Économie

L'économie, c'est compliqué. Les points que j'aborderai viseront à rendre le plus simple possible les éléments que j'ai compris et qui ont un impact sur nos vies.

Fil des billets - Fil des commentaires

16 mars, 2017

L'argent lyophilisé

Big Brother sait tout sur vous. C'est sa raison d'être. Big Brother ne supporte pas l'idée que l'on puisse avoir des échanges sans l'en avertir. Il veut tout savoir. Et sa paranoïa le pousse à s'inquiéter sitôt qu'il rate une conversation, un simple échange. Il met des caméras dans les rues pour être certain de voir à qui on parle, et même peut-être un jour, ce que l'on se dit. Il a mis dans nos poches des téléphones dont l'intérêt est de tout raconter sur nous : qui on connaît, ce qu'on se dit, quand et où, où nous allons, quels sont nos goûts en matière de tourisme, d'applications ou de navigation web, il y a même eu des projets pour en faire un moyen de paiement et tout savoir de nos menus achats.

Mais il y a encore quelque chose qui résiste à Big Brother : notre argent. Il est sous forme de papier, métallique, dans nos poches, on se le passe de main en main, on se doit de l'argent, on achète du pain, on boit un coup, on offre une tournée... autant de dépenses que Big Brother n'arrive pas à voir.

Il ne les voit pas parce que cet argent lui est invisible. Il essaie de nous mettre le paiement sans contact dans les pattes pour saisir des dépenses infimes, mais il reste encore beaucoup trop d'argent liquide à s'écouler dans l'économie. Alors, il faut dessécher l'argent en interdisant le papier, en centralisant toutes les transactions, en plaçant le bug informatique en haut du système.

Big Brother avance à grands pas. Il a un projet : interdire l'argent qu'il ne voit pas. L'Inde semble un bon terrain d'expérimentations. Vaccins tueurs, fichier biométrique, et maintenant, suppression de l'indépendance des moyens de paiement. Ils l'ont fait, c'est concret.

Savez-vous qu'il a aussi programmé d'aborder ce sujet en 2018 à Bruxelles ? On se méfiait déjà des crayons, maintenant, on se méfie du papier.

Des mesures ont déjà été prises, avec la disparition progressive du billet de 500€, qui sera certainement suivie par celle des autres billets les uns après les autres. Et d'autre part, en France, en abaissant l'utilisation d'espèces à des sommes de maximum 1000€ dans les commerces. D'autres initiatives déjà en place pour interdire l'argent liquide dans certains commerces au Danemark.

La lutte contre la délinquance n'est évidemment qu'un prétexte (mais attendez-vous à ce que le prix de certaines devises, de l'or et des pierres précieuses augmente quand même à moyen terme). Sous ce prétexte, on est encore prêt à prendre en otage les libertés de 65 millions de français innocents.

L'état d'urgence nous y a habitués, nous bêlerons un peu, ça passera, et Big Brother saura qu'il peut aller encore plus loin.

13 mars, 2017

Les usuriers des temps modernes

Si vous souhaitez regarder de plus près ce que vous coûte votre banque, l'État a mis en place un merveilleux site vous permettant de comparer les tarifs des agences bancaires présentes dans votre département.

On croit rêver en découvrant ce site... surtout qu'il y manque une information cruciale ! La seule information qui vaille vraiment quand on est juste à la fin du mois : les agios pour les découverts autorisés.

Il existe aussi des frais pour les découverts non autorisés, là, on ne fait pas le malin, car en théorie, la banque peut très bien vous signaler à la banque de France, chacun préfère éviter. Donc on paie. C'est mal ressenti, mais c'est ça ou la corde.

Par contre, lorsque le découvert est autorisé, au-delà des agios qui sont souvent autour de 15% annuels, il y a ce petit surplus de type « minimum forfaitaire », allant jusqu'à 7€ (BNP-Paribas) dans les tarifs que j'ai regardés (oups, j'ai trouvé 10€ chez HSBC). Et quand on a le malheur de passer juste sous la ligne, avec –10€, alors, on peste bien, parce que si les frais appliqués étaient par exemple de « seulement » 6€ (Société Générale), c'est déjà 60% de la somme. Et si la somme manque seulement pendant 10 jours, cela représente un taux annuel de 2 190%. Énorme !

