Alimentation

Je suis végétarien par éthique. Cela inclue donc des critères humains et écologiques. Des tas d'autres arguments militent en faveur d'une alimentation pauvre en viande. J'essaierai ici de les mettre en avant.

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1 juillet, 2016

Mort aux vaches !

C'est injuste, mais il en a été décidé ainsi : je suis condamné à mort.

Inutile de se plaindre, de manifester, de revendiquer le droit à la justice. Nulle grève n'y changera quoi que ce soit, même la grève de la faim. Aujourd'hui, je suis dans le couloir de la mort.

On décide maintenant de tuer les condamnés les uns après les autres. Cela s'appelle le "progrès". Cela permet de ne pas remettre en place les procédures de mise à mort à chaque fois. On s'épargne des efforts, et certainement un peu d'argent aussi. Mais quand même, j'aurais bien aimé qu'on me traite avec plus d'égards. J'aurais aimé que le bourreau prenne son temps, qu'il soit à l'écoute. Après tout, une vie, même mauvaise, c'est une vie. Surtout que je n'ai toujours pas compris de quoi on m'accusait.

C'est ici le couloir de la mort. Tous positionnés les uns après les autres. Si j'essaie de m'enfuir, un surveillant m'assène un coup de matraque électrique. J'ai donc le choix entre mourir, ou souffrir avant de mourir. Seule l'angoisse m'atteint pour le moment. Et finalement, peut-être l'espoir que cela s'arrête avant moi.

Je vois une dizaine de condamnés, comme ça, devant moi. Ils entrent dans une pièce et on les entend hurler. Le bourreau n'est certainement pas un humaniste. Ou sinon, c'est qu'il est mal équipé. Vraiment mal.

Je serai le prochain à y passer. Je reste derrière la porte et je vois tout ce qui se passe à travers la vitre. Des électrodes sont placées sur ses tempes, de façon qu'il ne souffre pas trop pendant qu'on le vide de son sang. C'est long. Le sang ne coule plus, mais il bouge encore, il se débat.

Cette année encore, nous sommes un milliard de bovins à être tués ainsi. Dans 1 cas sur 6, les électrodes sont mal placées et la douleur est amplifiée au lieu de nous faire perdre l'esprit. Dans certains abattoirs, c'est un pieu qui nous transperce le cerveau, mais il n'atteint pas toujours sa cible. On déguste. Surtout que parfois, la mort peut mettre un quart d'heure à venir malgré l'égorgement. Certains sont découpés encore vivants. Pas le temps d'attendre. La société de consommation en a besoin. Elle est avide de sang. L'économie est une religion hautement sacrificielle.

Je réalise maintenant que ma vie entière, de souffrance, d'injustice, n'a jamais eu d'autre but que cet instant : ma mise à mort.

Mon heure vient, ma libération, peut-être. Pourvu que le bourreau s'y prenne bien, car il vient d'en rater deux...

23 mai, 2016

Barcelone, paradis des végétariens

Lorsque vous ne mangez pas de viande et que vous cherchez à manger en ville, il y a plusieurs options.

Vous pouvez tenter la quiche au poireaux qu'on trouve facilement en boulangerie, aller dans une sandwicherie ou équivalent en précisant ne pas vouloir de viande (c'est déjà plus compliqué), ou encore tenter un restau sachant que sur toute une carte, vous n'aurez que 2 plats au choix, vous faisant parfois regretter le sandwich de tout à l'heure. À la cantine du boulot aussi, cela demandera des aménagements et un large sourire au personnel qui distribue les assiettes.

Si vous êtes végétalien, ça devient plus compliqué. Il est très difficile de faire confiance au restaurateur quant au choix des graisses utilisées (notamment), à supposer qu'il soit au courant des recettes utilisées par les cuisiniers. Vous avez le choix des restaurants indiens, souvent végans. Mais pour la bouffe rapide, le mieux est souvent un morceau de pain et une pomme ou un taboulé de supermarché. Idéalement, il faudrait bien connaître la ville en question et savoir où vous pouvez manger, donc pas pour les touristes.

Barcelone a eu une initiative heureuse. À l'heure où la France s'empêtre dans sa laïcité pour savoir si c'est bien ou pas de distribuer des repas alternatifs sans viande dans les cantines scolaires, Barcelone a décidé de mettre en place de nombreuses mesures pour faciliter l'alimentation végétarienne et végan. Cela consiste notamment à proposer ces alternatives de repas de façon systématique à tous les repas organisés par la Ville et dans les cantines. Ils proposent aussi de permettre le repérage facile des restaurants végé/végan.

Le plus dingue dans l'histoire, c'est qu'au-delà du respect des animaux, ce changement devrait avoir un impact significatif sur le bilan carbone de la ville. Parce que la viande, c'est pas anodin.

Quand je vois qu'en France, on traîne la patte sur notre bilan carbone parce qu'on ne va quand même pas être salauds avec les constructeurs de 4x4 qui tirent la langue... cette simple disposition sur la viande dans toutes les villes pourrait à elle seule changer la qualité de l'air qu'on respire.

