Consommation

Tout ce qui finit un jour où l'autre chez vous par le truchement de votre porte-monnaie se trouve aussi dans ces pages.

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4 décembre, 2016

Une pub qui dérange

Une petite polémique enfle au sujet d'affichages dans les abribus, visant à inciter les rapports sexuels protégés. Les publicités s'orientent clairement sur le coup d'un soir et les rapports homosexuels. Cela réveille les ardeurs traditionalistes de tout poil.

Il est vrai qu'on vient tout juste de passer la loi sur le mariage de personnes de même sexe, les mentalités n'ont certainement pas eu le temps de s'adapter à des messages un peu directs sur des abribus aux abords des écoles.

Cela pose une question (qui n'a rien à voir avec la sexualité) : l'espace public peut-il servir à afficher n'importe quel message, pourvu qu'on donne de l'argent pour le diffuser ? C'est vrai, ça fait des années qu'on se farcit de la publicité pour l'alcool, parfois aussi le tabac (avant 1991, de façon déguisée), et aujourd'hui pour la junk food, responsable de la déferlante d'obésité en France. En période électorale, on a même droit à la propagande des fascistes.

En fait, la publicité dans les rues à ceci de particulier, tout comme l'est le bruit, que sa nuisance dépasse de loin le problème posé par la place qu'elle occupe. Tout comme le bruit dérange très loin de la source, la publicité peut poser problème aussi loin qu'on peut la voir. J'en veux pour preuve qu'il est par exemple interdit de mettre une publicité à sa fenêtre, donc chez soi, à la vue de tous.

M'a-t-on demandé mon avis avant de polluer mon espace visuel ? Cet espace appartient à tous, et je trouve qu'il faudrait au minimum une résolution démocratique avant de savoir quels sont les messages qu'on y diffuse ! Car ils ne sont pas toujours anodins.

Alors voilà, j'ai une proposition qui mettra tout le monde d'accord. Tout comme j'en ai trouvé une pour éviter les attentats à la Kalachnikov, je vous propose d'interdire les espaces publicitaires en ville. On pourra tolérer les enseignes des commerçants, naturellement, qui ne sont que signalétiques, mais on n'aura plus le droit de polluer l'espace public avec des publicités. Grenoble le fait bien, pourquoi pas les autres villes ?

On ne se posera plus la question de savoir si on a le droit d'inciter à l'achat du Roundup, de médicaments, d'usines à particules, ou de drogue. On se posera la question du partage équitable de notre espace public.

1 décembre, 2016

Qu'est-ce que le Téflon® ?

On nous a vendu pendant pas mal de temps et aujourd'hui encore ce "progrès" qu'est le Téflon. Comme quoi rien n'adhère dessus et que c'est le moyen idéal de faire cuire des aliments sans graisse.

Tout d'abord, le mot « Téflon® » dénomme le PTFE (Polytétrafluoroéthylène). C'est un plastique dont la formule chimique ressemble à celle du PP (polypropylène), utilisé dans bon nombre d'emballages inoffensifs type sac plastique, au détail près que l'hydrogène y est remplacé par le fluor.

Je parle chinois ? Alors retenez que le Téflon® est une matière plastique. Vous imaginiez la poêle en métal, mais pas recouverte de plastique : comment cela peut-il aller sur le feu ? On se méfie déjà un peu plus...

L'une des principales propriétés de ce plastique est que rien ne réagit chimiquement ni n'adhère dessus (un peu comme les sacs plastiques : essayez d'en coller 2 ensemble pour voir). Même la Super Glu ne colle pas dessus. Quand la surface est parfaitement lisse, même l'huile glisse dessus. Mais voilà : c'est difficile de garder une surface aussi lisse car le Téflon® est un plastique plutôt tendre. Et les rayures des ustensiles ne pardonnent vraiment pas.

En fait, il adhère si peu que pour le faire tenir sur une poêle, on utilise un composé hautement cancérogène et dégradable (le PFOA).

Mais le point le plus critique est la température de dégradation de ces matières. Elles commencent à se dégrader à 230°C (on atteint facilement 250°C en cuisson). Si votre huile commence à s'évaporer, considérez votre poêle comme fichue.

Cerise sur le gâteau, la production puis la dégradation du PFOA est hautement polluant puisqu'il a un effet de serre très puissant et une vie 1000 fois plus longue que celle du CO2.