Sauf que... c'est illégal. Il existe en France un « seuil de l'usure » qu'il est interdit de dépasser, cela pour éviter de retomber au Moyen-Âge, où les usuriers profitaient de leur situation pour vous refaire jusqu'à l'os. Au 1er trimestre 2017, pour une somme inférieure à 3000€ pour un particulier n'entrant dans aucune case avantageuse, ce taux est de 19,96% annuels tout compris. Cela veut dire que sur une période de 10 jours, la banque n'a pas le droit de vous faire payer plus de 5 centimes d'euro pour un découvert de 10€. Que ce soit forfaitaire ou pas, c'est le problème de la banque, pas le vôtre.

On peut commencer à comprendre qu'il ferait un peu souillon d'avoir des taux illégaux affichés sur le comparateur du site du gouvernement. Je trouve que c'est surtout de laisser cette pratique avoir cours qui fait tâche. Car les banques s'engraissent sur le dos des pauvres. En général, faire les yeux doux au banquier permettait de récupérer son bien sans avoir à porter plainte (pour 6€ ?), mais depuis la crise de 2008, j'ai le sentiment que c'est plus difficile.

Je peste contre cette attitude des « chargés de clientèle » nous soutenant que c'est légal, « la preuve, c'est marqué sur notre brochure », avec des répliques qui tournent en rond sur ce satané papier. Moi aussi je peux imprimer des trucs sur du papier, et ça n'a pas valeur de loi pour autant.

L'impunité est telle que les banques font la publicité de leur propre corruption sur leur documentation tarifaire. Une façon de clouer sur leur porte « ici, on n'aime pas les pauvres ».

Si je demande à Macron, il fera un geste pour les banques, peut-être ?

9 mars, 2017

Les banques, ces passoires

Si la porte blindée représente bien la banque dans l'imaginaire des westerns, elle la représente bien moins dans la réalité.

Aujourd'hui, certaines agences refusent même de donner ou recevoir de l'argent sous forme matérielle : on vous envoie vers une autre agence ou un distributeur de billets. Les banques traitent des lignes qui apparaissent sur un écran : chèques, carte bleue, virements, prélèvements automatiques... Les vérifications y sont plutôt rares.

Quand une entreprise souhaite mettre en place un prélèvement automatique, elle écrit à la Direction Départementale des Finances Publiques (DDFiP) qui lui donne alors un Numéro National d'Émetteur (NNE). Il semblerait que la DDFiP ne demande pas grand chose pour donner ce numéro. Une fois qu'elle a ce numéro, l'entreprise peut se servir open bar sur votre compte.

En théorie, l'entreprise n'est censée vous prélever que si elle possède aussi une autorisation signée par vos soins. Avant, la banque était dépositaire de cette autorisation, mais c'est fini, et la banque ne vérifie pas, elle fait confiance à l'entreprise (et vous, à votre banque) ! Par exemple, mon fournisseur Internet me prélève alors qu'il n'a pas de papier signé de ma part. Les opérateurs web & mobile sont connus pour être très filous, alors on surveilles nos comptes. Tout le monde a eu un jour des problèmes.

Même si ces entreprises se veulent plutôt sérieuses, rien ne vous garantit qu'il n'y aura pas un « bug informatique » qui vous prélèvera un zéro de trop.

C'est mieux depuis les prélèvements SEPA, puisqu'il est maintenant plus facile de contester un prélèvement. À charge quand même pour vous d'effectuer cette vérification. Mais que ferez-vous quand votre fournisseur vous escroquera de 3€ ? Vous risquerez une interruption de service ?

Avant, on payait nous-mêmes nos factures, on contestait avant paiement, on arrivait même à payer par chèques. Mais comme ce n'était pas assez rapide, les entreprises se servent maintenant dans nos poches. Faites confiance ! Il vous reste à vérifier après-coup, souvent trop tard, que votre compte n'est pas à sec (oups !).

Prochaine étape, plus besoin d'autorisation à signer, le numéro de compte sera centralisé avec vos informations biométrique (TES) ? On ne verra même pas la différence. Faites confiance !

24 février, 2017

Il ne peut en rester qu'un !

J'avais déjà pointé le problème qu'il pouvait y avoir à revendiquer une réussite qui était finalement basée sur l'échec de ses concurrents. Notre monde est concurrentiel au point qu'il faille bouffer les autres non plus pour survivre, mais pour être le meilleur, le plus riche. C'est tellement vrai que les personnes les plus riches de la planète ont aujourd'hui autant d'argent que le budget de certains États.

