Politique

Nul envie de vous rebattre les oreilles avec de baratin gauchiste.

La société s'est dépolitisée, affaiblissant la simple opportunité de formuler une opinion argumentée. Résultat : on nous fait passer des lois complètement navrantes et nuisibles sans qu'on bronche. Les politiciens sont à côté de la plaque et n'ont plus aucune culture historique. Les citoyens peinent parfois à se faire une opinion sur ce qui se passe dans le monde.

Ils est question de se poser des questions simples et pointer du doigt certains événements, certaines croyances, et laisser ça mûrir dans votre esprit. Vous deviendrez alors gauchiste à défaut d'autre chose, puisque la politique est sortie du champ de la construction de la nation.

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2 mai, 2016

Un Président qui vous ressemble

D'ici 1 an, il vous sera demandé de voter pour un président : pour LE président de la République !

Un poste qui claque bien. Mais dans quelle mesure vous représentera-t-il ? Régulièrement on parle dans la presse des chiffres de confiance dans le gouvernement ou dans le Président. Cela veut dire que le manque de confiance est une donnée « normale » ? Il est donc normal que 70% de la population ne fasse pas confiance en quelqu'un qui est démocratiquement élu ?

C'est quoi ce bordel ?

Imaginons que je vote PS (uniquement pour l'exemple, parce que ça me donne déjà des boutons). On fait des primaires entre gens biens du PS, on en élit un qui passe tout juste la barre des 40% au 1er tour (de la primaire donc) et qui se présentera aux élections nationales en grandes pompes avec tout l'argent et l'appareillage politique qui accompagne ce gros parti. Déjà là, on a 60% de socialistes déçus...

On fait donc des élections pour de vrai avec les 500 signatures par candidat et tout, contre la droite, la superdroite, le centre, la supergauche, les dissidents de tous les partis et quelques excentrés politiques. Score : notre lauréat des primaires passe au second tour ! Il a choppé un score pas mal de 30% (rarement atteint au 1er tour) !

Si ce candidat est élu, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que dans le meilleur des cas, il n'est plébiscité que par 40% (1er tour des primaires) des 30% (1er tour des élections) des français. à savoir : seulement 12% voulaient voir sa tronche parmi les votants (ah, oui, parce que sinon, avec les nul, blanc et abstentions, ça fait plus que 9,6%, je ne compte pas les non-inscrits).

Alors bon, le coup du Président qui va être à l'écoute, je ne sais pas, mais si déjà il fait son programme, c'est un programme plébiscité par au maximum 1 électeur sur 10. Sachant que cet électeur-là, s'il aimait le programme en gros, il n'aimait peut-être pas tout dedans...

Et encore, j'ai pas parlé du candidat qui bobarde son projet en disant qu'il est de gauche pour faire ensuite un programme néo-libéral...

Ce serait par exemple le cas d'un Président qui choisirait Manuel Valls comme premier Ministre, alors qu'il n'a fait que 5,63% lors des primaires de 2011.

14 avril, 2016

De Gaulle en 2016 (4/4)

Histoire de bien conclure sur la série « de Gaulle était gauchiste », juste une petite trace de son passage dans l'une des constitutions qu'il a écrites (*) :

Préambule de la Constitution de la IVème république :
« Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité ».

C'est pas l'ennemi de la finance, pourtant, qui écrirait un truc pareil dans la Constitution... aujourd'hui, on en est même vachement loin : on tue la collectivité pour l'ouvrir à la concurrence étrangère. Même l'argent n'est plus géré par l'État (ce sont les banques qui créent la monnaie et la BCE est indépendante) !

Je ne prétends pas que le Général était positionné à gauche de l'échiquier politique en 1945. En fait, cette série de billets est seulement là pour rappeler que la politique a subi un décalage vers la droite libérale. Pas juste un petit décalage, non : tout le bras y est passé. Au point qu'il n'existe plus aujourd'hui de politique car l'argent décide de tout.

Mais il se trouve qu'en essayant d'imaginer de Gaulle voyager dans le temps et arriver en France en 2016, je me suis dit qu'il ferait blêmir la gauche. Celle-là même qui s'agite désespérément pour qu'on la voie se noyer au milieu de cet océan libéral.

« Mon seul adversaire, celui de la France, n’a aucunement cessé d’être l’Argent. » Charles de Gaulle, le 11 décembre 1969

Alors François, si tu prétends être à gauche de ce militaire, il va falloir te remuer un peu (pas seulement les bras). J'espère que t'as mis des cailloux sur ton chemin si tu veux retrouver la vraie gauche.

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(*) EDIT : Erreur de ma part, ce n'est pas le Général De Gaulle qui a écrit cette Constitution. Il a simplement réuni une assemblée constituante qui en est l'auteur. Je remercie D3 pour cette précision.

