Chômage

La vie d'un chômeur n'est pas toujours de tout repos. Ici, vous apprendrez tout de la vie d'un chômeur. Son quotidien, l'administration, voire parfois le harcèlement administratif dont ils sont victimes pour avoir le droit de toucher pas grand chose.

 

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2 août, 2017

Que nous demande l'ECRE ?

Si vous ne connaissez pas l'ECRE (ou CRE), je vous renvoie à ce billet qui l'explique. En gros, c'est un contrôle renforcé des chômeurs.

L'ECRE part du principe que selon les articles L5411-1 et s. et L5411-6 et s. du Code du travail, les chômeurs doivent « accomplir des actes positifs et répétés pour retrouver un emploi, pour créer ou reprendre une entreprise ». Bref, on ne connaît pas la nature de ces actes, mais ils doivent être répétés (combien de fois ?) et positifs. Par contre, ce que l'ECRE suppose, c'est que chaque candidat est coupable d'infraction à ces lois. Aussi, son métier est d'opérer une traque sur la base du soupçon.

Comment cela marche-t-il ? Il leur suffit d'inverser la charge de la preuve : ce n'est plus à eux de prouver que vous ne cherchez pas de boulot, mais bien à vous de démontrer que vous en cherchez, preuves à l'appui. Par exemple, si vous ne leur envoyez pas recta un détail de toutes les candidatures (avec dates et contacts) sur les 12 derniers mois, vous risquez la radiation. DOUZE MOIS ? Même ma banque considère qu'il est trop tard pour réclamer un indu après 2 mois... et là, l'ECRE vient vous asticoter sur les 12 derniers mois ?

J'ai récemment eu à subir ce genre de contrôle. Les courriers sont rédigés de façon à faire peur. Clairement. Si vous recevez ce courrier, c'est qu'on suppose que vous truandez. Un peu comme quand un contrôleur fiscal vient vous voir. Sauf que pour ce qui est de chercher un boulot, on vous évalue sans aucun critère. Il n'existe pas une seule ligne quelque part qui précise à quoi correspondent des « actes positifs et répétés » de recherche d'emploi. Il n'existe pas de comptabilité des candidatures ratées.

D'ailleurs, Pôle emploi n'a jamais prétendu nulle part que vous deviez garder des traces de vos « actes positifs et répétés » sur 12 mois. Vous le découvrez quand l'ECRE vous tombe dessus.

Cela amène donc naturellement chaque chômeur dont l'inscription à Pôle Emploi est une nécessité à s'inquiéter. Car effectivement, l'emploi du temps d'un chômeur ne ressemblera jamais à celui proposé par Pôle Emploi. Il faut être de mauvaise foi pour le nier. Et chaque chômeur pourra toujours se demander s'il cherche assez. Le simple fait que vous n'ayez pas de boulot, c'est une preuve de plus pour l'ECRE. Même un boulot à mi-temps, c'est pas assez.

Jetez une barque à la mer avec un chômeur dedans et un tamis. Dites-lui de trouver de l'or. S'il n'en trouve pas, c'est qu'il ne cherche pas assez. Et c'est vrai, car on ne perd pas sa vie à chercher dans ces conditions. Alors vous mettez les chômeurs dans une situation impossible. Vous créez de l'angoisse. C'est nécessaire pour qu'un chômeur accepte de bosser pour 2€ de l'heure : demandez au Medef !

Et dire que le bénévolat est toujours interdit aux chômeurs...

21 juillet, 2017

Qui l'ECRE espère-t-elle radier ?

L'ECRE (E pour Équipe) ou le BCRE (pour Bureau), voire SCRE (pour Service), mais plus familièrement appelé CRE par les agents de Pôle emploi est une équipe réduite et cachée ayant pour but de surveiller les chômeurs en évaluant s'ils font des actions « positives et répétées » de recherche d'emploi. La sanction est une radiation, j'avais présenté le dispositif ici.

Difficile de savoir précisément qui elle vise. Elle s'intéresse à tous les chômeurs de catégorie A ou B (donc même ceux qui arrivent à dégoter un contrat à mi-temps). L'idée est sans doute de radier les décrocheurs en difficulté, ceux qui ont de réels problèmes personnels insolubles, ceux qui n'ont rien pour eux et ont abandonné, même pas le bac pour tenir une caisse de supermarché. On radie ceux qui se découragent de n'être jamais parmi les derniers CV sélectionnés, ceux qui restent noyés dans les 100 autres CV.

