Déplacements

Je suis un cycliste militant. Ces pages vous parleront de l'impérieuse nécessité d'abandonner la voiture lorsque c'est possible, c'est à dire à peu près tout le temps.

Je promets de faire l'effort de tenue qui s'impose à un blog respectable, même si l'envie de m'y défouler est immense. Mais je ne garantis aucun résultat !

 

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7 février, 2017

Crit'air, pour que ça se vende mieux

Il semblerait que ma voiture pollue. Diantre. J'admets que c'est relativement crédible, compte tenu qu'elle est assez vieille.

Pour favoriser le développement des véhicules les moins polluants, Ségo nous a inventé une petite pastille à coller sur les voitures. Les plus polluantes auront la pastille 6 (celle qu'on n'achète même pas, parce qu'elle ne donne droit à rien), les moins polluantes auront la pastille 1, avec une mention spéciale zéro pour tout ce qui est électrique ou hydrogène.

Qu'est-ce que la pollution ? C'est d'une part le CO2 généré, responsable du réchauffement climatique. Et c'est aussi la production de substances toxiques pour l'homme : microparticules, monoxyde de carbone, NOx, métaux lourds, etc.

Il est bon de savoir que les micro-particlues (responsables de 50 000 morts par an, en hausse) et les NOx sont essentiellement produits par véhicules diesel. Même une voiture essence de 1991 comme la mienne n'en produit pratiquement pas. En fait, les NOx et les microparticules font partie des déchets inévitables des moteurs diesels, quoiqu'on fasse. On peut tenter d'améliorer le rendement des moteurs, mais on a toujours ce déchet sur les diesels. Au mieux, on peut les stocker (avec un pot qu'il faudrait changer tous les ans) ou choisir plutôt le NOx ou les microparticules, mais c'est tout.

Cette vignette fait une comparaison entre ma voiture à essence qui consomme 5 litres au 100km, que l'on considère comme éminemment pire qu'un diesel 4x4 qui pèse presque le triple (2,5 Tonnes) et a une vignette « 2 » là où moi, j'ai un « 6 ». Même aujourd'hui avec des calculs trafiqués d'émission, même quand on atteindra un rendement de 30% sur les nouveaux véhicules (impossible), le compte n'y sera pas. Le 4x4 polluera plus que la voiture que j'entretiens : CO2, NOx et micro-particlues. C'est mathématique.

Et encore, je n'inclus même pas le bilan écologique global d'une voiture dont l'énergie grise est à son avantage, seulement ce qui sort du pot.

Si la pollution était vraiment le problème, on aurait pu taxer les voitures en fonction de leur poids à vide, ajouter un test de pollution spécifique lors du contrôle technique, ou simplement interdire les voitures en ville... mais non. Cette vignette est une subvention à la production de nouvelles voitures, dont la fabrication elle-même est responsable d'une quantité importante de polluants.

Intégrer l'énergie grise à leurs calculs, franchement, il serait temps.

21 décembre, 2016

Dilemme des voitures autonomes

Un problème a émergé récemment concernant les « voitures autonomes ». Ce sont des voitures (un peu comme celles inventées par Google) qui ont la capacité de rouler sans chauffeur. En fait, le chauffeur est seulement passager, ce n'est plus lui qui est aux commandes. Même plus besoin de pilote pour polluer, c'est formidable.

Il semblerait que ces dispositifs soient moins sujets à accidents que les pilotes. Fort bien. Mais un nouveau dilemme se pose : en cas d'accident, qui est responsable ?

On peut affiner les logiciels jusqu'à arriver à des situations complexes où la voiture qui se trouve dans une situation critique doit choisir entre sauver l'équipage ou les piétons par exemple. La voiture doit faire un choix, et c'est au fabricant de le programmer.

J'aimerais vous proposer la lecture d'un court billet du Lapin masqué très intéressant sur le sujet.

« De mon point de vue, quand la voiture a un défaut et va forcément tuer quelqu'un, c'est aux personnes DANS la voiture de se sacrifier. »

Mon point de vue va plus loin (forcément, je suis écolo) : interdire les voitures en centre ville. Ça limitera largement les accidents avec les piétons.
 

30 juillet, 2016

Idées reçues sur le vélo

Vous manquez d'arguments pour combattre les idées reçues sur le vélo ?

Je vous conseille ce site web qui les passe en revue et les démonte une par une. À découvrir absolument.

11 mai, 2016

Stationnement des voitures

En quoi un mauvais stationnement peut-il être dangereux aux vélos ?

J'avoue avoir l'impression de prêcher du catéchisme tant c'est évident quand on est cycliste, tant ce sont souvent des infractions à la loi. Mais supposons qu'un non-cycliste me lise, je vais l'expliquer ici. Quelques exemples de stationnement dangereux, donc :

Sur une piste cyclable :
En effet, cela amène le cycliste à faire un écart pour éviter la voiture stationnée, en roulant sur la route. Le problème, c'est que cette manœuvre demande au vélo de s'assurer assez tôt qu'aucune voiture ne le suit (ou pas de trop près) et peut amener le conducteur qui est derrière à être surpris (ou disons-le : à être une source de danger s'il n'est pas vigilant).