13 avril, 2016

De Gaulle et les USA (3/4)

Être passionné par les États Unis détonnerait sur un CV gauchiste. Mais s'il était notoirement anticommuniste, de Gaulle se méfiait comme de la peste des américains.

La 2nde guerre mondiale
Il voyait très bien le jeu trouble des États Unis pour emmener le monde entier derrière eux. Rien de personnel, bien sûr, même si 39-45 a dû laisser quelques traces. Pendant la guerre, le Général les a travaillés au corps des années durant pour attirer leur attention sur la France libre en dépit de leur « politique vichyste ». Washington pensait effectivement plus profitable pour l'avenir de traiter avec Vichy qu'avec le Général, en qui ils n'avaient pas confiance.

Il savait dorénavant très bien faire la différence entre les intérêts de la France et ceux des États Unis.

L'OTAN
D'ailleurs, il s'est positionné clairement contre l'attitude militaire des américains au Viêt Nam. Le même souci d'indépendance à poussé le Général à sortir la France du commandement intégré de l'OTAN, permettant ainsi de libérer tous les territoires français des forces américaines. Aujourd'hui, la politique est l'exact inverse : revenir dans l'OTAN et suivre les actions armées des États Unis sans trop réfléchir.

L'Europe
De Gaulle était eurosceptique car il était souverainiste. Il se méfiait de la façon hégémonique des États Unis de s'introduire dans la construction européenne. Le Général a mis son véto deux fois sur l'entrée du Royaume Uni dans l'Europe, désapprouvant justement leurs relations privilégiées avec les États-Unis depuis la guerre ; il y voyait une sorte de cheval de Troie américain. Il souhaitait en revanche une « Europe des Nations » qui se déplacerait vers l'est jusqu'à inclure la Russie (avec qui il nouera un partenariat spatial en pleine guerre froide, alors que nous refuserons l'aide des États Unis pour le développement du nucléaire). Ses relations diplomatiques avec la Chine feront aussi partie de son héritage.

Le dollar
Le Général était partisan d'un retour à l'étalon-or car il n'aimait pas le papier. Sa confiance limitée dans le dollar l'avait amené à convertir une bonne partie de nos réserves de dollars en or : c'était encore possible à l'époque. Sarkozy a fait l'inverse en vendant en masse nos stocks d'or pendant les 2 mois qu'il était au budget, juste avant la flambée du cours (20% de nos stocks quand même).

Ce que combattait de Gaulle, ce n'était pas tant le principe d'une économie de marché « capitaliste », encore très basée sur l'industrie à l'époque, mais bien le libéralisme sans frontières. Ce libéralisme qui pourrit aujourd'hui le monde.

Nous conclurons cette série demain en voyant à gauche de quoi était de Gaulle.

12 avril, 2016

De Gaulle : son CV (2/4)

Après l'article d'hier, nous allons voir maintenant pourquoi les actions du Général ont été dans la ligne droite de ce que le pire gauchiste n'oserait même pas espérer aujourd'hui.

Attention, j'ai vraiment résumé, condensé et tassé son CV...

  • Droit de vote des femmes (sans doute le seul qui ne soit pas remis en cause aujourd'hui) ;
  • Nationalisations en série en vue d'améliorer le service (on fait le contraire aujourd'hui) !
    - Énergie : charbon, EDF, GDF, « combustibles minéraux » ;
    - Assurance : 34 sociétés ;
    - Banques : la Banque de France, Société Générale, Crédit Lyonnais et les 2 ancêtres de la BNP (appartenant aux 200 familles les plus riches) ;
    - Transport : Aviation (formation d'Air France), SNCF, RATP, naval (Compagnie générale transatlantique) ;
    - Entreprises d'armement ;
  • Sécurité sociale avec plein de trucs dedans :
    - Retraite avec la CNAV ;
    - Maladie avec la CNAM (remboursement à 80% des soins réguliers) > monopole rendu obligatoire ;
    - Famille avec la CNAF (allocations familiales) ;
  • ANPE : mise en place d'une assurance chômage ;
  • Introduction dans la Constitution de :
    - Égalité homme-femme ;
    - Droit d'asile ;
    - Droit de grève ;
    - Droit à l'emploi ;
    - etc.
    - La Nation garantit le repos et les loisirs et la sécurité matérielle ;
  • 9 référendums nationaux à son actif sur les 14 réalisés en 150 ans (c'est un anarchiste ou quoi ?).

On pourra aussi parler de la dévaluation de la monnaie qui n'est pas trop néolibéral dans le style (on en reparlera) et l'arrêt des travaux forcés en Afrique qui pourrait passer pour une mesure progressiste à cette époque, entre autres mesures.

