Écologie

Un gauchiste est forcément écolo, sinon, c'est qu'il n'a rien compris. Il est question dans cette catégorie de tout ce qui concerne notre espace de vie : nature, eau, air.

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4 février, 2017

La bonne blague de l'hydrogène

C'est le progrès, elles arrivent ! Les voitures à hydrogène seront bientôt partout. Allelouia ! Comment ça je n'y crois pas ? Même un écolo comme moi ? Voyons pourquoi.

La promesse est très simple : la combustion de l'hydrogène dans l'air donne de la vapeur d'eau et c'est tout. Génial ! On n'a plus qu'à trouver de l'hydrogène et le mettre en bouteilles ! Sauf que non : ce n'est pas aussi simple. De l'hydrogène à l'état naturel, c'est plutôt rare. En fait, pour avoir de l'hydrogène, il faut avant tout le produire.

Le principal moyen (utilisé aujourd'hui), c'est de récupérer cet hydrogène depuis le gaz « naturel ». Il s'agit ni plus ni moins que d'extraire l'hydrogène d'un hydrocarbure, à l'aide d'énergie (elle-même productrice de CO2). Le déchet de cette réaction est naturellement encore du CO2 (celui du méthane cette fois). On retrouve ici tout le bon CO2 qu'on essayait de ne pas produire avec la voiture. On a donc avec cette production un bilan qui est déjà largement aussi mauvais que celui de l'essence (et sa production).

L'autre option qui semble évidente est l'électrolyse de l'eau. On utilise une grande quantité d'énergie pour séparer l'hydrogène et l'oxygène de l'eau. Naturellement, ça semble magique, parce que le déchet de la production est alors de l'oxygène (O2). Mais il ne faut pas oublier la grande quantité d'énergie à apporter, largement supérieure à celle que vous pourrez espérer utiliser dans votre moteur. C'est une façon de déporter le problème du CO2 vers celui du nucléaire. Cette réaction ne permet de récupérer que 50% à 80% de l'énergie utilisée, que l'on déduira du rendement du moteur...

Et n'espérez par produire tout cet hydrogène avec les installations électriques actuelles. Car aujourd'hui, l'électricité ne représente que 25% de l'énergie consommée en France. Imaginez le nombre de centrales qu'il faudrait créer pour faire rouler nos chères voitures : le pétrole représente 41% de l'énergie utilisée. Nous avons 58 réacteurs nucléaires en fin de vie, même en les prolongeant, il faudrait en fabriquer 95 nouveaux pour faire rouler ces voitures. Et ce n'est qu'en France...

Inutile de vous dire qu'à ce train-là, les maigres réserves d'uranium déjà prévues ne durer que 15 ans risquent de fondre comme une banquise aux pôles.

Ajoutons à cela qu'il faut stocker cet hydrogène à haute pression, le transporter (avec tout le danger que cela comporte), avant de pouvoir enfin le brûler dans un moteur pour avancer.

Sinon, y'a toujours le vélo...

EDIT : explications détaillées ici.

29 janvier, 2017

Zéro déchets, quelques conseils à Béa

Le livre de Béa Johnson propose de nombreuses recettes pour éviter les déchets. Parmi lesquelles on retrouve quelques âneries : utilisation du bica comme dentifrice (un usage quotidien va ruiner vos dents !), l'utilisation de tomates contre le cancer de la prostate (pas faux, mais il faut surtout les cuire) et des recettes à base de peluches de sèche-linge (son papier recyclé les utilisant ne se recycle alors plus !), pour n'en citer que quelques unes.

Mais vous le savez, c'est surtout du côté de l'écologie que je me tourne. Si sa priorité n'est pas l'environnement, elle se justifie quand même souvent par des arguments sur le développement durable. Alors allons-y.

