10 février, 2017

Je suis un islamo-gauchiste

Je suis gauchiste, ça vous le savez. Pas forcément parce que c'est marqué dessus (n'est pas nécessairement gauchiste qui prétend l'être), mais si vous me lisez régulièrement, vous comprendrez que mes idées « de gauche » n'ont rien à voir avec les idées libérales de certains pantins du PS.

Bref, je suis un gauchiste.

Depuis quelques temps, j'essaie de comprendre ce que peut bien être un « islamo-gauchiste », mot plutôt récent qui semble plutôt injurieux à en croire la laideur des propos de ceux qui l'utilisent. Et je viens de tomber sur cet article du Nouvel Obs qui a éclairé ma lanterne.

Le trait d'union du mot serait en fait simplement basé sur la solidarité entre les gauchistes et les musulmans (plutôt arabes en fait, par ignorance), face aux détracteurs (libéraux et racistes, notez bien). Il serait une réminiscence de l'ancien « judéo-bolchévique », adapté au XXIème siècle. Inutile donc, d'avoir lu Karl Marx ou le Coran pour être un islamo-gauchiste.

Après tout, nous n'en sommes pas à un amalgame près. Si ce mot est censé me rapprocher des personnes rejetées par le système, il a quelque chose de rassurant : au moins, les libéro-racistes commencent à comprendre qu'ils s'opposent à une partie conséquente de la population : les gauchistes (incluant les écolo, progressistes, libertaires, artistes, pauvres et certains intellectuels) et les « musulmans » (incluant en fait des immigrés de tout poil, pas forcément musulmans). Rien que ça, ça remet celui qui tente l'insulte dans sa minorité (raciste, libéral, riche).

Au final, je suis flatté d'être reconnu dans cette majorité par mes opposants. Un peu comme si Macron (*) pliait le genou devant moi, dût-il serrer les dents (et les fesses) très fort.

Bref, je suis un islamo-gauchiste.

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(*) J'aurais pu prendre Fillon, Valls ou n'importe quel autre libéral, ne faisons pas de jaloux.

7 février, 2017

Crit'air, pour que ça se vende mieux

Il semblerait que ma voiture pollue. Diantre. J'admets que c'est relativement crédible, compte tenu qu'elle est assez vieille.

Pour favoriser le développement des véhicules les moins polluants, Ségo nous a inventé une petite pastille à coller sur les voitures. Les plus polluantes auront la pastille 6 (celle qu'on n'achète même pas, parce qu'elle ne donne droit à rien), les moins polluantes auront la pastille 1, avec une mention spéciale zéro pour tout ce qui est électrique ou hydrogène.

Qu'est-ce que la pollution ? C'est d'une part le CO2 généré, responsable du réchauffement climatique. Et c'est aussi la production de substances toxiques pour l'homme : microparticules, monoxyde de carbone, NOx, métaux lourds, etc.

Il est bon de savoir que les micro-particlues (responsables de 50 000 morts par an, en hausse) et les NOx sont essentiellement produits par véhicules diesel. Même une voiture essence de 1991 comme la mienne n'en produit pratiquement pas. En fait, les NOx et les microparticules font partie des déchets inévitables des moteurs diesels, quoiqu'on fasse. On peut tenter d'améliorer le rendement des moteurs, mais on a toujours ce déchet sur les diesels. Au mieux, on peut les stocker (avec un pot qu'il faudrait changer tous les ans) ou choisir plutôt le NOx ou les microparticules, mais c'est tout.

Cette vignette fait une comparaison entre ma voiture à essence qui consomme 5 litres au 100km, que l'on considère comme éminemment pire qu'un diesel 4x4 qui pèse presque le triple (2,5 Tonnes) et a une vignette « 2 » là où moi, j'ai un « 6 ». Même aujourd'hui avec des calculs trafiqués d'émission, même quand on atteindra un rendement de 30% sur les nouveaux véhicules (impossible), le compte n'y sera pas. Le 4x4 polluera plus que la voiture que j'entretiens : CO2, NOx et micro-particlues. C'est mathématique.