Reste à tenir tête aux lobbies de la viande qui ne seront pas contents !

10 mars, 2016

Et toi, tu manges des éponges ?

Lorsque vous êtes végétalien(1), on vous renvoie sur plusieurs répliques navrantes, même lassantes tant elles sont systématiques.

La première, la plus légitime, vous interroge sur les possibles carences, l'équilibre de vos repas. S'il est vrai que certains nutriments sont faciles à trouver dans la viande, il faut savoir qu'ils sont tous possibles à trouver autrement. On peut faire quelques efforts particuliers concernant les vitamines D (le soleil) et B12 (qui n'est pas produite par les animaux, quoi qu'on raconte), quitte à prendre des compléments (ceux qu'on aurait donnés aux animaux d'élevage). Mais au-delà de ça, un régime végétarien est souvent considéré comme plus sain.

2ème question : « Est-ce que tu manges des insectes ? » La plus naze, mais j'avoue l'avoir posée un temps, alors je respire à fond et je réponds : « Et toi, tu en manges des insectes ? » Je n’ai croisé personne mangeant régulièrement des insectes ces dernières années. Donc merci pour la question.

3ème question : « Mais les légumes, t'es certain qu'ils souffrent pas ? » Là, on sent l'adulte qui revient avec sa naïveté enfantine à se demander ce que ça fait si on arrache les ailes d'une mouche. Personne n'est capable de dire ce que ressentent les légumes. Mais en l'état actuel des connaissances, les animaux (vertébrés et quelques autres) ont tous en commun une partie du système nerveux qui alerte en cas de problème : le centre de la douleur. On peut éventuellement se poser la question pour ce qui est des éponges, mais non : je ne mange pas non plus d'éponges.

4ème question pour les plus geeks : « Et si on arrivait à faire de la viande chimiquement sans animaux, tu en mangerais ? » Heu... bueurk, pareil que pour les insectes !

Vient ensuite la recherche de tout ce qui peut être à la frontière entre les animaux et les végétaux, comme les bactéries et toutes sortes de microbes... bah... j'en respire comme tout le monde ! J'image que ça fait de moi quelqu'un de normal...

(1)Les végétaliens ne mangent aucun produit d'origine animale : viande, poisson, laitages, œufs, miel...

7 mars, 2016

Alimentation de gauche

On se définit de plus en plus par ce qu'on mange. Au beurre ou à l'huile, végétarien, végétalien, carniste, crudivore, frugivore, granivore, merdivore, avec des choix alimentaires basés sur l'écologie, la culture, le pays, la religion... notre assiette parle un peu pour nous. Les plus érudits se rappelleront la commande de Sally au restaurant, devant les yeux médusés de Harry (en anglais).

Mais que mange donc un gauchiste ? Tout dépend quel gauchiste, car il n'y en a pas deux pareils. L'un des grands axes qui relient les gauchistes serait le refus de l'industrialisation à outrance, qui aurait pour conséquence :

  • la fermeture des petits producteurs ;
  • la perte de repères régionaux et du terroir, des produits spécifiques ;
  • la perte du goût des « vrais » aliments ;
  • une alimentation aux ingrédients toujours plus chimiques ;
  • l'augmentation des engrais chimiques et des pesticides ;
  • l'utilisation d'antibiotiques et d'hormones de croissance pour les animaux ;
  • la pollution des sols ;
  • la destruction des forêts primaires ;
  • l'intoxication des animaux marins ;
  • la production de végétaux et bientôt des viandes OGM ;
  • la propagation des OGM sur les cultures à ciel ouvert ;
  • la souffrance animale (élevage, abattoirs) ;
  • etc. !

La liste est très longue et chacun peut se situer au milieu de tout ça, considérant qu'un gauchiste n'est pas toujours pauvre, qu'il peut être attaché à certaines habitudes alimentaires, qu'il sait ou non cuisiner, etc.

Pour mon cas personnel, je suis avant tout sensible à ne pas être une proie de l'industrie qui mange n'importe quoi, et ne pas faire souffrir les animaux. Je me retrouve aussi parfois en contradiction avec mes habitudes alimentaires. Mais Rome ne s'est pas faite en 1 jours. J'aurai l'occasion de revenir en détail sur ces aspects.

Donc en gros :

  • J'ai arrêté la viande et le miel (le miel ? pourquoi le miel ?),
  • J'ai drastiquement réduit les laitages (restent : biscuits, chocolat, viennoiseries),
  • Je mange encore des œufs pour le moment (exclusivement BIO),
  • Je surveille autant que je peux l'impact écologique de mes aliments (huile de palme, transport par avion...).

Si je ne mange pas chez moi, je suis seulement un végétarien (le temps que les potes s'habituent).

Il y a quelques temps, j'ai dit au serveur d'un restaurant :
– Je ne mange ni viande ni poisson, vous avez quoi ?
– Ah bon ? Mais alors, vous mangez quoi ?

Dur de croire que la bouffe était son métier !

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