Il est difficile de chipoter sur les raisons qui l'ont à ce point poussé à mettre en place un programme aussi lourd, que beaucoup taxeraient de « communiste ». Parce que là, (presque) tout est nationalisé et (presque) tout ce qui est social est apparu. Tout ça même lorsque l'économie était en ruine (juste après la guerre) !

Une bonne partie de ce programme a vu le jour grâce au CNR mis en place par le Général. Conseil qui intégrait les principaux partis politiques, syndicats et mouvements de résistance.

À chacun de voir s'il considère que ce programme est passé parce que la résistance qu'il a nommée était gauchiste (faites parler l'histoire), ou si c'est parce que la « droite » de l'époque était gauchiste elle aussi, comme de Gaulle. Quoi qu'il en soit, le Général a manifestement un CV de gauchiste.

Quand on sait que de Gaulle était anticommuniste, ça bouge un peu les repères !

Demain la suite, sur l'atlantisme du Général.

11 avril, 2016

De Gaulle était gauchiste ! (1/4)

Il est probablement le personnage politique français le plus emblématique qu'on ait pu connaître. Probablement plus connu que Mamy Nova et la mère Denis réunies, alors qu'elles lui ont survécu, il est aussi plus respecté que n'importe quel personnage politique aujourd'hui. Personne n'ose cracher sur sa tombe.

On oublie généralement qu'il refusait de s'attacher une quelconque étiquette politique. Il dénigrait le principe même de parti politique (même celui qui le soutenait !) et refusait d'être de droite ou de gauche. Cela n'empêche pas de nombreux personnages politiques de s'en attribuer l'héritage, bien qu'ils le détricotent méthodiquement.

C'est probablement parce qu'il portait un uniforme militaire que la droite essaie aujourd'hui de le récupérer. Parce que la droite, c'est souvent le culte de l'uniforme, de l'armée, tout ça. Ou peut-être à cause de son style catho-rigide ? Ou peut-être parce que son parti a lentement migré : UNR a donné UD-Ve puis UDR, RPR, UMP puis « Les républicains » qui fusionnera peut-être un jour avec le FN... après tout, le Front National était lui aussi un parti de gauche après la guerre...

Après mai 68, sous la pression de la rue, il a dû dissoudre l'assemblée nationale, les Français ont alors massivement voté à droite (73% des députés !) puis éjecté de Gaulle lors de son célèbre référendum, l'année suivante. Comme quoi il ne devait pas être suffisamment à droite... pas assez pour survivre à mai 68 !

Ci-dessous une vidéo au début de laquelle Marie-France Garaud dit simplement que la droite n'existait pas sous de Gaulle :

Après avoir rappelé ici que Charles de Gaulle n'était pas de droite, nous verrons demain sur pièces ce qu'il avait de gauchiste.

4 avril, 2016

La trahison du vote blanc

Quand je dois aller voter, bien souvent, j'ai cette impression :

Quelle heure est-il ?

  • oui
  • non
  • ça dépend.
  • jamais entre les repas

– N'oubliez jamais que des gens sont morts pour que vous ayez le droit de vote !
– Ben c'est dommage, si vous m'aviez demandé avant, je vous aurais dis de pas vous donner tant de mal...

Dans les années 80, lors d'une visite scolaire à la mairie, on nous avait montré un gros classeur qui contenait tous les votes nuls. Pourquoi les garder ? Parce que si quelqu'un s'est déplacé et s'est donné le mal de mettre un bulletin dans une urne, c'était pour s'exprimer. La ville rendait alors publique cette expression par ce moyen. Trente ans après, dans une autre ville, ces votes ne sont pas conservés : ils ne valent rien.

C'est donc clair : le vote est un choix très limité, celui d'accepter un candidat quel qu'il soit. On n'a même pas le droit de voter pour en rejeter un qui serait abominable et on n'a pas le droit de dire sa haine sur le bulletin. Ou plutôt si : on peut le mettre à la poubelle et c'est pareil. Un vote nul vaut exactement une abstention.

François, dans son grand souci de démocratie avait promis d'intégrer le vote blanc aux résultats des élections. Et concrètement ? Ben le type a tenu sa promesse en ajoutant une ligne de votes inutiles sous les votes nuls.

Ces votes blancs ne valent donc rien puisqu'ils ne comptent pas pour faire annuler une élection (ce serait pourtant son seul intérêt). Ils valent eux aussi une abstention. Pire : le vote blanc (ou nul) est rarement communiqué, il est invisible. La presse aborde à peine son score. On peut attendre un quinquennat complet avant de mettre ce foutu papier et personne n'en parle ?