Et encore, je n'inclus même pas le bilan écologique global d'une voiture dont l'énergie grise est à son avantage, seulement ce qui sort du pot.

Si la pollution était vraiment le problème, on aurait pu taxer les voitures en fonction de leur poids à vide, ajouter un test de pollution spécifique lors du contrôle technique, ou simplement interdire les voitures en ville... mais non. Cette vignette est une subvention à la production de nouvelles voitures, dont la fabrication elle-même est responsable d'une quantité importante de polluants.

Intégrer l'énergie grise à leurs calculs, franchement, il serait temps.

4 février, 2017

La bonne blague de l'hydrogène

C'est le progrès, elles arrivent ! Les voitures à hydrogène seront bientôt partout. Allelouia ! Comment ça je n'y crois pas ? Même un écolo comme moi ? Voyons pourquoi.

La promesse est très simple : la combustion de l'hydrogène dans l'air donne de la vapeur d'eau et c'est tout. Génial ! On n'a plus qu'à trouver de l'hydrogène et le mettre en bouteilles ! Sauf que non : ce n'est pas aussi simple. De l'hydrogène à l'état naturel, c'est plutôt rare. En fait, pour avoir de l'hydrogène, il faut avant tout le produire.

Le principal moyen (utilisé aujourd'hui), c'est de récupérer cet hydrogène depuis le gaz « naturel ». Il s'agit ni plus ni moins que d'extraire l'hydrogène d'un hydrocarbure, à l'aide d'énergie (elle-même productrice de CO2). Le déchet de cette réaction est naturellement encore du CO2 (celui du méthane cette fois). On retrouve ici tout le bon CO2 qu'on essayait de ne pas produire avec la voiture. On a donc avec cette production un bilan qui est déjà largement aussi mauvais que celui de l'essence (et sa production).

L'autre option qui semble évidente est l'électrolyse de l'eau. On utilise une grande quantité d'énergie pour séparer l'hydrogène et l'oxygène de l'eau. Naturellement, ça semble magique, parce que le déchet de la production est alors de l'oxygène (O2). Mais il ne faut pas oublier la grande quantité d'énergie à apporter, largement supérieure à celle que vous pourrez espérer utiliser dans votre moteur. C'est une façon de déporter le problème du CO2 vers celui du nucléaire. Cette réaction ne permet de récupérer que 50% à 80% de l'énergie utilisée, que l'on déduira du rendement du moteur...

Et n'espérez par produire tout cet hydrogène avec les installations électriques actuelles. Car aujourd'hui, l'électricité ne représente que 25% de l'énergie consommée en France. Imaginez le nombre de centrales qu'il faudrait créer pour faire rouler nos chères voitures : le pétrole représente 41% de l'énergie utilisée. Nous avons 58 réacteurs nucléaires en fin de vie, même en les prolongeant, il faudrait en fabriquer 95 nouveaux pour faire rouler ces voitures. Et ce n'est qu'en France...

Inutile de vous dire qu'à ce train-là, les maigres réserves d'uranium déjà prévues ne durer que 15 ans risquent de fondre comme une banquise aux pôles.

Ajoutons à cela qu'il faut stocker cet hydrogène à haute pression, le transporter (avec tout le danger que cela comporte), avant de pouvoir enfin le brûler dans un moteur pour avancer.

Sinon, y'a toujours le vélo...

EDIT : explications détaillées ici.

1 février, 2017

Comment j'ai réduit mes déchets

Une amie étant rentrée de plain-pied dans cette pratique de zéro déchet, je me suis amusé à mon tour à regarder combien de déchets je faisais. Car si ce problème n'est pas essentiel à mes yeux, il n'en est pas moins un paramètre écologique à considérer. Et je vois trop de gens me dire qu'ils ont acheté un truc écolo pour ne pas au moins me poser la question, surtout si c'est censée me faire réfléchir.