En résumé, le Téflon® est probablement pratique pour faire des omelettes à 70°C sans que ça n'attache. Mais s'il s'agit de cuisiner autre chose qu'un truc à l'eau (à 100°C donc), je vous conseille de la fuir. Entre les rayures et la cuisson, elle est trop fragile pour finir dans une cuisine.

Pourquoi ne pas revenir à la bonne vieille ferraille ?

28 novembre, 2016

Les pauvres nous coûtent cher !

Ah bon ? Je fais pourtant très attention à ne coûter que le minimum à nos petits-enfants...

– En quelques années seulement, j'ai réduit ma consommation d'eau pour arriver à 14 m³ annuels ;
– Ma consommation de gaz aussi, j'en suis à 350kWh annuels ;
– L'électricité, j'ai encore des efforts à faire, je suis à 1500kWh annuels ;
– J'estime consommer autour de 300 litres d'essence par an ;
– Mes poubelles sont d'environ 350 grammes par mois ;
– Je composte et recycle tout ce qui peut l'être ;
– Je ne mange pas de viande et nous épargne donc des émissions de CO2/méthane induites ;
– J'achète local autant que possible ;
– Je n'utilise aucun produit Apple, Volkswagen, Facebook et j'évite Google quand je le peux ;
– Je ne participe pas à la course aux armements car mon compte en banque est à plat ;

Je coûte si cher que ça ? Je peux faire mieux ?

Et les autres, ils coûtent combien ?
 

12 septembre, 2016

Plastique ou alu ?

Parmi les nombreux dilemmes de l'écolo standard, il y a celui de savoir comment emballer des aliments lorsque le récipient solide n'est pas adapté. À défaut de sac en papier (qui ne convient pas toujours), le choix cornélien se situe généralement entre papier aluminium, film étirable et sac en plastique.

– Film étirable : C'est un film PVC auquel on ajoute plein de « plastifiant » pour l'assouplir, surtout dans notre cas. Il s'agit essentiellement des célèbres phtalates (perturbateur endocrinien). On l'accuse aussi d'être responsable des pluies acides lors de sa fabrication. Les films étirables en PVC ont des échanges avec les matières grasses et larguent des phtalates. Lors de la combustion (déchets ménagers), il donne de l'acide chlorhydrique, une vraie atteinte à l'environnement. Au point que les usines d'incinération doivent s'équiper de filtres.

– Sac plastique : Ils sont en polyéthylène (PEbd pour être précis). Ce plastique chimiquement simple ne fait l'objet d'aucun échange avec son environnement et n'est pas source de pollution alimentaire (sauf si vous en faites des copeaux). Il est surtout connu pour avoir du mal à se dégrader dans la nature, résistant même à l'acide de l'estomac et piégeant pas mal d'animaux. Sa combustion dégage notamment du CO2 (effet de serre).

– Papier aluminium : Il pose de sérieux problèmes. Au niveau sanitaire, ses échanges chimiques avec les aliments sont nombreux (notamment, il réagit avec tout ce qui est acide). On le soupçonne actuellement de jouer un rôle dans la maladie d'Alzheimer et la déminéralisation des os. De plus, le corps a beaucoup de mal à l'éliminer (autant que les métaux lourds). Sa production est très polluante, puisqu'on l'extrait de la bauxite par traitement chimique et thermique (vers 1000°C). Il est ensuite transformé à 700°C (les plastiques précédents fondent entre 100 et 200°C). Les principaux sites de production sont l'Australie, la Chine et le Brésil (pas la porte à côté, surtout que c'est plus lourd que du plastique).

Aucun de tous ces matériaux n'a de filière dédiée pour le recyclage sous la forme présentée. Leur tri et donc leur recyclage pose encore de gros problèmes.

Donc je n'hésite pas. Si je dois ranger un aliment dans un emballage souple, je choisis le sac en plastique, et j'évite comme la peste le papier alu. Si ça peut vous inciter à ne pas les jeter n'importe où...