En 2010, les 388 personnes les plus riches du monde possédaient autant que la moitié la plus pauvre de l'humanité. En 2015, elles n'étaient plus que 62 à se partager le gâteau. Et cette année, en 2017, ils ne sont plus que 8.

Ce chiffre assez connu nous amène à penser qu'ils ne seront plus que 3 l'an prochain, et un seul en 2020. Une seule personne portera sur ses épaules la responsabilité de la pauvreté du monde : en le dépouillant, on pourrait doubler la richesse de la moitié de la planète. Et quand la richesse d'une personne n'est que de 1€ par jour, la doubler, ça change beaucoup de choses. Serait-ce alors immoral de ruiner cet homme pour sauver des enfants de la vente d'organes, des familles de la maladie ? Après tout, si l'injustice ne touche qu'une seule personne, c'est moins grave, non ?

Surtout qu'on le dit peu, mais en regard de ce chiffre, la population a aussi augmenté dans le même temps. Donc en 2010, la richesse de chacune des 388 personnes les plus riches valait celle de 9 millions de pauvres. En 2015, chacun des 62 les plus riches valait 59 millions de pauvres... et en 2017, chacun des 8 plus riches vaut 465 millions de pauvres. Dans le détail, Bill Gates vaut même 657 millions de pauvres à lui tout seul(1) !

Peut-on imaginer que la vie de cet homme pendant 1 seconde vaille plus de 20 années de la vie d'un pauvre(2) ? Le temps d'un café, et il a gaspillé le prix de toutes les génération d'un pauvre depuis la révolution industrielle.

Si Bill Gates mourait, on lui ferait un bel enterrement, quelques articles dans la presse, l'argent changerait de main, et on passerait à autre chose. Comparons le prix de cet homme.

Si on se réveillait un matin, et que plus d'un demi-milliard d'humains mouraient, juste comme ça ? Plus de vies qu'il n'y en a dans l'Union Européenne. Plus personne pour produire, pour consommer, pour travailler, pour enterrer les morts.

Que faire des corps ?

C'est sans doute ça, l'odeur de l'argent.

__________________________________________

(1) N'ayant pas toutes les feuilles d'impôts des 3,5 milliards de pauvres, je ne peux pas faire le calcul avec seulement les plus pauvres d'entre eux, mais on atteindrait certainement le milliard... surtout que la fortune de Billou a encore augmenté depuis ces chiffres.
(2) Billou ne travaillant plus du tout, il m'est impossible de comparer en temps de travail, alors je compare en temps de vie.

22 février, 2017

Les sciences économiques

Pendus, accrochés à votre télévision, vous écoutez avec intérêt et inquiétude les explications de ce brillant économiste qui vous dit que les entreprises ont besoin de licencier, que la France va mal, que nous devons être compétitifs dans un monde aussi mondialisé que le nôtre, et que le mondialisation est une opportunité formidable.

Cet économiste lambda est même désigné comme expert dans son domaine. On n'en sait pas davantage sur lui, sinon que son langage utilise des mots parfois techniques dans un domaine qui n'est pas le nôtre. Cette personne, souvent un homme, vous explique comment sera le monde demain, pendant que vous réagissez à cette angoisse. Il arrive même à vous faire oublier qu'il s'est toujours planté sur ses prévisions.

L'économie se base sur des chiffres. Tout comme la météo. On vous annonce qu'un anticyclone est dans les parages, que la pression est de 1024 hPa, que les températures sont 0,7°C au-dessus des normales saisonnières, que les précipitations ont été de 18mm et on vous annonce que demain, le temps sera nuageux avec des ondées à tel endroit à telle heure. C'est crédible. En fait, tout le monde râle que la météo se trompe, pourtant, c'est bel et bien une science basée sur des faits très précis. On met même des supercalculateurs sur le coup. On a aussi scientifiquement démontré pourquoi il était impossible de prévoir le temps au-delà de 5 jours. La faute n'est pas aux météorologues, mais à la complexité des phénomènes en jeu.

Les économistes sont exactement dans le même bateau. Ils nous annoncent une météo à 2 mois et vous expliquent à posteriori pourquoi ils se sont trompés. Si la météorologie est une science basée sur des faits, l'économie est basée sur des faits humains, des décisions politiques, des phénomènes sociologiques... des sciences molles. Car finalement, rien n'est moins tangible ou prévisible que les paramètres sur lesquels s'appuient les économistes pour entrevoir l'avenir. Il suffit d'un vote, d'un attentat, d'une découverte, d'une crise majeure, d'un événement à l'étranger ou d'un soulèvement populaire pour ruiner à néant tout pronostic à 5 jours de ces économistes brillants.

