Politique

Nul envie de vous rebattre les oreilles avec de baratin gauchiste.

La société s'est dépolitisée, affaiblissant la simple opportunité de formuler une opinion argumentée. Résultat : on nous fait passer des lois complètement navrantes et nuisibles sans qu'on bronche. Les politiciens sont à côté de la plaque et n'ont plus aucune culture historique. Les citoyens peinent parfois à se faire une opinion sur ce qui se passe dans le monde.

Ils est question de se poser des questions simples et pointer du doigt certains événements, certaines croyances, et laisser ça mûrir dans votre esprit. Vous deviendrez alors gauchiste à défaut d'autre chose, puisque la politique est sortie du champ de la construction de la nation.

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10 novembre, 2016

Trump : la gueule de bois

Pour la première fois de l'histoire des USA, la première dame sera siliconée. Ça risque de faire un gros changement. Oui, c'est horrible. Je parle de cet homme xénophobe, machiste, climatosceptique et donc idiot et ultralibéral qui va prendre le pouvoir de la 1ère puissance économique du monde. Le lobby des armes à feu peut sabrer le champagne. Il va falloir une bonne dose d'optimisme. Donnons-nous donc le mal de chercher un peu d'espoir.

Par exemple, à mes yeux, la calamité est tombée bien avant, quand Sanders a été battu par Clinton. Car finalement, entre les 2 candidats, c'était raté d'avance, Hillary était ligotée (regardez qui a financé sa campagne) et n'aurait en rien changé le système. Elle n'aurait pas changé la condition des plus pauvres. Je ne défends pas Trump hein ! Ce type est le Le Pen de là-bas. Mais regardons cela de près.

Ce type va être aux commandes à la période où les USA vont vraiment quitter leur position de pouvoir (regardez leur économie, comptez leurs pauvres, ça risque de commencer à se voir). Son désir de repli sur soi va peut-être améliorer un tout petit peu les relations avec la Russie, peut-être aussi relâchera-t-il la pression sur certains pays (Libye, Syrie, Irak) car il veut recentrer les forces militaires sur le pétrole (et non les trucs purement idéologiques). Ce type est contre les traités transatlantiques, très bien : il deviendra pote avec la Chine ! Et il veut nettoyer un peu le Congrès et l'administration en limitant le conflit d'intérêts avec le lobbying. Pas de quoi se taper le cul par terre, mais prenons toujours ça.

Quand je pense à la honte de la moitié des habitants du pays quand Bush est passé... et maintenant ils mettent Trump ? On a souvent dit que quand il arrivait un truc (progrès ou catastrophe) aux États-Unis, on l'avait en France avec 20 ans de retard. C'est rassurant. Pas moyen de changer la donne ? Si Sanders avait lutté contre Trump, il aurait certainement gagné. Mais voilà, la plus riche des 2 l'a emporté.

La diplomatie française a su se faire remarquer en hurlant au désastre. Ça va aider quand on aura des trucs à leur demander, c'est sûr. Mais aujourd'hui, j'ai surtout une pensée douloureuse pour le Mexique et Cuba, parce que là, ça va être dur pour eux.

20 octobre, 2016

La démocratie participative

Ségolène, l'ex. de François, avait fait sa campagne sur la « démocratie participative ».

Je m'interroge d'autant plus sur ce mot qu'il revient à la mode. On veut de la démocratie participative. C'est vrai quoi, marre de la démocratie qui nous interdit de participer, de donner notre avis.

Nous sommes maintenant tellement habitués à parler avec des mots qui ne veulent rien dire que « démocratie participative » ne surprend même plus. À l'époque où Ségo essayait de battre Sarko avec ça, j'éclatais de rire. Drôle de voir cette femme à l'air présidentiel, gardant son sérieux en disant une telle niaiserie. Mais surtout, effroi de voir qu'elle peut dire ça sans que personne n'en rie ! J'espère au minimum qu'elle sait qu'elle se fout de nous ! Sinon, ce serait pire : on aurait voté pour une idote !

Aujourd'hui, ce mot est repris par de nombreux personnages politiques. Ils ont réussi leur coup ! Déjà qu'on ne savais pas trop ce qu'était la démocratie, maintenant, ça devient une tartuferie.

Effectivement, il est tellement évident qu'une démocratie n'est pas faite pour que les gens y participent... tellement évident que ce pléonasme veut seulement dire que de temps en temps, il serait question de demander leur avis aux Français.