15 juillet, 2016

On n'arrête pas le progrès

C'est ce qu'on me ressort à chaque fois que je tique sur l'achat du tout nouvel IPhone, sur les conditions d'utilisation de Facebook, ou sur l'espionnage généralisé de Google. Quand je refuse l'électronique d'une voiture je suis ringard, quand je prône la limite de la production, je suis rétrograde, et quand j'ose dire que mon vieux PC me suffit, on me propose de m'éclairer à la bougie.

Mais de quel progrès parle-t-on ?

Une merveilleuse découverte scientifique amène-t-elle nécessairement une amélioration de la vie ? La production de semences OGM favorise-t-elle nécessairement la richesse biologique ! J'ai le droit de prétendre qu'elle représente un danger. Car on ne libère pas n'importe quoi dans la nature sans savoir en détail ce que c'est.

Pourquoi acheter un nouvel ordinateur 8 cœurs avec des pétaoctets de mémoire alors que mon vieux coucou me permet très bien de gérer ma messagerie, ma navigation web et ce blog ? Est-ce vraiment un progrès de faire crever des chinois pour produire un appareil dont je n'ai pas besoin ?

Qu'est-ce que je gagne à barder ma voiture d'électronique, de telle façon que je ne puisse plus la réparer moi-même ni même la recycler ?

Je trouve qu'on abêtis les gens à croire un argument qui ne veut rien dire : le progrès ne se limite pas au progrès scientifique ou technologique. Un tel progrès peut d'ailleurs souvent représenter une régression sur le plan environnemental, social, éthique ou humain.

Je défends pour ma part l'idée que le vrai progrès, c'est quand je suis capable de réparer un appareil moi-même, que je peux avoir confiance dans un produit ou un fabricant, que j'ai la liberté de ne pas utiliser un service, que mon choix est respecté et reconnu dans une démocratie.

L'IPhone, c'est pas du tout ce que j'appelle un progrès. C'est seulement un nouveau jouet polluant.

24 juin, 2016

Démarchage à domicile

Personnellement, sauf si vraiment je suis en pleine sieste, j'ouvre quand on sonne chez moi, même si on n'est pas passé par l'interphone. Cela peut être un voisin qui a besoin d'aide par exemple. Mais c'est plus généralement un démarcheur qui fait sa tournée.

Dans l'immeuble, on les sent venir assez vite. L'insonorisation étant ce qu'elle est, on l'entend sonner à toutes les portes avant d'arriver à la nôtre. Certains font même tout le palier en même temps, pour gagner du temps parce que personne n'ouvre jamais. Surtout en journée : à part des chômeurs et des retraités, il n'y a pas grand monde, seulement les plus vulnérables, finalement.

Je me rappelle cette fois où j'ai eu la surprise de reconnaître un ancien voisin du 4ème. Le même qu'avant, mais avec un costume trop grand pour lui. Une tête de démarcheur mal payé. Il avait l'habitude de faire des petits boulots dont personne ne voulait : boulot de nuit dans le quotidien local, balayeur en ville, et maintenant démarcheur pour le gaz. Je lui ai dit que je sortais et n'avais pas le temps et que je préfère rester au tarif réglementé. Deux ans plus tôt, j'avais eu des mots avec lui alors qu'il battait sa femme un peu trop bruyamment, cette même femme qu'il trompait tout aussi bruyamment. Ses colères lui avaient valu une visite de la police, car son voisin s'inquiétait pour sa femme. Il a dû lui falloir du courage pour sonner à ma porte.

Mais promis, pour le prochain, si j'ai le temps, j'essaie de le retenir un maximum. Juste pour voir. Je prendrai mon chronomètre, et j'essaierai de voir combien de temps je peux le retenir. Il est clair que je ne signerai rien. J'ai trop de mépris pour son métier.

Après, si le type est sympa, pour le temps qu'il perdra, peut-être que je lui offrirai un café. Car j'ai quand même du respect pour la personne.

Il faut se soutenir entre précaires...

22 juin, 2016

Je viens au sujet de votre facture de gaz

Depuis qu'on a un digicode en bas de l'immeuble, on en a beaucoup moins.

Je n'étais pas nécessairement pour cette serrure, surtout depuis le jour où une personne s'était réfugiée dans l'escalier de l'immeuble pour se réchauffer. Il avait dormi sur mon paillasson en guise de matelas. En découvrant la scène, j'avoue avoir eu honte de ne pas lui offrir mieux. En fait, il s'était servi par nécessité. Les clochards, dans l'immeuble, ça fait sale me dit-on. Les chômeurs aussi font sale dans les statistiques. Ce pauvre type venait juste se réfugier. On en a rarement.