On s'interrogera au passage sur les qualités requises lors du recrutement des 200 fonctionnaires dédiés à cette tâche d'inspection.

D'une part, l'arrogance d'un gouvernement qui essaie de gratter quelques centaines de milliers d'euro avec cette Stasi du pauvre (je rappelle que le questionnaire fait 8 pages, doit être accompagné d'une pile de justificatifs improbables (comme le « tableau de bord » dont personne n'a jamais entendu parler), et renvoyé à une adresse anonyme (boîte postale), de peur sans doute que les chômeurs ne s'en prennent aux agents à la légitimité douteuse. Même le numéro de téléphone nous amène sur une boîte vocale nationale où on est priés de décliner son identité pour avoir un interlocuteur. Ont-ils quelque chose à se reprocher ?

Le gouvernement est prêt à dépenser 200 salaires pour gratter quelques ridicules assedics d'économie ? Proportionnellement, il devrait alors recruter 20 000 inspecteurs fiscaux pour gratter les 80 milliards annuels de fraude fiscale. On les attend toujours... vas-y Macron, on te regarde.

Toujours les pauvres d'un côté et les riches de l'autre.
Deux poids deux mesures...

6 novembre, 2016

L'ECRE

L'an dernier, notre cher gouvernement a mis en place des cellules spécialisées pour remettre d'équerre les chômeurs les plus désespérés. Ce sont des cellules où les chômeurs doivent se justifier d'être actif dans leurs recherches.

Avant, on avait un accompagnement personnalisé, mais depuis que l'ANPE est devenue Pôle emploi, qu'ils économisent, que les conseillers n'ont le temps de rien d'autre que faire de la gestion de paperasse, qu'ils ont fusionné avec les ASSEDIC, et que leur mission d'accompagnement a été privatisée par des boîtes privées parfois douteuses, Pôle emploi ne sert plus à aider, il sert juste à nous dire si on est radié de leur dispositif.

Et comme ça non plus, ils n'arrivent plus à le faire correctement, ils ont missionné des cellules anti-fraude spécialisées. Il ne s'agit pas de la fraude à des prestations indues, non. Il s'agit de traquer les chômeurs qui ne cherchent « pas assez ». On appelle ça l'ECRE : Équipe de Contrôle de la Recherche d'Emploi.

On nous le présente comme un dispositif pour motiver les chômeurs... comment pourraient-ils le faire ? Ils n'ont pas d'échanges avec eux. Pas d'interlocuteur, juste une boîte anonyme. Le seul échange est lorsque l'on apprend si on est radié. Ils ont joliment présenté l'affaire à la presse. Pour un peu, on croirait qu'ils créent des emplois...

C'est comme un contrôle fiscal, sauf qu'ils contrôlent des gens à bout de souffle, qui ne coûtent rien à la société. Il faut savoir que radier des chômeurs de cette façon ne crée pas d'emploi, ça fait seulement baisser les chiffres. C'est pire qu'un contrôle fiscal, parce qu'on est jugé sur des critères flous (on ne m'a jamais dit combien je devais envoyer de CV par jour). Ils cherchent des fraudes qui ne correspondent à aucun critère.

Cette technique douteuse baisse artificiellement le nombre de chômeurs, permettant ainsi à François de parader à l'approche des élections, alors qu'il s'était engagé à ne pas se représenter si le chômage ne baissait pas.

L'idée est certainement de pousser les chômeurs à accepter n'importe quoi dans la mesure où notre gouvernement détricote complètement le code du travail. Avec la pression, un chômeur acceptera n'importe quoi... bosser le dimanche, la nuit, sans aucun repos, avec des journées en gruyère... mais ça ne crée toujours pas un poste.

Si dans le pire des cas cette solution arrivait à radier 180 000 chômeurs (le maximum de dossier traitable en 1 an par l'ECRE), en radiant tous les chômeurs... ça ne changera rien au problème : 150 000 annonces (souvent bidon) pour 6,5 millions de chômeurs.

On appréciera quand même le cynisme.

6 juillet, 2016

2 400 km aller-retour

C'était une entreprise qui était dans les nouvelles technologies. Plus précisément à la frontière entre les jeux vidéo et les téléphones mobiles.

Suite à une annonce, je contacte la boîte qui me dit chercher quelqu'un pour des graphismes. On discute longuement au téléphone, je lui montre un pressbook en ligne, et il me dit qu'il aimerait bien faire un test sur un sujet virtuel. J'accepte et j'attends le test. Après 1 semaine, le test n'arrive pas, le type est injoignable, juste le temps de me dire qu'il n'a pas eu le temps mais que c'est toujours d'actualité.

