Économie

L'économie, c'est compliqué. Les points que j'aborderai viseront à rendre le plus simple possible les éléments que j'ai compris et qui ont un impact sur nos vies.

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20 mai, 2016

La prise de risques

Il est normal que le PDG soit bien rémunéré compte tenu de tous les risques qu'il prend !

Certain ? Je ne conteste évidemment pas que son activité puisse être rémunératrice. Mais est-il légitime qu'une prise de risque soit lucrative ?

L'argent est un outil de mesure. Une règle qui permet de comparer 2 biens ou services, de façon à unifier les rapports entre les éléments de la société : les gens. Si quelqu'un gagne beaucoup d'argent, cela voudrait dire qu'il apporte quelque chose à la société. S'il prend un risque pour lui, ne prend-il pas aussi un risque pour la société ? S'il échoue, il faudra lui venir en aide. Il faudra peut-être venir en aide à tous ceux qui dépendaient de lui ou de son projet.

Ai-je un intérêt à ce que cette personne prenne un risque ? Si je suis son salarié, quel en serait pour moi le bénéfice ? S'il est banquier et que je suis son client, quels sont pour moi les risques ? Valorise-t-on aussi bien les risques que prend un charpentier ? un couvreur ? un sauveteur en montagne ou en mer ?

Le travail n'est pas un jeu de casino. Si quelqu'un prend des risques, il est le seul à en bénéficier lorsqu'il gagne. Mais s'il perd, les impacts sont toujours partagés. Parce que c'est comme ça que fonctionne l'argent aujourd'hui.

En terme de services rendus à la société, je préfère qu'une personne ne prenne pas de risque, pas si cela implique la société. Le patron d'une entreprise se doit de mettre dans le coup ses employés s'il décide de prendre un risque, car il a une responsabilité vis-à-vis d'eux. S'ils acceptent, il doit partager les bénéfices du risque, s'ils refusent, il doit éviter la prise de risque.

Un éditeur qui prend le risque d'éditer un chanteur original ? C'est simplement son métier. Un trader qui prend le risque de miser sur une industrie nouvelle ? Qu'il mise son argent et aucun autre (pas celui des épargnants).

L'utilisation de l'argent a toujours un impact sur l'ensemble des personnes qui l'utilisent.

La théorie des vases communicants s'applique à tous les liquides, même les liquidités...

29 avril, 2016

Taxation des livrets de pauvres

Lorsque vous touchez le RSA, y'a un truc vraiment louche avec les livrets.

Dans une déclaration trimestrielle de ressources (obligatoire quand on touche le RSA, pour recalculer le montant du RSA du prochain trimestre), il nous est demandé combien d'argent « placé ou non placé » on possède. La CAF ne cherche pas vos comptes en Suisse, non. Elle veut juste savoir ce que vous avez sur votre compte courant et vos livrets. Il est donc toujours bien question des gens trop pauvres pour payer des impôts sur le revenu (puisque sinon, ils se contenteraient des déclarations d'impôts). Ils veulent juste savoir si on a 500€ sur notre compte courant quoi.

Il faut bien comprendre que la question est posée à TOUS les bénéficiaires, les suspectant de ne pas être assez pauvres, de cacher 100 balles dans une poche.

Que se passe-t-il si je déclare 2000€ économisés à la sueur de mon front, sur mes 300€ mensuels ? On décrétera que j'ai des moyens de subsistance. Compte tenu des intérêts, je peux espérer toucher 25€ sur un LEP (15€ sur un Livret A). Au regard de cette manne, la CAF réduit alors les ressources qu'elle me verse en y déduisant 3% de la somme placée (ou non placée), à savoir... 60€ !

Je me retrouve donc avec non plus 1,25% d'intérêts, mais 1,75% de prélèvements (2,25% si j'ai un livret A). Les pauvres sont donc les seules personnes de France à avoir un livret taxé. Bien joué ! Même Liliane Bettencourt ne paie pas la moitié de ça sur son patrimoine de 20 milliards d'euros.

On nous dissuade donc d'économiser. Meilleure méthode : tout mettre sous le matelas (cet argent n'est alors ni « placé » ni « non-placé », il est « déplacé », ha, ha ! ) ou bien tout claquer en plaisirs de débauche.