Si l'économie est une science, elle est incapable de prédire l'avenir. Capable de prédire que lorsque les gens ont faim, ils se révoltent, que la baisse d'une monnaie augmentera le prix des produits importés, que les impôts permettent de financer le service public... Mais qu'est-ce que cela dit sur notre avenir ?

Ne laissons pas le soin aux économistes de servir de caution à l'avenir que certains politiciens nous réservent. L'avenir, c'est nous qui le faisons. Les économistes nous expliqueront plus tard pourquoi nous avons bien fait de ne pas les écouter.

17 novembre, 2016

L'inflation et l'euro

Les banques sont en France et dans de nombreux pays le seul moyen de créer de l'argent. Autrefois, l'État avait ce pouvoir par la Banque de France, mais aujourd'hui, ce pouvoir est transféré à la BCE, qui est indépendante de quelque instance politique européenne que ce soit. Son seul objectif (en gros), c'est la stabilité de l'euro.

La stabilité monétaire, c'est un bon moyen de se rassurer quand on a été traumatisé par les dévaluations galopantes des années 30. La valeur pouvait chuter entre le matin et le soir de façon inquiétante, au point qu'on n'attendait jamais le soir pour déposer un chèque. Notamment, l'Allemagne a très peur de l'inflation, qui a été l'un des moteurs de la dernière guerre de 39-45. C'est d'ailleurs elle qui freine des 4 fers pour éviter l'inflation.

Le problème, c'est que l'inflation est nécessaire à une économie. L'inflation, c'est quand on crée de la monnaie, la rendant plus facile à trouver, on réduit donc sa rareté, et sa valeur. L'intérêt est notamment de financer des projets d'ampleur, qui seront supportés par tous ceux qui possèdent de l'argent : le prix à payer est donc une petite perte de richesse sur les mêmes billets que l'on a en poche. Ces billets permettront d'acheter un peu moins de choses. Ce sera compensé par une hausse de salaires par la suite.

Il n'a jamais existé dans l'histoire de période de plein emploi sans inflation. Pour exemple, ce graphique où on peut voir les périodes de crise sur l'inflation depuis 1901. Notez bien la crise de 1929.

En se réfugiant derrière le spectre de l’inflation, les autorités monétaires ont permis le désastre européen actuel. (source)

L'avantage de l'inflation, c'est qu'elle incite à dépenser l'argent aujourd'hui plutôt que demain. Elle fait tourner l'économie, comme on dit. Aujourd'hui, on est à deux doigts de la déflation : l'argent que je ne dépense pas aujourd'hui vaudra plus demain. Cela amène à freiner la consommation, car les achats « attendront demain ». Ce pourquoi la déflation est pire que l'inflation, elle peut bloquer l'économie. Surtout quand la précarité augmente et contribue au retard des achats.

Aujourd'hui, la très faible consommation des ménages a tendance à ralentir l'économie. Et la BCE, banque sans pilote politique, ne fera rien pour relancer cette économie car ce n'est pas son rôle (sauf si la monnaie était menacée).

De plus, 90% des prêts bancaires servent à des entreprises pour... acheter des actions d'autres entreprises... même les entreprises limitent le risque qu'il y aurait à leur activité. On ne peut pas créer de richesse (de croissance) sans innovation ! Ne rêvez pas.

Vous connaissez ma position : faire tourner l'économie pour sauver l'euro n'a pas de sens à mes yeux. Car le but n'est pas de rendre service à une monnaie, mais à des gens. Je suis ravi quand un service arrive à sortir de l'économie : faire son pain soi-même, rendre service gratuitement, fabriquer sa maison, faire son potager. Mais là, tous les éléments sont réunis pour nuire aux échanges de « biens et services ».

Ce n'est pas l'argent le problème, mais ce qu'on en fait. Et lorsque l'argent est mal réparti, il ne favorise plus les échanges, il ne peut plus remplir correctement son rôle.

16 août, 2016

La charnière démocratique

Malgré tout le mal que je pense de ce que l'on nomme à tort "démocratie", je dois admettre que lors d'une élection (les référendums n'existant plus), on est tous à égalité. J'ai de nombreux doutes quant à la possibilité de trouver les bonnes solutions de cette façon (surtout dans la mesure où on demande de voter pour des représentants), mais chaque votant a la même importance.

