Décroissance

Peut-on vraiment croître à l'infini ? Problème posé par la croissance et que je conteste. Ce n'est souhaitable si humainement, ni écologiquement. Moins de biens, plus de liens.

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20 février, 2017

Réduire sa consommation de gaz

Dans un précédent billet, je vous expliquais avoir grandement réduit ma consommation de gaz à 350 kWh par an. Voici quelques détails.

Un jour alors que j'étais taquin, j'ai laissé entrer chez moi un de ces types qui forcent votre porte pour vous fourguer des abonnements pas cher, en se faisant passer pour « votre conseiller ». Il prétendait pouvoir m'aider à payer moins. Vas-y bonhomme, je veux bien perdre 15 minutes pour te voir essayer.

Le type entre, je lui sors mes factures de gaz, et je lui demande ce qu'il peut faire de mieux. Là, un peu surpris, il me dit que ça ne sera pas facile de me proposer moins chers. Évidemment, la meilleure économie, c'est le gaz qu'on ne consomme pas. Et je suis au taquet. Il est reparti comme il est venu.

Tout d'abord, il faut savoir que dans mon appartement, je n'utilise le gaz que pour l'eau chaude et le chauffage. Je n'utilise le chauffage qu'exceptionnellement (1 jour ou 2 par an en cas de grippe). Cela explique en soi, déjà, une faible consommation de gaz.

Mais partant de là (donc sans chauffer), comment ai-je fait pour diviser encore ma consommation par 6 et donc la facture par 3 (car l'abonnement ne change pas) ?

D'une part, si vous me lisez assidûment, vous savez que j'ai dû réduire ma fréquence de douches pour cause d'eczéma. Mais cela ne fait pas tout. En fait, le miracle vient de l'éclair de génie que j'ai eu en éteignant ma chaudière lorsqu'elle ne me servait pas. Les sites Internet que je consultais prédisaient une consommation annuelle de 18 kWh pour cette petite veilleuse que les anciennes chaudières entretiennent allumée. L'expérience a montré qu'on en est loin : elle consommait bien plus que moi tout entier.

Je m'organise donc pour faire la vaisselle juste après ma douche, de façon à n'allumer cette chaudière qu'une seule fois. On s'aperçoit vite que l'eau chaude n'est jamais vraiment utile pour le reste (se laver les mains, les dents...). Le plus drôle, c'est qu'on vient de me changer cette chaudière contre une autre, plus grosse, plus « écolo », plus « pratique ». J'admets que l'allumage est plus facile. Pour le reste, je ne gagne rien. Je dois même penser à la débrancher avant de m'absenter longtemps, sans quoi elle se rallume après chaque coupure de courant.

Nous verrons à l'usage si son rendement énergétique permet de réduire encore un peu ma consommation de gaz, d'ici 1 an mettons. Mais cela ne se verra pas trop sur ma facture, puisque déjà, pour 1€ de gaz, je paie 1€ d'abonnement, et 1€ d'entretien de chaudière... et on dit que l'énergie est chère ?

16 février, 2017

Réduire sa consommation d'eau

Savez-vous que je consomme moins d'eau en 1 an qu'il n'en faut pour produire 1kg de bœuf ou 7 hamburgers ?

En effet, il faut environ 15 000 litres d'eau pour « produire » 1 kg de viande de bœuf, et 2 000 litres pour un hamburger.

Je précise que j'utilise une machine à laver pour mon linge : je ne truande pas en externalisant cette partie de ma consommation dans un Lavomatic. J'admets cependant ne pas compter l'eau (souvent la pluie) permettant de produire mes légumes. Comment ai-je donc fait ?

Première petite habitude que beaucoup pratiquent : ne tirer la chasse d'eau qu'une fois sur 2, ou lorsque la nature de l'ouvrage l'impose (je ne vous fais pas un dessin). C'est une économie intéressante que je réalisais au début de mes mesures. C'est après seulement que j'ai divisé ma consommation par 3.