Quelques conseils de Béa Johnson qui me font réagir :
– Se chauffer au gaz plutôt qu'au bois pour éviter de salir la chaudière et éviter les microparticules. Le bois est renouvelable, pas le gaz. Surtout : le gaz des États Unis issu de la fracturation des sols est un enfer écologique (pollution des eaux, fuites de méthane, etc.).
– Donner ou vendre un objet dont on ne se sert plus retarde simplement le problème, c'est refiler la patate chaude avant que l'objet en question ne soit inutilisable. Il finit bel et bien un jour dans une poubelle : on n'est pas dans le zéro déchet. Cela explique pourquoi elle n'a par exemple jamais de chaussures usagées dans son bocal de déchets.
– Petite citation effrayante : « Emmaüs démontre le potentiel de création d'emplois et de croissance économique que le zéro déchet occasionnerait à plus grande échelle. » p. 274. Un système de croissance basé sur des salaires de 200€ par mois ? Vive la croissance !

Quelques conseils d'écologie que je donne à Béa Johnson :
– Ne plus utiliser d'arrosage automatique pour son jardin (1000 litres par heure) ;
– Se débarrasser de son sèche linge  qui est un gouffre énergétique ! Surtout qu'elle peut étendre un fil à linge dans son jardin...
– Voir sa famille de temps en temps en dirigeable ou en bateau à voile (l'avion est un cauchemar écologique), faire moins de conférences en avion, davantage de visioconférences ;
– Ne plus stocker ses données sur Google Drive (tickets de caisse, diplômes, cartes de visites ou autre) ! C'est très énergivore. Je n'aborde même pas les problèmes liés à la vie privée.

Ces derniers aspects touchent évidemment des déchets qui ne se voient pas dans la poubelle. Mais ils ont un réel impact mesurable sur l'environnement. À titre d'exemple, lorsque Béa Johnson utilise un sèche-linge, elle produit plus de CO2 en 1 an que moi avec mes poubelles en 70 ans (* mise à jour ci-dessous).

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(*) Consommation sèche linge : moyenne 500kWh par an, à 0,522kg de CO2 par kWh aux USA, donne 261kg de CO2. EDIT (nouveaux chiffres) : Mes poubelles produisent par incinération environ 3,7kg de CO2 par an. En bonus, je produis un peu d'énergie pour son sèche-linge. Les 261kg de CO2 de Béa correspondent aussi aux émissions de l'incinération des 102kg de poubelles d'un français moyen pendant 3 ans.

26 janvier, 2017

Née poussière...

J'avais entendu parler du livre de Béa Johnson qui semblait faire le tour de nombreuses questions. On parle d'elle dans les blogs et les revues bien en vue. Cela m'avait amené à me demander combien je produisais de déchets chaque mois. Compte tenu que je suis très attentif aux déchets recyclables, que j'ai mon bac de compost, mes poubelles ont véritablement fondu. J'arrive à environ 400 grammes de déchets mensuels ce qui semble plutôt bien. Idéalement, il faudrait aussi que je pèse mes déchets recyclables, car leur reconditionnement consomme de l'énergie.

Un jour, j'ai dû changer le sac de mon aspirateur. Et en jetant ce sac, je l'ai pesé. Horreur : 500 grammes à lui tout seul, alors que je vis dans un petit 2 pièces ! Là, je me suis évidemment posé la question : mais comment fait Béa avec une famille dans 140m² de plain-pied avec jardin ? Parce que mon demi-kilo, je ne le rangerai jamais dans son petit bocal de déchets annuels... alors j'ai lu son livre pour savoir comment elle faisait.

Et j'ai trouvé ! Elle met tout au compost... la belle affaire. Elle fait certainement des efforts incroyables sur plein de trucs, mais elle truande sur la poussière, pourtant pas négligeable : ce déchet est composé de fibres synthétiques, de métaux lourds, d'adjuvants, solvants, peintures et autres, il ne faut surtout pas le composter. C'est un déchet incinérable. La seule solution pour les rendre compostables serait de supprimer tout objet synthétique de son environnement : plus de vernis sur le bois, plus de semelles en caoutchouc, plus de textiles teints, plus de peinture sur les murs, pas de mastic ni de gaines en plastique... tout le contraire de ce qu'on voit en photo sur son blog.