On ne mesure jamais la supériorité d'un vote en fonction de la richesse d'une personne, de son niveau d'études, du nombre d'enfants qu'elle a ou de son âge. Celui qui vote n'importe quoi parce qu'il revient d'une cuite a le même pouvoir de décision que celui qui travaille sur le sujet depuis toujours.

Dans cette société qui est "démocratique", cependant, il y a des cloches de verre dans lesquelles tout fonctionne différemment. Les plus petites seront les familles, où les décisions se prennent avec le véto des parents, voire même leur autorité indiscutable, puis viennent les communautés de taille réduite à décision par consensus (type anarchie), et enfin, les plus grosses, parfois immenses, internationales, les entreprises de grande taille, assez grandes pour être cotées en bourse.

Dans ces sociétés, de nombreuses personnes n'ont simplement pas le droit à la parole. Ce sont les plus concernés de tous : les salariés. Le droit de vote (qui inclut le choix d'un dirigeant ou les choix stratégiques du groupe) se prennent en fonction du nombre de parts que possède un actionnaire. Un actionnaire qui possède 5 parts a cinq fois plus de pouvoir de décision qu'un actionnaire n'en possédant qu'une. Que l'argent de l'achat vienne d'un héritage, du travail, du loto ou de la contrebande n'y change rien. Il n'est plus question de suivre la raison ni l'intérêt collectif.

Quand on dit que l'argent décide de tout, ce n'est pas imagé. C'est factuel. Celui qui possède 51% des actions a tous les droits sur tous les autres actionnaires et salariés du groupe. Le problème est que cet actionnaire ne risque que de l'argent, mais son pouvoir s'étend à l'avenir de tous les participants au projet, actionnaires comme salariés, sous-traitants, partenaires, et même les contribuables, alors qu'il n'a jamais pris part au projet.

La porosité de ce système vers la « démocratie » vient des lobbyistes, car ils dépendent de ces puissances de l'argent, avec pour seule mission d'infléchir les décisions qui se veulent "démocratiques", en exploitant les failles du système. On se retrouve ainsi avec des décisions politiques qui ne satisfont pas les citoyens, mais uniquement les actionnaires.

C'est très exactement le fléau politique que la société essaie de soigner. Et elle se rend maintenant compte que la démocratie n'est pas dirigée par les citoyens, mais par l'argent.

30 mai, 2016

Impôts sur le RSA activité

On a remplacé le « RSA activité » et la « prime pour l'emploi » par un dispositif de « prime d'activité » voilà quelques mois. À force d'inventer des noms toujours avec les mêmes mots, ils risquent d'avoir rapidement fait le tour des noms débiles. Et il est facile de s'y perdre. Moi-même...

Avant, en étant au RSA, ça marchait comme ça :
Si je gagnais 100€ net à la sueur de mon front...
– je déclarais 100€ de revenus sur ma déclaration trimestrielle,
– on retirait 100€ de mon « RSA socle » (jusque là, je travaillais gratuitement),
– on ajoutait 65% de mon revenu en « RSA activité », à savoir 65€ dans notre cas.

Au final, je ne gagnais pas 100€ mais 65€. Admettons, c'est l'effort de départ que je dois fournir pour me déraciner.

Le plus drôle, cependant, c'est que je devais déclarer aux impôts : 100€ de salaire + 65€ de RSA activité. Donc pour gagner 65€, je déclarais 165€ aux impôts. Cherchez l'erreur. Mais apparemment, avec la prime d'activité, cela n'apparaîtra plus sur la feuille d'impôts.

Mais maintenant, c'est encore mieux ! On a jeté la règle de calcul, on ne sait pas comment ça marche. C'est merveilleux. On dépend d'un calculateur en ligne, dans lequel on entre la somme gagnée, et « shazam ! » cela nous renvoie la valeur de notre RSA. On nous a dit que c'était avantageux, mais pour les tout petits salaires, en fait, on gagne encore moins qu'avant. À partir du site, j'ai fait le test pour un salaire de 50€/mois, et en fin de compte, il ne m'en restait qu'environ 62%... sauf qu'en dessous de 15€, maintenant, il ne le verseront plus. Donc on travaillera gratis ?