Je suis arrivé à 400g/mois sans faire aucun effort. Je me contente de trier mes déchets recyclables, compostables, et je suis quelqu'un qui réutilise beaucoup, qui achète peu. J'aime réparer ce qui peut l'être, notamment, j'ai horreur que l'on jette un vieil ordinateur qui fonctionne encore. Alors je lui trouve un utilisateur.

Depuis, le seul effort que je fais est de venir à la boulangerie avec mon sac plastique. Ça amuse la vendeuse, on en discute... je prévois de quoi stocker tout ce que j'achète sur le marché (comme tout le monde) en réutilisant les boîtes à œufs, mais au-delà de ça, je n'ai pas encore fait de gros efforts. Pour ce qui est de venir dans un magasin avec des bocaux, je crains que Vigipirate ne nous l'interdise. Déjà qu'on me pose des problèmes avec mon sac à dos, un seul problème à la fois.

Mais surtout il y a des efforts qu'on ne peut faire que lorsqu'on a un certain budget. Car les produits premier prix sont tous emballés. Acheter des lentilles au poids se fait dans le rayon BIO et bien plus cher que dans les autres rayons. Donc il existe aussi une limite à ce niveau.

Notamment, lorsque vous voulez sauver des produits en fin de vie, il vous faut les réparer. Toute réparation amène des déchets. Le bricolage est une activité à déchets (ponçage, chute, papier de verre usé, fins de pots...). Donc pousser plus loin ce sport m'amènerait aussi à faire des entorses à ma politique de réutilisation des objets.

D'autre part, je dois admettre que je possède pas mal de bazar et qu'une partie devra immanquablement finir dans une déchèterie un jour ou l'autre. Mais ce bazar, c'est aussi une façon de réutiliser les choses et d'éviter l'énergie grise d'un nouvel achat.

Je me permets donc de paraphraser Coluche, Intellectuel visionnaire du XXème siècle :

« Il suffirait que les gens n'achètent plus rien pour que les poubelles soient moins pleines. »

Lorsque vous jetez un sac poubelle, dites-vous bien que votre participation au réchauffement climatique est proche de 778 grammes de CO2 pour chaque kg de poubelle jeté (*). Je suis donc à environ 3,7 kg de CO2 par an pour mes 4,8 kg de poubelles.

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(*) Ce calcul cache naturellement les microparticules et autres toxiques (acide chlorhydrique, anhydride sulfureux, NOx...), qui ont beau être traités, il en ressort toujours. Il est issu d'anciens chiffres du Ministère de l'Économie et des Finances (2000). Les normes se sont améliorées depuis (normes européennes en 2002). Si vous avez de meilleurs chiffres, je suis preneur.

29 janvier, 2017

Zéro déchets, quelques conseils à Béa

Le livre de Béa Johnson propose de nombreuses recettes pour éviter les déchets. Parmi lesquelles on retrouve quelques âneries : utilisation du bica comme dentifrice (un usage quotidien va ruiner vos dents !), l'utilisation de tomates contre le cancer de la prostate (pas faux, mais il faut surtout les cuire) et des recettes à base de peluches de sèche-linge (son papier recyclé les utilisant ne se recycle alors plus !), pour n'en citer que quelques unes.

Mais vous le savez, c'est surtout du côté de l'écologie que je me tourne. Si sa priorité n'est pas l'environnement, elle se justifie quand même souvent par des arguments sur le développement durable. Alors allons-y.

Quelques conseils de Béa Johnson qui me font réagir :
– Se chauffer au gaz plutôt qu'au bois pour éviter de salir la chaudière et éviter les microparticules. Le bois est renouvelable, pas le gaz. Surtout : le gaz des États Unis issu de la fracturation des sols est un enfer écologique (pollution des eaux, fuites de méthane, etc.).
– Donner ou vendre un objet dont on ne se sert plus retarde simplement le problème, c'est refiler la patate chaude avant que l'objet en question ne soit inutilisable. Il finit bel et bien un jour dans une poubelle : on n'est pas dans le zéro déchet. Cela explique pourquoi elle n'a par exemple jamais de chaussures usagées dans son bocal de déchets.
– Petite citation effrayante : « Emmaüs démontre le potentiel de création d'emplois et de croissance économique que le zéro déchet occasionnerait à plus grande échelle. » p. 274. Un système de croissance basé sur des salaires de 200€ par mois ? Vive la croissance !

