Politique

Nul envie de vous rebattre les oreilles avec de baratin gauchiste.

La société s'est dépolitisée, affaiblissant la simple opportunité de formuler une opinion argumentée. Résultat : on nous fait passer des lois complètement navrantes et nuisibles sans qu'on bronche. Les politiciens sont à côté de la plaque et n'ont plus aucune culture historique. Les citoyens peinent parfois à se faire une opinion sur ce qui se passe dans le monde.

Ils est question de se poser des questions simples et pointer du doigt certains événements, certaines croyances, et laisser ça mûrir dans votre esprit. Vous deviendrez alors gauchiste à défaut d'autre chose, puisque la politique est sortie du champ de la construction de la nation.

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13 février, 2017

Ce droit de vote

Depuis tout petit, on me tanne que la France est un pays démocratique et que des gens sont morts en 1789 pour que j'aie cette liberté de choisir mes représentants.

Trois bêtises en une seule phrase. La première, c'est « démocratie ». La seconde, c'est « liberté de choisir », et la 3ème, c'est « représentants ».

La démocratie
Pour être une démocratie, il faudrait que nous soyons un État. Pour être un État, il faudrait que nous soyons un pays souverain. Mais pour être souverains, il faudrait que nous ne dépendions pas d'une autorité supérieure : Bruxelles, l'OTAN, l'OMC... mais au-delà de ça, pour que le peuple lui-même soit souverain, il faudrait qu'il décide de quelque chose.

Liberté de choisir
De quoi avez-vous décidé ces 20 dernières années ? Du Traité Constitutionnel ? Vous avez décidé qui déciderait à votre place ? Combien ont choisi ? 49% des votants ne sont pas contents ? La moitié du pays a-t-elle le droit de décider pour l'autre moitié ?

Le principe du vote est de choisir une fois de temps en temps quelqu'un qui décidera toujours pour vous. Un président décide de la politique internationale à votre place. Un gouvernement décide des lois à votre place. Un maire décide de dépenser vos impôts à votre place. Etc.

On choisit juste de ne plus décider en fait.

Un représentant
Le truc, c'est qu'il ne s'engage même pas à essayer de tenir ses promesses. Vous lui avez donné votre pouvoir, il lui appartient désormais. Un bon truc pour attirer la racaille !

En France, le président de la République a le droit de mentir, de faire le contraire de ce qu'il a annoncé, de dilapider votre argent, de polluer le pays, de vous surveiller, de vous suspecter, de faire des guerres et des assassinats en votre nom sans vous rendre de comptes, sans même que vous le sachiez. Il peut aussi vous enfermer et vous faire taire sans raison (voir l'état d'urgence).

Quand on sait la difficulté que c'est de réunir les conditions pour se présenter à l'élection suprême, quand on sait que tous les candidats n'arrivent là que parce qu'ils ont fait les mêmes études, on est en droit de se demander si voter pour l'un ou pour l'autre changera vraiment les choses... d'ailleurs, si on regarde le fond des choses, comparer Hollande et Sarko, c'est un peu le jeu des différences. L'un est gros, l'autre petit... il s'agit un peu de choisir entre Villeret ou De Funès. Aucun des 2 n'est pris au sérieux... les 2 ont quitté la scène aussi.

Des gens sont morts pour que j'aie le droit de voter ? Fallait me demander avant, j'aurais proposé de pas s'embêter.

12 janvier, 2017

Le retour de la lèpre

François Fillon avait proposé de faire des ajustements sur la Sécu, il y a quelques temps, de façon qu'elle ne s'occupe pas des petits trucs bénins, mais seulement des grosses maladies qui en imposent. Les cancers, les culs de jatte, les lépreux et les gauchistes. Pour le reste, démerdez-vous avec le privé.

Mais compte tenu des charges qu'il se prend depuis, il a fait un mea culpa à la presse et retiré la proposition de son site. Non pas pour dire qu'il avait tort, mais qu'il avait été mal compris. Donc pas du tout un mea culpa. Il continue de penser qu'il a raison. Il est donc important d'expliquer à quel point il a tort.

Vu qu'il est plutôt libéral, on s'attendrait à ce que son projet soit plutôt « logique ». Comprenez ici que je n'en pense pas un mot. Donc on va faire une liste de maladies non remboursées, donc chères : les moins graves.

On aurait donc les troubles musculo-squelettiques (tendinites chroniques, tout ça), qui est la maladie typique du travail avant le suicide. Il y aurait aussi les grippes (parce qu'il faut vraiment être vieux pour en mourir), les petites infections, petites fièvres, grains de beauté douteux, boutons, rougeurs, plaques et machins qui grattent de toutes sortes, etc.