Heureusement qu'on n'a pas besoin de déclarer les comptes offshores aux Panamas...

27 avril, 2016

Le LEP, c'est quoi ?

Le « Livret d'Épargne Populaire » est un livret plafonné à 7700€ qui est attribué uniquement sous condition de ressources (avis d'impôts tamponné à la clé). Son taux d'intérêts est un poil meilleur que celui du livret A : 0,5% de plus (avant c'était 1% de plus, mais c'est la crise). Soit 1,25% aujourd'hui contre 0,75% pour le livret A ou LDD.

L'idée est d'aider les pauvres à ne pas gaspiller tout leur argent en drogue et en alcool. Alors pour les inciter à économiser, on leur fait sur mesure un livret de pauvre, avec un taux d'intérêts préférentiel. Sur un livret plein (ce qui n'arrive jamais), ça représente un progrès de 38,50€ /an d'intérêts par rapport au livret A, ça valait vraiment le coup... j'en connais beaucoup qui ne s'embêtent même pas à le faire (paperasse) pour les 1 ou 2 euros qu'ils gratteraient en fin d'année.

On aurait mieux fait d'en limiter le montant à 3000€ et de mettre un vrai taux d'intérêts de 2 points supérieurs au livret A. Ça aurait touché des vrais pauvres et ça aurait vraiment incité à gérer des économies. Le surcoût aurait été compensé en réduisant les commissions de surendettement, incidents de paiement divers et autres catastrophes ordinaires.

Mais c'est surtout la suite qui est marrante (prochaine billet).

19 mars, 2016

Fonds de garantie des banques

C'est la crise, mais ne nous affolons pas ! L'État garantit le contenu de vos comptes. Promis, c'est même une promesse de Bruxelles. Le principe est simple : les banques se sont toutes cotisées joyeusement pour mettre de côté de l'argent à utiliser en cas de coup dur. Un petit bas de laine pour sauver les bons clients qu'elles aiment tant. Il assure les comptes bancaires, les livrets et les PEL. Ils ont donc tout prévu pour nous rassurer.

L'assurance est plafonnée à 100 000 € par personne et par banque. Faut dire que réunir 100 patates (1) sur seulement un LDD, un livret A et un PEL, même en bourrant, ça déborde correctement sur le compte chèque de 3850€ (2). Donc histoire d'être réalistes, ils ont fait un geste pour d'autres placements : « seulement » 70 000 € pour les assurances vie. C'est charitable.

Mais on chipote, là ! Admettons que chaque français est assuré à hauteur de 70 patates. Ça reste sympa, non ? Vous pouvez voir qu'il est inutile de vous inquiéter si la crise nous tombe dessus, seuls les riches prendront cher. Les riches ? Quels riches au fait ?

C'est très simple. Le fonds de garantie est aujourd'hui d'environ 2,5 milliards d'euros (wow ! p'tain, la thune !). S'il a fallu 5 minutes à Jérôme Kerviel pour en perdre le double (3), ça a quand même pris plus de 15 ans à toutes les banques ensemble pour mettre ça de côté (j'en pleurerais presque). Donc on ne rigole pas s'il vous plaît. C'est une grosse somme.

Supposons qu'il n'y ait qu'un seul compte par personne et dans une seule banque (faisons simple). Ramené à la population française d'environ 65 millions de têtes, ça nous rembourse...

2 500 000 000 ÷ 65 000 000 = 38,46 €

Donc si vous avez moins de 38,46€ sur votre compte, soyez tranquilles, on vous rendra tout ! Le fonds de garantie arrivera à bout de cette déveine. Par contre, c'est prudent de ne pas trop dépasser... c'est la crise quand même !

Les banques savent vraiment s'y prendre pour rassurer les gens...

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(1) Une patate valant 1 million d'anciens francs, soit un peu plus de 1500€, j'ai pris la liberté de l'utiliser pour 1000€. De toute façon, les djeunz parlent bien de « dix balles » pour 10 euros, alors on n'est pas à ça près !

(2) Faisons simple, je n'ai pas parlé du cas des intérêts débordants.

(3) Jérôme n'est pas trop d'accord avec la somme, mais bon, on n'est pas à 1 ou 2 milliards près...

 

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