Quelques conseils d'écologie que je donne à Béa Johnson :
– Ne plus utiliser d'arrosage automatique pour son jardin (1000 litres par heure) ;
– Se débarrasser de son sèche linge  qui est un gouffre énergétique ! Surtout qu'elle peut étendre un fil à linge dans son jardin...
– Voir sa famille de temps en temps en dirigeable ou en bateau à voile (l'avion est un cauchemar écologique), faire moins de conférences en avion, davantage de visioconférences ;
– Ne plus stocker ses données sur Google Drive (tickets de caisse, diplômes, cartes de visites ou autre) ! C'est très énergivore. Je n'aborde même pas les problèmes liés à la vie privée.

Ces derniers aspects touchent évidemment des déchets qui ne se voient pas dans la poubelle. Mais ils ont un réel impact mesurable sur l'environnement. À titre d'exemple, lorsque Béa Johnson utilise un sèche-linge, elle produit plus de CO2 en 1 an que moi avec mes poubelles en 70 ans (* mise à jour ci-dessous).

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(*) Consommation sèche linge : moyenne 500kWh par an, à 0,522kg de CO2 par kWh aux USA, donne 261kg de CO2. EDIT (nouveaux chiffres) : Mes poubelles produisent par incinération environ 3,7kg de CO2 par an. En bonus, je produis un peu d'énergie pour son sèche-linge. Les 261kg de CO2 de Béa correspondent aussi aux émissions de l'incinération des 102kg de poubelles d'un français moyen pendant 3 ans.

26 janvier, 2017

Née poussière...

J'avais entendu parler du livre de Béa Johnson qui semblait faire le tour de nombreuses questions. On parle d'elle dans les blogs et les revues bien en vue. Cela m'avait amené à me demander combien je produisais de déchets chaque mois. Compte tenu que je suis très attentif aux déchets recyclables, que j'ai mon bac de compost, mes poubelles ont véritablement fondu. J'arrive à environ 400 grammes de déchets mensuels ce qui semble plutôt bien. Idéalement, il faudrait aussi que je pèse mes déchets recyclables, car leur reconditionnement consomme de l'énergie.

Un jour, j'ai dû changer le sac de mon aspirateur. Et en jetant ce sac, je l'ai pesé. Horreur : 500 grammes à lui tout seul, alors que je vis dans un petit 2 pièces ! Là, je me suis évidemment posé la question : mais comment fait Béa avec une famille dans 140m² de plain-pied avec jardin ? Parce que mon demi-kilo, je ne le rangerai jamais dans son petit bocal de déchets annuels... alors j'ai lu son livre pour savoir comment elle faisait.

Et j'ai trouvé ! Elle met tout au compost... la belle affaire. Elle fait certainement des efforts incroyables sur plein de trucs, mais elle truande sur la poussière, pourtant pas négligeable : ce déchet est composé de fibres synthétiques, de métaux lourds, d'adjuvants, solvants, peintures et autres, il ne faut surtout pas le composter. C'est un déchet incinérable. La seule solution pour les rendre compostables serait de supprimer tout objet synthétique de son environnement : plus de vernis sur le bois, plus de semelles en caoutchouc, plus de textiles teints, plus de peinture sur les murs, pas de mastic ni de gaines en plastique... tout le contraire de ce qu'on voit en photo sur son blog.

Et puis je m'interroge sur certains déchets qui devraient nécessairement apparaître dans son bocal, mais n'apparaissent pas : essuie-glace à changer tous les ans ou pièces de vélo (chambre à air), petit matériel de bricolage pour les réparations usuelles (mastic, gaine électrique, joints usés...), pièces cassées d'objets en panne, etc... j'imagine qu'elle les refile à des réparateurs qui s'en débrouillent.