Et puis je m'interroge sur certains déchets qui devraient nécessairement apparaître dans son bocal, mais n'apparaissent pas : essuie-glace à changer tous les ans ou pièces de vélo (chambre à air), petit matériel de bricolage pour les réparations usuelles (mastic, gaine électrique, joints usés...), pièces cassées d'objets en panne, etc... j'imagine qu'elle les refile à des réparateurs qui s'en débrouillent.

De plus, ce livre bien propre nous cache beaucoup de pollution « invisible » qui n'apparaît pas dans la poubelle : les pneus et autres pièces d'usure d'une voiture (ou d'un vélo), petit matériel médical (dentiste ou autre médecin), CO2 généré par l'utilisation de Google Drive ainsi que par de nombreux appareils électriques qu'elle utilise (j'y reviendrai), et naturellement ses voyages en avion, que je ne suis pas le seul à dénoncer.

Je vois sa mode du zéro déchet comme la mode Apple appliquée à l'écologie. Des murs blancs, une maison bien rangée, une cosmétique très lisse, et plus de poubelle. Mais cela ne suffit pas à faire un monde plus respectueux de l'environnement. Comme s'il suffisait de ne pas se salir pour être propre...

Un mythe s'est donc effondré. Béa est peut-être compatible avec l'écologie, mais ce n'est pas ce qu'elle cherche. À chacun de nous de mettre ses conseils dans une perspective plus globale.

Je ne battrai donc jamais le record du monde du zéro déchets. Car l'énergie à fournir pour tuer les derniers grammes phagocyterait l'énergie que je dépense déjà à économiser l'eau, le gaz, ou à sensibiliser mon entourage à des enjeux environnementaux.

liens sur le compost : ici, ici, ici, ici, ici, ici, etc.

24 janvier, 2017

Zéro Déchets, la mode Béa Johnson

Une nouvelle mode liée à la mouvance écolo actuelle et popularisée par Béa Johnson vise à ce que chacun réduise ses déchets au minimum. Ne me dites rien : on vous a offert le bouquin à Noël ?

Béa Johnson est une femme française vivant aux États Unis et qui s'est découvert une passion pour une vie exempte de déchets, considérant que cela permettait d'améliorer la vie « en étant plus écolo » et non le contraire : comprenez mon regret.

Tout d'abord, le sous-titre racoleur : « Comment j'ai réalisé 40% d'économie en réduisant mes déchets à moins de 1 litre par an ! ». Il est vrai que Béa part d'un mode de vie assez particulier vue de la France : maison de 280m², un 4x4 pick up, shopping à tous les coins de rue, vie qu'elle décrit elle-même comme pleine de gaspillage. Je pense que la réduction de déchets n'a rien à voir dans ses 40% d'économie. Le jour où elle économisera 40% d'argent sur un RSA, on en reparlera.

Il est évident que la gabegie d'emballages utilisés devrait amener chacun à réfléchir à sa façon d'acheter. En l'occurrence, cette femme vend un livre où elle raconte son expérience. Elle semble battre son record en atteignant seulement 1 petit bocal de déchets chaque année. C'est admirable. Cela demande des efforts importants pour en arriver là. Ce sont évidemment les derniers grammes qui sont les plus difficiles à atteindre.

J'aime cette façon de présenter les choses, car elle sensibilise vraiment au problème des déchets. Cette seule observation suffit à en justifier pleinement la démarche et je la cautionne.

Toutefois, je reste sur ma faim. D'une part, elle raconte quelques inepties (j'y reviendrai), et d'autre part, je m'interroge sur la finalité de son action. Car si elle aborde l'argument écologique, cela n'est pas son objectif. Elle est contente d'évoluer dans un environnement dépouillé, de retrouver le sens de certains gestes, mais semble justifier seulement après coup cette action : « c'est moins cher, c'est écolo, ça sauve des enfants dans le monde »... seulement quand les argument vont dans son sens.