Tout a commencé alors que je faisais de l'eczéma. J'accusais l'eau, peut-être aussi le chlore de la piscine. Rapidement, je suis rentré à mon équilibre en ne prenant plus qu'une douche tous les 2 jours. Vous lisez donc le blog d'un sale gauchiste. Mais il sera difficile de me faire avaler que se laver tous les jours est une mesure d'hygiène, car moi, je suis plus vivant en me lavant moins. Toute trace d'eczéma a disparu définitivement.

Mais l'économie la plus impressionnante aura été déclenchée par la vidéo « inculture 2 » d'un excellent spectacle de Franck Lepage. Il y dénonce notamment cette aberration consistant à acheter de l'eau en bouteille et tirer la chasse d'eau avec de l'eau potable.

« Nous lavons notre voiture avec de l'eau potable, nous pissons dans de l'eau potable, nous chions dans de l'eau potable, la seule chose qu'on ne fait pas avec de l'eau potable, c'est de la boire. »
Franck Lepage, Inculture 2

Cette vidéo faisait écho à l'habitude d'un ami qui gardait l'eau de sa douche pour la chasse d'eau. J'ai mis cela en pratique : je prends ma douche dans une baignoire en laissant la bonde en place pour garder l'eau. Chaque fois que nécessaire, je prends de l'eau dans la baignoire pour en verser une bassine dans les toilettes. Résultat : une eau légèrement plus trouble dans le fond des WC à cause du savon, et une grande quantité d'eau utilisable pour des grands nettoyages. Pour laver des étagères, mon bac de compost ou pour laver des objets très sales par exemple. J'utilise aussi cette eau pour mouiller des draps en plein été, de façon à faire une climatisation gratuite. Et par expérience, cela ne m'amène pas de froid en hiver (plus il fait froid, moins l'eau s'évapore), cela réchauffe même un peu l'appartement le temps que l'eau de la douche refroidisse. Que des avantages.

Le seul léger inconvénient est que faire stagner de l'eau savonneuse dans une baignoire demande de la laver à chaque utilisation, mais c'est rapide, puisqu'elle a bien trempé !

Cerise sur le gâteau : je pousse aussi le vice jusqu'à mettre dans un bidon l'eau propre inutilisée dans ma cuisine : en attendant que l'eau chaude arrive, ou l'excédent de ma bouilloire par exemple. Je l'utilise pour rincer la salade ou des légumes.

Mes derniers relevés indiquent une consommation de 13,5 m³ d'eau pour l'année écoulée. À ce stade, je ne le fais absolument plus pour les économies, puisque la ville m'offre 20 m³ d'eau (comme à tout le monde). J'ose même dire que l'abonnement étant fixe, moins je consomme d'eau, plus elle me revient cher : facture de 40€ annuels.

1 février, 2017

Comment j'ai réduit mes déchets

Une amie étant rentrée de plain-pied dans cette pratique de zéro déchet, je me suis amusé à mon tour à regarder combien de déchets je faisais. Car si ce problème n'est pas essentiel à mes yeux, il n'en est pas moins un paramètre écologique à considérer. Et je vois trop de gens me dire qu'ils ont acheté un truc écolo pour ne pas au moins me poser la question, surtout si c'est censée me faire réfléchir.

Je suis arrivé à 400g/mois sans faire aucun effort. Je me contente de trier mes déchets recyclables, compostables, et je suis quelqu'un qui réutilise beaucoup, qui achète peu. J'aime réparer ce qui peut l'être, notamment, j'ai horreur que l'on jette un vieil ordinateur qui fonctionne encore. Alors je lui trouve un utilisateur.

Depuis, le seul effort que je fais est de venir à la boulangerie avec mon sac plastique. Ça amuse la vendeuse, on en discute... je prévois de quoi stocker tout ce que j'achète sur le marché (comme tout le monde) en réutilisant les boîtes à œufs, mais au-delà de ça, je n'ai pas encore fait de gros efforts. Pour ce qui est de venir dans un magasin avec des bocaux, je crains que Vigipirate ne nous l'interdise. Déjà qu'on me pose des problèmes avec mon sac à dos, un seul problème à la fois.

