunes éborgnés,
+1,2 millions de chômeurs (il s'était quand même engagé là-dessus),
Travail le dimanche (dans la loi Macron),

LIBERTÉS
Loi sur la programmation militaire : espionnage des métadonnées,
Loi antiterroriste (avec censure administrative de sites web),
Loi sur le renseignement : mise hors jeu de la justice, élargissement des moyens de collecte des données, IMSI catcher, protection des intérêts industriels, notion « d'atteinte à la République »,
État d'urgence permanent et son détournement pour assigner à résidence des écolo,
Fichier de 60 millions d'innocents (centralisation cartes d'identités & passeports),
Aucune réaction aux annonces de Snowden (ni proposition d'accueil),
Compteurs Linky,
Projet de loi (abandonné) sur le secret des affaires (danger sur la liberté de la presse),
Conservation de la Hadopi,

ÉCOLOGIE
Aucune action sur la pollution de l'air (50 000 morts / an),
Maintien du réacteur nucléaire de Fessenheim (encore un engagement loupé),
Maintient du projet NDDL,
Retard sur les énergies renouvelables,
Enfouissement déchets radioactifs (loi Macron),
Affichage publicitaire autorisé un peu partout,

ÉCONOMIE
Cadeau de 2 milliards à la Société Générale,
CICE (100 milliards quand même !),
Aucune loi sur la taxation de la finance (suppression de contrôleurs fiscaux),
Rien sur l'évasion fiscale...
...mais répression contre les fraudes des pauvres : CAF, Pôle emploi (ECRE),
Impôts : + 35 Mds€ pour les ménages, - 20 Mds€ pour les entreprises,
Prolongation des concessions autoroutes,
Privatisation des barrages hydro électriques et aéroports,
Privatisation de l'examen du code de la route...
Bus Macron : mise en concurrence région-privé sur les trajets régionaux en bus,

INTERNATIONAL
Guerre en Syrie,
Interdiction de survol de l’espace aérien pour le président Evo Morales,
Ventes d'armes et équipements militaires (Hélicoptères de combat, Rafales) : Arabie Saoudite, Koweit, autres pétromonarchies...
Retrait de la vente (promise) d'un bateau Mistral aux Russes,

DIVERS
Changement des règles pour les candidatures aux présidentielles,
Légion d'honneur d'un prince saoudien,
Mur anti-migrants à Calais,
Lois anti-migrants (innombrables),
Déchéance de nationalité (qui a heureusement échoué),

Vous aurez tout le détail sur ce site, pour ceux qui ont du temps.

Moi, ça a alimenté ma réflexion pour mon choix du 2nd tour.

 

25 avril, 2017

Le scrutin de la honte

En 2002, tous les partisans d'une politique de gauche ont eu le sentiment de se faire voler le second tour. En 2002, on vivait le premier signe indiquant que le scrutin à 2 tours, tel qu'on le pratique en France pour l'élection présidentielle, n'est plus adapté à notre politique qui n'est plus « bipartite ».

Quinze ans après, 4 candidats obtiennent des résultats très proches. Tout aurait pu en désigner 2 autres. Un battement d'aile de papillon aurait pu tout changer, tant le nombre d'indécis était grand la veille du vote. Un fait divers ? un timing un peu différent ? un autre connerie de Macron ? une primaire PS ou Les Républicains avec des résultats différents ? des soutiens arrivés un peu plus tôt ?

4 candidats séparés par 4 points (1,6 millions de votes) : c'est comme choisir le représentant du peuple sur un jet de dés. Seule l'abstention maintient vraiment l'avance avec 3 millions d'électeurs de plus que Macron.

Et finalement, un second tour avec 2 candidats semble simplement injuste pour 55% des votants, qui se retrouvent à devoir choisir entre la peste et le choléra. Des électeurs dont les idées sont trahies par les seuls candidats encore en lice. Il est inédit de voir autant de candidats perdants ne pas donner de consigne de vote (6 pour le moment).

Pourtant cette fois, beaucoup d'électeurs ont joué le jeu du « vote utile » qu'on nous sert à chaque fois. Mais l'axe allant de la gauche à la droite étant obsolète, le vote utile n'a pas mis en avant 2, mais 4 candidats. Cette nouvelle configuration n'est ni plus ni moins que l'expression d'un scrutin inadapté à la politique du 3ème millénaire. La Vème République a vécu, et le seul candidat qui voulait la changer a été évincé par ce système. L'élection se nourrit d'elle-même.