En fait, « démocratie participative » ne veut même pas dire que les gens ont le droit de s'impliquer. Non, ça laisse simplement supposer qu'il est normal de ne demander l'avis qu'à une minorité de Français sélectionnés pour raser et bétonner une campagne et y construire un aéroport dont personne ne veut : même pas Bruxelles. Ça donne le droit de participer à quelques petites idées inutiles, parce que pour les projets sérieux, les politiciens veillent sur nous. On ne sait pas que la loi travail est bonne pour nous ! 3 millions de crétins à défiler dans toute la France... même les députés sont tous crétins. Ils ont décidé démocratiquement entre François et Manu, dans un petit bureau.

La « démocratie participative », c'est comme une verrue, un truc en trop. C'est une excroissance inutile à une vraie démocratie.

16 septembre, 2016

Un 16/9 contre le 49-3

Hier, la manif s'est bien déroulée. C'était la rentrée. Septembre est la rentrée depuis qu'on est tout petits. Et une fois grands, c'est encore la rentrée.

J'ai eu la surprise de voir à quel point les « forces civiles », flics ou CRS, étaient présents. Ils devaient s'attendre à ce que l'on soit 3 fois plus. Ils y croient plus que nous ! Mais ils sont restés calmes. Peut-être un peu débordés parfois car tout le monde n'était pas d'accord sur le parcours, et qu'on a eu des manifestants dans toute la ville.

Le tout dans la totale indifférence des politiciens. Le larcin est oublié, préparons le prochain braquage de la démocratie.

Car ce qui m'impressionne le plus, c'est François. Notre bon Président normal. Parce qu'il va certainement tenter de se représenter. Il s'est mis à dos tous les députés, les syndicats et 70% de la population, et il pense être élu... sur quelle base ?

Son calcul est sans doute qu'un second tour est possible avec les 25 ou 30% de votes restants, que le FN y sera aussi, et qu'il est alors facile de gagner les élections.

Vous commencez à la comprendre l'arnaque du droit de vote ? Soyez rassurés, le roi vous donnera quelques cadeaux en fin de règne pour vous laisser une bonne image de lui.

En attendant, ne baissons pas les bras. Continuons les manifs, même petites, car c'est le prix à payer quand on a un président aussi sourd : on est obligé de parler fort et de répéter longtemps.

27 juin, 2016

Référendum contre 49-3

Et si on renversait le gouvernement ? C'est facile ! Il suffit de voter la motion de censure qui se présente quand un 49-3 passe. Par exemple, le dernier est passé, et hoô ! trop bête, il manquait 2 voix à la gauche. Cette même gauche qui aurait pu voter la motion de censure déposée par la droite. Cette même droite qui aurait pu prendre part à celle de la gauche.

Sont-ils crétins au point de rater un truc utile parce qu'ils ne sont pas du même camp ?

Mais ne nous emballons pas. La seule chose vraiment utile que ça aurait fait, est de zapper la loi El Khomri. Car le gouvernement, c'est seulement un premier Ministre et des plus petits ministres pour l'aider. Donc ça aurait juste retiré ceux-là pour que Hollande remette à la place qui il veut. Il avait même le droit de remettre Valls en fait. Et Valls aurait même eu le droit de remettre tous les autres pareils.

Tout ça n'aurait pas dissous l'assemblée nationale. La dissolution, c'est possible, mais c'est autre chose, c'est encore un truc que Hollande est le seul à décider. Mais retirer la loi, c'était déjà bien.

Rendez-vous compte. Depuis que la Vème république existe, on a eu droit à seulement 10 référendums populaires (incluant celui avec lequel s'est torché Sarkozy), mais 86 fois l'utilisation du 49-3. Vous le voyez comme moi le problème de démocratie ?

Si les Français sont trop cons pour décider des trucs intelligents, il ne faut pas faire de démocratie. Sinon, il faut rendre le référendum systématique : avec un référendum d'initiative populaire, on n'entendrait déjà plus parler de cette loi travail...

Mais j'ai bien peur de vous l'avouer : je crois que nos dirigeants pensent qu'on est très cons.
 