Mais surtout il y a des efforts qu'on ne peut faire que lorsqu'on a un certain budget. Car les produits premier prix sont tous emballés. Acheter des lentilles au poids se fait dans le rayon BIO et bien plus cher que dans les autres rayons. Donc il existe aussi une limite à ce niveau.

Notamment, lorsque vous voulez sauver des produits en fin de vie, il vous faut les réparer. Toute réparation amène des déchets. Le bricolage est une activité à déchets (ponçage, chute, papier de verre usé, fins de pots...). Donc pousser plus loin ce sport m'amènerait aussi à faire des entorses à ma politique de réutilisation des objets.

D'autre part, je dois admettre que je possède pas mal de bazar et qu'une partie devra immanquablement finir dans une déchèterie un jour ou l'autre. Mais ce bazar, c'est aussi une façon de réutiliser les choses et d'éviter l'énergie grise d'un nouvel achat.

Je me permets donc de paraphraser Coluche, Intellectuel visionnaire du XXème siècle :

« Il suffirait que les gens n'achètent plus rien pour que les poubelles soient moins pleines. »

Lorsque vous jetez un sac poubelle, dites-vous bien que votre participation au réchauffement climatique est proche de 778 grammes de CO2 pour chaque kg de poubelle jeté (*). Je suis donc à environ 3,7 kg de CO2 par an pour mes 4,8 kg de poubelles.

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(*) Ce calcul cache naturellement les microparticules et autres toxiques (acide chlorhydrique, anhydride sulfureux, NOx...), qui ont beau être traités, il en ressort toujours. Il est issu d'anciens chiffres du Ministère de l'Économie et des Finances (2000). Les normes se sont améliorées depuis (normes européennes en 2002). Si vous avez de meilleurs chiffres, je suis preneur.

31 décembre, 2016

En flux continu

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on perd notre autonomie. Je ne parle pas d'être grand, d'avoir une pensée, d'être indépendant, tout ça ; je veux dire que mon action dépend de plus en plus de l'action de quelqu'un d'autre. Et de mon action dépend de plus en plus celle d'une autre personne. C'est confus ?

Imaginez que vous soyez à l'usine. Vous travaillez dans une chaîne de fabrication. Si celui qui est avant vous dans la chaîne arrête, alors vous ne pouvez plus travailler. Et bien cela commence à être pareil dans la vie. En fait, ça devient dramatique sitôt que quelque chose ralentit. Nous vivons à la chaîne...

Par exemple. Le bouchon sur la route. Horrible. On sera à la bourre pour tout. Aller chercher les enfants, faire les courses avant que ça ferme, libérer la nounou, on arrivera en retard à la soirée... juste pour un bouchon. Et je ne parle pas des rares épisodes de neige. Tout devient pressé. Lorsque Christine Boutin avait proposé (sous Chirac) une esquisse du revenu universel, je me rappelle ce qu'elle disait à la radio : elle disait que certains n'arrivaient pas à suivre. Le train s'arrête 1 minute à la gare, les vieux ont du mal à descendre, les autres s'impatientent... pour 1 minute !

Mais il y a pire. Regardez à quoi ressemble l'état du pays quand les pompes à essence sont fermées. Il ne faut pas 48h pour que toute l'économie soit en crise, et avant 1 semaine, l'armée est dans coup, les politiques sont sur les dents, les gens s'engueulent...

On ne demande plus un numéro de téléphone, mais un 06. Parce que comme ça, on peut vous joindre tout de suite, n'importe où. Il est normal que je sois sollicité à tout moment. Mon employeur qui appelle le week-end parce qu'une poussière dans l'engrenage de l'entreprise pourrait devenir un fâcheux problème si on n'agit pas rapidement, la mode du « BlackBerry » pour que les employés soient corvéables en vacances, et pour eux, le plaisir de se sentir indispensable au prix de leur vie privée.