Leur système est intéressant quand on fait un mi-temps au SMIC par exemple, car on ne touche plus de RSA socle, et alors le RSA activité s'ajoute au salaire. Mais en-dessous, c'est la misère car on gagne moins en se levant plus tôt...

20 mai, 2016

La prise de risques

Il est normal que le PDG soit bien rémunéré compte tenu de tous les risques qu'il prend !

Certain ? Je ne conteste évidemment pas que son activité puisse être rémunératrice. Mais est-il légitime qu'une prise de risque soit lucrative ?

L'argent est un outil de mesure. Une règle qui permet de comparer 2 biens ou services, de façon à unifier les rapports entre les éléments de la société : les gens. Si quelqu'un gagne beaucoup d'argent, cela voudrait dire qu'il apporte quelque chose à la société. S'il prend un risque pour lui, ne prend-il pas aussi un risque pour la société ? S'il échoue, il faudra lui venir en aide. Il faudra peut-être venir en aide à tous ceux qui dépendaient de lui ou de son projet.

Ai-je un intérêt à ce que cette personne prenne un risque ? Si je suis son salarié, quel en serait pour moi le bénéfice ? S'il est banquier et que je suis son client, quels sont pour moi les risques ? Valorise-t-on aussi bien les risques que prend un charpentier ? un couvreur ? un sauveteur en montagne ou en mer ?

Le travail n'est pas un jeu de casino. Si quelqu'un prend des risques, il est le seul à en bénéficier lorsqu'il gagne. Mais s'il perd, les impacts sont toujours partagés. Parce que c'est comme ça que fonctionne l'argent aujourd'hui.

En terme de services rendus à la société, je préfère qu'une personne ne prenne pas de risque, pas si cela implique la société. Le patron d'une entreprise se doit de mettre dans le coup ses employés s'il décide de prendre un risque, car il a une responsabilité vis-à-vis d'eux. S'ils acceptent, il doit partager les bénéfices du risque, s'ils refusent, il doit éviter la prise de risque.

Un éditeur qui prend le risque d'éditer un chanteur original ? C'est simplement son métier. Un trader qui prend le risque de miser sur une industrie nouvelle ? Qu'il mise son argent et aucun autre (pas celui des épargnants).

L'utilisation de l'argent a toujours un impact sur l'ensemble des personnes qui l'utilisent.

La théorie des vases communicants s'applique à tous les liquides, même les liquidités...

29 avril, 2016

Taxation des livrets de pauvres

Lorsque vous touchez le RSA, y'a un truc vraiment louche avec les livrets.

Dans une déclaration trimestrielle de ressources (obligatoire quand on touche le RSA, pour recalculer le montant du RSA du prochain trimestre), il nous est demandé combien d'argent « placé ou non placé » on possède. La CAF ne cherche pas vos comptes en Suisse, non. Elle veut juste savoir ce que vous avez sur votre compte courant et vos livrets. Il est donc toujours bien question des gens trop pauvres pour payer des impôts sur le revenu (puisque sinon, ils se contenteraient des déclarations d'impôts). Ils veulent juste savoir si on a 500€ sur notre compte courant quoi.

Il faut bien comprendre que la question est posée à TOUS les bénéficiaires, les suspectant de ne pas être assez pauvres, de cacher 100 balles dans une poche.

Que se passe-t-il si je déclare 2000€ économisés à la sueur de mon front, sur mes 300€ mensuels ? On décrétera que j'ai des moyens de subsistance. Compte tenu des intérêts, je peux espérer toucher 25€ sur un LEP (15€ sur un Livret A). Au regard de cette manne, la CAF réduit alors les ressources qu'elle me verse en y déduisant 3% de la somme placée (ou non placée), à savoir... 60€ !

Je me retrouve donc avec non plus 1,25% d'intérêts, mais 1,75% de prélèvements (2,25% si j'ai un livret A). Les pauvres sont donc les seules personnes de France à avoir un livret taxé. Bien joué ! Même Liliane Bettencourt ne paie pas la moitié de ça sur son patrimoine de 20 milliards d'euros.

On nous dissuade donc d'économiser. Meilleure méthode : tout mettre sous le matelas (cet argent n'est alors ni « placé » ni « non-placé », il est « déplacé », ha, ha ! ) ou bien tout claquer en plaisirs de débauche.

Heureusement qu'on n'a pas besoin de déclarer les comptes offshores aux Panamas...

- page 1 de 2