Au premier tour, j'ai voté Mélenchon par conviction. Parce que j'adhérais à son programme sans frustration. Mais au second tour mes idées ne sont pas représentées. Le Pen propose une politique raciste et fasciste, et Macron est responsable de tout de ce que je dénonce dans ce blog. En fait, j'ose prétendre qu'il est plus dangereux. Mais d'une façon différente. Voter Macron aujourd'hui, c'est avoir Le Pen dans 5 ans. Alors on fait barrage comment ?

Je refuse de choisir entre la raciste qui n'aime pas les arabes et le libertarien qui n'aime pas les pauvres. Si le malentendu peut faire ressembler certaines propositions du FN à mes choix politiques (sortir de l'UE, de l'OTAN, produire localement), je sais qu'elle le fait pour des raisons très différentes, cachant un grand danger pour les libertés publiques. Je n'assumerai pas une quelconque part de responsabilité dans l'élection d'une fasciste pour représenter mon pays.

Mais la capacité de nuisance de Macron est tout aussi grande : il sera responsable du délabrement du service public, de nos conditions de travail avec une loi travail 2, de la prochaine crise sanitaire et écologique, de la politique atlantiste et des prochaines guerres (économiques ?). Je ne donnerai donc jamais un vote à Macron, à cause de qui j'ai essuyé les lacrymo. Non, je refuse.

Alors entre les deux, mon choix est fait : ni l'un ni l'autre. Ces monstres sont tous les deux des rejetons de manœuvres politiques. Je ne me couperai pas une jambe pour sauver l'autre. Qu'ils se démerdent avec leurs candidats. Ce n'est déjà plus mon problème.

J'espère ainsi que le prochain représentant, quel qu'il soit, ne sera élu que par une minorité d'électeurs. Parce qu'on ne fanfaronne pas quand on n'est élu que par 15 millions de Français. Et cela donnerait du poids à la contestation pour les 5 années qui viennent. Voyons grand.

J'assume avoir été dépossédé du droit de vote, complètement dévoyé aux médias institutionnels, propriétés des milliardaires du pays, inadapté aux temps modernes.

À ce titre, je ne reconnaîtrai pas notre prochain Président, quel qu'il soit, car je m'adapte.

Je prédis que dans les 5 ans à venir, les gaz lacrymogènes vont tourner à plein. Achetez des actions, c'est le moment.

21 avril, 2017

Mélenchon, quelques derniers arguments

Avant de vous laisser réfléchir à votre vote, voilà quelques derniers arguments pour vous convaincre de voter Mélenchon. Petite revue de presse.

– Plus d'une centaine d'économistes du monde entier (17 pays) le soutiennent. Cela prouve au minimum la crédibilité de son programme économique. Macron aurait plutôt le score inverse en se mettant à dos les économistes atterrés (10 000 signataires), qui encensent aussi Mélenchon.

– Il est d'ailleurs le seul candidat à avoir chiffré son programme en détail, dans une émission de 5h sur sa chaîne youtube, avant que les autres candidats (Macron en tête) ne présentent même un programme. Chiffrage jamais remis en cause par qui que ce soit d'ailleurs.

– Un entrepreneur de la Silicon Valley qui propose de revenir en France si Mélenchon passe, nombreux arguments techniques à l'appui.

– La France Insoumise (équipe comprise) a le moins de conflits d'intérêts de tous les « gros » candidats (j'admets regretter que l'étude ne porte que sur 5 d'entre eux). Le seul conflit probable pointé concerne une « sympathie » entre Mélenchon et Dassault, qu'il dévoile lui-même dans son autobiographie, puis explique dans cette vidéo déjà vieille de 5 ans.

– Il répond « oui » aux 10 propositions du programme « veggie 2017 » et en approfondit certaines.

– Pour se marrer un peu ce week end, petite vidéo : Macron fait Pschitt.

EDIT :
– J'ajoute encore cette vidéo de « osons causer », très convaincante selon moi, qui appuie l'intérêt du vote Mélenchon sur 3 points, et cite notamment énormément d'organismes ou associations qui soutiennent la candidature de la France Insoumise.

20 avril, 2017

La campagne illégale de Macron

Tout le monde a lu dans la presse qu'Emmanuel Macron prolongeait sa campagne par une campagne d'appels téléphoniques automatiques.

Si certains sites comparent cela à la campagne téléphonique de Mélenchon, ils se trompent lourdement. Car la France Insoumise ne fait pas d'appel par automate, son site est d'ailleurs transparent sur ce point : on y voit la méthodologie appliquée pour les appels téléphoniques. C'est ce qu'ils appellent le Mélenphone.