Pour gratter quelques centimes un peu partout, ils nous font des méthodes de management qui scrutent les moindres temps morts au point que les salariés se suicident car ils n'arrivent pas à tenir le rythme...

Et si La Poste ne livrait le courrier que 3 fois par semaine ? Au lieu d'arriver le lundi, la même lettre arriverait le mardi. Ça changerait la face du monde ? Et si les livraisons interurbaines ne se faisaient qu'à vélo ? On est à la minute près ?

Pendant ce temps, les gens deviennent boulimiques de l'urgence : pas de SMS de sa copine pendant 5 minutes et c'est l'enfer, frénésie pour assister à la première de Star Wars (parce que 1 semaine après, c'est moins bien), regardez à quoi ressemble la sortie du nouvel IPhone ou de la Playstation dans les magasins alors que les premiers modèles ont parfois le plus de pannes...

Ne vivez pas en flux tendu, l'usine de la vie peut attendre. Chassez cette angoisse pour vous occuper d'autres problèmes. Prenez le temps d'un thé pour vous reconstruire. C'est urgent.

25 décembre, 2016

Endetté à la naissance

– Vous venez de naître, bonjour.
– Pardon ?
– Oui, vous êtes né. Maintenant, vous êtes en vie. Et histoire que vous sachiez où vous mettez les pieds, il est question de voir ce que vous possédez.
– Merci, c'est gentil.
– Ne vous emballez pas, en fait, il est surtout question de vos dettes.
– Mes dettes ? Mais c'est impossible, je viens juste de naître !
– Rassurez-vous, on s'est occupé de tout ça pour vous. Considérez cela comme un héritage.
– Je préfère attendre que vous épongiez les dettes avant d'hériter.
– Surtout pas. On ne va pas tout faire non plus. Chaque génération a ses problèmes. Nous, on dépense, vous, vous épongez.
– Ah ben ça fait plaisir, on se sent bien chez soi...
– Alors... justement à ce sujet, il faut que vous sachiez qu'il n'existe plus aucune surface terrestre libre ou gratuite, à part à la rigueur dans l'eau. Vous nagez bien ?
– Je ne sais pas encore, j'imagine que non...
– Vous serez donc hébergé chez vos parents le temps que quelqu'un meure ou soit plus pauvre que vous.
– Vous savez, moi, juste un peu de terre cultivable et je me débrouille !
– Et bien désolé, mais ça aussi, c'est pris. Il faudra le prendre à quelqu'un... vous auriez demandé du sable, j'aurais pu tenter quelque chose, mais là...
– Mais qu'est-ce que vous avez donc fait avant que j'arrive ?
– Nous avons doublé la population et inégalement réparti les biens. L'air, les sols et l'eau sont tous pollués, sans compter le climat que nous avons déréglé. Nombre de vos contemporains sont en guerre, mais c'est surtout à l'étranger ça, vous avez de la chance pour le moment.
– C'est donc ça les dettes dont vous me parliez à l'instant ?
– Pas tout à fait, j'y viens. Vous êtes né en France, vous devez donc à l'État... 34 700€.
– Ah oui ? Et bien je saurai pourquoi je travaille comme ça !
– Là aussi... c'est à la fois la bonne et la mauvaise nouvelle : il n'y a plus de travail. À force de produire, on n'a vraiment plus besoin de rien, et donc il n'y a pas de travail. On a automatisé tout ce qui restait à faire et de toute façon, personne n'a d'argent pour acheter, donc on produit moins. Mais pour vous occuper, vous pourrez « chercher du travail ». Ça se fait beaucoup de nos jours.
– Chercher ? Mais chercher quoi s'il n'y a pas de travail ?
– C'est là qu'il faut être créatif. Développez votre esprit de compétition et vous pourrez certainement prendre le boulot de quelqu'un d'autre.
– Ne pourrait-on pas plutôt partager le travail à faire ?
– Bien sûr que non ! C'est à chacun de « gagner sa vie » dans une saine compétition ! C'est la règle de la performance individuelle. Et dépêchez-vous, parce qu'en attendant, votre dette augmente...