Aussi n'hésite-t-elle pas à proposer la vasectomie pour éviter de jeter des préservatifs, elle préfère les factures par e-mail (énergivores) aux tickets de caisse, donne des conseils de grand-mère parfois douteux pour éviter d'acheter des médicaments, et préfère l'aluminium au plastique (car elle n'aime pas le plastique). J'aurais tant aimé qu'elle suggère de pisser dans le jardin pour économiser l'eau...

Je regrette aussi vraiment que son livre ne soit agrémenté d'absolument aucun chiffre sur les déchets, en fonction de leur nature, dans le monde, dans le temps. Et notamment, sur l'impact écologique précis des poubelles. Mais elle ne semble pas portée par un idéal écologique.

Cela ne remet bien sûr pas en question l'idée générale que moins de déchets est un bénéfice écologique, mais il faut le comparer à d'autres actions.

Je vous suggère donc de ne pas prendre au pied de la lettre tout ce qu'elle écrit. Car aujourd'hui, son activité principale, c'est de vendre cette bonne parole en traversant le monde en avion.

Les chiffres sont formels, un pauvre est cent fois plus écolo qu'une Béa. J'aurais dû me méfier en voyant qu'elle parlait de développement durable...

25 novembre, 2016

19° Celcius

Lorsque je dis que je ne me chauffe pas, la réaction générale est l'étonnement, assorti de gros yeux : « je ne sais pas comment tu fais... ». On me demande combien il fait chez moi.

En ce moment, il fait entre 18 et 19°C. L'automne est très doux, le réchauffement climatique y est certainement pour beaucoup. Au plus bas, lorsque je m'absente, la température descend à 14°C, mais remonte rapidement à 16°C après avoir fait la cuisine par exemple. 16°C au creux de l'hiver et sans chauffer, je trouve que c'est pas mal. Bien mieux que les 14°C que j'avais avec ma cheminée en habitant en rase campagne. En étant un peu actif, on ne ressent pas trop le froid. Ma voisine du dessous chauffe peut-être un peu pour moi, il se peut qu'elle m'offre 1 à 2°C en chauffant à 25°C chez elle, le reste partant par ses fenêtres.

Beaucoup de gens chauffent beaucoup, à 25°C et jusqu'à parfois 30°C. Parfois, ce sont ces mêmes personnes qui mettent la climatisation à 17°C l'été. Un copain me disait qu'il aimait bien être en T-Shirt chez lui. C'est certain. On peut aussi aimer manger des fraises en hiver. Mais l'urgence climatique devrait être dans un coin de la tête de chacun à ce moment précis. Les pulls en hiver, c'est comme les feuilles en automne : c'est normal.

Le plus drôle dans l'histoire, c'est que chauffer à plus de 19°C est interdit par une loi. Pas seulement dans les bâtiments publics, non : même chez soi. Je serais donc le seul à respecter la loi en ce moment ? Cela descend à 8°C en cas d'absence de 48h. Il existe même une contravention de 3eme classe pour ça. De même que mettre la climatisation en-dessous de 25°C. Tout cela est assorti d'exceptions pour les hôpitaux par exemple.

Mais je trouve ironique de voir que cette vieille loi issue du premier choc pétrolier est encore bel et bien là, toujours inutilisée, alors que les ours blancs voient leur habitat fondre comme neige au soleil. La maison brûle et les pompiers la regardent.

On pourrait commencer par appliquer cette loi sur les chauffages collectifs (souvent chauffés à 28°C) et les bâtiments publics, non ?

29 septembre, 2016

Écolo jusque dans les e-mails

Envoyer un e-mail consomme de l'énergie. C'est évident, puisqu'on utilise un ordinateur pour les consulter et que ces ordinateurs fonctionnent à l'électricité. Mais ces e-mails ne consomment pas tant PENDANT que vous les consultez que tout au long de leur vie.