Le problème, quand même, c'est que la peste, le choléra, la syphilis, la variole, ça commence justement par ce genre de désagrément. Mais cela ne laisse pas toujours le temps de se demander si on a les moyens de payer ou pas. Et à supposer qu'on se paie le luxe d'attendre, leur hypothétique guérison est très chère. Déjà que la gale revient...

Notre François prévoit aussi une règle d'or imposant des comptes à l'équilibre pour l'assurance maladie, le prix d'une pandémie dépassera alors certainement un petit peu.

Car les médecins sont aussi là pour détecter les nouvelles maladies, épidémies parfois, qui peuvent simplement commencer par des petits trucs qui grattent, qui gênent ou des petites fièvres.

Même si j'étais libéral, je ferais tout pour éviter que la peste ne se répande à nouveau dans les rues. Vous imaginez l'inconfort des riches ? Ne plus pouvoir sortir de chez soi sans croiser des lépreux ? Déjà que les sans-dents font désordre...

En fait, cette proposition était tellement stupide qu'il s'est pris un vent de son propre bord. Mais quand même, il faut voir qu'il a osé penser à un truc pareil. Ça fait froid dans le dos. Rien ne dit qu'il ne le ressortira pas une fois élu : il n'attend que ça. Il prétend que c'est nous qui ne l'avons pas compris. Mais on a très bien compris qu'il est dangereusement stupide.

Imaginez un second tour de présidentielle entre celui-là et la blonde... faudra vraiment sortir pour aller voter ?

10 décembre, 2016

Sur la débilité des primaires

La mode est aux primaires. Primaire de la droite, des écolos, de la gauche (l'autre droite donc)... tout ça pour limiter le choix. La mode nous vient des États Unis.

L'idée est qu'on s'est rapidement aperçu qu'avoir différents candidats d'un même parti divisait le nombre de voix entre tous, et ne permettait pas nécessairement d'atteindre le 2nd tour. Donc pour que le combat ait lieu, il fallait forcément un candidat de chaque camp.

Le FN n'étant ni d'un côté ni de l'autre (bien que le Les Républicains s'en rapproche sur de nombreux thèmes), il agite le démon des chaises musicales : les 2 chaises du 2nd tour pour 3 candidats ! La pression est telle qu'on doit absolument choisir le champion de chaque parti pour éjecter le FN de l'équation. Mais avec un effet pervers énorme.

Imaginons une minute un candidat libéral (très opposé à mes idées donc) qui serait « un peu modéré », considérant par exemple que la compétitivité passerait par des salariés en bonne santé, donc soignés. Il proposerait un petit revenu de base pour limiter la délinquance et booster les ventes (version libérale, mais bon, on prend ce qu'on a). Avec ce genre d'argument un peu modéré pour un candidat de la droite, il serait nécessairement éjecté à la primaire.

C'est pourtant ce candidat qui aurait le plus de chance de se faire accepter par le camp adverse. Bon gré, mal gré, on se dirait que ça évite un Fillion ou un Sarkozy, que ce serait ça de pris sur la santé ou l'autonomie, même s'il préfère prélever plus d'impôt sur les pauvres avec la TVA.

Les primaires sont une machine à mettre face à face des candidats que tout oppose. Cela rend clivant le débat, et finalement, si un candidat l'emporte, il sera nécessairement détesté par les 49% n'ayant pas voté pour lui. Il ne sera pas possible d'avoir une opinion modérée pour ces 49%. On choisit deux candidats qui rendent impossible toute concertation.

Tout cela est naturellement très théorique. Car finalement, la machine à voter sert souvent à élire les plus grandes gueules (les débats politiques ne portent jamais sur des visions politiques, mais sur des petites lois explicables en 10 secondes de télévision). Ils sont d'ailleurs capables de se parjurer en cours de mandat.

Bon, je dis ça, mais franchement, sur les 7 de la primaire, je ne vois pas lequel pourrait m'éviter une dépression s'il passait Président.

10 novembre, 2016

Trump : la gueule de bois

Pour la première fois de l'histoire des USA, la première dame sera siliconée. Ça risque de faire un gros changement. Oui, c'est horrible. Je parle de cet homme xénophobe, machiste, climatosceptique et donc idiot et ultralibéral qui va prendre le pouvoir de la 1ère puissance économique du monde. Le lobby des armes à feu peut sabrer le champagne. Il va falloir une bonne dose d'optimisme. Donnons-nous donc le mal de chercher un peu d'espoir.