Sur un trottoir :
S'il est assez con pour se garer sur un trottoir, il peut aussi l'être assez pour ouvrir sa portière sans regarder derrière lui si un vélo arrive (ce qui est tout aussi vrai dans le cas précédent). Une portière qui s'ouvre, quels que soient les freins du vélo, c'est imparable : au minimum une clavicule.

À contre-sens :
Le code de la route est pourtant précis sur ce point, mais les propriétaires du permis de conduire ne le savent pas : il est interdit de se garer à gauche d'une voie à double sens. Le danger, c'est que le chauffeur n'est alors plus du côté de la chaussée, mais du trottoir. Il lui est donc impossible de voir ce qui se passe sur la route. Et sa manœuvre implique de faire attention aux deux sens de circulation. Quand il se décide à sortir de sa place, il lui est tout simplement impossible d'avoir vu le cycliste qui arrivait face à lui.

Sur un stationnement réglementaire à droite d'une piste cyclable :
Même dans ce cas légitime, il est risqué pour un cycliste de passer au raz des voitures, car il existe des automobilistes qui ouvrent leur portière sans regarder derrière eux : le rétroviseur n'est pas suffisant (le permis de conduire non plus apparemment) car il y a un angle mort ! On a aussi le risque qu'un passager (n'ayant pas le permis) ouvre sa portière sans prévenir. C'est donc pourquoi il n'est pas toujours prudent de rouler sur la piste cyclable...

Sur un passage pour piétons :
C'est con à dire, mais même dans ce cas, le danger peut venir du fait qu'un piéton essayant de traverser sera caché par la voiture.

On peut évidemment ajouter tout ce qui est considéré comme un stationnement dangereux (après un virage, avant un stop, etc.), car ce sont des situations qui demandent au cycliste d'improviser, qui sollicitent davantage ses freins et peuvent aussi masquer sa visibilité (aussi bien voir le danger qu'être vu lui-même).

Chers automobilistes, vous n'aviez pas le droit de l'ignorer, vous n'aurez pas le droit de l'oublier.

9 mai, 2016

L'insouciance des automobilistes

Lorsque vous êtes en voiture, que le feu est vert, vous passez.

Vous avez confiance dans les autres automobilistes pour qu'ils ne passent pas quand c'est rouge pour eux, et vous avez confiance dans l'électronique des feux tricolores. Vous passez quand c'est vert. Vous remettez votre vie dans les mains de cette confiance. Une confiance aveugle. Vous êtes cependant un peu protégés par votre habitacle.

En voiture, en ville, vous ne risquez que rarement votre vie.

Mais rouler en ville à vélo pose un gros problème. Un seul problème qui résume tous les autres. Il est impossible de faire confiance à un automobiliste.

Il est probable que 90% des automobilistes font attention et sont respectueux des règles élémentaires de sécurité qui leur valent d'avoir un permis de conduire (90%... vraiment ?). Mais les automobilistes de confiance ne sont pas signalés par une couleur ou un panneau. Et une seule voiture, une seule imprudence suffit à causer un accident. Il convient donc de se méfier systématiquement.

Car en cas d'accident avec une voiture qui roule à 50km/h, le cycliste peut vraiment finir en purée. Car c'est la voiture qui pèse 1 à 2 tonnes, pas le cycliste.

Un simple stationnement sauvage de la voiture est un risque réel pour chaque cycliste, qui n'est protégé que par ses vêtements.

Qu'un automobiliste se permette des « petit écarts » au code de la route, sachant qu'ils peuvent être vitaux pour les cyclistes n'est pas responsable. Cette « légère insouciance » manifeste un égoïsme morbide.

Il ne faut pas s'étonner si le manque de confiance envers quelques automobilistes amène une défiance à l'égard de tous.

Aussi chers cyclistes, ne vous laissez pas faire. Si un automobiliste se comporte mal, le mieux est de le lui faire savoir. Ne vous privez pas, n'attendez pas un accident grave.

 

18 avril, 2016

Quand je vois un 4×4...

À pied, quand je vois un 4×4, je pense à la place qu'il occupe, cet espace qui m'est interdit, au mur qui se dresse devant moi et me cache le paysage. Je pense que s'il me percutait, je ne passerais pas au-dessus mais en-dessous. Je pense à l'air que je respire et qui tue 42 000 personnes chaque année. Je pense à l'impunité dont jouit son riche propriétaire.

Je me sens insulté.

À vélo, quand je vois un 4×4, je pense à la visibilité dont le conducteur me prive pour son confort de conduite, à l'espace qui me reste sur la chaussée pour avancer, aux marges de sécurité qu'il rogne avec la plus grande approximation. Je me sens particulièrement vulnérable aux erreurs de conduite du chauffeur. Je pense que juste en démarrant, il ruine tous mes efforts pour limiter le CO2.

Je me sens trahi.

En voiture, quand je vois un 4×4, je me demande jusqu'à quel point un automobiliste a besoin de montrer qu'il est supérieur aux autres. Je me demande pourquoi une voiture aussi moderne pollue autant qu'il y a 1 siècle, pour porter aussi peu de passagers. Je me demande à quoi ça sert que j'aie une conduite économe en carburant.

Je me sens méprisé.

Quand je vois un 4×4, je suis révolté.