25 mai, 2016

Le vote utile

Tous les ans depuis 2002, on nous refait le coup :

« Tu ne vas quand même pas voter pour un petit candidat ! On risque de se prendre Le Pen au second tour ! C'est horrible ! De toute façon, il a aucune chance, il fera pas 10%, tu ferais mieux de faire un vote utile ! »

Cette phrase pleine d'aveux nous montre bien que certains votes sont inutiles. Voter pour un candidat n'aurait donc pas plus de valeur que de voter blanc et donc ne pas voter du tout ? Mais alors, à quoi sert le vote ?

Les gros candidats, on les a tous essayés. Sauf un ? Oui, c'est certain ça fait peur. Je ferais donc mieux de voter pour un grand candidat utile à faire de mauvaises choses pour éviter qu'un autre candidat raciste ne passe ?

Réduire la démocratie à un vote, c'est vraiment navrant. Déjà là, ça m'empêche de dormir.

Mais réduire la démocratie à voter pour n'importe qui pourvu qu'on éradique le xénophobe, là, c'est carrément nuisible.

Ne vous obligez jamais à voter. Si vous voulez voter, votez pour le candidat parfait et seulement lui. Et s'il n'arrive pas au second tour, à nouveau, ne vous obligez pas à voter. C'est trop dur d'assumer un candidat qui ne remplit pas son contrat, d'imaginer qu'on a une part de responsabilité.

De toute façon, quel que soit le Président, le pouvoir est dans la rue. C'est le seul bulletin de vote qui vaille. Et dépêchez-vous, parce que Valls est en train de vous l'enlever définitivement, lui aussi.

 

22 mai, 2016

Étude de texte sur Manuel Valls

J'ai entendu une phrase à la radio qui m'a fait réagir. C'était à une visite de Manu à Solvay, une entreprise qui recrute. Chaque phrase du discours que j'ai entendue était une ignoble bêtise. J'ai ressorti celle-ci. Attention, c'est de Manuel Valls (âmes sensibles s'abstenir) :

« J'appelle certains à sortir de l'ambiguïté, à condamner avec la plus grande fermeté ceux qui s'en prennent tout simplement à l'ordre public. Les manifestations, les expressions de désaccord, elles sont toujours possibles dans une démocratie. »

J'aimerais qu'il soit plus précis sur ceux qu'il appelle à sortir de l'ambiguïté. On ne gouverne pas avec des sous-entendus. J'appelle Manuel Valls à sortir de son ambiguïté. Par exemple en déchirant sa carte du Parti Socialiste et en arrêtant d'utiliser les termes « progrès social », 2 mots dont il ignore le sens.

Ces mêmes personnes, il aimerait qu'elles condamnent ceux qui s'en prennent à l'ordre public. On peut dire que le premier concerné, c'est lui-même : arriver à créer un tel désordre avec une seule loi, je pense que ce n'était pas arrivé depuis la courte apparition d'Alain Juppé(1) comme premier ministre (attention, il ressort le même programme à peine dépoussiéré pour 2017). Et puis on peut souhaiter sauver le calme et l'ordre public, mais me concernant, ce ne sera pas au dépens de la légitimité des lois. Et là, quand le gouvernement pond des lois de 200 pages sans vote et dont 70% du peuple ne veut pas, on ne peut pas s'opposer au gouvernement et respecter « l'ordre public » en même temps. S'il est sourd, on doit bien crier un peu plus fort pour qu'il entende. À moins que ça ne vienne plutôt du cerveau que des oreilles, là, c'est plus chiant...

La dernière phrase est quand même pas mal : Il prétend que les manifestations sont toujours possibles en démocratie. Il avoue donc que nous ne sommes pas une démocratie ? En effet, 10 personnes (dont un journaliste) ont été interdites de manif à Paris sans jugement et sans raison apparente (contredit à l'aube par un juge pour 9 d'entre elles). Et depuis l'État d'urgence, on nous interdit à tous de manifester (COP21 partout en France, contre les violences policières à Rennes, pro-Palestine à Paris...).

Bon, je ne commenterai pas toutes ses phrases. Le reste du discours était dingue (il a pondu la loi par souci pour la jeunesse apparemment). Et puis avec François, ils me donnent déjà bien assez de boulot comme ça.

Petit bonus quand même : quand Manu n'aime pas le programme, il envoie un SMS à BFM TV...

J'ai cherché sur ma télécommande, mais j'ai pas trouvé le bouton « envoyer un SMS à l'animateur »...