Par exemple, à mes yeux, la calamité est tombée bien avant, quand Sanders a été battu par Clinton. Car finalement, entre les 2 candidats, c'était raté d'avance, Hillary était ligotée (regardez qui a financé sa campagne) et n'aurait en rien changé le système. Elle n'aurait pas changé la condition des plus pauvres. Je ne défends pas Trump hein ! Ce type est le Le Pen de là-bas. Mais regardons cela de près.

Ce type va être aux commandes à la période où les USA vont vraiment quitter leur position de pouvoir (regardez leur économie, comptez leurs pauvres, ça risque de commencer à se voir). Son désir de repli sur soi va peut-être améliorer un tout petit peu les relations avec la Russie, peut-être aussi relâchera-t-il la pression sur certains pays (Libye, Syrie, Irak) car il veut recentrer les forces militaires sur le pétrole (et non les trucs purement idéologiques). Ce type est contre les traités transatlantiques, très bien : il deviendra pote avec la Chine ! Et il veut nettoyer un peu le Congrès et l'administration en limitant le conflit d'intérêts avec le lobbying. Pas de quoi se taper le cul par terre, mais prenons toujours ça.

Quand je pense à la honte de la moitié des habitants du pays quand Bush est passé... et maintenant ils mettent Trump ? On a souvent dit que quand il arrivait un truc (progrès ou catastrophe) aux États-Unis, on l'avait en France avec 20 ans de retard. C'est rassurant. Pas moyen de changer la donne ? Si Sanders avait lutté contre Trump, il aurait certainement gagné. Mais voilà, la plus riche des 2 l'a emporté.

La diplomatie française a su se faire remarquer en hurlant au désastre. Ça va aider quand on aura des trucs à leur demander, c'est sûr. Mais aujourd'hui, j'ai surtout une pensée douloureuse pour le Mexique et Cuba, parce que là, ça va être dur pour eux.

20 octobre, 2016

La démocratie participative

Ségolène, l'ex. de François, avait fait sa campagne sur la « démocratie participative ».

Je m'interroge d'autant plus sur ce mot qu'il revient à la mode. On veut de la démocratie participative. C'est vrai quoi, marre de la démocratie qui nous interdit de participer, de donner notre avis.

Nous sommes maintenant tellement habitués à parler avec des mots qui ne veulent rien dire que « démocratie participative » ne surprend même plus. À l'époque où Ségo essayait de battre Sarko avec ça, j'éclatais de rire. Drôle de voir cette femme à l'air présidentiel, gardant son sérieux en disant une telle niaiserie. Mais surtout, effroi de voir qu'elle peut dire ça sans que personne n'en rie ! J'espère au minimum qu'elle sait qu'elle se fout de nous ! Sinon, ce serait pire : on aurait voté pour une idote !

Aujourd'hui, ce mot est repris par de nombreux personnages politiques. Ils ont réussi leur coup ! Déjà qu'on ne savais pas trop ce qu'était la démocratie, maintenant, ça devient une tartuferie.

Effectivement, il est tellement évident qu'une démocratie n'est pas faite pour que les gens y participent... tellement évident que ce pléonasme veut seulement dire que de temps en temps, il serait question de demander leur avis aux Français.

En fait, « démocratie participative » ne veut même pas dire que les gens ont le droit de s'impliquer. Non, ça laisse simplement supposer qu'il est normal de ne demander l'avis qu'à une minorité de Français sélectionnés pour raser et bétonner une campagne et y construire un aéroport dont personne ne veut : même pas Bruxelles. Ça donne le droit de participer à quelques petites idées inutiles, parce que pour les projets sérieux, les politiciens veillent sur nous. On ne sait pas que la loi travail est bonne pour nous ! 3 millions de crétins à défiler dans toute la France... même les députés sont tous crétins. Ils ont décidé démocratiquement entre François et Manu, dans un petit bureau.

La « démocratie participative », c'est comme une verrue, un truc en trop. C'est une excroissance inutile à une vraie démocratie.

16 septembre, 2016

Un 16/9 contre le 49-3

Hier, la manif s'est bien déroulée. C'était la rentrée. Septembre est la rentrée depuis qu'on est tout petits. Et une fois grands, c'est encore la rentrée.

J'ai eu la surprise de voir à quel point les « forces civiles », flics ou CRS, étaient présents. Ils devaient s'attendre à ce que l'on soit 3 fois plus. Ils y croient plus que nous ! Mais ils sont restés calmes. Peut-être un peu débordés parfois car tout le monde n'était pas d'accord sur le parcours, et qu'on a eu des manifestants dans toute la ville.