En fait, Macron serait plutôt comparable à ce qu'a fait Sarkozy en 2007 avec une campagne d'e-mailing (j'en avais reçu un, je me rappelle les avoir insultés) ou en 2010 par appels automatiques.

Car Macron a choisi la méthode la moins humaine de toutes, celle que la loi interdit et qui consiste à automatiser les appels par un robot qui diffuse un message pré-enregistré. Il prétend utiliser l'annuaire pour passer ces appels, mais cela semble faux : on trouve des appels sur des lignes SFR, ligne pro, portable ou même en liste rouge ! À moins qu'il n'ait l'autorisation expresse des appelés, il n'a pas le droit de passer ces appels. En fait, on peut avec certitude prétendre qu'il n'a aucune autorisation, car sinon, ces appels seraient bien inutiles, puisqu'ils prêcheraient des convaincus.

« Le principe : pas d'appel automatique sans accord préalable du destinataire » (source : CNIL)

Le site de la CNIL est très clair : c'est une amende de 750€ par appel. Compte tenu que Macron prévoit d'en passer 6 millions sur 3 jours, cela fait la bagatelle de 4,5 milliards d'euro d'amende et 5 ans de prison. Il tenait à tout prix à entrer dans le club très fermé de Fillon et Le Pen ?

Il semblerait cependant que la loi plafonne cette amende à 300 000€, donc au point où il en est, il peut continuer : les 5,6 derniers millions d'appels sont gratuits. La somme est tellement faible qu'elle en devient rentable. J'espère au moins qu'elle ne pourra pas entrer dans le remboursement des frais de campagne. Reste la peine de prison...

« Les Français sont des veaux. » Gal De Gaulle

Il n'est un secret pour personne que Macron nous considère comme des veaux, c'est sans doute sa seule étincelle gaulliste. Ce VRP qui veut uberiser la société se comporte comme un de ces commerciaux vautours sans morale ni scrupule qui rôdent au pied de mon immeuble.

« La France ce n’est pas une start-up. » Jean-Luc Mélenchon

Macron est probablement de tous les candidats, celui qui me considère le plus comme une marchandise. Il utilise les méthodes pourries des marchands prédicateurs.

Conseil à tous les autres candidats : portez plainte et faites invalider ses comptes de campagne. Ça lui fera les pieds.

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« Est interdite la prospection directe au moyen de système automatisé de communications électroniques au sens du 6° de l'article L. 32, d'un télécopieur ou de courriers électroniques utilisant les coordonnées d'une personne physique, abonné ou utilisateur, qui n'a pas exprimé préalablement son consentement à recevoir des prospections directes par ce moyen. » Article L34-5 du Code des postes et des communications électroniques.

Et aussi : Article L121-20-5 du code de la consommation.

19 avril, 2017

Copier la compétitivité

Supposons que la compétitivité soit la charnière nécessaire à la croissance. Et supposons encore que l'on veuille de la croissance.

En quoi la baisse des conditions de travail peuvent-elles permettre d'être plus compétitifs ? Ce qu'on gagne en précarité, on le perd en absentéisme et en cotisations de santé.

Travailler le dimanche (par exemple) n'aidera en rien un magasin à être compétitif, il obligera même les concurrents qui ne le souhaitaient pas à ouvrir aussi le dimanche, pour se maintenir. Mais les clients n'ont pas plus d'argent le dimanche que les autres jours et les achats réalisés le dimanche ne le seront plus en semaine. Travailler à l'usine le dimanche ne fera pas baisser le prix des biens de consommation, dont le problème est de ne pas avoir assez d'acheteurs.

Baisser un salaire français rendra-t-il une entreprise compétitive par rapport à un concurrent à l'étranger dont le coût du travail est 30 fois inférieur ? Jusqu'où sommes-nous prêts à baisser le coût du travail ?

Précariser l'emploi aidera-t-il à améliorer le niveau de compétence d'un employé ? La logique de flux tendu que l'on applique à la vente doit-elle retomber sur la qualité de vie d'un employé ? La pizza doit-elle à tout prix arriver en 30 minutes chez moi, au prix d'une prise de risque du livreur et d'un bilan carbone catastrophique ? La livraison à domicile justifie-t-elle les conditions de vie désastreuses des livreurs ? Et si le concurrent fait pareil, où est le gain de compétitivité ? On y a tous perdu dans l'histoire.

Pour être compétitif, il faut se différencier. Et baisser une norme sociale ne permet pas de se différencier les uns des autres.

La France était le pays des idées. Mais nous manquons cruellement d'idées aujourd'hui. Nous ne sommes plus bons qu'à copier les inégalités de nos voisins.

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