(1) Edit. : En fait, si. Sarkozy a réalisé la même prouesse en 2010. Pas de jaloux.

4 mai, 2016

Connaissez-vous bien votre Président ?

Je ne parle pas ici de ses conquêtes amoureuses, de son goût pour la bière ou autres choses accessoires qu'on nous vend dans la presse. Non, je veux dire : quelles sont les raisons que notre Président a de penser ce qu'il pense ? Et puis d'abord, êtes-vous vraiment certains de bien savoir ce qu'il pense ?

Vous savez plus ou moins ce qu'il vous dit, c'est vrai. Vous le savez par le biais des médias (qui vont un peu au plus court parce qu'y a aussi de la pub à mettre), mais avec Internet, quand même, on peut assez bien savoir ce qu'ils nous racontent. Mais le racontent-ils parce qu'ils le pensent ? Et s'ils le pensent, le penseront-ils encore une fois élus ?

Que dire de l'américanisme de Sarko ? du libéralisme de Hollande ? y a-t-il un vrai gauchiste dans la salle ?

Si demain je vois un candidat qui me dit ce que je veux entendre, il me restera à faire un travail impossible : évaluer la confiance qu'il m'est possible de porter dans le candidat. Car il n'y a pas de garde-fou. Lorsque le président est Président, il peut faire les pires horreurs, il a l'immunité et n'a de comptes à rendre à personne. Il n'y a pas de bilan pour vérifier s'il fait ce qu'il a promis de faire, ni même s'il a essayé. Il n'y a pas de vote de confiance des français, pas de destitution d'initiative populaire, rien. Il garde le pouvoir d'appuyer sur le bouton nucléaire quoi qu'il arrive.

Et si on se fait enfler, c'est encore pour 5 ans !
Il est temps de changer de système, vraiment...

2 mai, 2016

Un Président qui vous ressemble

D'ici 1 an, il vous sera demandé de voter pour un président : pour LE président de la République !

Un poste qui claque bien. Mais dans quelle mesure vous représentera-t-il ? Régulièrement on parle dans la presse des chiffres de confiance dans le gouvernement ou dans le Président. Cela veut dire que le manque de confiance est une donnée « normale » ? Il est donc normal que 70% de la population ne fasse pas confiance en quelqu'un qui est démocratiquement élu ?

C'est quoi ce bordel ?

Imaginons que je vote PS (uniquement pour l'exemple, parce que ça me donne déjà des boutons). On fait des primaires entre gens biens du PS, on en élit un qui passe tout juste la barre des 40% au 1er tour (de la primaire donc) et qui se présentera aux élections nationales en grandes pompes avec tout l'argent et l'appareillage politique qui accompagne ce gros parti. Déjà là, on a 60% de socialistes déçus...

On fait donc des élections pour de vrai avec les 500 signatures par candidat et tout, contre la droite, la superdroite, le centre, la supergauche, les dissidents de tous les partis et quelques excentrés politiques. Score : notre lauréat des primaires passe au second tour ! Il a choppé un score pas mal de 30% (rarement atteint au 1er tour) !

Si ce candidat est élu, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que dans le meilleur des cas, il n'est plébiscité que par 40% (1er tour des primaires) des 30% (1er tour des élections) des français. à savoir : seulement 12% voulaient voir sa tronche parmi les votants (ah, oui, parce que sinon, avec les nul, blanc et abstentions, ça fait plus que 9,6%, je ne compte pas les non-inscrits).

Alors bon, le coup du Président qui va être à l'écoute, je ne sais pas, mais si déjà il fait son programme, c'est un programme plébiscité par au maximum 1 électeur sur 10. Sachant que cet électeur-là, s'il aimait le programme en gros, il n'aimait peut-être pas tout dedans...

Et encore, j'ai pas parlé du candidat qui bobarde son projet en disant qu'il est de gauche pour faire ensuite un programme néo-libéral...

Ce serait par exemple le cas d'un Président qui choisirait Manuel Valls comme premier Ministre, alors qu'il n'a fait que 5,63% lors des primaires de 2011.

14 avril, 2016

De Gaulle en 2016 (4/4)

Histoire de bien conclure sur la série « de Gaulle était gauchiste », juste une petite trace de son passage dans l'une des constitutions qu'il a écrites (*) :

Préambule de la Constitution de la IVème république :
« Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité ».