Dans ce cas, autant ne pas voter. Parce que sur le coup, les abstentionnistes sont une donnée publiée en gros. En très gros ! Liens au pif : , , , lalère

Par contre, pour que mon « non-vote » soit pris en compte, il est important que je sois sur les listes électorales.

Quand je ne vote pas, c'est donc un acte engagé ! Ne confondez pas avec du désintérêt, bien au contraire.

lien en rapport : parti du vote blanc

15 mars, 2016

Bernie Sanders

Petite citation qui tourne pas mal depuis quelques temps :

« Tout ce qui nous effrayait du communisme – perdre nos maisons, nos épargnes et être forcés de travailler pour un salaire minable sans avoir de pouvoir politique – s'est réalisé grâce au capitalisme », Bernie Sanders

Pour ceux qui ne connaissent pas, Bernie Sanders est actuellement en campagne pour la Maison Blanche. Il est gauchiste à en effaroucher n'importe quel Démocrate.

14 mars, 2016

Les « Les RRRépublicains »

Nicolas Sarkozy s'est attribué la République... ou plutôt, il l'a récupérée pour son parti. Aujourd'hui, quand dans une phrase on a le malheur de dire « ...les républicains... » ou même « ...des républicains... », il n'est plus possible de savoir de quoi on parle, puisque l'UMP s'est attribué le mot pour changer de nom. Pour leur défense : « Parti Républicain » a été pris l'année d'avant !

Soyons précis : ce qui a été déposé, c'est « R Les Républicains » et « Les R Républicains » en 2014, puis après quelques mois, voyant que ça passait, ils ont carrément déposé « Les Républicains » sans rien autour. Ça doit leur permettre de l'utiliser dans les citations par exemple. Par contre, pour ce prix-là, ils n'ont pas le droit d'utiliser aussi « aux Républicains » ou « des Républicains ».

Michel Mercier (UDI) a déposé « Les Républicains (R) » juste en suivant, sans doute pour les emmerder un peu, juste au cas où. Ça lui a coûté 500€ mais pourquoi pas. D'autres dépôts sont même venus par la suite en rafale par d'autres personnes, comme « Les Républicaines », « La Relève Républicaine », « Front Républicain », « Les Républicains Français », ou encore « Le jeune Républicain » et plein d'autres.

Donc puisqu'ils ont déposé « Les Républicains », faisons-leur l'honneur de respecter chaque mot. J'appellerai donc ce parti des « Les Républicains » avec toute sa forme nominale. D'ailleurs, on devrait même dire exactement : Les « Les Républicains ». Vu comme ça, ça fait même assez con.

Autre chose : Ils n'ont le droit d'utiliser leurs marques que sur les champs suivants : papier, vêtements, bijoux, conférences, numérique et sport.

Ça veut dire qu'on peut se lâcher comme on veut sur toutes les autres classifications : le veau en gelée et le camembert, les préservatifs, les suppositoires et antidépresseurs, les pipeaux, des canules gastriques, les combinaisons en cuir et latex (le tissu est déjà pris), des jeux de société, la piquette et la chique (attention : « Bière Républicaine » est aussi pris), etc.

C'est déjà pas si mal... on sait déjà quelle pub ils ne prévoient pas de faire !

 

camembert.jpg

source : INPI

9 mars, 2016

« Honneur et patrie »

Salut François,

Tu ne m'as pas proposé la Légion d'honneur et je t'en remercie. Ça m'aurait mis dans l'embarras, surtout vis-à-vis de quelques potes un peu gauchistes, attachés à la vie, tout ça. Et puis le fait que tu aies probablement hésité entre ce prince saoudien et moi me vexe un peu, je préfère lui laisser la place.

On me raconte d'ailleurs que je fais pas trop le poids : j'arrive tout juste à une moyenne de 4 billets par semaine sur mon blog, alors que lui tranche pas loin d'une tête par jour (70 depuis janvier) en nette progression depuis l'an dernier !

Et puis vu les armes qu'il nous prend, ce serait dommage de rater une vente. On n'est pas à une médaille en chocolat près. Faudra y penser quand même : arrêter de vendre des armes à n'importe qui. Pour le pétrole, fallait pas trop t'inquiéter, en ce moment ils font des soldes pour emmerder les Russes et les Américains. Mais pour ça aussi, il serait temps que tu fasses une cure de désintox !

Si tu pouvais aussi envoyer une boîte de médailles en Corée du nord, ça serait cool. Je les sens à cran. Et puis même s'ils ne nous achètent pas grand chose, ça peut éviter d'être pris de vitesse par un autre pays des droits de l'homme.

Merci, et à tout à l'heure, on se voit à la manif ?

 

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