Finalement, ces digicodes ont au moins eu l'avantage de réduire le nombre de démarcheurs à domicile. Depuis leur installation, on n'a plus que les malhonnêtes. Ceux qui possèdent un pass en toute illégalité (généralement les agents immobiliers pour mettre de la pub) et les marchands de gaz qui font toutes les sonnettes jusqu'à trouver un gogo pour leur ouvrir.

Ce sont des gens dont la fonction est de nous vendre un produit que l'on a déjà ou dont on n'a pas besoin. Et comme on ne va pas l'acheter chez eux, alors ils tentent leur chance en venant nous convaincre chez nous. Sans doute une haute opinion de leur clientèle, supposée trop conne pour savoir acheter seule, juste assez conne pour être manipulée.

Ce sont des vendeurs qui viennent en voiture, portent un costume, sont polis et bien coiffés, ce sont des hommes, ils ne doutent de rien et ont appris à forcer votre porte avec des phrases toutes faites.

« Je viens au sujet de votre facture de gaz. »

Évidemment, on est censé supposer que l'entreprise qui nous facture le gaz a envoyé ce type pour corriger une erreur en notre faveur. Le type est formé pour noyer le poisson, pour nous faire croire qu'il représente « notre » compagnie de gaz, dans le but de nous fourguer un contrat avec « la sienne », concurrente. Le discours d'un escroc en somme.

J'abhorre l'idée que l'on paie quelqu'un à venir prendre mon temps au moment où je fais un truc important (entretien téléphonique avec un employeur ? vaisselle  ? jeux vidéo ?), pour m'insulter. Car supposer que je suis trop con pour savoir choisir un contrat de gaz est insultant. Et puis cette facilité de chasser dans les immeubles parce qu'on y concentre les proies me positionne d'emblée. Dois-je supporter ça au principe qu'il faut trouver un « emploi » à cet homme ?

– Mais je fais mon travail monsieur !
– C'est précisément ce que je vous reproche.

27 mai, 2016

Prends-en plus, toujours plus

Cela fait pas mal de temps qu'on nous sert des plats dont on ne veut pas, mais on nous répond que c'est parce qu'on n'a pas suffisamment goûté, sinon, on aimerait, c'est évident.

La Grèce craque de toutes parts, l'économie part à vau l'eau, le chômage monte, on fait des sauts de joie quand à force de précarité et de radiations on arrive à supprimer 10 000 chômeurs sur les 10 millions, on lamine le service public, on déréglemente l'économie au point qu'elle devient dangereuse, que l'industrie devient symbole de poison, qu'elle tue partout dans le monde, des animaux, des humains, des écosystèmes. La réponse ? Vous n'avez pas eu assez de dérégulation, il faut plus de libéralisme, vous verrez, ce sera mieux.

On n'arrive pas à mater les contestataires de ce système. On va les mater plus, avec plus d'équipements, moins de droits à manifester, plus de sécurité des biens, moins de sécurité des personnes. On va taper un peu plus sur les manifestants pour les attendrir. Mais ça ne marche pas, ils deviennent plus violents. C'est certainement qu'on ne tape pas assez fort. On va armer encore plus la police, faire plus de répression. Les délinquants vont s'équiper en conséquence ? Envoyons l'armée.

Surveillons les délinquants. Mais parfois, on ne peut pas parce qu'ils sont chez eux, alors dérégulons les contraintes de surveillance. Mettons plein de caméras dans les rues, même si ça ne sert à rien, on ne sait jamais. Si ça ne donne pas de résultats, c'est qu'on n'a pas mis assez de caméras. Alors, on va faire des lois pour surveiller les téléphones du monde entier, les e-mails, les déplacements, fouiner les achats des honnêtes gens, mettre des trackers dans leurs téléphones.

Tout ça ne donne rien ? C'est certainement qu'il n'y en a pas assez.

Tu as un problème d'obésité ? Mange ce truc qui t'aidera à maigrir. Tu ne maigris pas ? C'est que tu n'en manges pas assez. Nourris-toi, grossis, enfle, explose et alors... alors...

...alors quoi ?

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