De plus, ce livre bien propre nous cache beaucoup de pollution « invisible » qui n'apparaît pas dans la poubelle : les pneus et autres pièces d'usure d'une voiture (ou d'un vélo), petit matériel médical (dentiste ou autre médecin), CO2 généré par l'utilisation de Google Drive ainsi que par de nombreux appareils électriques qu'elle utilise (j'y reviendrai), et naturellement ses voyages en avion, que je ne suis pas le seul à dénoncer.

Je vois sa mode du zéro déchet comme la mode Apple appliquée à l'écologie. Des murs blancs, une maison bien rangée, une cosmétique très lisse, et plus de poubelle. Mais cela ne suffit pas à faire un monde plus respectueux de l'environnement. Comme s'il suffisait de ne pas se salir pour être propre...

Un mythe s'est donc effondré. Béa est peut-être compatible avec l'écologie, mais ce n'est pas ce qu'elle cherche. À chacun de nous de mettre ses conseils dans une perspective plus globale.

Je ne battrai donc jamais le record du monde du zéro déchets. Car l'énergie à fournir pour tuer les derniers grammes phagocyterait l'énergie que je dépense déjà à économiser l'eau, le gaz, ou à sensibiliser mon entourage à des enjeux environnementaux.

liens sur le compost : ici, ici, ici, ici, ici, ici, etc.

25 janvier, 2017

Non aux panneaux lumineux

Chaque panneau publicitaire lumineux consomme en moyenne 4500kWh chaque année. Soit environ 3 fois ma consommation annuelle d'électricité.

Les panneaux grand format à LED arrivent même à consommer jusqu'à 450W par mètre carré, soit pour un panneau de 8m², éclairé 19h par jour (conformément à la législation), de quoi m'alimenter en électricité pendant plus de 16 ans.

Pendant que ces panneaux éclairent pour nous laver le cerveau de publicité n'apportant rien d'utile, on nous signale que c'est super tendu du côté des centrales qui sont à plein régime.

Alors voilà, un petit truc facile à faire, c'est d'écrire à son ministre, car c'est bien connu elle est à l'écoute. Le lien suivant vous permettra d'envoyer un courrier type de votre part à Ségolène Royal. Si elle ne sert à rien pour l'aéroport NDDL, peut-être tentera-t-elle de faire un petit coup d'éclat sur ces publicités avant de partir...

Cliquez ici pour lire le courrier et l'envoyer

24 janvier, 2017

Zéro Déchets, la mode Béa Johnson

Une nouvelle mode liée à la mouvance écolo actuelle et popularisée par Béa Johnson vise à ce que chacun réduise ses déchets au minimum. Ne me dites rien : on vous a offert le bouquin à Noël ?

Béa Johnson est une femme française vivant aux États Unis et qui s'est découvert une passion pour une vie exempte de déchets, considérant que cela permettait d'améliorer la vie « en étant plus écolo » et non le contraire : comprenez mon regret.

Tout d'abord, le sous-titre racoleur : « Comment j'ai réalisé 40% d'économie en réduisant mes déchets à moins de 1 litre par an ! ». Il est vrai que Béa part d'un mode de vie assez particulier vue de la France : maison de 280m², un 4x4 pick up, shopping à tous les coins de rue, vie qu'elle décrit elle-même comme pleine de gaspillage. Je pense que la réduction de déchets n'a rien à voir dans ses 40% d'économie. Le jour où elle économisera 40% d'argent sur un RSA, on en reparlera.

Il est évident que la gabegie d'emballages utilisés devrait amener chacun à réfléchir à sa façon d'acheter. En l'occurrence, cette femme vend un livre où elle raconte son expérience. Elle semble battre son record en atteignant seulement 1 petit bocal de déchets chaque année. C'est admirable. Cela demande des efforts importants pour en arriver là. Ce sont évidemment les derniers grammes qui sont les plus difficiles à atteindre.

J'aime cette façon de présenter les choses, car elle sensibilise vraiment au problème des déchets. Cette seule observation suffit à en justifier pleinement la démarche et je la cautionne.