Un e-mail, lorsqu'il est envoyé, consomme de l'énergie pour échanger des informations entre plusieurs serveurs, pour trouver le destinataire, transférer les données, mais aussi simplement être stocké.

Avant même de lire un e-mail, vous consommez donc de l'énergie. Parmi les quelques conseils de base que l'on peut donner pour économiser de l'énergie lors de l'envoi de mails, en voilà trois :
– Limiter le plus possible la taille des pièces jointes aux mails. Notamment, on peut citer les photos qui n'ont pas besoin d'être en haute définition, souvent larguées à la taille d'origine (3Mo). Mais parfois aussi la signature comportant une image. Cette image étant envoyée à chaque mail mérite toute notre attention, pour qu'elle ne soit pas trop volumineuse.
– Éviter de mettre en copie n'importe qui. Envoyer un mail à 30 personnes quand seulement 3 personnes sont vraiment concernées est l'assurance de consommer 10 fois trop d'énergie. Je me bats depuis des années contre ces blagues virales, composées de pièces jointes souvent volumineuses (des powerpoint en général) et qui ne grandissent personne.
– Préférer le stockage des e-mails sur son propre PC plutôt que sur un serveur. Ce qui veut dire : préférer utiliser un client de messagerie sur son PC plutôt qu'utiliser un webmail. Effacer tous les mails du serveur qui n'ont pas besoin d'y rester. Ces serveurs consomment énormément d'énergie, tant pour leur fabrication que pour leur utilisation.

Pour ceux qui veulent en savoir plus, je vous conseille ce lien qui nous apprend plein de choses sur le bilan carbone des e-mails. On y apprend notamment qu'envoyer un e-mail de 1 Mo à 1 personne consomme globalement 25 Wh, soit presque 1h30 de lampe basse consommation, soit 6g de pétrole.

12 août, 2016

Autorisations des substances toxiques

Aujourd'hui, ne peut pas vendre des semences ou des plants qui veut. Pour en vendre, il faut qu'une graine n'appartienne à personne d'autre.

Les semences inscrites dans le « catalogue officiel des espèces et variétés », sorte de dépôt de modèle sans recherche d'antériorité, sont celles qui sont autorisées à la vente. Mais si vous n'êtes pas inscrits dedans, alors votre végétal est interdit à la vente.

Si vous faites une sélection naturelle de tomate, alors vous ne pouvez la vendre sans l'inscrire dans ce catalogue. Comptez 6 000€ pour y inscrire une céréale. Cette autorisation est limitée dans le temps et doit être renouvelée chaque année (encore 2 000 €). Par chance, il est encore autorisé de les faire pousser sans autorisation, on a aussi le droit de les donner ou de les échanger.

À l'inverse, lorsque vous utilisez une nouvelle substance chimique dans un produit industriel, tant qu'on ne vous l'a pas interdite, vous pouvez continuer à l'utiliser et la vendre. C'est par exemple le cas du bisphénol A, des phtalates, nanoparticules et de toutes les substances cancérogènes, ou perturbateurs endocriniens que l'on trouve dans les plastiques et contenants alimentaires.

On a donc d'un côté la vente de plantes millénaires soumise à autorisation, et la chimie parfois reconnue toxique autorisée par défaut, avec tous les efforts du lobbying pour en empêcher ou retarder l'interdiction.

C'est ainsi que l'amiante a été autorisée encore 40 ans, après qu'elle soit reconnue toxique.
C'est ainsi qu'on n'arrive pas à interdire la tabac alors qu'il est reconnu toxique depuis bientôt un siècle et qu'il tue 6 millions de personnes chaque année dans le monde.

Et en face, Kokopelli est obligé de tricher pour vendre des variétés de plantes anciennes...

5 août, 2016

Comment éviter les Kalachnikov en ville ?