21 novembre, 2016

Le développement durable

Depuis les années 80, on nous tartine de mots insipides qui changent l'eau en vin. Ainsi, on ne parle plus de licenciements, mais de réduction des effectifs, voire parfois même d'amélioration de productivité lorsqu'il est question de taper sur la tête de ceux qui restent pour qu'ils travaillent comme quatre.

Des mots, il y en a plein. L'un d'eux est pernicieux, car il n'a pas de traduction directe. En fait, il est un concept. Le « développement durable ».

Quelque part, cela répond à la phrase « mais cette production ne peut pas durer comme ça éternellement ». Effectivement, si on vous dit que c'est durable, c'est que c'est fait pour durer. D'un autre côté, si cela rend éternelle la production, cela n'en résout absolument pas le problème. Car le vrai problème du « développement durable », c'est qu'il ne remet absolument pas en cause la production actuelle, basée sur le modèle de croissance impossible que l'on a inventé.

À aucun moment, le « développement durable » ne pointera du doigt le fait que produire une voiture économe en énergie, ça demande beaucoup d'énergie. On cache sous le tapis toute l'énergie fossile en montrant tous ces nouveaux services électriques, sans même avoir l'idée qu'il est impossible de produire tout ce qu'on consomme uniquement avec des éoliennes et des panneaux solaires. Surtout que même le nucléaire a ses limites.

Le mieux serait déjà de ne plus produire, ou de produire moins... là, on tient une vraie économie d'énergie.

– Ah, mais mon bon monsieur, on ne peut pas rester à ne rien faire ! Il faut bien travailler !
– Même si ça doit nous tuer tous ?

Ne vous inquiétez pas, Bayer vient de racheter Monsanto : si celui qui a tué des Juifs rachète celui qui a tué des Viets, pas besoin de nous inquiéter, la croissance est devant nous.

13 mai, 2016

Nourrir l'humanité

Entre autres croissances, il y a la croissance de la population mondiale. Elle est un critère indéniable d'inquiétude, puisqu'elle pose directement la question de nourrir l'humanité.

Les projections (nécessairement floues sur une telle période) nous amènent à supposer qu'on sera entre 9 et 13 milliards d'humain à la fin du siècle, sachant que nous sommes actuellement environ 7 milliards, et nous étions la moitié voilà 40 ans.

Il existe deux moyens simples de nourrir tout le monde :
– Produire davantage de nourriture en réduisant la part de territoire attribué à l'alimentation du bétail, et donc manger moins de viande ;
– Réduire la quantité de la population par des politiques natalistes, consistant à limiter les naissances.

Entre autres observations, il faut bien voir que la démographie est stable voire déclinante dans les pays industrialisés et qu'elle progresse encore dans les autres pays. Aussi, quel que soit le pays, même « pauvre », on s'aperçoit que la natalité a tendance à se tasser. Dans les pays où l'éducation grimpe, la natalité baisse.

Parmi ce que je lis ou ce que j'entends autour de moi, je m'aperçois d'un clivage entre 2 arguments :

– Soit vous voulez défendre le droit à donner la vie en asservissant la population mondiale à une alimentation végétarienne et vous être un sale gauchiste ;
– Soit vous préférez conserver votre confort, rejeter l'idée de changer quoi que ce soit à vos habitudes de pays riche, rejeter la faute sur les pauvres qui font trop d'enfants, et vous êtes un sale néolibéral.

Faisons simple : Un libéral affame un pauvre pour manger de la viande, un gauchiste nourrit un riche aux légumes pour nourrir ce pauvre.