Toutefois, je reste sur ma faim. D'une part, elle raconte quelques inepties (j'y reviendrai), et d'autre part, je m'interroge sur la finalité de son action. Car si elle aborde l'argument écologique, cela n'est pas son objectif. Elle est contente d'évoluer dans un environnement dépouillé, de retrouver le sens de certains gestes, mais semble justifier seulement après coup cette action : « c'est moins cher, c'est écolo, ça sauve des enfants dans le monde »... seulement quand les argument vont dans son sens.

Aussi n'hésite-t-elle pas à proposer la vasectomie pour éviter de jeter des préservatifs, elle préfère les factures par e-mail (énergivores) aux tickets de caisse, donne des conseils de grand-mère parfois douteux pour éviter d'acheter des médicaments, et préfère l'aluminium au plastique (car elle n'aime pas le plastique). J'aurais tant aimé qu'elle suggère de pisser dans le jardin pour économiser l'eau...

Je regrette aussi vraiment que son livre ne soit agrémenté d'absolument aucun chiffre sur les déchets, en fonction de leur nature, dans le monde, dans le temps. Et notamment, sur l'impact écologique précis des poubelles. Mais elle ne semble pas portée par un idéal écologique.

Cela ne remet bien sûr pas en question l'idée générale que moins de déchets est un bénéfice écologique, mais il faut le comparer à d'autres actions.

Je vous suggère donc de ne pas prendre au pied de la lettre tout ce qu'elle écrit. Car aujourd'hui, son activité principale, c'est de vendre cette bonne parole en traversant le monde en avion.

Les chiffres sont formels, un pauvre est cent fois plus écolo qu'une Béa. J'aurais dû me méfier en voyant qu'elle parlait de développement durable...

22 janvier, 2017

Les compteurs Linky sont méchants [2/2]

Lors de mon dernier billet, j'ai abordé les problèmes pratiques liés au compteur Linky. Aujourd'hui, j'aimerais vous parler du pire danger que représente ce compteur à mes yeux : votre vie privée.

Car le vrai intérêt de ce compteur est dans l'analyse détaillée de votre consommation ; elle permettra ce dont la Stasi n'aurait jamais rêvé. On saura quels équipements vous possédez, quand vous êtes chez vous, combien de personnes y vivent, si vous invitez, quelle chaîne vous regardez, quelles sont vos habitudes quotidiennes. Avec ce compteur Linky, il vous sera impossible d'héberger un proche en situation délicate sans que votre fournisseur d'énergie ne le sache. C'est probablement le but recherché par Enedis, qui pourra gagner de l'argent sur votre dos.

Ces informations que Enedis a promis à la CNIL de ne jamais divulguer, on sait très bien qu'elles seront exploitées contre vous à très court terme (le pied dans la porte, comme pour le fichier de 60 millions d'innocents). Vos informations seront vendues à votre insu à des sociétés privées, à l'étranger, pour savoir quand vous appeler en vue de vous vendre des services par exemple. Cela permettra de savoir quand vos enfants seront seuls chez vous pour leur passer de la pub dédiée. Là, il sera impossible d'accuser Enedis, car vous ne saurez jamais ce qu'ils font de vos données.

C'est probablement l'une des raisons qui ont amené l'Allemagne à abandonner la pose de ces compteurs, qui posaient trop de problèmes.

En fait, ce compteur Linky connecté au réseau extérieur à votre maison pourra être piraté par n'importe qui, dans la mesure où il communiquera par le réseau des téléphones mobiles. Votre voisin, la NSA, des cambrioleurs, mais des terroristes aussi pour savoir si vous êtes chez vous et ce que vous faites. Ils pourront certainement couper tout le courant d'un quartier sans bouger de chez eux, en piratant les compteurs à distance. Plus besoin de pirater tout le réseau comme on l'a vu faire en Ukraine. Là, on pourrait imaginer de nombreux scénarios dramatiques. Le progrès dont personne n'a besoin, qu'on vous impose et qui annonce la fin d'une civilisation libre. Le collet est posé.