C'est pas l'ennemi de la finance, pourtant, qui écrirait un truc pareil dans la Constitution... aujourd'hui, on en est même vachement loin : on tue la collectivité pour l'ouvrir à la concurrence étrangère. Même l'argent n'est plus géré par l'État (ce sont les banques qui créent la monnaie et la BCE est indépendante) !

Je ne prétends pas que le Général était positionné à gauche de l'échiquier politique en 1945. En fait, cette série de billets est seulement là pour rappeler que la politique a subi un décalage vers la droite libérale. Pas juste un petit décalage, non : tout le bras y est passé. Au point qu'il n'existe plus aujourd'hui de politique car l'argent décide de tout.

Mais il se trouve qu'en essayant d'imaginer de Gaulle voyager dans le temps et arriver en France en 2016, je me suis dit qu'il ferait blêmir la gauche. Celle-là même qui s'agite désespérément pour qu'on la voie se noyer au milieu de cet océan libéral.

« Mon seul adversaire, celui de la France, n’a aucunement cessé d’être l’Argent. » Charles de Gaulle, le 11 décembre 1969

Alors François, si tu prétends être à gauche de ce militaire, il va falloir te remuer un peu (pas seulement les bras). J'espère que t'as mis des cailloux sur ton chemin si tu veux retrouver la vraie gauche.

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(*) EDIT : Erreur de ma part, ce n'est pas le Général De Gaulle qui a écrit cette Constitution. Il a simplement réuni une assemblée constituante qui en est l'auteur. Je remercie D3 pour cette précision.

13 avril, 2016

De Gaulle et les USA (3/4)

Être passionné par les États Unis détonnerait sur un CV gauchiste. Mais s'il était notoirement anticommuniste, de Gaulle se méfiait comme de la peste des américains.

La 2nde guerre mondiale
Il voyait très bien le jeu trouble des États Unis pour emmener le monde entier derrière eux. Rien de personnel, bien sûr, même si 39-45 a dû laisser quelques traces. Pendant la guerre, le Général les a travaillés au corps des années durant pour attirer leur attention sur la France libre en dépit de leur « politique vichyste ». Washington pensait effectivement plus profitable pour l'avenir de traiter avec Vichy qu'avec le Général, en qui ils n'avaient pas confiance.

Il savait dorénavant très bien faire la différence entre les intérêts de la France et ceux des États Unis.

L'OTAN
D'ailleurs, il s'est positionné clairement contre l'attitude militaire des américains au Viêt Nam. Le même souci d'indépendance à poussé le Général à sortir la France du commandement intégré de l'OTAN, permettant ainsi de libérer tous les territoires français des forces américaines. Aujourd'hui, la politique est l'exact inverse : revenir dans l'OTAN et suivre les actions armées des États Unis sans trop réfléchir.

L'Europe
De Gaulle était eurosceptique car il était souverainiste. Il se méfiait de la façon hégémonique des États Unis de s'introduire dans la construction européenne. Le Général a mis son véto deux fois sur l'entrée du Royaume Uni dans l'Europe, désapprouvant justement leurs relations privilégiées avec les États-Unis depuis la guerre ; il y voyait une sorte de cheval de Troie américain. Il souhaitait en revanche une « Europe des Nations » qui se déplacerait vers l'est jusqu'à inclure la Russie (avec qui il nouera un partenariat spatial en pleine guerre froide, alors que nous refuserons l'aide des États Unis pour le développement du nucléaire). Ses relations diplomatiques avec la Chine feront aussi partie de son héritage.

Le dollar
Le Général était partisan d'un retour à l'étalon-or car il n'aimait pas le papier. Sa confiance limitée dans le dollar l'avait amené à convertir une bonne partie de nos réserves de dollars en or : c'était encore possible à l'époque. Sarkozy a fait l'inverse en vendant en masse nos stocks d'or pendant les 2 mois qu'il était au budget, juste avant la flambée du cours (20% de nos stocks quand même).

Ce que combattait de Gaulle, ce n'était pas tant le principe d'une économie de marché « capitaliste », encore très basée sur l'industrie à l'époque, mais bien le libéralisme sans frontières. Ce libéralisme qui pourrit aujourd'hui le monde.

Nous conclurons cette série demain en voyant à gauche de quoi était de Gaulle.

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