Il n'a échappé à personne que parmi l'arsenal dangereux des méchants terroristes, le plus connu était le fusil mitrailleur russe AK-47, surnommé « Kalachnikov », du nom de son inventeur.

Cet instrument de malheur a la propriété de nuire d'autant plus qu'il est utilisé dans des lieux où il y a du monde. Il s'est notamment fait connaître lors des attaques terroristes, à chaque fois dans des centres villes.

Après une rapide recherche sur Wikipedia, j'apprends que cette arme pèse un peu plus de 5 kg chargée, et mesure 87 cm. Chacun comprendra qu'il est plus simple d'utiliser une voiture pour la transporter sur de longues distances. Surtout s'il s'agit d'être discret et rapide. Notamment, atteindre le centre de Paris depuis le périphérique sans voiture avec cette arme sur le dos aurait l'inconvénient (pour le tueur) de le rendre très repérable avant même qu'il n'atteigne sa cible. L'avantage (pour la police) serait indiscutable pour ralentir la fuite d'un tel tueur, s'il n'avait pas de voiture (je l'imagine bien attendre son bus).

Admettons quelqu'un de très méchant et qui court, ça lui prendrait quand même près d'1h pour entrer ou sortir de Paris à pied avec ce genre d'arme sur le dos.

Donc pour plus de sécurité, je vous propose cette idée géniale qui économisera les « forces de police » : interdire les voitures en ville, purement et simplement. Pas juste celles d'avant 1997, non : toutes les voitures !

Sans compter que mine de rien, les voitures sont des armes mortelles qui pèsent de 1 à 2 tonnes (et je ne fais même pas référence au terroriste de Nice), prennent une place folle sur la chaussée, font du bruit, polluent l'air, causent le réchauffement de la planète et tuent directement en France entre 3 et 4 000 personnes chaque année. En fait, depuis les années 60, elles ont tué plus de Français que Hitler et ses sbires.

Cette solution aurait l'avantage de sauver potentiellement 48 000 personnes de problèmes respiratoires, de développer le cyclisme et ainsi réduire les frais de santé, améliorer la vie de tous les piétons, sécuriser les parcours pour les enfants... Sans déconner, essayez d'imaginer l'absence totale de bruit de moteur en ville. C'est énorme !

Bon, et puis quand même, ça compliquerait aussi vachement les massacres avec ces satanées Kalachnikov...

J'ai des idées géniales pour sauver le monde, quand vous voulez !

6 juin, 2016

Changer de planète

Ça fait bien 3 mois que je dois faire le ménage. Mes amis disent que ça sent un peu fort en venant chez moi. C'est vrai que je n'aime pas moi-même sortir de la douche et sentir des restes de pizza me passer entre les orteils.

Non, mais parfois, je fais attention, je ne suis pas si crade que ça. Juste que là, depuis 3 mois, c'est pas terrible. En fait, il y a 3 mois, je pensais déjà que le ménage s'imposerait bientôt, mais ce n'était pas le bon moment. Je n'avais pas trop le temps. Et puis après tout, il n'y avait pas d'urgence, je suis le seul à habiter ici, c'est moi que ça gêne. C'est pas 3 nouilles collées sur la table qui me transformeront en horrible souillon. Elle est où la limite entre propre et pas propre ? Je me lave, donc je suis propre. Rien à voir avec les moisissures de la salle de bains.

Quand il y a trop de miettes sur la table, je les pousse pour manger où c'est propre. Et puis je fais bien la vaisselle avant de manger : c'est pareil ! Sauf le jour où j'avais plus d'eau chaude, l'œuf séché ne se lavait pas trop bien. Mais j'ai des assiettes en carton dans un coin pour les jours difficiles.

En fait, ces derniers mois, j'ai utilisé toutes mes assiettes en carton. D'où l'intérêt des pizzas : pas besoin d'assiette ni de couverts ! Mais là, j'avoue que ça commence à être infernal. Je ne peux même plus aller sur le canapé sans risquer une inattendue tâche de ketchup.