Ce compteur Linky aura ses équivalents pour l'eau et le gaz (nommé le Gazpar). Il est une réelle caméra de surveillance derrière vous. Maintenant, il ne suffit pas de ne rien avoir à se reprocher pour refuser cette « caméra ». Il est important de savoir qui regardera derrière.

Il est important de savoir dès aujourd'hui ce qu'Enedis aura à se reprocher demain en vous regardant.

Nous sommes en 2017 et personne n'est capable de garantir que ce Linky ne se retournera pas un jour contre vous. Merci le progrès.
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Liens (très) utiles : robin des toitsrefus du Linky, next-up.org, émission de radio, collectif Chartres de Bretagne
Note : les compteurs seront posés et surveillés par Enedis (anciennement ERDF), qui est une filiale à 100% d'EDF.

20 janvier, 2017

Les compteurs Linky sont méchants [1/2]

On en entend parler depuis quelques années déjà, et ces compteurs électriques se propagent sur le territoire, parfois même avec force, lorsque les installateurs entrent sur votre propriété sans votre autorisation et en votre absence, pour changer ce compteur même si vous avez clairement manifesté votre refus. Une installation inutile à 5 milliards d'euros, ça ne se refuse pas, surtout lorsqu'elle est imposée par une directive Européenne...

Quelles sont les promesses du compteur ?
Il est censé permettre d'interroger votre consommation électrique à distance (mais cela ne vous concerne pas), et ouvrir et fermer ce compteur sans l'intervention d'un électricien (ce qui arrive tous les 20 ans, et ne vous concerne probablement pas). De plus ils pourront analyser votre consommation en temps réel pour ajuster la charge nécessaire à produire (là encore, cela n'est pas votre problème). En gros, ce compteur n'apporte absolument rien à l'usager (UFC Que Choisir). C'est d'ailleurs pourquoi l'Allemagne est revenue en arrière sur son installation.

Quels sont les dangers de ce compteur ?
D'une part, on entend beaucoup parler des électrosensibles qui craignent manquer d'informations sur ces installations, conçues dans le secret. S'il est difficile d'évaluer aujourd'hui les dangers du courant porteur (pas seulement pour les électrosensibles), gageons que l'impact est un rayonnement électromagnétique sur des fréquences de l'ordre de 80-395 kHz dans chacune de vos pièces ayant l'électricité, même lorsque tout est éteint. La pollution viendra donc de chez vous, quelle que soit votre utilisation de l'électricité.

D'un point de vue plus pratique, il faut voir que les informations injectées dans votre réseau électrique sous forme de petits pics de tension y fait l'effet de parasites, qui peuvent se ressentir sur tout appareil électrique, notamment votre domotique ou une utilisation propre du courant porteur. D'ailleurs, peu d'installations électriques sont prévues pour supporter de tels parasites, qui devraient nécessiter des câbles blindés.

Ce compteur sera plus fragile que l'ancien, puisque son espérance de vie est « prévue » pour 20 ans, le tiers de votre actuel compteur. De l'obsolescence programmée donc. On va donc remplacer un compteur fonctionnel et robuste par un autre ayant nécessité de l'énergie grise et plus fragile (des incendies ont déjà été rapportés, notamment aux États-Unis).

D'autre part, la tolérance de ces compteurs est plus faible. Si les anciens toléraient de petits pics de tension, les Linky se coupent au moindre dépassement. Il sera donc peut-être nécessaire de prendre un abonnement plus cher là où cela passait très bien avant.

On pourra vous couper l'électricité à distance : on n'est plus à l'abri d'une erreur, on n'a plus aucun rempart humain. Vous n'êtes plus qu'un numéro, on pourra vous couper le courant en cliquant à côté (oups !) ou parce qu'ils suspecteront une fraude (si par exemple vous ne consommez pas assez).

Le dernier aspect est le plus important à mes yeux : il concerne la vie privée. Je l'aborderai dans mon prochain billet.

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Liens (très) utiles : robin des toitsrefus du Linky, next-up.org, émission de radio,
collectif Chartres de Bretagne
Note : les compteurs seront posés et surveillés par Enedis (anciennement ERDF), qui est une filiale à 100% d'EDF.

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