C'est précisément là que s'opère le cynisme. « Notre natalité est exemplaire, faites-en autant ». Sauf que ceux qui disent ça n'ont pas du tout un mode de vie exemplaire. L'ordinateur qu'ils utilisent a coûté quelques vies au Congo pour des terres rares, en Chine pour recycler des composants, la déforestation d'Amérique du sud pour nourrir et produire de la viande, et finalement toutes les guerres du Moyen Orient pour s'emparer du pétrole permettant de faire tourner tout ça.

Il est cynique de vouloir continuer cette mascarade au prix d'un contrôle des naissances dans les pays qu'on pille.

Il y aura peut-être un jour un contrôle des naissances. Mais pas avant d'avoir fait notre part d'efforts, qui consistent simplement à assumer notre responsabilité en étant exemplaires.

24 mars, 2016

Comment aider la croissance ?

Pour aider la croissance, il faut augmenter le PIB. On a de nombreuses sources de croissance auxquels on ne pense pas tout de suite.

1/ Se revendre des biens entre nous.
Si vendre un bien génère de la croissance, alors le revendre à l'infini en génère encore plus. C'est la logique des sous-traitants à l'infini, tout le monde y gagne ! Et personne n'embauche. Si par exemple vous avez 7 niveaux de sous-traitance (comme dans le nucléaire), vous dégagez 7 fois du bénéfice ! Et l'intérêt, c'est qu'en cas de problème, c'est la faute de personne, mais c'est une autre histoire...

2/ Se péter la gueule dans l'escalier.
Avoir un accident génère des frais médicaux, peut dans certains cas faire travailler des mutuelles et des assureurs. Si on a cassé une voiture, il sera question de la réparer ou mieux : d'en racheter une... tout ça est très bon pour la croissance. Le cas des pandémies pourrait aussi être intéressant à condition qu'il ne tue pas trop de consommateurs. On peut aussi inventer des maladies (t'as du cholestérol toi ?).

3/ Les projets de merde
Il est clair que fabriquer un aéroport (même s'il ne sert pas) à Notre Dame des Landes générera de la croissance : tous ces gens qui travaillent de concert pour retourner la campagne et mettre une dalle de béton à la place, c'est très bon pour la croissance, surtout si ça fait vendre des avions derrière... Comme projets débiles, la liste est immense : liens sur Wikipedia, Le Monde, projet de livre...

4/ Faire un élevage de chômeurs
Les chômeurs, s'ils sont parfois de mauvais consommateurs, ont toujours la ressource de permettre de créer de l'emploi ! Pas le leur, bien sûr. Mais on a besoin de gens pour les aider à faire un beau CV en couleur et sans fautes, utiliser une webcam, faire des stages de « coaching », etc. Le chômeur est une bonne source de revenus.

5/ Métiers inutiles ou nuisibles(1)
Trader, coach pour Pôle emploi, inspecteur de la redevance audiovisuelle, agent de « télémarketing » (ou emmerdeur au téléphone), consultant en n'importe quoi, branleur de dindons, agent de sécurité en supermarché, sirène professionnelle, agence de publicité, ministre, commercial chez Monsato, DRH, conseiller en communication... tout ça est générateur de PIB !

6/ S'endetter !
De nombreuses entreprises fonctionnent aujourd'hui grâce au financement de l'État, endetté de presque 2 000 milliards d'euros (2 billions !). Déconnez pas, c'est super comme source de croissance : plus de 460 milliards dépensés en 2014 ! Faut bien qu'ils aillent quelque part, non ? Et puis sans dette, pas de création monétaire, donc pas de croissance, n'est-ce pas ?

(1) Je sens bien que je ne vais pas me faire que des potes à balancer comme ça le métier de vos rêves, mais bon, on est militant ou on ne l'est pas, hein !

5 mars, 2016

La décroissance, c'est quoi ?

Le principe de la décroissance, c'est de dire qu'une croissance infinie dans un monde fini est impossible.