C'est pourquoi j'ai pris une grande décision : changer d'appartement ! Ce sera plus simple que de tout nettoyer.

Pareil pour la vie sur Terre : quand on aura tout saccagé sur place et qu'on ne supportera plus nos ordures, il n'y aura qu'à coloniser une autre planète... une autre ?

Sauf qu'il n'y a pas d'autre planète (1) !

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(1) Nous n'avons pas aujourd'hui le début de la première connaissance qui nous permette de voir où quand et comment on pourrait migrer sur une autre planète. Nous ne savons même pas dans quelles conditions nous y vivrions, mais dans le meilleur des cas, nous regretterions notre ancienne porcherie terrestre. Par contre, on sait très bien à quoi peut ressembler la fin du monde connu : quand, comment, où, dans quelles conditions... Quel que soit l'effort à fournir pour sauver notre Terre, il est mille fois plus facile que celui à fournir pour changer de planète, ce qui serait impossible à faire à temps.
 

25 avril, 2016

Les pauvres sont tous écolos

Même si ce n'est pas nécessairement par conviction, les pauvres sont écolos.

Prenons par exemple un riche qui serait sensible à l'écologie, et comparons-le à un pauvre, même pas nécessairement sensible au-delà de ses moyens.

Le pire élément d'un bilan carbone est généralement les voyages en avion. Le pauvre n'en fera aucun, le riche fera au mieux attention, mais prendra l'avion de temps en temps. En fait, le riche risque même de prendre l'avion pour son boulot (mais il vous dit qu'il n'a pas le choix !). La comparaison pourrait se limiter à ce seul point tant le bilan carbone de l'avion est désastreux. À titre d'exemple, le bilan carbone d'un français est d'environ 10t de CO2 / an (déjà élevé). Un simple trajet en avion représente entre 0,3t (Paris-Marseille éco) et 17t de CO2 (vers l'Australie classe affaire). Il est donc très facile de doubler son bilan CO2 avec un simple trajet en avion.

Mais continuons, juste pour le sport.

Le pauvre achètera peu de viande (car souvent plus chère) dont le bilan carbone est lui aussi catastrophique. Le riche habitera nécessairement une maison ou un grand appartement. Il est bien plus coûteux de chauffer 120m² que 30m². Et encore, certains pauvres (dont moi) ne se chauffent simplement pas.

Après on peut comparer la voiture. Le riche écolo achètera une voiture peu consommatrice, mais le pauvre, s'il a une voiture (donc pas le plus pauvre) aura une vieille voiture plus polluante (reste à vérifier si une vieille Clio pollue plus qu'une Audi récente), certes, mais dont l'énergie grise lui est largement favorable. Aussi, il l'utilisera peu pour l'économiser ou à cause du prix du trajet.

Après, il faut être clair sur autre chose : la plupart des riches travaillent et la plupart des pauvres ne travaillent pas ou peu. Et le travail est consommateur de ressources : électricité, transports (au moins pour aller travailler, et pour les missions si on est bien payé, parfois même loin), locaux, puis dans de nombreux cas, production de biens matériels. Au pire, on pourrait reprocher au pauvre de les acheter (oui, c'est vrai, ça, les pauvres, arrêtez d'acheter des trucs !)... justifiant ainsi parfois l'emploi du riche. Mais même là, les riches achètent aussi des produits, eux aussi très polluants (notamment dans la technologie). S'ils ne les achetaient pas, ils n'auraient pas d'intérêt à être riches...

Et on dit que les pauvres sont une charge pour la société...

Cet article semble mettre en avant que les ressources matérielles ne sont pas les seules responsables, les pauvres seraient très sensibles à la pollution.

Autre article plus copieux et aussi très intéressant, qui tire cette fois sur les riches qui ne donnent pas l'exemple.
 

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