Le tout dans la totale indifférence des politiciens. Le larcin est oublié, préparons le prochain braquage de la démocratie.

Car ce qui m'impressionne le plus, c'est François. Notre bon Président normal. Parce qu'il va certainement tenter de se représenter. Il s'est mis à dos tous les députés, les syndicats et 70% de la population, et il pense être élu... sur quelle base ?

Son calcul est sans doute qu'un second tour est possible avec les 25 ou 30% de votes restants, que le FN y sera aussi, et qu'il est alors facile de gagner les élections.

Vous commencez à la comprendre l'arnaque du droit de vote ? Soyez rassurés, le roi vous donnera quelques cadeaux en fin de règne pour vous laisser une bonne image de lui.

En attendant, ne baissons pas les bras. Continuons les manifs, même petites, car c'est le prix à payer quand on a un président aussi sourd : on est obligé de parler fort et de répéter longtemps.

27 juin, 2016

Référendum contre 49-3

Et si on renversait le gouvernement ? C'est facile ! Il suffit de voter la motion de censure qui se présente quand un 49-3 passe. Par exemple, le dernier est passé, et hoô ! trop bête, il manquait 2 voix à la gauche. Cette même gauche qui aurait pu voter la motion de censure déposée par la droite. Cette même droite qui aurait pu prendre part à celle de la gauche.

Sont-ils crétins au point de rater un truc utile parce qu'ils ne sont pas du même camp ?

Mais ne nous emballons pas. La seule chose vraiment utile que ça aurait fait, est de zapper la loi El Khomri. Car le gouvernement, c'est seulement un premier Ministre et des plus petits ministres pour l'aider. Donc ça aurait juste retiré ceux-là pour que Hollande remette à la place qui il veut. Il avait même le droit de remettre Valls en fait. Et Valls aurait même eu le droit de remettre tous les autres pareils.

Tout ça n'aurait pas dissous l'assemblée nationale. La dissolution, c'est possible, mais c'est autre chose, c'est encore un truc que Hollande est le seul à décider. Mais retirer la loi, c'était déjà bien.

Rendez-vous compte. Depuis que la Vème république existe, on a eu droit à seulement 10 référendums populaires (incluant celui avec lequel s'est torché Sarkozy), mais 86 fois l'utilisation du 49-3. Vous le voyez comme moi le problème de démocratie ?

Si les Français sont trop cons pour décider des trucs intelligents, il ne faut pas faire de démocratie. Sinon, il faut rendre le référendum systématique : avec un référendum d'initiative populaire, on n'entendrait déjà plus parler de cette loi travail...

Mais j'ai bien peur de vous l'avouer : je crois que nos dirigeants pensent qu'on est très cons.
 

25 mai, 2016

Le vote utile

Tous les ans depuis 2002, on nous refait le coup :

« Tu ne vas quand même pas voter pour un petit candidat ! On risque de se prendre Le Pen au second tour ! C'est horrible ! De toute façon, il a aucune chance, il fera pas 10%, tu ferais mieux de faire un vote utile ! »

Cette phrase pleine d'aveux nous montre bien que certains votes sont inutiles. Voter pour un candidat n'aurait donc pas plus de valeur que de voter blanc et donc ne pas voter du tout ? Mais alors, à quoi sert le vote ?

Les gros candidats, on les a tous essayés. Sauf un ? Oui, c'est certain ça fait peur. Je ferais donc mieux de voter pour un grand candidat utile à faire de mauvaises choses pour éviter qu'un autre candidat raciste ne passe ?

Réduire la démocratie à un vote, c'est vraiment navrant. Déjà là, ça m'empêche de dormir.

Mais réduire la démocratie à voter pour n'importe qui pourvu qu'on éradique le xénophobe, là, c'est carrément nuisible.

Ne vous obligez jamais à voter. Si vous voulez voter, votez pour le candidat parfait et seulement lui. Et s'il n'arrive pas au second tour, à nouveau, ne vous obligez pas à voter. C'est trop dur d'assumer un candidat qui ne remplit pas son contrat, d'imaginer qu'on a une part de responsabilité.

De toute façon, quel que soit le Président, le pouvoir est dans la rue. C'est le seul bulletin de vote qui vaille. Et dépêchez-vous, parce que Valls est en train de vous l'enlever définitivement, lui aussi.