Inutile de vous dire qu'aujourd'hui, dans ma recherche d'emploi, quand j'en suis à ce stade, j'ai déjà eu 2 bonnes raison de ne pas insister. Mais à l'époque, j'étais la France qui se lève tôt, j'en voulais, tout ça. Allez hop ! Je lui fais des graphismes bidons pour un projet bidon que j'invente moi-même. Je lui fais 2 versions, j'envoie ça avec des commentaires explicatifs...

...pas de réponse...

Je rappelle et j'insiste finalement jusqu'à le joindre sur un quai de gare.
- J'ai bien reçu vos essais.
- Qu'en avez-vous pensé ?
- Intéressant, faudrait voir plus en détail... (grésillements sur la ligne presque inaudible)
- Je vous entends très mal.
- Moi je vous entends très bien (et il continue)...

Ça semblait presque de ma faute si je n'entendais rien, puisque lui entendait bien. J'appelais d'un fixe au calme, et lui était avec un portable sur un quai de gare.

J'arrive finalement à le joindre dans de bonnes conditions et prétexte avec lui que je dois passer dans le coin pour forcer un peu les choses, faire avancer le dossier comme on dit. Méthode certifiée Pôle emploi ! Je n'avais rien de sérieux prévu aussi loin de chez moi (1200km), même si j'ai profité de l'occasion pour revoir quelques vieux potes. Curieusement, on arrive à trouver une date assez facilement dans le créneau bidon que je lui avais filé.

J'arrive à trouver l'endroit avec un peu de mal, sous la pluie en plein été. J'entre, le type m'amène dans une petite salle de réunion et avant même que je pose ma veste, il me dit :

« Vous ne faites pas l'affaire, mais comme vous passiez par là... »

Ils bossent dans la téléphonie et ne sont pas capables de m'appeler pour me dire ça ?

Merde !

18 juin, 2016

Et sinon, tu fais quoi dans la vie ?

Comme dans toute soirée où on ne connaît pas tout le monde, arrive la question :

– Et sinon, tu fais quoi dans la vie ?
– Rien. Et toi ?

Pour faire suite à mon précédent billet sur ce même sujet, j'adore plomber la question qu'on me pose de cette façon. J'aime laisser comprendre qu'on n'est pas obligé de « faire quelque chose » pour exister. J'aime casser l'évidence de la profession. Car la question porte bien, elle, sur le métier.

J'en tiens pour preuve que si vous répondez que vous faites des colliers, on vous demandera si ça marche bien, si vous êtes détaillant ou si vous les vendez localement... Les plus perspicaces tenteront peut-être un « ah, c'est bien... », ne voyant pas sur quoi embrayer.

Le plus drôle, c'est qu'en prenant la question de cette façon, les gens sont souvent pris au dépourvu, encombrés par leur propre question. Ils se rattrapent sur ce qu'elle aurait pu être :

– Nan mais en général, tu as des activités ?

  • J'écris une thèse sur youporn ;
  • J'anime gauchiste.fr, un super blog ;
  • Je suis désespéré et je bois beaucoup d'alcool ;
  • Je suis chercheur (en quoi ? chercheur d'emploi ! tadam...).

Je ne suis certes pas toujours aussi vache. Mais admettons que c'est parfois tentant de retourner la situation. En renversant le problème, j'aime ne plus être un chômeur, mais simplement quelqu'un qui est venu passer une soirée jeux de société, qui aime rigoler bruyamment et profiter de l'ambiance.

Après, rien n'empêche de résumer brièvement la situation après-coup, pour ne pas sembler trop louche. Et l'avantage, de cette façon, c'est que ce sera plié en 5 secondes.

Ce n'est pas pire que ceux qui répondent « je suis ingénieur ». Là, pour le coup, la réponse est aussi précise que « je suis chômeur », avec pour seule différence qu'on précise gagner de l'argent. Car en fait, on ne sait toujours pas à quoi ressemble le quotidien de la personne.

 

2 avril, 2016

Recherche d'emploi : Trop bon, trop con !

La vie d'un chômeur est émaillée d'anecdotes.

Parmi mes plus vieux souvenirs, j'étais allé dans une entreprise de cartonnages dans le Nord. Je n'aimais pas cette région, mais j'étais pressé de trouver un boulot. Alors j'avais répondu à cette annonce.