En effet, il y a une quantité limitée de pétrole sur Terre, qui demandera des millions d'années pour se régénérer. Utiliser ce pétrole n'est pas une solution pérenne. C'est pareil avec la production de matière et d'énergie. Considérer qu'il faut chaque année consommer plus que l'année précédente, c'est scier la branche sur laquelle on est assis plus vite qu'elle ne pousse.

Le principe de décroissance est donc lié à la parcimonie de l'utilisation. Plutôt que de toujours chercher une nouvelle source d'énergie, pourquoi ne pas simplement en consommer moins ? Mieux isoler sa maison, moins chauffer, moins de voiture, moins consommer, moins acheter, moins produire, moins gaspiller, moins détruire. « Moins de biens, plus de liens. »

Ce mouvement est parfois assimilé à un retour en arrière par ses détracteurs : « Tu vas t'éclairer à la bougie ? ». Ce sont ceux qui mangent tous les fruits de l'arbre avant que les autres n'arrivent qui ont peur de ça. Car économiser une ressource ne prend pas nécessairement beaucoup sur la qualité de vie. C'est même parfois le contraire. Notamment sur l'alimentation : la décroissance milite pour moins de pesticides (produits pétroliers) et une agriculture plus locale. Donc des produits plus sains et permettant une activité des productions de taille humaine.

Les mouvements décroissants sont tous liés à un souci de l'écologie, puisqu'ils considèrent que la nature est un patrimoine utile, éprouvé par le temps, et transmissible pour peu que l'on en abuse pas.

La décroissance est à ce titre une quintessence des idées écologiques, là où les écologistes ont parfois des idées productivistes « parce qu'il faut bien sauver l'économie ». Beaucoup d'idées de la décroissance sont suivies par des gens qui ne connaissent pourtant pas ce mot. Simplement parce que ces idées ont du sens, parce qu'elles semblent évidentes.

3 mars, 2016

La croissance, c'est quoi ?

La croissance est définie par l'augmentation du PIB d'une année sur l'autre. Le PIB, c'est les échanges commerciaux, tout ce qui est une activité professionnelle déclarée (bien que l'argent de la drogue & proxénétisme commence à rentrer dedans). Pour avoir de la croissance, il faut donc nécessairement vendre, fabriquer, produire toujours plus. Mais il faut aussi consommer toujours davantage.

Cela aurait un certain sens logique si on considère l'augmentation de la population (0,7% par an en France) avec des besoins stables. Mais la machine s'affole tellement que même avec une croissance bien supérieure à ça, l'économie se retrouve dans une impasse.

L'autre évidence, c'est qu'on ne sait plus quoi consommer, on en vient à consommer n'importe quoi pourvu que ce soit un peu nouveau. Naturellement la pollution n'entre pas dans l'équation de la croissance. L'observation simple que des ressources sont déjà en grand danger devrait nous alerter : pétrole, sable de construction, air propre, poissons, eau potable, terres agricoles, forêts, biodiversité...

Il n'existe pas de modèle de croissance « propre », à ma connaissance. Car toute activité, quelle qu'elle soit, demande au minimum de l'énergie (téléphone, transports, infrastructures...). On parle beaucoup de « croissance verte », c'est peut-être mieux si c'est moins sale, certes, mais ça reste une croissance avec ses effets pervers.

La mondialisation du secteur économique a amené le problème que les ressources utilisées ne suffisent pas à tout le monde et que la pollution générée par les uns se propage chez les autres quoi qu'il arrive : radioactivité, CO2, pollens OGM... et maintenant : mouvements migratoires, sécheresses, guerres, inondations...

La croissance exclut donc de fait un paramètre essentiel : les limites de notre système. On ne peut pas pousser les murs pour agrandir la maison !

Prendriez-vous votre voiture si le pot d'échappement était relié à l'habitacle ? Au minimum, pour être logique par rapport à la planète qui ne grossit pas, il faudrait une croissance nulle de l'économie. C'est bêtement logique.

On nous sert cette croissance dans les grands médias de masse, mais sans jamais remettre en question ce principe. Un bon gauchiste se doit au minimum de le faire !