 

22 mai, 2016

Étude de texte sur Manuel Valls

J'ai entendu une phrase à la radio qui m'a fait réagir. C'était à une visite de Manu à Solvay, une entreprise qui recrute. Chaque phrase du discours que j'ai entendue était une ignoble bêtise. J'ai ressorti celle-ci. Attention, c'est de Manuel Valls (âmes sensibles s'abstenir) :

« J'appelle certains à sortir de l'ambiguïté, à condamner avec la plus grande fermeté ceux qui s'en prennent tout simplement à l'ordre public. Les manifestations, les expressions de désaccord, elles sont toujours possibles dans une démocratie. »

J'aimerais qu'il soit plus précis sur ceux qu'il appelle à sortir de l'ambiguïté. On ne gouverne pas avec des sous-entendus. J'appelle Manuel Valls à sortir de son ambiguïté. Par exemple en déchirant sa carte du Parti Socialiste et en arrêtant d'utiliser les termes « progrès social », 2 mots dont il ignore le sens.

Ces mêmes personnes, il aimerait qu'elles condamnent ceux qui s'en prennent à l'ordre public. On peut dire que le premier concerné, c'est lui-même : arriver à créer un tel désordre avec une seule loi, je pense que ce n'était pas arrivé depuis la courte apparition d'Alain Juppé(1) comme premier ministre (attention, il ressort le même programme à peine dépoussiéré pour 2017). Et puis on peut souhaiter sauver le calme et l'ordre public, mais me concernant, ce ne sera pas au dépens de la légitimité des lois. Et là, quand le gouvernement pond des lois de 200 pages sans vote et dont 70% du peuple ne veut pas, on ne peut pas s'opposer au gouvernement et respecter « l'ordre public » en même temps. S'il est sourd, on doit bien crier un peu plus fort pour qu'il entende. À moins que ça ne vienne plutôt du cerveau que des oreilles, là, c'est plus chiant...

La dernière phrase est quand même pas mal : Il prétend que les manifestations sont toujours possibles en démocratie. Il avoue donc que nous ne sommes pas une démocratie ? En effet, 10 personnes (dont un journaliste) ont été interdites de manif à Paris sans jugement et sans raison apparente (contredit à l'aube par un juge pour 9 d'entre elles). Et depuis l'État d'urgence, on nous interdit à tous de manifester (COP21 partout en France, contre les violences policières à Rennes, pro-Palestine à Paris...).

Bon, je ne commenterai pas toutes ses phrases. Le reste du discours était dingue (il a pondu la loi par souci pour la jeunesse apparemment). Et puis avec François, ils me donnent déjà bien assez de boulot comme ça.

Petit bonus quand même : quand Manu n'aime pas le programme, il envoie un SMS à BFM TV...

J'ai cherché sur ma télécommande, mais j'ai pas trouvé le bouton « envoyer un SMS à l'animateur »...

(1) Edit. : En fait, si. Sarkozy a réalisé la même prouesse en 2010. Pas de jaloux.

4 mai, 2016

Connaissez-vous bien votre Président ?

Je ne parle pas ici de ses conquêtes amoureuses, de son goût pour la bière ou autres choses accessoires qu'on nous vend dans la presse. Non, je veux dire : quelles sont les raisons que notre Président a de penser ce qu'il pense ? Et puis d'abord, êtes-vous vraiment certains de bien savoir ce qu'il pense ?

Vous savez plus ou moins ce qu'il vous dit, c'est vrai. Vous le savez par le biais des médias (qui vont un peu au plus court parce qu'y a aussi de la pub à mettre), mais avec Internet, quand même, on peut assez bien savoir ce qu'ils nous racontent. Mais le racontent-ils parce qu'ils le pensent ? Et s'ils le pensent, le penseront-ils encore une fois élus ?

Que dire de l'américanisme de Sarko ? du libéralisme de Hollande ? y a-t-il un vrai gauchiste dans la salle ?

Si demain je vois un candidat qui me dit ce que je veux entendre, il me restera à faire un travail impossible : évaluer la confiance qu'il m'est possible de porter dans le candidat. Car il n'y a pas de garde-fou. Lorsque le président est Président, il peut faire les pires horreurs, il a l'immunité et n'a de comptes à rendre à personne. Il n'y a pas de bilan pour vérifier s'il fait ce qu'il a promis de faire, ni même s'il a essayé. Il n'y a pas de vote de confiance des français, pas de destitution d'initiative populaire, rien. Il garde le pouvoir d'appuyer sur le bouton nucléaire quoi qu'il arrive.

Et si on se fait enfler, c'est encore pour 5 ans !
Il est temps de changer de système, vraiment...

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