Cette petite entreprise sentait bon la production locale. Il devait y avoir 10 salariés au maximum, mais ils pensaient réaliser une économie en embauchant plutôt que de sous-traiter. Démarche rare de nos jours où on fait plutôt le contraire.

C'est certainement l'employeur le plus honnête que j'aie jamais rencontré. D'une part, il m'a lui-même demandé mes billets de train en vue de mon remboursement. Cela ne m'est jamais plus arrivé depuis, bien que la loi l'exige. D'autre part, après l'entretien d'embauche, il a pris le temps de me dire pourquoi je n'étais pas pris (car je n'ai pas été pris). Cela ne m'est arrivé que 2 fois dans ma vie de chômeur.

Lors d'un entretien d'embauche, on fait toujours ce qu'on peut pour avoir l'air d'être le meilleur candidat du monde. On bombe le torse, on marche droit, l'air assuré... parce que le chômage est avant tout une histoire de concurrence, quoi qu'on en dise.

Ils semblaient pourtant assez impressionnés par mon profil. Au téléphone, ils m'expliquent pourquoi je ne suis pas pris :
« Vous êtes bon, très bon même. En fait, c'est sans doute un peu le problème : on pense que vous êtes trop bon. »

Peur que je m'ennuie ? Que je quitte la boîte trop tôt et devoir encore former un nouveau ? Que je ne sois pas assez soumis à des choix du patron ? Et après ça, tu fais quoi ? Tu sabotes un peu ton profil ? Tu prépares ton entretien en ne te lavant pas ? Tu vas en repérage la nuit pour savoir comment t'habiller à l'entretien ?

Ce recruteur m'a pourtant appris quelque chose d'important. Sauf que j'étais au tapis.

 

26 mars, 2016

Tu bosses dans quoi ?

Il y a une situation pleine d'urbanité qui est un tantinet lassante pour le chômeur que je suis.

Parmi les sujets de conversation les plus pratiques pour faire connaissance, on demande à son interlocuteur son nom, où il vit et son métier...

  • Je m'appelle le gauchiste, je vis sur Internet, et je suis au chômage.
  • Han ! T'as pas de travail ?
  • Tu cherches dans quoi ? T'as quel diplôme ?
  • Je connais peut-être quelqu'un qui peut t'aider mais il ne recrute pas...
  • T'as déjà essayé de bosser dans tel domaine ?
  • Et tu sais que dans telle région ils cherchent des gens ?
  • Et tu connais telle boîte ?
  • T'as essayé de faire une formation ?

La première fois, ça passe pour une forme d'entraide compassionnelle fort généreuse. Quelqu'un qui lâche sa soirée pour se préoccuper de votre problème, c'est sympa, quand même. Et puis c'est pas comme si je lui répétais tout ce que Pôle emploi m'a demandé juste avant... ah, si, justement !

En fait, il y a une période du chômage où on se passionne pour la recherche, une autre où on s'oblige à le faire parce que la société l'exige de nous, et une dernière où ça nous emmerde seulement, mais carrément.

Aujourd'hui, la seule chose que j'attends d'un emploi, c'est le plaisir de cocher mes congés et mes RTT. Parce que quand t'es chômeur, t'as jamais l'esprit libre à 100%. Tu dois te justifier vis-à-vis de Pôle emploi, de la CAF, de la CPAM, du CCAS, des impôts parfois et il ne manquerait plus qu'on en fasse autant à une soirée pépère entre amis.

Si on compte les retraités, les jeunes, les chômeurs et précaires, les non-inscrits, les métiers dangereux, on atteint facilement 45% de personnes pour qui l'emploi est un sujet bien chiant voire gênant. Je ne parle même pas des déprimés qui gardent leur métier par habitude ou des emplois alimentaires « stables ».

Ce soir, je passerai une soirée sympa si on ne me parle pas d'emploi. Changeons juste la norme sociale.

Pas toujours facile d'expliquer à quelqu'un que les chômeurs n'aiment pas toujours parler boulot, eux non plus...

 

22 mars, 2016

Chômiste et bénévole...

Chez Pôle emploi, je viens de me faire engueuler parce que j'ai dit avoir fait du bénévolat.

En général on m'y encourage à demi-mots, parce qu'on préfère un chômeur qui s'investit dans un truc et qui est moins déprimé par la suite. Le bénévolat est aussi un bon moyen de garder du lien social.

En fait, l'idée est que j'ai le droit de faire du bénévolat, sauf si cela concurrence un emploi. Car effectivement, nous vivons dans une société où l'argent est roi, et même si on aime tellement quelque chose qu'on le ferait volontiers gratuitement, il est vu d'un mauvais œil de faire une concurrence déloyale à un travail rémunéré. Pourtant, la zone euro nous a bien habitué à nous mettre en concurrence avec des Allemands ou bientôt des Ukrainiens (30 fois moins chers que nous). Mais c'est l'Europe, on ne touche pas.

Un chômeur a donc le droit d'être bénévole uniquement sous certaines conditions. Pas dans une entreprise à but lucratif (ça pourrait être du travail au noir déguisé), mais pas non plus dans une association si l'activité « pourrait » représenter un emploi (démerde-toi avec ça) ou si il y a déjà travaillé.

Tant pis si ce bénévolat me permet de garder un pied dans l'asso pour bénéficier par la suite de petits contrats. Est-ce qu'un stage de 6 mois ou un service civique est une concurrence déloyale à travail égal ?

Je suis dans une association qui fait en fonction de l'argent dont elle dispose. Elle rémunère quand elle le peut, et pour garder contact, on accepte aussi parfois des activités bénévoles. Mais selon la définition, ayant déjà été payé par cette association, il m'est complètement interdit d'y faire du bénévolat.

La limite est franchement floue, il faut l'admettre. Si je peux comprendre que cela évite certains abus (il y a des endroits où je ne fais plus de bénévolat pour cette raison), je trouve un peu fort de me prendre un savon.

C'est franchement pas pire que de faire une évaluation en milieu de travail (1) de 2 semaines gratuitement !

(1) Période limitée à 80h où un patron peu tester un chômeur gratuitement, récemment remplacée par le palindromique P.M.S.M.P. qui peut carrément durer 1 mois à temps plein. Les abus existent, si, si...

21 mars, 2016

Impression de ne servir à rien ?

Aujourd'hui, c'est dimanche, je relaie juste un billet de JCFrog qui se sent inutile au boulot, utile au chômage...

Voir l'article sur son blog : C’est confirmé: je suis plus utile au chômage

JC Frog est par ailleurs militant sur les questions de liberté sur Internet (un « hacktiviste »). Voir ses célèbres et drôles parodies de chansons.

18 mars, 2016

Un troupeau de 6 millions de têtes

Suite de mon précédent billet :
En quoi Pôle emploi échoue-t-elle dans sa seconde mission : « Aider les chercheurs dans leurs démarches » ?

N'ayant plus aucune ressource interne pour gérer l'énorme flux de chômeurs, elle fait appel à des agences privées ! Selon leur taille, ce sont des associations qui paient des pros de la recherche (si son seul métier est d'en avoir trouvé un, c'est déjà louche en soi). Je me souviens avoir eu ça avec un vieux type à la retraite, qui nous faisait son cador, alors qu'il n'avait jamais connu que le plein emploi du temps de son activité et s'était barré juste avant la crise de 2008.

Mais on migre de plus en plus vers des grandes structures, sortes d'usines qui s'engagent la main sur le cœur à abattre les animaux sans les faire souffrir. La preuve : on suit un cahier des charges. Ce sont des structures où on fait rentrer un chômeur à un bout, et à l'autre bout, on trouve un livreur de pizza, un CDD pas qualifié, ou directement un chômeur (du recyclage en somme)...

Ces entreprises son payées une partie si le chômeur accepte d'y aller (mais Pôle emploi nous met bien la pression pour qu'on ne refuse pas), une autre partie si on reste 2 mois, et enfin le pactole si ils placent un chômeur pour 6 mois. Le chômeur est un minerai de qualité.

Pôle emploi s'est déshumanisée avec le temps. Elle sous-traite, classe et gère des dossiers. Par exemple ? Depuis 18 mois, j'ai un même conseiller que je n'ai jamais vu et dont je ne connais même pas la voix au téléphone. Il ne m'a envoyé que des mails automatiques à peu de choses près. Ainsi, j'ai eu la chance de me faire proposer un poste de 2h par semaine à 800km de chez moi, une offre en doublon et une autre à laquelle j'avais déjà répondu. Par contre, il m'a inscrit à une de ces usines à chômeurs. Il ne connaît même pas mon projet... J'ai été mis dans une case quoi. Je suis un numéro.

Heureusement qu'on est là, nous, les pauvres, pour que ces entreprises de recyclage des chômeurs aient encore un peu d'activité...

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